Les Quarante Médaillons de l’Académie/39


XXXIX


M. DUFAURE


Les avoués le disent bon juriste, mais ennuyeux, et vous pouvez vous demander ce que doit être un ennui, senti par des avoués ! On dit qu’il a des velléités philosophiques dans la tête… mais elles n’en sont jamais sorties. En littérature, comme MM. Dupin et Berryer, c’est un avocat. Il a été mêlé à de la politique. Il était du centre gauche, de ce pauvre petit parti, plus bas que la gauche, qui faisait les appoints à la Chambre et qui tournait sur pivot au commandement de M. Thiers, le vent de ces girouettes, soufflant de Grandvaux ! Comme homme politique, c’est encore un avocat, et comme avocat, c’est un nez qui a de la logique, comme une tabatière suisse a de la musique. Mais ce n’est ni comme homme politique, ni comme littérateur, ni comme avocat, ni comme nez logicien, qu’il est entré à l’Académie. C’est comme ministre des d’Orléans, en morceaux. On sait qu’on en fait le recollage à l’Académie. J’ai dit plus haut (médaillon GUIZOT) comment il y a été reçu, en attelage avec M. de Carné.