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PhilomélaJ. Hetzel, libraire-éditeur (p. 65-69).
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LIED


I



Nez au vent, cœur plein d’aise,
Berthe emplit, fraise à fraise,
Dans le bois printanier,
Son frais panier.


Les déesses de marbre
La regardent sous l’arbre
d’un air plein de douceur,
Comme une sœur,

Et dans de folles rixes
Passe l’essaim des Nixes
Et des Elfes badins
Et des Ondins.

II

Un Elfe dit à Berthe :
« Là-bas, sous l’ombre verte,
Il est dans les sentiers
De beaux fraisiers ! »

Un Elfe a la moustache.
Très-fine et l’air bravache
D’un reitre ou d’un varlet,
Quand il lui plaît.


« Conduisez-moi, dit Berthe,
Là-bas, sous l’ombre verte,
Où sont dans les sentiers
Les beaux fraisiers. »


III

Leste comme une chèvre,
Berthe courait. « Ta lèvre
Est un fraisier charmant, »
Reprit l’amant.


« Le baiser, fraise rose,
Donne à la bouche éclose
Qui le laisse saisir,
Un doux plaisir. »

« S’il est ainsi, dit Berthe,
Laissons sous l’ombre verte,
En paix dans les sentiers
Les beaux fraisiers ! »