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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 62-63).
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PRenez betoine, verveine, armoise, veronique, melisse, scabieuse, aigremoine, absinte, mente, hysope, sauge, ou tout ou partie: faites-les brûler sur un réchaut, & par le moyen d’un sac percé, faites recevoir au Cheval la fumée par les nazeaux ; Chap.
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elle l’obligera à jetter abondamment, s’il revoie cette fumée pendant un quart d’heure.

La vigne sauvage ou viorne qui croist dans les hayes, coupée menu toute verte, & concassée ensuitte, jette une odeur qui a la vertu de faire jetter abondamment. On dit qu’elle nuit à la veuë mais l’experience vous fera voir le contraire : elle a le plus de vertu lors qu’elle est en fleur : A dire nettement mon avis, je n’ay pas trouvé grand soulagement aux parfums, je les ay voulu pourtant mettre icy pour contenter tout le monde, mais siringuant un Cheval on a l’effet des parfums, & mesmes des plumaceaux, & on ne le dégoûte pas ; mais comme les parfums sont en grande recommendation aux Mareschaux, & qu’ils vous les proposent sans cesse, j’ay donné la description du meilleur qu’on puisse faire, & le meilleur n’est pas grand chose, & je ne conseille à personne de s’en servir.

Pendant que vous pratiquez tous ces remedes, il faut nourrir le Cheval d’alimens qui humectent, car on facilite les évacuations qu’on est obligé de faire : quelques-uns desaprouvent le son mouillé, & veulent donner de l’avoine: pour moy je me suis toujours tres-bien trouvé de ne leur donner que du son; car l’avoyne occupe trop la nature pour la digérer.

J’ay veu des Chevaux jetter par les nazeaux six années entières, qui ne laissoient pas de servir & de courre à la chasse, de fatiguer, & de manger comme les autres ; mais enfin cette maladie les emportoit, on n’y faisoit plus de remede, & on laissoit faire la nature, les nourrissant comme les autres.

J’en ay veu d’autres qui ne sont point gueris pendant qu’on leur faisoit ces remedes ; & qui quelque temps apres, lorsqu’on n’esperoit plus de guerison, ont esté parfaitement gueris, mais le nombre en est petit.