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Causeries, deuxième série/Le premier Fagot de l’hiver

Hachette (2p. 335-348).

LE PREMIER FAGOT DE L’HIVER.

Le vent a soufflé, sifflé, hurlé toute la nuit : un vent à décorner non-seulement les bœufs, mais les montagnes elles-mêmes. Nos chiens ont aboyé à perdre haleine, comme pour annoncer l’approche d’un ennemi. En effet, l’ennemi est aux portes : voici l’hiver. Hier, quand le soleil s’est caché derrière notre étroit horizon, à trois heures après midi, la forêt était encore plus verte que jaune. Ce matin elle est rousse, et le sommet des hêtres s’est dégarni. Les feuilles voltigent par milliers, par millions, dans le ciel brumeux ; nos pièces d’eau, nettes comme un miroir, se rident et se tachent. Là-bas, vers la petite ville, la rivière, si pauvre en septembre, déborde déjà sur les prés. L’herbe a verdi ; ce n’est pas pour longtemps. Cette troisième jeunesse des prés a-t-elle un avenir de huit jours devant elle ? Le reste de la campagne a vieilli subitement ; le jardin, le verger, les peupliers qui bordent la route, tout est frappé de sénilité foudroyante. Il y a des femmes qui passent ainsi, sans transition, d’un âge à l’autre.

On se lève de bon matin lorsqu’on a mal dormi : cela coûte moins, ce me semble. Mais aussitôt hors du lit, on frissonne. L’humidité est entrée dans la maison par les volets fermés et les fenêtres bien jointes : il faudra compter avec elle, jusqu’aux froids. La température est encore tiède, car ce vent furieux nous arrive du sud-ouest. Le thermomètre accuse une quinzaine de degrés. Que cette température eût été bienvenue il y a seulement, trois semaines ! Maintenant, il n’y a pas à dire, on a froid dans la moelle des os.

Cependant, j’aurais honte de faire allumer du feu dans les poëles : on assure d’ailleurs qu’à se chauffer trop tôt l’homme devient frileux pour tout l’hiver. Mais nous avons une cheminée, une seule dans la maison : si j’y faisais jeter une bourrée de bois sec ! Il est bien établi qu’un feu de cheminée n’a jamais chauffé une chambre ; mais pour sécher le tapis, la tenture et le propriétaire, je ne connais rien de tel. Séchons la moelle de nos os. Le fagot est délivré de sa hart, l’allumette est mise ; le feu flambe et petille. À la bonne heure, on se sent déjà mieux.

Par quel caprice de la mémoire ce feu me rappelle-t-il la première poignée de charbon de terre que j’ai allumée à Paris ? Il y a douze ans de cela ; j’habitais l’hôtel du Grand-Mazarin, rue Mazarine ; ma chambre était une sorte de halle ouverte à tous les vents, un peu plus bas que l’entre-sol, un peu plus haut que le rez-de-chaussée. Elle doit exister encore, au fond de cette cour humide et froide. J’y fis porter, en arrivant, une charge de houille, et je me vois encore séchant mes os, comme aujourd’hui, devant cette grille suante et fumeuse. Avec quelle impatience et quelle indécision j’interrogeais l’avenir ! J’avais vingt-cinq ans sonnés, et point d’état ni de ressource. Les dix premières pages d’un petit livre ébauché timidement représentaient tout mon avoir et toutes mes espérances. Quand le feu s’éteignait, le froid me montait aux jambes et le doute me serrait le cœur ; une pelletée de charbon ranimait et ragaillardissait tout l’homme. « En avant ! » disais-je en reprenant ma plume ; et j’avançais ! »

En ce temps-là, j’étais fermement persuadé qu’un travailleur intelligent ne peut vivre et mourir qu’à Paris. Je me serais fâché tout rouge si l’on m’avait prédit que mes ambitions de toute sorte iraient échouer dans le bonheur et dans la paix entre deux montagnes de l’Alsace. Je n’avais jamais traversé une petite ville sans plaindre les pauvres exilés que je voyais bien portants, heureux et souriants à l’ombre de leurs tonnelles ou sur le seuil de leurs maisons. Aujourd’hui, c’est tout le contraire : je me prends quelquefois à plaindre ces dix-sept ou dix-huit cent mille détenus qui pataugent dans les rues de Paris. Se peut-il que le fond de l’homme, c’est-à-dire les idées, les goûts et les habitudes se modifient en si peu de temps ? On me le jurerait, je ne voudrais pas le croire. Mais comment en douter, si je le sens ?

Le fagot vient de s’affaisser sur lui-même. Il ne reste dans le foyer qu’une myriade de petits charbons rouges. Quelques tisons à demi consumés flambent encore à droite et à gauche, sur les chenets. Un catholique profiterait peut-être de cet instant mélancolique pour faire son examen de conscience. Pourquoi n’en ferais-je pas autant ? La conscience n’est pas le monopole des croyants, quoi qu’ils disent. Je viens de résumer pour moi ces douze années, qui ont passé si vite que le souvenir le plus ancien me semble daté d’hier. Allons ! Il faut avouer qu’en douze ans l’homme le mieux intentionné peut faire beaucoup de sottises. J’en ai fait par paroles, par actions et par écrit. Il y a là, dans la bibliothèque, vingt-cinq volumes dont les trois quarts auraient pu se dispenser de naître. Que d’erreurs, de contradictions, de malices inutiles et de violences dangereuses ! Combien d’engouements dont on est revenu, et de sévérités sur lesquelles on voudrait pouvoir revenir ! Baste ! ce qui est fait est fait ; tous nos actes se tiennent par un enchaînement nécessaire. Le plus clair de tout ceci est que j’ai rudement travaillé ; que je n’ai jamais exprimé une pensée qui ne me parût vraie dans le moment ; que mes sottises les moins vénielles n’ont guère nui qu’à moi-même, et que je puis me les pardonner, car elles ne m’empêchent pas d’être heureux. Quand je passerais une autre douzaine d’années à corriger ce que j’ai fait, le monde n’en irait pas mieux. Le parti le plus sage est de tourner le dos au passé, de voir le bien qui reste à faire, les vérités qui restent à dire, et de choisir son lot dans cet énorme travail.

Je revoyais ces jours derniers un de mes ex-voisins de la rue Mazarine, cet excellent Taine, qui logeait, il y a douze ans, à la même enseigne que moi. Il est sans contredit celui de nous qui a le mieux employé ces douze années. S’il a fait moins de bruit que les attacheurs de grelot comme moi, il a fait infiniment plus de besogne.

Tandis que nous nous jetions tête baissée dans la cohue des discussions quotidiennes, et que nous allions jouant des coudes, frappants, frappés, poussants, poussés et poursuivis de mille criailleries, il s’est cantonné sur une hauteur, loin du tumulte et de la foule.

Il a cherché le vrai sans souci des opinions courantes, sans passion, sans impatience et sans fièvre, dédaignant de poursuivre le succès, qui est venu spontanément à lui.

Je l’ai retrouvé à Saverne tel que je l’avais connu et aimé à l’école, puis à l’hôtel du Grand-Mazarin : un pur esprit, et le plus large et le plus puissant esprit de notre époque. Mais en présence d’un homme si supérieur à moi, je ne me suis pas même demandé pourquoi je n’avais pas suivi la même carrière et tenté de faire le bien dans les mêmes régions que lui. Pour faire sa besogne, il eût fallu que je fusse lui. Il y a des hommes qui naissent pour élaborer les idées, et d’autres qui ne sont bons qu’à les colporter dans le monde, à travers les bourrades de la foule.

Hier soir, avant de me mettre au lit, j’ai lu les dernières pages de ses Nouveaux essais de critique et d’histoire. C’est la réunion de huit ou dix travaux sur Balzac, sur Racine, sur les Mormons, sur La Bruyère, sur Jean Reynaud, Marc Aurèle, le Bouddhisme, que sais-je encore ? Autant d’opuscules, autant de magasins où le lecteur peut faire provision d’idées claires. Dans ces quatre cents pages, il y a de quoi défrayer pendant une année l’esprit le plus affamé de connaissances précises. Quand je lis des travaux aussi pleins que ceux-là, je ne regrette jamais de ne point les avoir faits, car je sens que nul effort n’aurait pu m’élever assez haut au-dessus de moi pour les entreprendre. Fais ce que peux, bonhomme, mais pas moins. On te jetterait la pierre, et cette fois on aurait raison.

Au milieu de ces méditations, le courrier vient m’interrompre. C’est une pluie de journaux et de brochures, tout Paris qui m’arrive à huit heures du matin.

Pourquoi les neuf dixièmes des lecteurs commencent-ils leur journal par le cours de la Bourse ? Il y aurait deux pages de philosophie à écrire là-dessus. Nos mœurs changent insensiblement, et nous ne nous en apercevons qu’à la longue. La vie est toute pleine de nouveautés imperceptibles d’abord, qui deviennent peu à peu visibles à l’œil nu. Quand j’étais habitant de Paris, je faisais comme les autres, je vivais vite, vite, et je me donnais à peine le temps de réfléchir. Au fond des bois, on a plus de loisir pour philosopher sur les choses. Quand je lis qu’un maçon s’est fait voler 260 francs en or dans son porte-monnaie, je me réjouis d’apprendre que les maçons de 1865 sont plus à l’aise que leurs anciens. Il y a seulement trente années, un maçon qui aurait eu 260 francs en or dans sa poche aurait paru suspect à la police.

Le volé dont je vous parle a eu tort de se griser en mauvaise compagnie ; il a eu tort de garder un petit capital dans sa poche. Mais on ne l’y prendra plus, il apprendra la prévoyance comme tant d’autres. J’apprends que des ouvriers de M. Mazeline, au Havre, ont demandé spontanément qu’on retînt 5 pour 100 de leur salaire pour la caisse des retraites. Cette excellente idée leur a été inculquée par un des leurs, M. Anquetil, qui depuis des années leur prêchait la prévoyance. Ces petits faits, que le public superficiel entend sans réfléchir, sont des signes de notre temps.

Il y a de bons signes et de mauvais. Quand vous lisez que l’impôt des tabacs s’est encore augmenté de neuf ou dix millions, c’est un signe assez grave. On constate d’un autre côté que la consommation de la bière s’accroît dans des proportions énormes : tout s’enchaîne. La bière est à peu près le seul liquide qu’on puisse boire en fumant. Plus on fume, plus on boit de bière. La bière a fait tomber l’usage du vin chaud ; le vin chaud est aujourd’hui relégué aux barrières. Le vin de Champagne, si français et si gai, tend à sortir de nos mœurs. Reste à savoir si la bière et le tabac sont destinés à améliorer la race française. On le verra plus tard ; mais si ces nouveautés étaient contraires à l’hygiène comme elles le sont déjà au rapprochement des sexes et à la vie de société, serait-il encore temps, en 1965, de remédier à la chose ?

Nous voilà loin du cours de la Bourse ; mais n’ayez pas peur : je suis forcé d’y revenir : intérêt majeur. Aïe ! cinq francs de baisse sur les dernières actions que j’ai achetées. J’en ai cinquante ; c’est 250 francs tombés à l’eau. Je perds, en me levant, plus que je ne gagnerai dans la journée.

Et vous, lecteur ? Car il est bien certain que presque tous ceux qui me lisent s’intéressent au cours de la Bourse avec plus de raison que moi.

Et je ne suis pas un joueur ! ni vous non plus, monsieur ; ni ces millions de citoyens français qui ont du papier dans leur portefeuille. S’intéresser aux mouvements de la Bourse n’est plus un vice, ni même un travers : c’est une nécessité de la vie telle qu’elle est depuis quarante ans.

Le total de la richesse française peut être évalué à 120 milliards au minimum ; dans ce total, la propriété foncière entre pour 80 et les valeurs mobilières pour 40. Il suit de là que dans nos fortunes, petites et grandes, il entre un tiers de papier.

Plus nous irons, plus la proportion du papier sera considérable. Le papier envahit tout, transforme et remplace tout. Combien de maisons et de fermes, grâce au Crédit foncier, vont circulant de main en main, sous forme de papier ! Or, le papier, s’il a des avantages incontestables, a le tort d’encourir les soubresauts quotidiens de la hausse et de la baisse. Le bourgeois qui possède cent mille francs en terres et en maisons peut dormir sur les deux oreilles : il est sûr de s’éveiller aussi riche qu’il l’était en se mettant au lit. Mais si l’on a cent mille francs en papier, on court la chance d’en posséder demain 101 mille, ou 99 mille, et cela sans avoir rien fait pour accroître ou diminuer son bien.

Me demanderez-vous pourquoi tant d’hommes intelligents exposent leur capital à l’alea des révolutions financières et politiques ? Il serait plus prudent de tout mettre en biens fonds. Mais hélas ! Les biens fonds donnent un revenu si modeste, qu’il faut être prodigieusement riche pour échapper aux séductions du papier. Placez donc votre avoir à deux et demi, quand vous avez cent mille francs pour tout potage ! Le papier donne cinq, sept et demi et jusqu’à dix. Il est donc le préféré des petites fortunes. Sur un million qui s’économise chez nous, six ou sept cent mille francs n’ont rien de plus chaud que de se transformer en papier.

Et dire qu’un simple accident, sous un régime comme le nôtre, pourrait, en vingt-quatre heures, amener une baisse de 50 pour 100 sur quarante milliards de valeurs !

Je ne crois pas aux accidents, on n’y croit pas davantage en haut lieu, et je dois dire, à la louange de la nation, qu’elle est unanime dans sa confiance. Lorsque le vice-roi d’Égypte s’est enfui à Constantinople, laissant son peuple se débrouiller tout seul avec la mort, il a fait, sans nul doute, un acte de haute prudence asiatique. Il a préservé les Égyptiens de toute commotion financière et prouvé aux porteurs de son papier que leur gage vivant ne voulait courir aucun risque. Mais ces façons de rassurer un peuple obtiendraient, si je ne me trompe, un médiocre succès parmi nous. Nous aimons mieux les hommes qui s’exposent, et nous oublions les intérêts de notre bourse en présence d’un chef qui risque galamment sa vie.

Je ne suis pas de ceux qui professent l’inégalité des races et prétendent qu’un Français pris au hasard vaut mieux qu’un Turc quelconque, pris dans la masse. Cependant ma théorie hésite un peu quand je vois une femme de santé délicate affronter simplement et doucement un danger devant lequel le plus gros Turc du Caire s’est enfui. Ce vice-roi est-il d’une essence supérieure à ses sujets ? Je répugne à le croire. Mais s’il ne vaut pas mieux, s’il vaut moins que les autres, pourquoi donc ses sujets lui permettent-ils de régner ?

Il faut noter un singulier effet de l’épidémie chez un peuple aussi brave que les Français. Presque personne n’a déserté son poste, on compte les malheureux fonctionnaires qui ont déserté devant la mort ; on ne compte pas les volontaires qui l’affrontent. Personne ne craint pour sa peau, et, par une anomalie invraisemblable, tout le monde tremble pour son argent ! Interrogez le commerce de Paris, on vous dira que la peur a littéralement paralysé les affaires. Vous savez que M. Mame est sur le point de publier la grande Bible que l’on connaît déjà par quelques centaines d’échantillons, et qui restera (jusqu’à nouvel ordre) le chef-d’œuvre du génie de Doré. Hé bien, les grands libraires de Paris, ceux qui avaient fait leurs commandes par trois et quatre cents exemplaires, sont pris d’hésitation. Ils doutent, non du succès qui est assuré cent fois pour une, mais de la vente. Paris a peur, Paris n’achète plus.

Je comprends ces économies pusillanimes au dixième siècle de l’ère chrétienne. Le monde devait finir en l’an 1000 ; toutes les prophéties étaient d’accord sur ce point. On cessa de bâtir, de travailler ; chacun fit pénitence : l’argent ne servit plus qu’à payer les contremarques du Paradis, qui se vendaient dans les couvents et dans les églises. Mais nous n’en sommes plus là, Dieu merci ! nous savons qu’une épidémie, si grave qu’elle soit, est une conscription où l’on compte un mauvais numéro sur mille. Encore, le perdant peut-il se racheter par la prudence et les bons soins. Usons de tout avec prudence, faisons provision d’un bon médecin, et vivons comme à l’ordinaire. Si votre billet est bon, vous aurez honte un peu plus tard d’avoir changé votre train de vie. Et si le malheur veut que vous tombiez au sort, vous n’emporterez pas vos économies dans l’autre monde.

Les journaux reviennent encore de temps à autre sur la franc-maçonnerie si puérilement incriminée par le pape. Il faudra qu’un de ces jours nous abordions cette question de face. La franc-maçonnerie existe, elle a encore beaucoup de bon, quoiqu’elle ait accompli le plus fort de sa tâche à la fin du siècle dernier. Depuis longtemps elle évitait de se mettre en évidence ; elle recherchait par pure modestie l’ombre où ses ennemis se cachent lorsqu’ils ont peur. On veut absolument qu’elle fasse parler d’elle : soit, nous en parlerons, elle ne peut qu’y gagner.

Mais je n’aurais aujourd’hui ni le temps ni la place. Le fagot est réduit en cendres depuis une bonne heure. J’ai laissé le feu s’éteindre, tandis que je feuilletais une énorme collection d’images. MM. Pinot et Sagaire, éditeurs à Épinal, m’ont fait l’honneur de m’envoyer toute la collection de leurs produits. Elle est vraiment intéressante, et elle pourra contribuer, dans un délai plus ou moins long, à l’éducation des campagnes. Je compte vous en parler tout à l’aise, quand j’aurai plus de loisir. L’Empereur a voulu l’avoir ; on en a fait un grand album ; M. Charles Pinot a été nommé imagiste en titre de l’Empereur. J’aimerais mieux imagier ; c’est le nom qu’on donnait aux pères de l’image.

Il ne faut pas que je finisse sans répondre au moins quelques mots à M. H. Leneveux, auteur d’une remarquable brochure sur les grèves. M. Leneveux a parfaitement raison de croire que je partage son avis sur le fond. J’ajoute que la forme sage et modérée de son discours a droit à toutes mes sympathies. Mais il a tort quand il me reproche de n’avoir pas publié dans le Moniteur la lettre qu’il m’avait fait l’honneur de m’écrire. Le Moniteur n’est pas à mon service. J’ai saisi avec empressement l’occasion qui m’était offerte dé plaider dans le journal de l’autorité une cause qui me semblait juste. Mais je n’y pouvais pas demander la modification des lois qui régissent la presse. Je la demande ici, pour la vingtième fois peut-être ; je la demanderai partout où je serai chez moi. Mais M. Leneveux a trop de sens et d’esprit pour comprendre qu’un progrès ne peut être demandé dans le journal officiel avant d’avoir été obtenu.

Mais voici le soleil qui m’appelle au jardin : permettez-moi d’y courir. Je le connais, le soleil d’octobre : il ne m’attendrait pas.