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Michel Lévy frères (volume IIp. 352-353).


— Perpignan, le 15 septembre 1837.

J’aperçois de loin, se détachant sur un ciel pur, la citadelle de Perpignan. Partie de la ville est située sur une colline ; cette ville fut très-forte autrefois ; la position qu’elle occupe est importante pour une armée qui défend la frontière de France. Perpignan me plaît infiniment, surtout un certain pont peuplé de marchands catalans ; c’est un peuple absolument neuf pour moi. Cette ville est située sur la Teth. Le frère de mon correspondant, ancien officier, me raconte les événements militaires qui se sont passés dans les environs, au commencement de la guerre de la révolution.

La Bourse, qui s’appelle la Loge, comme en Italie, est d’un joli gothique. Après un séjour de quatre heures, dont trois ont été prises par les affaires, je suis parti pour Port-Vendre. Ce nom, si mercantile en apparence, a une origine bien différente : Portus Veneris, port de Vénus, à cause d’un temple dédié à cette déesse. Ce port est très-fréquenté, on s’y embarque pour Alger ; il est misérable, du moins sous le rapport pittoresque ; mais les forts qui le défendent donnent à l’ensemble un aspect singulier.

J’y trouve de drôles de gens ; ils sont chargés d’acheter du fer, et ne distinguent pas le fer doux de Champagne des fers aigres du Berry. Ces messieurs feront de singulières constructions. Du reste, je n’ai point à me plaindre, je suis content de mon voyage.

L’on me fait un conte bien absurde. Sous le règne de Charles X, certains ministres avaient formé le projet de s’emparer, à l’insu du roi, d’une des îles espagnoles, voisines de Majorque. Que ne l’ont-ils fait ?