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La Gondolette. — La Gondoletta (première édition 1853)
Traduction par J.-E. Voïnesco.
Les DoïnasJoël CherbuliezLittérature roumane (p. 103-105).




XXXVII

LA GONDOLETTE


Avec Ninitza, dans la gondolette,
Quand je me promène lentement,
Le passant de la Piazzeta
Nous regarde en soupirant.
Alors le ciel devient serein,
Il brille gaiement pour nous deux,
Et l’Adriatique se calme,
Se calme pour nous deux.

Dans les lagunes, s’il nous plaît
De flotter sur les vagues de la mer,
Pour nous le sirocco se tait
Au vert rivage du Lido.
Et sous sa longue rame
La gondolette saute doucement
Avec la Ninitza bercée,
Bercée sur mon sein.



Mènes-nous gaiement, rameur,
Du Lido à Saint-Marc ;
Prends le long du grand canal
Qui se courbe comme un arc.
Va, tant que ma bien-aimée Ninitza,

Restant près de mon sein enflammé,
Me donnera sa douce petite bouche,
Me donnera de doux baisers.
Tant que la lune sera au ciel,


Tant que le ciel sera serein,
À la Giudecca, vers la lagune,
Vole, ô brave gondolier ;
Conduis-nous, Toni, tranquillement,
Jusqu’à ce que, ta gondole s’arrêtant,
Notre belle existence amoureuse
S’achève avec amour.




LA GONDOLETTA



Ku Ninitza’n gondoletâ
Când me primblu’ncetişor,
Trecatoriŭl din piazettâ
Ne priveşte-oftând de dor.
Atuncĭ cerul se’nseninâ
Lucind vesel l’amindoĭ
S’Adriatica s’alinâ
Se alinâ pentru noĭ.


In lagunâ de ne place
A pluti pe-al mâriĭ val,
Pentru noĭ sirocco tace
Pe-a luĭ Lido verde mal,
Si sub lunga sa lopatâ
Gondoleta saltâ lin
Ku Ninitza legănatâ
Legănatâ pe al meŭ sin.



Mènâ vesel, lopătare.
De la Lido la San Marc,
Jè de-alung canalul mare
Ce s’endòae ca un arc.
Mergĭ cat draga mea Ninitză


Stând la petumĭ infocat,
Mĭ a da dulce sa guritză
Mĭ a da dulce srutatâ.


Cât va fi in cerurĭ lunâ,
Cât va fi senin pe cer,
La Giŭdecca, spre lagunâ
Sborĭ voĭnice gondolier.
Du-ne Toni’n liniştire
Pân ce stând gondola ta
Vĭaţa nòstra de iŭbire
Ku iŭbire va’nceta.