Ouvrir le menu principal

Lettre des dirigeants de Cronstadt au chef blanc Grimm


Anonyme
Lettre des dirigeants de Cronstadt au chef blanc Grimm

Honorable monsieur le professeur,

Depuis trois ans et demi la Russie saigne sous le joug communiste. L’expérience montre que des actions isolées, ne permettent pas de renverser les communistes qui les écrasent facilement. Pour sauver le pays de la violence, de l’arbitraire et de la ruine totale, et aussi pour renforcer les conquêtes de la révolution de février, il est indispensable de renverser au plus vite les communistes. Comme nous en sommes partisans, nous jugeons de notre côté nécessaire de nous unir avec tous les groupes antibolcheviks aux conditions suivantes :

1- La possession de terres aux paysans doit être confirmée.

2- La liberté des syndicats pour les ouvriers.

3- La reconnaissance de l’autodétermination des États frontaliers.

4- L’expérience des Cronstadtiens ayant montré que le slogan "tout le pouvoir aux soviets et non aux partis" constituait une manœuvre politique adéquate car elle suscitait la scission dans les rangs communistes, était populaire dans les masses et était capable d’unir tous les partis (ce qui est nécessaires dans la lutte contre les bolcheviks), nous jugeons nécessaire de mener notre activité ultérieure en Russie soviétique avec ce slogan jusqu’à la victoire sur les communistes.

5- Tout en acceptant les indications et en utilisant les informations, nous jugeons nécessaire que l’on nous accorde la liberté d’action pour agir à Pétrograd ou dans un autre lieu si les circonstances l’exigent et si la possibilité s’y présente.

6- Bien que la forme extérieure du vêtement ne soit pas une question essentielle, vu qu’au cours des trois années d’agitation les communistes ont inoculé à la masse inconsciente que tous les porteurs d’épaulettes étaient ses ennemis jurés, nous jugeons indispensable de mener la lutte sans épaulettes.

L’exposé des points ci-dessus ne préjuge pas de leur élaboration détaillée, elle n’est pas dictée par l’appartenance des Cronstadtiens à un quelconque parti politique mais par l’expérience qu’ils ont tirés de leur trois année de la lutte contre le communisme.

Petritchenko, ancien président du Comité révolutionnaire de Cronstadt, Ivanov, commandant de la brigade du camp du fort Ino, Krasnekov, commandant d’un régiment d’infanterie, Christoforov, ancien commandant du navire de ligne Petropavlovsk, Courvoïsier, commandant d’un bataillon de marine.

Fort Ino, le 31 mai 1921