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Les Chansons de Bilitis, suivies de Chansons modernes/Les Chansons de Bilitis/139

Slatkine reprints (p. 162).


LA DUPERIE


Je m’éveille… Est-il donc parti ! Il a laissé quelque chose ! Non : deux amphores vides et des fleurs souillées. Tout le tapis est rouge de vin.


J’ai dormi, mais je suis encore ivre… Avec qui donc suis-je rentrée ?… Pourtant nous nous sommes couchés. Le lit est même trempé de sueur.


Peut-être étaient-ils plusieurs ; le lit est si bouleversé. Je ne sais plus… Mais on les a vus ! Voilà ma Phrygienne. Elle dort encore en travers de la porte.


Je lui donne un coup de pied dans la poitrine et je crie : « Chienne, tu ne pouvais pas…» Je suis si enrouée que je ne puis parler.