Le Voyage artistique à Bayreuth / I- Comment on va à Bayreuth

Le Voyage artistique à Bayreuth (1897)
Librairie Ch. Delagrave (p. 1-np).

LE

VOYAGE ARTISTIQUE

À BAYREUTH

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CHAPITRE PREMIER

COMMENT ON VA À BAYREUTH

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« Qui veut comprendre le poète doit aller dans le pays du poète. »

Gœthe.


On va à Bayreuth comme on veut, à pied, à cheval, en voiture, à bicyclette, en chemin de fer, et le vrai pèlerin devrait y aller à genoux. Mais la voie la plus pratique, au moins pour les Français, c’est le chemin de fer.

Tout d’abord, il faut avoir retenu, assez longtemps à l’avance, ses places pour le théâtre et ses billets de logement. On peut faire cela de deux manières, soit en écrivant directement à M. A. von Gross, banquier à Bayreuth, soit par l’intermédiaire de la maison Durand et fils, 4, place de la Madeleine, à Paris. En principe, les meilleures places comme les meilleures chambres sont données aux premiers demandeurs ; pour en être assuré, ce n’est pas trop tôt de s’inscrire dès le mois de février des années de floraison wagnérienne. Si l’on est nombreux, on fera bien de demander que toutes les places ne soient pas sur le même rang, mais distribuées en nombre égal sur deux ou plusieurs rangs voisins, tout en restant contiguës. Pour les chambres, il est utile de spécifier si on les désire à un ou deux lits, aussi s’il est nécessaire qu’elles communiquent entre elles ; faute de cette précaution, on serait exposé à se voir réserver des logements en nombre voulu, mais séparés, à des étages différents, ou même dans des immeubles entièrement distincts.

Peu de jours après avoir écrit, on reçoit du comité d’organisation les billets de théâtre, dont le prix invariable est de 20 marks (25 francs) par personne et par représentation, qu’on doit payer de suite. Puis le comité des logements vous envoie à son tour les billets de logement portant votre nom, le nom et l’adresse de l’habitant, le nombre de chambres et de lits, les dates de l’occupation et le prix de location ; les meilleures chambres, très suffisamment confortables, coûtent 5 marks (6 fr. 25) par personne et par nuit, mais on peut être logé très convenablement à partir de 3 marks (3 fr. 75) ; ce compte ne se solde qu’à la fin du séjour, de la main à la main, avec le propriétaire qui a mis à votre disposition une partie de sa maison.

L’inconvénient qui pourrait résulter du fait de retenir ainsi ses places longtemps d’avance n’est pas si grand qu’on pourrait l’imaginer, car, même plusieurs mois après, si quelque circonstance obligeait à renoncer au voyage, on trouverait aisément à céder tout ou partie de ses billets, le nombre des demandes excédant toujours celui des places disponibles.

Toutefois, s’il est bon pour un groupe nombreux, tenant au confortable, de s’inscrire de bonne heure, il est certain que ce n’est pas indispensable au même degré pour une personne voyageant seule, encore moins pour un jeune homme s’accommodant d’un gîte quelconque ; celui-là peut même espérer trouver une stalle et un lit en arrivant à l’improviste et en s’adressant au comité des logements installé à la gare ; mais c’est une chance à courir. Le prix des places de chemin de fer, de Paris à Bayreuth, est de 111 fr. 75 en 1re classe, et de 77 fr. 45 en 2e classe ; il y a aussi des billets mixtes 1re classe en France, 2e en Allemagne) ; ceux-là coûtent 92 fr. 45. La compagnie de l’Est délivre également des billets d’aller et retour, valables quinze jours, aux prix de 170 fr. 75 en 1re, 121 fr. 65 en 2e, ou 141 francs en classe mixte. Si on veut profiter de l’Orient-Express, ce qui est à la fois le plus commode et le plus rapide, il faut ajouter un supplément de 23 fr. 80 au billet de 1re classe.

L’Orient-Express, contenant un wagon-restaurant, part de la gare de l’Est à 6 heures 50 du soir, et passe à Stuttgard le lendemain matin à 7 heures 35 (heure de l’Europe centrale, en avance de 55 minutes sur l’heure française). Les formalités de douane se font dans le train en marche ; il n’est pas nécessaire d’avoir de passe-port. C’est à Stuttgard qu’il faut descendre ; là se trouve en correspondance un train qui vous conduit à Bayreuth en 6 heures et demie environ, en passant par Nuremberg.

Si on préfère faire le voyage par petites étapes, ce qui est moins fatigant, les villes intéressantes ne manquent pas sur le parcours. Sans vouloir faire une concurrence déloyale au Guide Baedeker, j’en signalerai quelques-unes qui méritent d’être visitées, soit à l’aller, soit au retour.

Il y a d’abord Nancy, ville très monumentale d’aspect, quoique moderne, et qui, bien que plus vivante, n’est pas sans quelque rapport avec Versailles. Tout y est large, spacieux, propre aussi.

La Place Stanislas est une des plus belles que nous ayons en France, avec de magnifiques grilles en fer forgé, de superbes fontaines, un arc de triomphe dans le style corinthien, érigé en 1757 en l’honneur de Louis XV. Sur cette place, dont le milieu est occupé par la statue du roi Stanislas, beau-père de Louis XV, se trouvent réunis l’Hôtel de ville, l’Évêché, le Théâtre, et des hôtels particuliers construits sur des plans uniformes, au moins en ce qui concerne leurs façades, et conservant le style corinthien.

Il y a à voir : l’ancien Palais Ducal, construit de 1329 à 1512, mais dont il ne reste que peu de chose ; les tours de la Craffe, qui datent de 1463 ; l’Église des Cordeliers (1477), la Chapelle Ronde (1611), la Cathédrale (1742) ; mais la place Stanislas à elle seule, surtout si on tombe sur un soir de clair de lune, est suffisante pour justifier l’arrêt.

Strasbourg ! Je conçois qu’un sentiment patriotique porte le voyageur français à n’en pas faire une étape joyeuse, car moi-même, depuis 1870, ayant dû y passer plusieurs fois, j’ai toujours évité de m’y arrêter. Mais il n’en est peut-être pas de même pour ceux qui n’ont pas connu Strasbourg français, et pour eux, s’ils ont le courage de le visiter, il y a au moins une belle chose à voir, et qui mérite d’être connue : la Cathédrale, dans laquelle on trouve réunis presque tous les styles du moyen âge. Certaines parties de la crypte peuvent remonter à Charlemagne ; dans les parties basses on reconnaît le style byzantin ; plus haut, l’ogive apparaît de plus en plus parfaite ; encore plus haut se manifeste l’époque de la décadence. La flèche a exactement 142m,12 de hauteur ; l’ascension en est fort curieuse, et difficile dans la partie la plus élevée, où les escaliers sont à l’extérieur. Je ne sais si on l’autorise actuellement ; autrefois il fallait une permission spéciale, en raison du danger. La vue s’y étend jusqu’à la Forêt Noire. Dans le transept se trouve une curieuse horloge astronomique, avec beaucoup de personnages se mouvant automatiquement ; c’est au coup de midi qu’il faut l’aller voir.

Ne pas négliger de visiter, à côté de la cathédrale, la Maison de l’architecte Erwin de Steinbach, si elle existe toujours.

Ensuite il y a Stuttgard. Là, nous sommes bien franchement en Allemagne ; la ville, essentiellement moderne, offre peu d’intérêt ; son Vieux Château du XVIe siècle et ses églises peuvent pourtant être vus rapidement entre deux trains si l’on se rend de là à Rothenbourg, petite ville très intéressante à explorer, et pour laquelle on ne regrettera pas d’avoir quitté la voie directe. En effet, il s’en faut de beaucoup que Rothenbourg soit sur la ligne de Paris à Bayreuth ; de Stuttgard, il faut d’abord aller à Ansbach (distant d’environ 158 kilomètres), où il y a une bifurcation d’Ansbach à Steinach (32 kilomètres), et enfin, par un autre embranchement, de Steinach à Rothenbourg (11 kilomètres).

On trouve là une ravissante ville du moyen âge avec de fort belles fortifications merveilleusement conservées, de curieuses maisons anciennes, un Hôtel de ville mi-gothique, mi-Renaissance, avec une belle tour ; l’Église Saint-Jacques, de style gothique, sans transept, mais avec deux chœurs, et contenant des vitraux magnifiques. La porte de l’Hôpital est la plus intéressante de la ville, et les maisons les plus pittoresques sont celles de la Herrengasse, qui part, ainsi que la Schmiedgasse, de la place du Marché.

De Rothenbourg, en repassant par Steinach, on rejoint facilement la ligne directe à Nuremberg, qui mérite une visite sérieuse ; on peut, sans regrets à craindre, lui consacrer deux jours entiers. Là, tout comme à Rothenbourg, on se trouve d’un coup transporté en plein moyen âge, et la seule chose qui détonne, c’est le costume moderne des habitants, les tramways et la lumière électrique,

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Nuremberg. — Place du Marché.


dans ces ruelles montueuses et pittoresques. Il y a beaucoup de choses à voir. Trois églises : Saint-Laurent, gothique, construite de 1287 à 1477, contient d’intéressantes tapisseries datant du XIVe siècle, de beaux candélabres en bronze qui valurent à leur auteur, Peter Vischer, son titre de maître dans la guilde des ciseleurs de bronze ; puis, surtout, le tabernacle qui se trouve à gauche du grand autel, et dont la merveilleuse dentelle de pierre est due au ciseau du maître Adam Kraft. L’artiste, qui figure avec ses deux aides à la base du monument, s’était engagé à terminer son œuvre en trois ans, et devait alors recevoir pour prix de son travail la somme de 700 florins ; mais, ayant été en retard de quatre ans, il fut réduit à 70 florins par le donateur du tabernacle.

Sur une des plus vastes places de la ville est située l’Église Notre-Dame, dont les multiples clochetons étages produisent un joli effet ; devant le portail, d’un beau style ogival, se trouve une grille de fer forgé fort intéressante ; l’intérieur est décoré richement de peintures polychromes qui se marient avec bonheur à l’éclat discret des ors. Le jubé produit un effet remarquable, surtout vu du baptistère qui forme vestibule.

Plus austère est Saint-Sébald, dont les plus anciennes parties datent du XIIIe siècle, et le chœur de 1377. Elle possède plusieurs œuvres d’Albert Dürer, et, au milieu du chœur, le tombeau du saint, magnifique monument en bronze coulé par Pierre Vischer de 1508 à 1519 ; on y voit les douze apôtres, des Pères de l’Église, puis enfin, au sommet, l’enfant Jésus tenant dans ses mains un globe qui est la clef au moyen de laquelle l’édifice entier peut être démonté.

Comme ces trois églises, l’Hôtel de ville mérite aussi une visite ; sa grande salle, voûtée en bois et ornée de fresques, date de 1340 ; l’une de ces fresques représente à n’en pas douter une exécution au moyen de la guillotine, ce qui amoindrit regrettablement les droits du docteur Guillotin à la reconnaissance des criminels.

Une après-midi entière n’est pas de trop pour se faire une idée du Musée Germanique, qu’on peut assimiler à notre Cluny, merveilleusement installé dans une ancienne Chartreuse et un couvent de moines augustins qui se trouvait à côté. Les innombrables richesses qu’il contient sont néanmoins à l’étroit dans ce cadre pittoresque, et des architectes de goût ont dû l’élargir par l’adjonction de bâtiments modernes dans le style des anciens. La chapelle de la Chartreuse et le cloître qui l’entoure sont réservés aux sculptures ; on y voit la célèbre Vierge de Nuremberg. Dans les salles du haut sont entassées de superbes collections d’armes, de faïences, d’ouvrages d’horlogerie, d’orfèvrerie, puis des instruments de précision, des manuscrits et des reliures précieuses, des étoffes, broderies et costumes anciens, des jouets dont la fabrication était si habile à Nuremberg, des meubles, des peintures, des vitraux, une belle salle d’instruments de musique, etc., etc.

Moins longue est la visite du Musée de Torture, que l’on voit dans la tour des Grenouilles, située à l’entrée du château, tout au nord de la ville ; là, une jeune et blonde conductrice vous détaille, le sourire aux lèvres, soit en allemand, soit dans un patois où l’anglais a la prétention de dominer, la façon de se servir des horribles et nombreux instruments de supplice dont la vue seule donne froid dans le dos aux gens qui aiment quelque peu le confortable. Ils s’alignent sous les portraits des instigateurs de toutes ces atrocités, des margraves à la physionomie calme et débonnaire. En passant par la chambre spéciale où se trouve la terrible Vierge de fer ou Vierge noire (qu’il ne faut pas confondre avec la suave et douce Vierge de Nuremberg du Musée Germanique), on arrive au sommet de la tour, d’où l’on a une vue superbe sur la Pegnitz, qui serpente comme un ruban d’argent dans la prairie fertile. Inutile de chercher à savoir de votre guide en quel endroit aurait pu avoir lieu le fameux concours des Maîtres Chanteurs, et si quelque souvenir en est parvenu aux habitants actuels de Nuremberg ; la blonde enfant reste bouche bée à vos questions et ignore totalement qu’il ait jamais existé un Hans Sachs, une corporation des Maîtres Chanteurs, et un compositeur du nom de Richard Wagner pour les célébrer ! Elle ne connaît rien en dehors de ses chers instruments de torture.

En sortant de cette lugubre tour, la visite du Burg s’impose ; non que les appartements tout modernes de décoration soient bien intéressants, mais la vue, de plusieurs fenêtres, est fort belle et étendue ; c’est surtout extérieurement que les bâtiments valent par la façon pittoresque dont ils sont campés tout au sommet de l’éminence qui domine la ville, et entourés de leur ceinture de remparts, envahie actuellement par une riche végétation et d’élégants jardins. Du pied de ces remparts une galerie souterraine vient aboutir à un puits très profond dont on vous montre l’orifice à l’entrée du Burg.

Il faut aussi visiter la vieille ville dans ses recoins, admirer ses belles fontaines avec leurs grilles de fer forgé, parcourir ses fortifications en partie couvertes, formant chemin de ronde et curieusement parsemées de tours, tourelles et clochetons de toutes les formes et de toutes les grandeurs ; les différents ponts sur la Pegnitz, dont plusieurs encore couverts de maisons, qui offrent des points de vue très pittoresques… Mais ce qui nous touche particulièrement, c’est que Nuremberg est la patrie de notre bon Hans Sachs, le héros des Maîtres Chanteurs, qui y naquit en 1494 pour y mourir en 1576. On ignore sa valeur en tant que cordonnier, mais comme poète il est certain qu’il fut d’une rare fécondité, car on évalue à 6,048 (je dis : six mille quarante-huit) le nombre des pièces de vers, courtes ou développées, d’un genre ou d’un autre, qu’il a produites. La première doit être une « ode à la Trinité », composée en 1514, quand il avait vingt ans. C’est en 1519 que Sachs fut admis dans la corporation des Maîtres Chanteurs et aussi qu’il se maria. Il prit une

[Photo : Nuremberg. — La Pegnitz.]



part active à la réforme luthérienne, mais sans se mêler personnellement, autrement que par ses écrits et sa propagande privée, aux promoteurs de la révolution religieuse ; un de ses pamphlets, sorte de prophétie contre la papauté, fut pourtant brûlé sur l’ordre de la municipalité nurembergeoise ; plus tard, sa muse s’altaqua volontiers à la politique, et enfin, quand il devint vieux, il écrivit encore nombre de drames, de comédies, et une quantité prodigieuse de chansons populaires pleines de verve, de franchise et de bonne humeur, des farces, des fables, dont le caractère distinctif est toujours le bon sens, le ju-

[Gravure : Statue de Hans Sachs]



gement sain, en dépit d’un style souvent incorrect et d’une certaine rudesse de formes.

Le Musée Germanique conserve un très grand nombre de ses œuvres, soit imprimées, soit à l’état de manuscrit ; sa statue en bronze orne l’une des plus belles places de la ville, et non loin de là on montre encore l’emplacement qu’occupait son échoppe de cordonnier, telle qu’on la voit au deuxième acte des Maîtres Chanteurs ; si la maison même a subi des modifications, le quartier a conservé son ancien aspect, et l’on peut encore, avec un peu de bonne volonté, reconstituer la scène.

C’est aussi à Nuremberg qu’est né, en 1471, Albert Dü-

[Photo : Hans Sachs (par Alb. Durer).]


rer, le plus grand peintre de l’Allemagne et l’un des plus admirables graveurs qui aient jamais existé. Je crois pourtant que le Musée Germanique n’a conservé que deux toiles de lui, une Descente de croix et un Charlemagne, la plupart de ses tableaux étant disséminés dans les musées d’Allemagne, d’Autriche et d’Italie ; mais on voit la maison que le maître habitait à Nuremberg, qui contient beaucoup de reproductions de ses œuvres ; et, à très peu de distance, sa statue.

[Gravure : La maison de Dürer]


Dans la même rue, en descendant vers l’église Saint-Sébald, on trouve une vieille masure très basse, comme accrochée au flanc de la petite chapelle Saint-Moritz, Si qui a pour enseigne une assez grosse petite cloche placée en saillie ; si on y entre, il vous est servi, pour la modique somme de 40 pfennigs, dans une salle basse à vieux vitraux, dont les murs sont garnis d’antiques bahuts, de plats, de pichets d’étain ou de faïence et autres curiosités

[Gravure : Bratwurstglocklein.]


authentiques de tous genres, un lunch bien local, composé de choucroute, de saucisses et d’excellente bière. C’est une célébrité qui remonte à plusieurs siècles (Bratwurstglocklein).

Le poète Carmen Sylva y a son portrait, au bas duquel sa main royale a tracé une dédicace.

De Nuremberg on va en deux heures à Bamberg, ville très ancienne et curieuse sur la Reignitz, et qui mérite bien les quelques heures qu’on lui consacrera.

Les bords de la rivière y sont jolis ; c’est dans une île qu’est construit l’Hôtel de ville, qui ne date que du XVIIIe siècle, mais est intéressant par ses fresques extérieures. Plusieurs églises valent d’être visitées : la Cathédrale, l’Église Saint-Michel et l’Église Sainte-Marie.

L’ancienne Résidence, datant du XVIe siècle, n’est pas banale. Si on a le temps, on pourra compléter l’excursion en allant voir le château d’Altenbourg, à une demi-heure de la ville, qui possède une jolie chapelle et de la tour duquel on aune fort belle vue.


De Nuremberg à Bayreuth, le trajet se fait en 2 heures 20 minutes environ. Les trains sont fréquents et commodes ; la contrée que l’on traverse est ravissante : on longe la vallée de la Pegnitz, qui fait de nombreux circuits dans une campagne accidentée et verdoyante.

Peu avant l’arrivée à Bayreuth, à gauche dans le sens de la marche du train, l’œil aperçoit au loin, au delà de la gare, et sur une riante colline, le but de notre pèlerinage, le fameux Théâtre des Fêtes, qui détache sur le ciel son bâtiment rouge, orné, pendant la saison théâtrale seulement, de deux grandes oriflammes bleu et blanc, les couleurs bavaroises.


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