Lettres à M le duc de Blacas d’Aups, première lettre/2

Notice chronologique.
Firmin Didot (p. 93-109).

NOTICE CHRONOLOGIQUE
DE LA XVIIIe DYNASTIE ÉGYPTIENNE DE MANÉTHON.

Le Canon chronologique des rois d’Égypte, rédigé par Manéthon de Sebennytus, grand-prêtre et scribe sacré en Égypte sous Ptolémée Philadelphe, et d’après les archives des Temples comme il le disait lui-même, nous a été conservé, soit en entier soit en extraits, par ses antagonistes, et l’un d’eux, Josèphe, l’historien des Juifs, remonte au premier siècle de l’ère chrétienne. Cette époque et les circonstances qui ont fait transcrire dans divers ouvrages les listes de Manéthon, dans le but général de les critiquer, autorisent à croire que le texte même de l’historien Manéthon contenait bien ce qu’en rapportent textuellement Josèphe, Jule l’Africain, Eusèbe et Georges le Syncelle. C’est une circonstances assez rare à l’égard d’un écrivain ancien, que de trouver des motifs de confiance en ses écrits, dans l’intention même qui les a fait parvenir jusqu’à nous par les soins de ses contradicteurs.

Manéthon donnait la liste successive de trente et une dynasties égyptiennes, depuis le roi Ménès qui, selon la tradition qu’il suivait, succéda aux demi-dieux, jusques à Alexandre qui succéda aux Perses, et fut le chef de la XXXIIe dynastie, celle des rois macédoniens.

Dans l’extrait de Manéthon transcrit par Eusèbe dans sa Chronique, les seize premières dynasties ne sont désignées, pour la plupart, que par le nombre de leurs rois et par le total des années de leurs règnes. La XVIIe dynastie est celle des Pasteurs, de ces Hicshos qui ravagèrent l’Égypte, incendièrent ses villes, opprimèrent ses habitants, réduisirent les femmes et les enfants en servitude, et dans lesquels néanmoins Josèphe veut, à toute force, reconnaître les ancêtres de sa nation, afin d’en relever l’antique existence. Ces rois firent de la ville d’Aouaris le boulevard de leur puissance ; leurs soldats en sortaient pour parcourir l’Égypte au nord de Memphis, et y chercher du butin. Enfin après une domination de quelques siècles, ils furent attaqués avec succès par un roi égyptien que Manéthon nomme Misphragmouthosis. Chassés de toutes les parties de l’Égypte, ils n’eurent d’autre refuge que leur ville d’Aouaris. Le roi Thoutmosis, fils de Misphragmouthosis et lui succédant, continua le siège de cette place avec des forces immenses ; un traité mit fin à cette guerre, et les Pasteurs quittèrent l’Égypte avec leurs familles et leurs troupeaux, pour se rendre en Syrie.

Manéthon ajoute que ce même Thoutmosis régna vingt-cinq ans et quatre mois après l’expulsion des Pasteurs, et qu’il fut le chef de la XVIIIe dynastie égyptienne, dite des Diopolitains ; il donne ensuite la liste de ses successeurs, avec la durée de leur règne exprimée par années et par mois. La voici d’après le texte de Manéthon, conservé par Josèphe[1], et tiré ensuite de celui-ci par Eusèbe et les autres chroniqueurs anciens :


1. 
Thoutmosis (Ier), le fils de Misphragmouthosis, régna, après l’expulsion des pasteurs 
 25 ans 4 mois.
2. 
Chébron, son fils 
 13»
3. 
Aménophis (ier
 207
4. 
Amensès, sœur d’Aménophis 
 219
5. 
Miphrès, fils d’Amensès 
 129
6. 
Misphramouthosis, son fils 
 2510
7. 
Thoutmosis (II) 
 98
8. 
Aménophis (II), son fils 
 305
9. 
Horus, son fils 
 365
10. 
Akenchrès, fille d’Horus 
 121
11. 
Rathotis, frère d’Akenchrès 
 9»
12. 
Akenchrès, fils de Rathotis 
 125
13. 
Akenchrès, (fils ?) du dernier 
 203
14. 
Armaïs, son fils 
 41
15. 
Ramessès, son fils 
 14
16. 
Ramessès Meiamoun, son fils 
 662
17. 
Aménophis (III), son fils 
 196
 
_________
 
3407

Le total des règnes des dix-sept rois de la XVIIIe dynastie s’élève donc à trois cent quarante ans et sept mois d’après la liste et les nombres de Manéthon, tels qu’ils sont conservés dans les éditions de Josèphe.

Toutefois Eusèbe, dans le texte grec et la version arménienne de sa Chronique[2], porte le total de la durée de cette dynastie, et d’après Manéthon qu’il a copié[3], à trois cent quarante-huit ans. La Vieille Chronique, dont le texte a été conservé par le Syncelle[4], donne aussi le même nombre de trois cent quarante-huit ans ; rien ne s’oppose donc à ce qu’il soit adopté, surtout puisque, 1º Thoutmosis, le premier roi de cette dynastie, avait déjà régné quelque temps avant l’expulsion des Pasteurs, Manéthon déclarant formellement qu’il régna encore vingt-cinq ans et quatre mois après que ces étrangers eurent quitté l’Égypte[5] ; 2º qu’avant cette délivrance de l’Égypte, Thoutmosis avait conduit une armée de quatre cent quatre-vingt mille hommes contre les Pasteurs renfermés dans la ville d’Aouaris ; qu’il essaya vainement de l’emporter d’assaut ; que ce ne fut qu’après en avoir reconnu l’impossibilité par des tentatives infructueuses, que ce Pharaon se décida à proposer aux Pasteurs un traité d’évacuation, et que c’est de la pleine et entière exécution de ce traité, que datent les vingt-cinq ans et quatre mois du règne de Thoutmosis[6]. On pourrait donc lui attribuer les sept années et cinq mois qui manquent à la somme donnée par Josèphe, pour arriver aux trois cent quarante-huit ans que Manéthon et la Vieille Chronique donnent à la durée de la XVIIIe dynastie. Mais le texte Arménien de la chronique d’Eusèbe, en rapportant le même passage de Manéthon[7], donnant, outre quelques, autres variations de nombres peu importantes, deux années et deux mois de plus au règne du roi Horus, trente-huit ans sept mois au lieu de trente-six ans cinq mois, on peut adopter aussi ce même nombre de trente-huit ans sept mois, sinon comme le plus certain des deux, du moins pour diminuer la chance de l’erreur que l’on pourrait commettre en donnant à Thoutmosis les sept années et cinq mois entiers qui sont la différence entre les trois cent quarante ans sept mois du texte de Josèphe, et les trois cent quarante-huit ans d’Eusèbe et de la Vieille Chronique. On peut donc porter le règne entier de Thoutmosis, depuis son avénement jusqu’à sa mort, à trente ans sept mois, et celui du roi Horus à trente-huit ans sept mois, comme le donne le texte Arménien d’Eusèbe. En divisant cette différence, nous croyons approcher davantage de la vérité. Du reste, l’exactitude de Manéthon dans ce fragment rapporté dans les divers textes de Josèphe, est démontrée par les détails même qu’il contient et sur la filiation des rois entre eux, et sur la durée de leur règne respectif, indiquée en années et en mois. On a bien rarement d’aussi positifs renseignements sur des faits d’une pareille antiquité.

On y trouve donc la liste complète des rois de cette XVIIIe dynastie, la plus célèbre dans l’histoire par les grands événements qui en furent contemporains, l’expulsion des Pasteurs, la restauration de la monarchie égyptienne, la construction des plus beaux édifices de Thèbes et de la Nubie, la sortie des Hébreux de l’Égypte sous la conduite de Moïse, et l’émigration en Grèce des colonies égyptiennes de Danaüs. Bien des incertitudes existent encore sur les époques, précises de ces faits importants. Notre intention n’est point de les discuter ici ; nous ne cherchons qu’à reconnaître d’une manière aussi certaine qu’il est possible, les temps où florissait l’Égypte sous la grande dynastie dont les monuments et les auteurs nous font connaître tous les princes. Les événements dont nous venons de parler s’y placeront ensuite avec plus de vérité ; et si, dans la masse considérable des documents, divers, quelquefois contradictoires, qui nous restent de l’antiquité classique, il est possible de trouver un point certain, immuable de sa nature, auquel on puisse rattacher tous les autres de cet espace, ce sera sans-doute, sinon avoir atteint pleinement le but, du moins s’en être approché d’une manière satisfaisante à l’égard d’époques aussi reculées. Une seule certitude, dans un aussi long intervalle de temps que celui qu’embrasse la chronologie égyptienne, peut suffire aussi pour y porter quelque lumière, et pour ranger en même temps, sur une échelle commune à l’histoire générale, des faits nombreux dont les époques diverses ne nous sont bien connues que dans leur éloignement réciproque.

La période Sothiaque, période d’institution égyptienne, connue aussi sous le nom de cycle cynique dans la Vieille Chronique, et qui se composait de 1461 années vagues de 365 jours, équivalant, dans le calendrier civil, à 1460 années fixes de 365 jours et un quart, peut fournir une des clefs de ces énigmes chronologiques. On connaît avec certitude l’année Julienne de celui des renouvellements de cette période célèbre, qui s’est opéré au second siècle de l’ère chrétienne. On croit aussi que l’invasion des Pasteurs en Égypte eut lieu la sept centième[8] année du cycle qui avait précédé celui qui finit dans ce même second siècle de notre ère. On pourrait donc, en se fixant d’abord sur la durée réelle de la domination de ces Pasteurs en Égypte, descendre par les listes et la durée des règnes de Manéthon, de cette invasion à celle de Cambyse. Mais, ne considérant ici que les temps de la XVIIIe dynastie, dont le premier roi chassa les Pasteurs, nous devons, sans renoncer à cet élément de la question, en préférer un autre non moins certain, et plus voisin de l’époque dont il s’agit. C’est Théon d’Alexandrie qui nous l’a conservé.

Le manuscrit grec no 2390 de la Bibliothèque du roi, qui contient le commentaire de Théon sur l’Almageste de Ptolémée, ses Tables Manuelles et divers autres opuscules, renferme, aux feuillets 154 et 333, un passage important pour la chronologie, passage déjà publié et traduit par feu M. Larcher, dans ses notes sur Hérodote[9]. Ce texte précieux donne une règle de calcul pour trouver l’époque du lever héliaque de Syrius à la centième année de Dioclétien. « Prenons, dit Théon, les années écoulées depuis Ménophrès jusqu’à la fin d’Auguste ; elles donnent pour somme 1605 ; joignons-y, depuis le commencement de Dioclétien, cent années ; nous aurons en tout 1705, etc. « Λακμϐάνομεν τὰ ἀπὸ Μενοφρέως ἕως τῆς λήξεως Αὐγούστου. Ὁμοῦ τὰ ἐπισυναγόμενα ἔτη ͵αχεʹ, οἷς ἐπιπροστιθοῦμεν τὰ ἀπὸ τῆς ἀρχῆς Διοκλητιανοῦ ἔτη ρʹ, γίνονται ὁμοῦ ἔτη ͵αψεʹ. » Comme Dioclétien n’a pas régné cent, ans, on voit, ainsi que par l’ensemble du texte, que le nom de cet empereur n’est là que l’indication de l’ère qu’il établit en Égypte ; cette manière d’écrire est familière à Théon et à d’autres chronologistes grecs ; il en est de même du nom d’Auguste, qui changea le calendrier civil des Égyptiens, et institua aussi une ère réglée par ce calendrier ; il en sera donc de même du nom du roi Ménophrès. Or, l’on sait que l’ère de Dioclétien commença en Égypte le 29 août de l’an 284 de l’ère chrétienne ; que l’ère d’Auguste y avait été établie pour le 29 août de l’an 25 antérieur à cette ère ; d’après le texte de Théon, l’ère d’Auguste et celle de Ménophrès faisaient ensemble 1605 ans ; si l’on en déduit les 283 ans de l’ère chrétienne qui précédèrent le commencement de Dioclétien, on remonte à l’année 1322 avant J. C. comme le commencement de l’ère de Ménophrès, et cette année 1322 est généralement reconnue, d’après le texte formel de Censorin[10], comme celle du renouvellement du cycle cynique de 1460 ans fixe, qui finit l’an 138 de l’ère chrétienne, ainsi que l’a dit ce dernier auteur. Théon entend donc par Ménophrès un commencement du cycle cynique ; ce commencement eut donc lieu durant le règne de ce Ménophrès : ce règne, rapporté à l’annee Julienne, demeure donc un point certain, et comme un jalon fixe dans la chronologie égyptienne.

L’ensemble des listes de Manéthon nous fait reconnaître Ménophrès dans le troisième roi de la XIXe dynastie, que les textes grec, arménien et latin d’Eusèbe, d’après Manéthon, nomment, Amménephtès et Aménophès[11].

Divers copistes donnent à ce roi tantôt vingt ans de règne, tantôt quarante ans ; mais le texte grec, le texte arménien et le texte latin d’Eusèbe, tous les trois très-anciens, s’accordent sur le nombre quarante, que justifie le total de la durée des règnes de cette XIXe dynastie, le grec et l’arménien d’Eusèbe, le Syncelle et Jule l’Africain portant uniformément le total de ces règnes à cent quatre-vingt quatorze ans, comme la Vieille Chronique. Le nombre quarante, pour le règne de Ménophrès, est donc le seul authentique, le passage même où Eusebe l’a remplacé par le nombre vingt, exigeant cette correction.

L’année 1322 julienne antérieure à l’ère vulgaire, correspond ainsi a l’une des quarante années du règne de Ménophrès. Cet intervalle est immense lorsqu’il s’agit de déterminer les époques particulières des règnes de rois qui ont été eux-mêmes contemporains de quelques-uns des plus mémorables événements de l’histoire ancienne, puisque l’incertitude de l’époque de ces règnes serait aussi de quarante ans. On doit donc s’efforcer de le diminuer s’il est possible, afin d’arriver à une plus juste détermination du temps de ces événements. Il nous a semblé reconnaître dans les anciens, quelques éléments authentiques de cette réduction, si désirable d’ailleurs dans l’intérêt du but qu’on s’est proposé dans cette notice, et c’est le cycle cynique qui fournira encore ces nouveaux éléments.

Manéthon, dans le fragment de la seconde partie de son Histoire, cité textuellement par Josèphe en son premier livre contre Appion, raconte que l’invasion de l’Égypte par les Pasteurs, eut lieu sous le Pharaon Timaus ; George le Syncelle nomme ce même roi Concharis[12] ; et comme Manéthon et le Syncelle entendent également parler du roi que les Pasteurs attaquèrent ; la synonymie de ces deux noms ne peut être douteuse. Le Syncelle ajoute, d’après Manéthon, que l’année de l’invasion de ces Pasteurs était la sixième du règne de Concharis, et la sept centième du cycle appelé cynique. Il indique en ce lieu la sept centième année du cycle qui finit sous le roi Ménophrès dont parle Théon ; et il ne reste qu’à savoir, au moyen de la durée des règnes postérieurs à la mort de Concharis, sur quelle année du règne de Ménophrès tombe la dernière des sept cent soixante qui accomplirent le cycle antérieur à celui qui commença sous ce dernier roi.

Après Concharis, ou Timaüs, dit Manéthon[13], régnèrent les rois des hykshos ou des pasteurs. L’historien de l’Égypte n’en nomme que six, dont la totalité des règnes, indiqués par les années et par les mois de la durée de chacun d’eux, donne deux cent cinquante-neuf ans, onze mois. Si l’on sépare soigneusement le texte de Manéthon, transcrit par Josèphe, de ce que Josèphe fait dire ensuite à Manéthon dans l’intérêt de sa propre opinion et du but évident qu’il se propose, celui d’exalter les antiquités de sa nation d’après les passages des écrivains profanes qu’il interprète, on pourra se convaincre que ces six rois Pasteurs, et les 260 années que Manéthon leur donne pour la durée de leur règne, sont les seuls de ces rois et le seul intervalle de temps que Manéthon ait admis dans sa chronologie égyptienne, entre le roi Timaus, qui fut la victime de l’invasion des Pasteurs, et le roi Thoutmosis ou Amosis, qui les chassa définitivement de l’Égypte, et qui fut le chef de la XVIIIe dynastie.

Nous trouvons donc avec beaucoup de probabilité, et toujours selon le système de Manéthon :


Années du cycle
1° 
Fin du règne de Concharis, la 6e année de ce régne, répondant à la 700e du cycle, ci 
 700
2° 
Durée du régne de six rois Pasteurs 
 260
3° 
Durée de la XVIIIe dynastie 
 348
4° 
Régne de Sésostris, Ie roi de la XIXe dynastie 
 55[14]
5° 
Régne de Ramsès, IIe roi auquel Ménophrès succéda 
 66[14]


1429

Le cycle s’accomplit donc sous le règne de Ménophrès, comme le dit Théon, et dans la 31e année du règne de ce roi, secon successeur de Sésostris, ci 
 31

Somme égale à la durée du cycle 
 1460

Ainsi la trente-deuxième année du règne de Ménophrès, répondit à l’année 1322 antérieure à l’ère chrétienne, qui fut celle du renouvellement du cycle dont le rapport formel de Censorin indique la fin à l’an 138 de Père chrétienne.

Appliquant ces données à la chronologie de la XVIIIe dynastie égyptienne, on trouve, en remontant, les concordances suivantes :

Années
des règnes.
Années avant
l’ère chrétienne.
1o Trente-deuxième année du règne de Ménophrès................ " 1322
2o Les trente-une années précédentes du même règne................ 31 1353
3o Les deux règnes des deux prédécesseurs de Ménophrès................ 121 1474
4o Durée des dix-sept règnes de la XVIIIe dynastie................ 348 1822

Procédant dans l’ordre direct des temps, la chronologie de la XVIIIe dynastie égyptienne se trouvera déterminée dans le tableau suivant. Il présente à la fois, 1o les noms des princes de cette dynastie d’après les monuments du Musée royal égyptien de Turin, décrits dans cette première Lettre de mon frère ; 2o les noms de ces mêmes princes d’après les chronologistes anciens, dont les variétés de dénomination sont ramenées à l’orthographe qui a paru la plus admissible ; 3o la durée de leur règne respectif ; 4o l’époque de ces règnes en style julien :

XVIIIe DYNASTIE.
Numéro d’ordre Nom des Rois
écrits sur leur monuments
Nom des Rois
selon les chronologistes anciens
Durée
de leur règne
Commencement en
style Julien
ans. m. Années avant l’ére chrétienne
1. Aménoftep. Amosis, Thoutmosis, fils de Misphra-Thoutmosis. 30 7 1822e
2. Thoutmosis (I). Chébron, son fils. 13 » 1791e
3. Ammon-Mai. Aménophis (I). 20 7 1778e
4. Amensé. Amensès, sa sœur. 21 9 1757e
5. Thoutmosis (II). Miphrès, Miphra, Mœris, son fils. 12 9 1736e
6. Aménophis (I). Miphra-Thoutmosis, son fils. 25 10 1723e
7. Thoutmosis (III). Thoutmosis, son fils. 9 8 1697e
8. Aménophis (II). Aménophis (II). 30 5 1687e
9. Hôr. Horus, son fils. 38 7 1657e
10. Tmauhmot. Akenchérsès, sa fille. 12 1 1618e
11. Ramsès (I). Rathotis, Athoris, son frère. 9 » 1606e
12. Ousiraï. Achenchérès, son fils. 12 5 1597e
13. Mandoueï. Achenchérès, son frère ? 20 3 1595e
14. Ramsès (II). Armaïs, Armès, son fils. 4 1 1565e
15. Ramsès (III). Ramessès, son fils. 1 4 1561e
16. Ramsès (IV) Méïamoun. Ramessès-Meiamoun, son fils. 66 2 1559e
17. Ramsès (V). Aménophis-Ramessés (III), son fils. 19 6 1493e
348 7
XIXe DYNASTIE.
Ramsès VI, fils de Ramsès V. Séthos, Ramessès (Sésostris). 55 1473e


Tel est le résultat qui m’a paru procéder à-la-fois des monuments connus et du texte comparé des auteurs anciens. Quelques variations dans la durée de quelques règnes apporteront peut-être de légers changements dans l’indication des époques chronologiques exposées dans ce tableau ; mais l’ensemble des faits ne pourra, ce nous semble, en éprouver une variation bien sensible. Je me suis appliqué à les reproduire selon leur expression la plus naturelle : celle-ci a semblé devoir être la plus certaine, surtout les nombres que j’ai employés étant tels que les anciens les ont faits, et dans le même but.

On remarquera sans doute que je ne suis ici que le texte de Manéthon, sans emprunter l’autorité des historiens étrangers à l’Égypte. D’autres écrits parlent aussi des Pharaons et des Pasteurs, mais dans un système différent. Je ne prononce pas entre ces autorités si diverses ; je m’attache à expliquer les Annales de Manéthon par lui seul et par le témoignage des monuments. Il est certain qu’il n’a inscrit dans son Canon chronologique que six rois Pasteurs dont il forme la XVIIe dynastie égyptienne ; tous ses copistes le prouvent : c’est donc la chronologie de Manéthon même que j’expose ; et en rattachant celle de la XVIIIe dynastie au seul renouvellement du cycle cynique sous Ménophrès, époque d’une certitude évidente, les temps de cette illustre dynastie égyptienne se trouvent dès lors historiquement déterminés.

Si d’autres monuments, et il en est déjà quelques-uns, viennent éclairer l’histoire des dynasties suivantes, je m’empresserai de les recueillir, et de les appliquer le plus régulièrement possible à la détermination de l’époque et de la durée de ces dynasties. On pourra peut-être reconstruire ainsi, avec quelque certitude, les annales de l’Égypte pour les faits contemporains des principales époques de l’histoire sacrée. Ce sera concourir assez directement à remplir de grandes lacunes dans le vaste tableau de l’ancienne civilisation et de toutes les origines.

J.-J. CHAMPOLLION-FIGEAC.
Paris, Août, 1824.



  1. Livre premier contre Appion.
  2. Édit. Venet., 1818, pag. 215.
  3. Ibidem, page 200.
  4. Chronogr., page 51.
  5. Joseph. loco cit.
  6. Ibidem.
  7. Édit. Venet., pag. 231.
  8. Georg. Sync. Chronogr. page 103, édit. Reg.
  9. Tome II de la 2e édition, 1802, page 553.
  10. De die natali, cap. 21.
  11. M. Larcher a voulu y reconnaître Sésostris ; nous ne nous permettrons pas de relever de point en point l’erreur de ce célèbre érudit, et nous renvoyons au texte même de sa notice, Hérodote en français, tome II, page 559, seconde édition.
  12. Chronogr., page 103.
  13. Josèph. cont. App., liv. i.
  14. a et b Tous les textes d’Eusèbe s’accordent sur ces deux nombres.