Modernités/Drôles et Seigneuresses/Mariage

E. Giraud et Cie, éditeurs (p. 87-88).


MARIAGE


« Maintenant, mon ami, conte-moi ma future.
« Tu veux me marier.
« Tu veux me marier.Pour arrêter les frais
« Des emprunts, (les amis son parfois indiscrets),
« Tu m’enterres, c’est bien… Elle a de la figure ?
 
— « Très blonde… »
— « Très blonde…— « De la taille ? »
— « Très blonde…— « De la taille— « Une bonne tournure »
— « Mal faite… et dix huit ans ? »
— « Mal faite… et dix huit ans— « Dix huit ans… à peu près « 
— « Vingt-cinq ans. La dot est ? »
— « Vingt-cinq ans. La dot est— « De cinq cent mille ?
— « Vingt-cinq ans. La dot est— « De cinq cent mille— « Après ?
— « Le double. »
— « Le double.— « Et là bien vrai, rien, aucune aventure ?

— « Aucune. »
— « Aucune.— « Alors, mon cher, je ne l’épouse pas.
« La fille au million, qui prend le vieux panas,
« L’homme enfin que je suis, sans faute, est une grouse. »
— « C’est-à-dire… on a dit… dans le monde on jalouse
« Bien vite une héritière. »
« Bien vite une héritière.— « Allons, pas d’embarras.
« Qu’on double son apport, mon cher, et je l’épouse.