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Gervais Clouzier, 1680 (1 / 2, pp. 535-538).
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LA cure d’un mal seroit tres-justement appellée imparfaite, s’il revenoit dans quelque temps, de sorte que pour guerir parfaitement un Cheval, apres qu’on aura desséché les eaux, guery les poireaux, arestes, mules, & autres ordures, il est necessaire de barrer les veines haut & bas du jarret, pour arrester l’humeur qui fluë sur la partie : si le Cheval est jeune, & s’il est bien bouchonné, les eaux & les autres ordures ne reviendront plus ; mais s’il est vieil, je ne repondrois pas que le mal ne revienne, pour lors il faut recommencer, & vous aurez cinq ou six mois de bon temps pour vous servir de vostre Cheval.

Pour barrer les veines aux Chevaux avec methode, on ne les doit jamais barrer au dessus sans les barrer au dessous, pour tous les maux de jarret & de jambe, puisque l’opinion des Modernes, est seule conforme à la vérité, qui establit la circulation du sang, en vain l’on arrestera le sang par haut, puis qu’il remonte par en bas : Pour un mal de jarret, si vous ne barrez la veine qu’au dessus, il sera presque aussi bien nourry, & ne sera pas desséché comme vous le devez esperer, parce que le sang remontant par l’extrémité des veines, ne laisse pas d’arroser la partie comme auparavant, ce qui arrive tout au contraire, si vous barrez la veine au dessous du mal, & au dessus.

La circulation du sang n’estant plus contestée que par ceux Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/550 Page:Solleysel - Parfait mareschal - 5è éd., 1680 - tome 1.djvu/551 Chap.
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ordre arrive à tous les Chevaux mal compofez dans le corps, & qui ont disposition au farcin ; & pour une legere blessure d’un ardillon ou autre ferrement ils prennent le farcin.

On barre la veine en plusieurs endroits de la mesme methode par exemple au paturon pour les maux qui viennent dans la sole, pour donner une bonne forme aux pieds combles, & qui ressemble à des écailles d’huistres, pour les Chevaux qui ont esté forbus, aux larmiers pour les maux des yeux : celle-là se peut faire sans incision ; par le moyen d’une esguille courbée, comme je l’ay enseigné cy-devant.

On peut aussi barrer la veine aux deux côtez du col pour la morve, & pour les fluxions sur les yeux, ce qui reüssit assez bien ; il y a plusieurs autres endroits où l’on peut barrer les veines pour differens maux.

Il ne faut point barrer la veine quand les jambes sont enflées, car outre qu’il est difficile de les barrer avec cette enflure elles demeurent toûjours gorgées ou enflées, qui est la mesme chose ; mais il ne faut barrer les veines que lorsque les jambes sont degorgées.