Les Grandes Chroniques de France/VIII/Louis X Hutin

Texte établi par Jules ViardHonoré Champion, libraire de la Société de l’histoire de France (8p. 319-332).
LOUIS X HUTIN

Le premier chapitre parle du roy Loys, roy de France et de Navarre, qui regna après son pere Phelippe le très bel roy de France, si comme l’istoire le devise ci après.

Le secont. Incidence de sel.

Le tiers. Incidence de blé.

Le iiii. Incidence de famine.

Le v. De la comete.

Le vi. Comment les cardinalz furent assamblez.

Le vii. Du trespassement le roy Loys roy de France et de Navarre.

Le viii. Du coronnement pape Jehan.


I.
Du roy Loys roy de France et de Navarre qui regna après son pere Phelippe le très bel roy de France, si comme l’istoire le devise ci après[1].

Après Phelippe le biau roy, regna en France Loys roy de Navarre son filz ; et commença à regner en l’an de l’Incarnacion Nostre Seigneur M CCC XV. Et à Rains la cité, le dimenche après les octaves de l’Assompcion de la benoite vierge Marie mère de Nostre Seigneur Jhesu Crist[2], avec sa femme, la royne Climence de Hongrie[3], niece au roy Robert de Sezille, fu sacré et coronné en roy ; laquelle Climence, fille Charles Martel, filz Charles le secont roy de Sezille, le mardi devant son coronnement[4], ycelui roy avoit espousée.

[5]Et en cest an, les Juis que le roy Phelippe le Bel avoit chaciez de son royaume, ycelui roy son filz les rappella à Paris et fist revenir en son royaume de France.

[6]Et en cest an vraiement, ou royaume de France, fu le temps d’esté si pluieux et si mal naturable que les blés ou temps d’aoust furent de si male queillete que en nulle maniere ne porent estre mis fors es granches que il ne fussent moilliés, ne les roisins des vignes en aucune maniere ne porent naturablement, si comme il devoient, meurer.

[7]Et en ce meismes an, Loys roy de France et de Navarre destitua de la chancelerie Pierre evesque de Chaalons[8] et mist en son lieu Estienne de Morelay[9] chambellenc de son oncle Charles conte de Valoys. Et après ce, furent envoiez, de par ledit roy Loys ambassateurs à court de Rome pour promouvoir l’eslection du pape, c’est à savoir : Girart l’evesque de Soissons[10], le conte de Bouloigne[11] et Pierre de Blaive[12], chevalier et docteur en l’un droit et en l’autre ; lesquiex y firent pou ou noient. Et en après, envoia ledit roy Loys son chambellenc et secretaire messire Hue de Bouville[13] chevalier et avec autres certains messages es parties de Sezille, pour avoir Climence la fille au roy de Hongrie en mariage.

[14]Adecertes, en ycest an, ou moys de septembre, quinte foiz après le rebellement du conte de Flandres Robert et des Flamens non veullans tenir les convenances seellées et affermées de leurs seaulz qu’il avoient eues au roy Phelippe en l’an devant passé, Loys son filz roy de France et de Navarre, parsui en Flandres avec ses ii freres, Phelippe conte de Poitiers et Charles conte de La Marche, et ses ii oncles, Charles conte de Valoys et Phelippe conte d’Evreux et le marquis d’Anconne[15], et le duc de Bretaigne[16] ; avec eulz moult de dux, contes, barons, chevaliers et serjans, vers Courtrai[17] i grant ost assambla et si noble, que de grant temps devant passé, ne fu d’aucun roy de France tel noble ost de François assamblé. Et adonc, comme ylec parvenissent, si fichierent leurs très et leurs tentes, et ylec se logierent ; car adecertes oultre ne pooient passer pour l’yaue du fleuve près d’ileques courant, que l’en appelle le Lis, où il n’avoit nul pont par là où il peussent passer. Et vraiement, comme le roy de France et de Navarre Loys fust ylec avec son très bel ost, ordenant pour faire apparissant voie à passer le fleuve du Lis pour soy combatre as Flamens qu’il convoitoit de très grant ferveur d’outrageux courage ; lesquiex Flamens, de l’autre partie, outre ledit fleuve du Lis estoient assemblés a grant ost ; le temps trop pluieux nostre roy et les siens destourbans à parfaire ce qu’il avoient entrepris, tellement le contraint, que en ycelui ost, la boe si grant estoit et tant grant chascun jour pour la pluie enforcant et croissant, que si comme il fu dit pour voir, les hommes et les chevaux en la boe et ou fiens, en aucuns lieux, a par i pou, jusques aus genoulz estoient ; pour laquelle chose, les viandes ne pooient venir à l’ost ; car à traire et à amener i tonniau de vin à nostre ost, trente chevaux y couvenoient, en envis le pooient oster et remuer de la boue. Adonques yces domages et males aventures noz François si doloureusement contraignans, inevitables et mescheables, les admena ad ce que il se departissent et remuassent de ce lieu. Et lors, le roy de Navarre Loys, par le conseil de ses barons, le feu premierement mis en leurs tentes et toutes pars, ingloriaux et sanz riens faire, dolent et courroucié, fu contraint à soy enrevenir en France. Et pour ce, les François mistrent en leurs tentes le feu, quar il ne les pooient oster ne remuer de ce lieu ne faire emporter avec eulz pour l’abondance de la boue. Et ensement, ne vouloient que de eulz, Flamens eussent nul profit.

Et ainsi, les François, leurs tentes laissiées et embrasées, et moult de richesces en ycelles estans et deguerpies, dolens et corrouciez, moilliez et crotez, en ce lieu dementans[18], en France s’en revindrent[19]. Et adecertes, Loys roy de Navarre en fu si courrouciez et dolent qu’il jura, si comme l’en dist, que s’il vivoit en l’an ensivant, les Flamens iroit efforciement poursivre et envaïr sanz demeure, et que jamais n’aroit vers eulz nulle accordance, se du tout ne s’abandonnoient à sa volenté faire. Et laissa le roy en ces parties pluseurs serjans et soudois avec appareil batailleurs, qui les pas et les entrées par mer et par terre, en tele maniere garderent que les Flamens à paine de aucune partie porent avoir vitaille.

[20]Et en ce meismes an, ou moys d’octembre, fu fait concile à Senilz[21], present l’arcevesque de Reins[22] et les evesques qui sont dessouz li et pluseurs autres prelas. Et là, furent proposés les ii cas dessus diz contre Pierre evesque de Chaalons[23]. Adonques requist ledit evesque devant toutes choses, que en sa personne ne en ses biens desquiex il estoit despoilliez, il fust restitué, laquelle chose li fu ottroiée.


II.
Incidence de sel[24].

Et en cest an, à Paris fu si grant chierté de sel que nul aage ne remembre ; ne ne treuve l’en en escript si grant chierté de sel à Paris avoir veue, car le boissel en fu vendu x sols et plus parisis, forte monnoie en ycest an decourant.


III.
Incidence de blé[25].

Et cest an ensement, environ le xx jour du mois de mars, ou temps de quaresme, commença une si très grant chierté de blé ou royaume de France et especiaument à Paris et en pluseurs autres parties, en telles maniere que tantost après ensuivant, une très grant famine en ensui.


IV.
Incidence de famine[26].

En l’an de grâce après ensuivant mil CCC XVI, la chierté très grant de blé ou royaume de France et especiaument à Paris ou temps de Pasques ensuivant, en telle maniere que le sextier de fourment valut lx sols parisis ou environ, bonne et forte monnoie ou temps de lors decourant.

Et après ce ensivant, pour ce que la très gant famine ensivoit si croissant et angoissant, pluseurs hommes et femmes, povres creatures traveillans et habondans[27] de fain, par rues et par places à Paris mouroient[28].


V.
De la comete.

En cest an ensement, ou moys de mars[29], par pluseurs jours, à l’annuitier, la comete, un signe ou ciel, fu veue ou royaume de France, decourant et denonçant le detriment du royaume.


VI.
Comment les cardinaus furent assamblez[30].

Et en cest an aussi, Phelippe conte de Poitiers, frere Loys roy de France et de Navarre, qui en l’an devant passé fu meu de Paris et ala du commandement son frere à Avignon en Prouvence pour assambler les cardinalz, se il peust, pour faire pape, lors si ot parlement avec les cardinalz qui ilec estoient demourans, et les fist assambler à la cité de Lyons sus le Rosne pour eleccion du nouvel pape faire, le jour de la feste saint Pierre et saint Pol, en juign.


VII.
Du trespassement le roy Loys roy de France et de Navarre[31].

En cest an vraiement, le jour du samedi après la feste de Penthecouste, le v jour de juign, au bois de Vinciennes, Loys roy de France clost son derrenier jour, et l’endemain ensivant, c’est à savoir le jour de la Trinité, vi jours en juign, à Saint Denis en France fu porté, et l’endemain honnorablement enterré[32]. Et après ce, Phelippe conte de Poitiers qui à Lyons avoit longuement demouré pour faire le pape, oy nouvelles de mort son frere le roy Loys ; lors pour ce à Paris se retraist et revint[33]. Et lors des barons de France receu paisiblement, prist tantost par l’assentement et l’acort de eulz la garde et le gouvernement des royaumes de France et de Navarre, en ses lettres son tytre en telle maniere disant : Phelippe filz du roy de France, gouvernant les royaumes de France et de Navarre, à touz justiciers, etc.

Icelui roy de France et de Navarre Loys, regna après son coronnement, coronné du royaume de France, ix moys et demi ou environ, et laissa sa femme, la royne Climence, grosse.

En ce meismes an, environ la feste de la Magdalene, Loys conte de Clermont et Jehan son frere conte de Soissons[34], avec pluseurs autres, si pristrent la crois de la main du patriarche de Jherusalem, pour aler outre mer, en la presence de pluseurs prelas pour ce à Paris assamblez. Et lors fu crié par le conte de Poitiers, que touz ceulz qui nouvellement avoient prise la croiz, et les autres qui par avant l’avoient prise, si comme il avoit fait, son pere vivant, se ordenassent et s’appareillassent qu’il fussent prèz à la feste de la Penthecouste après l’an pour passer ou saint voiage.

Et en ce meismes an, Jehan conte de Soissons qui avoit pris la croiz n’avoit gueres, si mourut.


VIII.
Du coronnement du pape Jehan[35].

Et en cest an ensement, les cardinaux, à la cité de Lyons sus le Rosne ensamble assamblés, à un jour d’un samedi, le vii jour d’aoust[36], eslurent et firent nouvel pape ; c’est assavoir l’evesque jadis d’Avignon, une cité en Prouvence, cardinal de l’eglise de Romme, lequel iic pape, fu appellé Jehan le xxii. Et en celle cité de Lyon, le jour de la Nativité de la benoite vierge Marie, le viii jour de septembre, fu coronné et consacré de dyademe papal[37], present Phelippe conte de Poitiers, gouverneur des royaumes de France et de Navarre, Charles son frere, conte de la Marche, et ses ii oncles, Charles et Loys et moult d’autres barons du royaume de France et d’ailleurs, et prelas, evesques, arcevesques, cardinaux et autre clergié et peuple, pour ycelui pape en la cité de Lyons et en ycelui jour assamblez.

[38]Et adecertes en cest an ensement, le premier jour de septembre, ou palais de Paris, par le conseil au conte de Savoie et de Charles conte de Valois et de Loys conte d’Evreux et de l’evesque de Saint Malo et de pluseurs autres evesques, arcevesques, prelas, barons, princes, contes, dux et chevaliers, entre Phelippe conte de Poitiers regent du royaume de France et de Navarre, et Robert de Bethune conte de Flandres, fut une condicion et maniere de pais[39] par lettres autentiques faite et confermée, et des eschevins de Flandres pour tout le menu et le gros peuple commun affermée.

[40]Et en cest an aussi, ou moys de septembre, Robert d’Artois filz Phelippe d’Artois, qui fu filz du conte d’Artois Robert qui mourut à Courtrai en Flandres, entra a grant ost et noble chevalerie de chevaliers ensamble aliez, en la cité d’Arras, à li usurpant et prenant, aussi comme par violence, la conté d’Artois, ou prejudice de la contesse d’Artois fille le dessusdit conte Robert[41].

[42]Et en cest an, environ la Chandeleur, furent assamblez en la presence de Pierre d’Erblay[43] jadis chancelier du roy de France (mais nouvellement avoit esté fait cardinal), pluseurs barons, nobles, prelaz, bourgois en la cité de Paris ; lesquiex tous ensamble aprouverent la coronacion de Phelippe le Lonc et li promistrent obedience tant comme à leur seigneur, et à Loys son ainsné filz après li tant comme vray hoir ; et de ces choses firent foy et serement ; et aussi firent ceulz de l’Université, [et] aprouverent les choses dessus dittes, mais il n’en firent pas serement. Et adonc fu il desclairié que femme ne succède pas ou royaume de France.

Et en cest an, le vendredi après les Cendres[44], Loys ainsné filz du roy Phelippe le Lonc mourut, et aus Freres Meneurs, après son aiole Jehanne royne de France et de Navarre, fu enterré.

Ci fenist l’istoire du roy Loys roy de France et de Navarre.

Ci après commencent les chapitres du roy Phelippe son frere qui fu coroné en roy de France et de Navarre.

  1. Les Grandes Chroniques donnent pour le mariage de Louis X une autre date que la Continuation de la Chronique latine de Guillaume de Nangis (éd. Géraud, t. I, p. 422, cf. la note 3, et Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XX, p. 614) et font aussi connaître pour son couronnement une date que l’on ne trouve pas dans la Continuation de G. de Nangis ; mais ces dates, ainsi que celles qui sont données par Jean de Saint-Victor (Rec. des Hist., t. XXI, p. 661), ne sont pas exactes. Le mariage de Louis X et de Clémence aurait eu lieu à Paris le 31 juillet et ils auraient été couronnés à Reims le 3 août (Ibid., p. 44 et 725). Cf. Itinera et mansiones, p. 465, et surtout, dans la préface de ce volume, p. xliv à xlix, une longue dissertation établissant que les dates données par Bernard Gui (31 juillet et 3 août) sont exactes.
  2. 24 août 1315.
  3. Clémence de Hongrie, fille aînée de Charles Ier dit Martel, roi de Hongrie, et de Clémence de Habsbourg, mourut à Paris, au Temple, le 13 octobre 1328 (L. Douët d’Arcq, Nouveau recueil de comptes de l’argenterie des rois de France, p. iii à xiii).
  4. 19 août 1315.
  5. Cette mention, qui n’est pas tirée de la Continuation de G. de Nangis, se trouve dans les Flores chronicorum de Bernard Gui (Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XXI, p. 725). Gui dit que les Juifs rentrèrent en France « pecunia mediante ».
  6. Continuation de la Chronique latine de G. de Nangis, éd. Géraud, t. I, p. 421-422, et Rec. des Hist., t. XX, p. 614. Les Grandes Chroniques ont supprimé ce que la Continuation rapporte au sujet des prières et des processions qui se firent dans toute la France. Cf. la Continuation de la Chronique de Géraud de Frachet et le Memoriale de Jean de Saint-Victor, dans Rec. des Hist., t. XXI, p. 44 et 661.
  7. Continuation de la Chronique latine de G. de Nangis, ibid., p. 415, et Rec. de Hist., t. XX, p. 612.
  8. Pierre de Latilly, clerc du roi, évêque de Châlons en 1313, obtint le 26 avril de cette année la garde du sceau, après la mort de Guillaume de Nogaret. Soupçonné d’avoir empoisonné le roi et l’évêque son prédécesseur, il fut emprisonné à l’avènement de Louis X. Rétabli dans son évêché en 1319, il assista le 21 février 1321 au sacre de Charles IV et mourut le 15 mars (L. Perrichet, La grande chancellerie de France des origines à 1328, p. 530-531, et Pécheur, dans Bulletin de la Soc. hist. de Soissons (1867), p. 218 à 229).
  9. Étienne de Mornay, neveu de Pierre de Mornay, qui fut évêque d’Orléans et d’Auxerre et conseiller de Philippe le Bel, devint chancelier de France le 1er janvier 1315. Éloigné du gouvernement sous Philippe le Long, il entra à la Chambre des comptes et au Parlement sous Charles IV, assista au procès de Robert d’Artois et mourut probablement le 31 août 1332 (L. Perrichet, op. cit., p. 532, et F. Guessard, Étienne de Mornay, chancelier de France sous Louis Hutin, dans Bibl. Éc. des chartes, t. V, p. 373 à 396).
  10. Gérard de Courtonne, évêque de Soissons du 27 août 1313 à sa mort (27 octobre 1331).
  11. Robert VII, dit le Grand, comte d’Auvergne et de Boulogne (1314-1326).
  12. Dans la Continuation de la Chronique de Géraud de Frachet, il est appelé : « Petrus de Blene ». Cf. Rec. des Hist., t. XXI, p. 42, note 14.
  13. Hugues III de Bouville, fils de Hugues II et de Marie de Chambly, avait épousé, en 1293, Marguerite des Barres. Il mourut en 1331 (H. Stein, Recherches sur quelques fonctionnaires royaux des XIIIe et XIVe siècles originaires du Gâtinais, p. 147).
  14. Les Grandes Chroniques donnent plus de détails sur cette campagne de Flandre que la Continuation de la Chronique latine de G. de Nangis (éd. Géraud, t. I, p. 423, et Rec. des Hist., t. XX, p. 614).
  15. Bertrand de Got, marquis d’Ancône, vicomte de Lomagne et d’Auvillar, neveu du pape Clément V.
  16. Jean III dit le Bon (1312-1341).
  17. La Continuation de Géraud de Frachet et Jean Desnouelles (Rec. des Hist., t. XXI, p. 44 et 197) ainsi que la Continuation de G. de Nangis et Gilles le Muisit, Chronique et annales, éd. Lemaître, p. 86, désignent Bondues (Nord, arr. de Lille, cant. de Tourcoing) comme le lieu de rassemblement de l’armée de Louis X.
  18. Dementans, gémissants.
  19. Gilles le Muisit (Chronique et annales, éd. H. Lemaître, p. 87-88) dit qu’avant de regagner Paris, Louis X vint le 14 septembre à Tournai en l’abbaye de Saint-Martin et y resta pendant quatre jours.
  20. Continuation de la Chronique latine de Guillaume de Nangis, éd. Géraud, t. I, p. 424, et Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XX, p. 615.
  21. Sur ce concile, voir Labbe et Cossart, Sacrosancta concilia, t. XI, 2e partie, col. 1623-1624, et d’Achery, Spicilège, t. IV, p. 268-270.
  22. Robert de Courtenai, 10 avril 1299-3 mars 1324.
  23. Pierre de Latilly (12 mai 1313-15 mars 1328) avait été destitué et emprisonné par Louis X comme suspect d’avoir causé la mort de Philippe le Bel et de l’évêque, son prédécesseur.
  24. Cette mention de la cherté du sel en 1315, qui n’est pas indiquée dans la Continuation de la Chronique latine de G. de Nangis, se trouve aussi dans une Chronique anonyme finissant en 1328 et dans une Chronique anonyme de Saint-Martial de Limoges (Rec. des Hist., t. XXI, p. 151 et 806).
  25. Pour ces incidences de blé et de famine, voir Continuation de la Chronique latine de G. de Nangis, éd. Géraud, t. I, p. 426 et 428, et Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XX, p. 615 et 616, cf. Géraud de Frachet et Jean de Saint-Victor, Ibid., t. XXI, p. 45, 46, 662.
  26. Sur cette famine de 1316, voir Lehugeur, Histoire de Philippe le Long, p. 412 à 414.
  27. Ms. fr. 10132 de la B. N., fol. 399 vo : « laborans ».
  28. Ce ms. ajoute : « Et ensement une très grant mortalité de malades et povres et riches ensivi. »
  29. « Circa festum sancti Thomæ. » Continuation de la Chronique latine de G. de Nangis, éd. Géraud, t. I, p. 425-426, et Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. I, p. 425-426, et Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XX, p. 615.
  30. Continuation de la Chronique latine de Guillaume de Nangis, éd. Géraud, t. I, p. 427, et Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XX, p. 615. Cf. Jean de Saint-Victor et Bernard Gui, Ibid., t. XXI, p. 663 et 726. Chronographia regum Francorum, éd. Moranvillé, t. I, p. 227 à 230. Voir aussi, sur cette mission de Philippe V à Avignon, Lehugeur, Histoire de Philippe le Long, p. 24 à 26.
  31. Continuation de la Chronique latine de Guillaume de Nangis, éd. Géraud, t. I, p. 426 à 429, et Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XX, p. 615.
  32. Ces dates de la mort et des funérailles de Louis X sont exactes. Voir dans Bibl. Éc. des chartes, t. LX (1899), p. 414. J. Viard, Date de la mort de Louis X Hutin.
  33. Philippe le Long rentra à Paris « die lunæ post translationem beati Benedicti » (12 juillet). G. de Nangis, t. I, p. 427. Cf. Lehugeur, op. cit., p. 34.
  34. Louis, comte de Clermont, et Jean, qui avait épousé Jeanne, veuve de Hugues de Nesle, comte de Soissons, tous deux fils de Robert de France, comte de Clermont, sixième fils de saint Louis.
  35. Continuation de la Chronique latine de Guillaume de Nangis, éd. Géraud, t. I, p. 428, et Rec. des Hist. des Gaules et de la France, t. XX, p. 616.
  36. Cette date est exacte. Cf. Jean de Saint-Victor et Bernard Gui (Rec. des Hist., t. XXI, p. 663 et 726) ; Raynaldi, t. V, p. 34 ; A. Coulon, Lettres secrètes et curiales du pape Jean XXII, col. 3, note 1. La Continuation de G. de Nangis donne par erreur la date : « prima die mensis augusti ». Sur Jean XXII, voir Hist. littéraire de la France, t. XXXI, p. 391 à 630, et Bertrandy, Recherches historiques sur l’origine, l’élection et le couronnement de Jean XXII, Paris, 1854, in-8o.
  37. Charles, comte de la Marche, et son oncle, Louis, comte d’Évreux, tenaient la bride du cheval du pape (Continuation de Géraud de Frachet, Rec. des Hist., t.XXI, p. 46).
  38. Ce paragraphe n’est pas tiré de la Continuation de G. de Nangis. Jean de Saint-Victor (Rec. des Hist., t. XXI, p. 665) ne fait qu’allusion à ce traité de paix.
  39. Sur ce traité de paix du 1er septembre 1316, voir Lehugeur, Hist. de Philippe le Long, p. 55 à 59.
  40. Continuation de G. de Nangis, t. I, p. 429-430, et Rec. des Hist., t. XX, p. 616. Cf. Anciennes chroniques de Flandre (Ibid., t. XXII, p. 408-409). Voir Lehugeur, op. cit., p. 61 à 72. Les Grandes Chroniques ont beaucoup abrégé la Continuation de G. de Nangis.
  41. Le ms. fr. 10132 de la Bibl. nat., fol. 400, ajoute ici les paragraphes suivants :

    Mais tout veu et considéré que les parties proposoient, la propriété du conté d’Artois fu declinée à la contesse, et pour bien de pais, la conté de Biaumont avec toutes ses appartenances fu donnée audit Robert, et renonsa au droit du conté d’Artois, se point en y avoit, et le quitta, et en furent faites lettres, et jura que il ne vendroit jamais encontre.

    En cel an, pour l’acort traictié entre le roy et les Flamans, fu Louuys le conte de Nevers, qui tant de maus au royaume avoit fait, receus des Flamans en grâce et li fu rendue sa conté où li roys avoit mis sa main. Et lors li Flamans, par terre et par mer il se garnirent de vitaille, [si] qu’en brief temps, il ot meilleur marchié de pain et de vin qu’il n’ot en France. Et puis assés tost, li Flamans se confedererent et ajoindirent au Baonnois, et vindrent par mer contre les François, et prindrent quatre de leurs grans nés et les ardirent, combien que il deissent lors le contraire.

  42. Continuation de G. de Nangis, t. I, p. 434-435, et Rec. des Hist., t. XX, p. 617. Voir, sur cette assamblée, Lehugeur, Hist. de Philippe le Long, p. 85-86.
  43. Pierre d’Arrablay, chancelier du comte de Poitiers, devint chancelier de France en juin 1316 et quitta ces fonctions lorsqu’il fut promu cardinal le 17 ou 18 décembre 1316. Il vivait encore en 1332, mais était mort en 1335 (L. Perrichet, La grande chancellerie de France, p. 533).
  44. Le 18 février 1317 (n. st.) et non le 8 février 1316 comme l’indique le P. Anselme (Hist. généal., t. I, p. 94).