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Les ingénues (Mendès)

PhilomélaJ. Hetzel, libraire-éditeur (p. 161-162).

LES INGÉNUES



Elles aiment le bal aux folâtres cadences,
Le valseur dont les yeux s’enivrent de leurs yeux,
Et, le cerveau troublé d’espoirs délicieux,
Elles gardent, la nuit, le souvenir des danses.


Elles se font tout bas de longues confidences
À propos d’un passant à l’air victorieux,
Et leur discours empli de riens mystérieux
Chante avec les oiseaux parmi les rameaux denses.

Ô charme ! avoir quinze ans pendant le mois de mai !
Sentir éclore en soi^ par un doux sortilége,
Les rieurs que l’on envie au jardin parfumé !

N’avoir point de soucis dont le cœur ne s’allége,
Et recevoir, furtive, avec un œil pâmé,
Le baiser d’un cousin qui revient du collége !