Les Puritains d’Écosse/12

CHAPITRE XII

Craignez surtout, seigneur, la jalousie.
Shakspeare. Othello.

Pour expliquer l’effet qu’avaient produit sur le malheureux prisonnier le peu de mots qu’il avait entendus, il est indispensable que nous rendions compte de la situation d’esprit où il se trouvait, et que nous disions un mot de l’origine de sa connaissance avec miss Bellenden.

Henry Morton était un de ces caractères heureusement doués par la nature, qui possèdent plus de talents qu’ils ne s’en attribuent. Il tenait de son père un courage à toute épreuve, et une haine insurmontable contre toute espèce d’oppression. Son enthousiasme n’avait rien de commun avec le fanatisme et le mécontentement de l’esprit puritain ; il le devait à la rectitude naturelle de son jugement, autant qu’aux fréquentes visites qu’il faisait au major Bellenden. Quoique l’avarice sordide de son oncle eût retardé son éducation par plus d’un obstacle, il avait si bien profité des occasions de s’instruire, que ses amis étaient surpris de ses progrès ; mais son âme restait abattue par le sentiment de sa pauvreté, de sa dépendance, et surtout de son instruction incomplète. Il en résultait une défiance de lui-même et un air de réserve qui faisaient que ses talents naturels et sa force de caractère n’étaient connus que de quelques amis : ne s’étant attaché à aucun des partis qui divisaient l’Écosse, il passait pour un homme que ni la religion ni le patriotisme ne pouvaient émouvoir. Cette appréciation était pourtant injuste. Il avait formé peu de liaisons avec les presbytériens, objets de la persécution, parce qu’il était dégoûté par leur étroit esprit de secte, leur sombre fanatisme, leur aversion pour toute instruction mondaine on toute récréation innocente, et surtout par leur implacable ressentiment politique ; cependant son âme était plus révoltée encore par les mesures oppressives et tyranniques du gouvernement, la licence et la brutalité du soldat, les échafauds et les massacres qui réduisaient un peuple libre à l’existence des esclaves d’Asie. Condamnant donc chaque parti tour à tour, chaque fois que leurs excès frappaient sa vue, il aurait quitté l’Écosse depuis longtemps, si ce n’eût été son amour pour Miss Bellenden.

Le major Bellenden avait été l’ami intime du colonel Silas Morton. Henry était le bienvenu à Charnwood : c’était là qu’il avait vu Edith ; et le major, éloigné en pareil cas de concevoir un soupçon, n’avait pas la moindre idée des conséquences que pouvaient amener les fréquentes occasions que ces jeunes gens avaient de se voir. L’amour, comme c’est l’usage, emprunta le nom de l’amitié, se servit de son langage, en réclama les privilèges. Lorsque miss Bellenden revenait à Tillietudlem, on aurait pu s’étonner que le goût de la promenade la conduisit si souvent dans une prairie située à deux milles du château, où le hasard voulait que Henry ne manquât jamais de se trouver. Ces rencontres, quelque fréquentes qu’elles fussent, ne semblaient pourtant surprenantes ni à l’un ni à l’autre, el elles finirent par devenir une espèce de rendez-vous. On s’envoya des livres, des dessins, des lettres, et chaque envoi donnait lieu à une nouvelle correspondance. Le mot « amour » n’avait pas été prononcé ; mais chacun d’eux connaissait parfaitement la situation de son cœur, et devinait les sentiments de l’autre.

D’après cet état de choses et sa défiance naturelle de lui-même, Morton ne se dissimulait pas le peu d’espoir qu’il avait d’obtenir jamais la main d’Edith, que sa fortune, sa naissance, sa beauté, ses talents, devaient nécessairement faire rechercher par des jeunes gens qui seraient accueillis par la famille plus favorablement qu’il ne pouvait se flatter de l’être. Le bruit public désignait lord Evandale comme devant l’emporter sur tous ses rivaux, et ses fréquentes visites à Tillietudlem, ainsi que l’estime particulière que lui témoignait lady Marguerite, semblaient confirmer cette opinion.

Jenny Dennison avait aussi contribué à augmenter la jalousie de Henry. C’était une véritable coquette de village ; et quand elle ne pouvait tourmenter ses propres amants, elle trouvait quelque plaisir à inquiéter celui de sa maîtresse. Ce n’est pas qu’elle eût envie de le desservir : il lui plaisait beaucoup, parce qu’il était beau garçon, et parce qu’elle savait qu’il était aimé de miss Edith, à qui elle était véritablement attachée ; mais lord Evandale n’était pas moins bien fait ; il avait le moyen d’être infiniment plus libéral que le jeune Milnwood, et la balance penchait en sa faveur dans le cœur de la suivante qui d’ailleurs voyait beaucoup plus d’honneur et de profit à être la femme de chambre de lady Evandale que celle de mistress Morton. Elle tourmentait donc fréquemment Henry, tantôt par un avis amical, tantôt par une confidence inquiétante, mais qui


Scott - Nain noir. Les puritains d'Ecosse, trad. Defauconpret, Garnier, 1933 - Page 172.jpg
Il s’avança vers lui ; mais Morton, saisissant une chaise…

tendaient toujours à lui faire concevoir l’idée que miss Bellenden, malgré ses rendez-vous finirait par devenir lady Evandale.

Ces insinuations se rapportaient si bien aux craintes que Morton avait conçues lui-même, qu’il n’était pas éloigné d’éprouver de la jalousie. Edith elle-même, par suite de sa franchise naturelle, avait contribué, quelques jours auparavant, à développer davantage ce sentiment dans le cœur de Henry. Leur conversation était tombée sur des excès qu’avait tout récemment commis un détachement qu’on disait, quoique à tort, commandé par lord Evandale. Edith, aussi fidèle en amitié qu’en amour, avait été un peu choquée de quelques remarques que Morton s’était permises ; elle prit la défense du capitaine avec une vivacité qui blessa cruellement son amant. Edith lut dans les yeux de Henry les soupçons qu’il concevait ; elle tâcha de les détruire : mais l’impression n’était pas facile à effacer ; et ce motif n’avait pas eu peu d’influence dans la détermination qu’avait prise le jeune Milnwood de chercher du service à l’étranger.

La visite qu’il avait reçue d’Edith dans sa prison, le vif intérêt qu’elle lui avait témoigné, auraient dû le rassurer mais, ingénieux à se tourmenter, il crut devoir ne l’attribuer qu’à l’amitié, ou peut-être à une préférence passagère qui chez miss Bellenden céderait bientôt aux sollicitations de ses amis, à l’autorité de lady Marguerite et aux assiduités de lord Evandale. — Pourquoi, se disait-il, ne puis-je pas me montrer en homme, et prétendre hautement à sa main avant qu’un autre m’efface entièrement de son cœur ? Je dois en accuser une maudite tyrannie qui pèse en même temps sur nos corps, nos âmes, nos fortunes ! Et c’est à l’un des coupe-gorge pensionnés de ce gouvernement oppresseur que je céderais miss Bellenden !… Non ! jamais… Ah ! c’est un juste châtiment de mon indifférence, que de me voir à mon tour opprimé dans ce qui est le plus capable de me révolter.

Telles étaient les idées qui déchiraient le cœur de Henry lorsque Bothwell entra dans sa chambre suivi de deux dragons dont l’un portait les fers.

— Vous allez me suivre, jeune homme, lui dit le brigadier ; mais d’abord il faut faire votre toilette.

— Ma toilette ! que voulez-vous dire ?

— Qu’il faut mettre ces bracelets. Je ne voudrais pas faire paraître un prisonnier devant mon colonel sans qu’il eût les fers aux mains. Ainsi donc, jeune homme, prenez votre parti.

Il s’avança vers lui ; mais Morton, saisissant une chaise, menaça de fendre le crâne à quiconque voudrait le soumettre à cette indignité.

— Songez que vous ne seriez pas le plus fort, dit Bothwell ; mais j’aimerais mieux que vous vous soumissiez tranquillement.

Il craignait que la résistance de Henry ne causât quelque bruit, et que son colonel ne vînt à apprendre que, contre ses ordres, il avait gardé un prisonnier sans le mettre aux fers.

— De la prudence ! continua-t-il, ne gâtez pas votre affaire. On dit dans le château que la nièce de lady Marguerite va épouser notre jeune capitaine lord Evandale, et je viens de l’entendre lui demander d’intercéder pour vous auprès du colonel. — Mais que diable avez-vous donc ? vous voilà plus blanc qu’un linge !

Morton n’opposa aucune résistance, pendant qu’on lui mettait les fers, il s’écria : — Miss Bellenden demander ma vie à lord Evandale !

— Il n’y a pas de meilleure protection que celle des femmes.

— Ma vie demandée à lui, et par elle ! Oui, chargez-moi de fers : le coup qui a pénétré jusqu’au fond de mon âme est bien plus cruel.

Bothwell conduisit son prisonnier dans la salle où l’attendait Claverhouse. Les mots que Henry entendit prononcer par Edith le confirmèrent dans la pensée qu’elle aimait Evandale, et qu’elle employait son influence sur lui pour le sauver. Dès ce moment, la vie qu’il devrait à l’intercession d’un rival lui devint odieuse ; et, se dévouant à la mort, il résolut de défendre avec force les droits de son pays, outragés en sa personne. Il s’approcha donc avec fermeté de la table près de laquelle était assis le colonel Grahame, après avoir jeté sur Edith un regard dans lequel se peignaient la douleur et le reproche.

— De quel droit, Monsieur, lui dit-il, ces soldats m’ont-ils enlevé à ma famille, chargé de fers, et conduit devant vous ?

— Par mon ordre, répondit Claverhouse. — Je vous donne maintenant celui de vous taire, et d’écouter mes questions.

— Je veux savoir si je suis légalement détenu, si je suis devant un magistrat civil, ou si les droits de mon pays sont méconnus et outragés en ma personne, répliqua Morton avec hardiesse.

— Sur mon honneur ! voilà un gaillard déterminé, dit le colonel.

— Êtes-vous fou ? s’écria le major. Pour l’amour de Dieu, Henry, songez que vous êtes devant un officier supérieur de Sa Majesté !

— C’est pour cette raison même, Monsieur, que je désire savoir de quel droit il me retient prisonnier sans mandat d’arrêt. Si j’étais devant un magistrat, je sais que la soumission serait mon devoir.

— Votre jeune ami, dit Claverhouse au major, est un de ces messieurs pointilleux qui ne voudraient pas nouer leur cravate sans un mandat du juge ; mais, avant que nous nous séparions, je lui apprendrai que mon aiguillette est une marque d’autorité qui vaut bien la masse d’un homme de justice. — Ainsi, pour mettre fin à cette discussion, vous plaira-t-il, jeune homme, de me dire quand et où vous ayez vu Balfour de Burley ?

— Comme je ne vous reconnais pas le droit de me faire cette question, je n’y répondrai pas.

— Je le ferai donc pour vous. Vous avez avoué à mon brigadier que vous avez donné asile à ce traître que vous connaissiez pour tel. Pourquoi n’êtes-vous pas aussi franc avec moi ?

— Parce que je présume que votre naissance et votre éducation doivent vous avoir appris à connaître quels sont les droits de tout Écossais, et que je veux vous faire voir qu’il en existe encore qui savent les faire respecter.

— Et vous seriez disposé à les soutenir les armes à la main ?

— Si nous étions tête à tête, tous deux l’épée à la main, vous ne me feriez pas deux fois cette question.

— C’en est assez, répliqua Claverhouse : vos discours confirment l’idée que j’avais conçue de vous. Mais vous êtes le fils d’un soldat, vous paraissez avoir de la bravoure ; et, quoique vous soyez un rebelle, je vous épargnerai l’infamie d’une mort déshonorante.

— De quelque manière que je doive mourir, je mourrai comme le fils d’un brave militaire, et l’infamie dont vous parlez retombera sur ceux qui versent le sang innocent.

— Vous avez cinq minutes pour faire votre paix avec le ciel. — Bothwell, conduisez le prisonnier dans la cour, et disposez votre peloton.

Une telle conversation avait glacé d’horreur et réduit au silence ceux qui l’entendaient ; mais en cet instant tous se récrièrent, tous intercédèrent en faveur de Morton. Lady Marguerite elle-même, insistait fortement.

— Colonel Grahame, épargnez ce jeune imprudent ; que son sang ne souille pas les murs d’une maison où vous avez reçu l’hospitalité !

— Vous m’épargneriez le chagrin de vous refuser, Madame, répondit Claverhouse, si vous réfléchissiez au sang que ses pareils ont fait répandre.

— Je laisse le soin de la vengeance à Dieu, s’écria la vieille dame. La mort de ce jeune homme ne rendra pas la vie à ceux que nous regrettons. Jamais le sang n’a été répandu dans les murs de Tillietudlem. Accordez-moi sa vie !

— Il faut que je fasse mon devoir, Madame, Lorsque vous savez que des révoltés sont en armes non loin de vous, pouvez-vous demander le pardon d’un jeune fanatique qui à lui seul suffirait pour souffler la rébellion dans tout le royaume ? Impossible !

— Colonel, s’écria le major Bellenden, ne croyez pas que, malgré mon âge, je laisse impunément assassiner sous mes yeux le fils de mon ami. Vous me rendrez raison de cet acte de violence.

— Quand il vous plaira, major, répondit froidement Claverhouse. — Bothwell, emmenez le prisonnier.

Celle qui prenait l’intérêt le plus vif à cette discussion avait fait trois fois un effort pour parler ; trois fois sa langue s’y était refusée, et elle restait sur sa chaise, comme plongée dans un profond accablement. En ce moment elle se leva, voulut s’élancer vers le colonel, mais les forces lui manquèrent, et elle tomba sans connaissance entre les bras de Jenny, qui heureusement se trouvait derrière elle. — Du secours ! s’écria la suivante ; bon Dieu ! ma jeune maîtresse se meurt !

À cette exclamation, lord Evandale, qui, pendant toute cette scène, était resté immobile, se redressa : — Colonel, dit-il à Claverhouse, avant que le prisonnier sorte d’ici, je désire vous parler en particulier.

Claverhouse parut surpris ; mais se levant aussitôt il suivit le jeune capitaine dans un coin de la salle.

— Je n’ai pas besoin de vous rappeler, colonel, dit Evandale, que l’année dernière, lorsque vous avez obtenu des marques du crédit de ma famille auprès du conseil privé, vous m’avez témoigné que c’était à moi que vous en aviez l’obligation.

— Certainement, mon cher lord, et je serai enchanté quand je trouverai l’occasion d’acquitter ma dette.

— Elle se présente, accordez-moi la vie de ce jeune homme.

— Evandale, vous êtes fou !… Quel intérêt pouvez-vous prendre à la conservation des jours de ce jeune fanatique ? Le colonel Silas Morton était l’homme le plus dangereux de toute l’Écosse : froid, résolu, adoré du soldat, inflexible dans ses maudits principes ; son fils paraît formé sur le même modèle, et vous ne pouvez vous imaginer tous les maux qu’il peut causer. S’il ne s’agissait que d’un individu sans conséquence, de quelque misérable paysan, croyez-vous que j’aurais refusé sa grâce à lady Marguerite et au major ? mais non, il s’agit ici d’un jeune homme bien né, plein de feu et de courage. Il ne manque aux rebelles qu’un tel chef pour donner à leur parti la consistance qui lui manque. Je ne vous fais pas ces observations pour vous refuser, mais pour vous engager à réfléchir sur les conséquences de votre demande. Jamais je n’éluderai une promesse, ni l’occasion de reconnaître un service. Si vous voulez qu’il vive, il vivra.

— Gardez-le prisonnier ; il cessera d’être dangereux ; mais permettez-moi, colonel, d’insister pour obtenir sa vie.

— Qu’il vive donc ! je ne puis vous refuser ce que vous me demandez ; mais souvenez-vous, Milord, que si vous voulez parvenir â un grade éminent au service du roi et de votre patrie, votre premier soin doit être d’oublier vos affections, pour ne songer qu’à vos devoirs et à l’intérêt public. Nous ne vivons pas dans un temps où l’on puisse sacrifier au radotage des vieillards ou aux larmes des femmes les mesures de sévérité que nous forcent d’adopter les dangers qui nous entourent. Souvenez-vous aussi que si je cède à vos prières, cette condescendance doit m’épargner de semblables sollicitations à l’avenir.

Ils se rapprochèrent de la table, et le colonel fixa les yeux sur Morton, pour observer l’effet qu’avait produit sur lui la sentence de mort qui faisait frissonner tous les spectateurs. — Voyez-le, dit-il à voix basse à Evandale ; il doit se croire aux portes du trépas, il n’a ni pâli ni frémi ; si jamais cet homme se trouve à la tête d’un parti de rebelles, vous aurez â vous repentir de m’avoir forcé â l’indulgence. — Jeune homme, dit-il ensuite à Morton, grâce à l’intercession de vos amis, votre vie est sauve quant à présent… Bothwell, emmenez le prisonnier, et qu’on veille sur lui avec attention.

L’idée de devoir son salut à son rival fut insupportable pour Morton : — Si je dois la vie à lord Evandale, s’écria-t-il…

— Bothwell, interrompit le colonel, emmenez le prisonnier.

Le brigadier fit sortir Morton. Dès qu’ils furent dans la cour : — Quand vous auriez plus d’une vie à perdre, lui dit-il, ce serait une imprudence de les hasarder comme vous le faites. Mais j’aurai soin de vous éloigner des yeux du colonel. Allons, venez joindre nos autres prisonniers.

Malgré la rudesse de ses manières, Bothwell éprouvait véritablement de l’intérêt pour Henry. Il le conduisit devant le château, où une vieille femme et deux hommes que lord Evandale avait faits prisonniers étaient gardés par un piquet de dragons.

Pendant ce temps, Claverhouse faisait ses adieux à lady Marguerite, qui ne pouvait lui pardonner le peu d’égard qu’il avait eu à ses prières. — Jusqu’à présent, lui dit-elle, j’avais pensé que le château de Tillietudlem, où Sa Majesté a daigné s’arrêter, pouvait être considéré comme une place de refuge ; mais je vois que le vieux fruit n’a plus de saveur : les services de ma famille datent de trop loin.

— Un devoir que je regarde comme sacré a pu seul me faire hésiter à me rendre à vos désirs et à ceux du major, mais à présent, ma chère lady Bellenden, permettez-moi d’espérer que tout est pardonné. Ce soir je vous ramènerai deux cents rebelles prisonniers ; et je vous promets de faire grâce à cinquante pour l’amour de vous.

— J’apprendrai vos succès avec plaisir, colonel, dit le major ; mais suivez l’avis d’un vieux soldat, épargnez le sang après la victoire. Maintenant, permettez-moi de vous demander la liberté du jeune Morton sous ma caution.

— Nous réglerons cela à mon retour.

Pendant cette conversation, les yeux de lord Evandale cherchaient Edith, mais Jenny avait fait transporter sa maîtresse dans son appartement. Ce fut avec lenteur qu’il obéit aux ordres de l’impatient Claverhouse, qui, après avoir pris congé de lady Margaret et du major, était descendu dans la cour. Déjà les prisonniers et leur escorte étaient en route, et les officiers les suivaient avec leurs dragons d’ordonnance. Tous se pressèrent d’atteindre le gros du régiment, car on pensait arriver en vue de l’ennemi en moins de deux heures.