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Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveauxSlatkine ReprintsIII. 1876 (p. 194).



PLUS ULTRA


L’homme a conquis la terre ardente des lions
Et celle des poisons et celle des reptiles
Et troublé l’Océan où cinglent les nautiles
Du sillage doré des anciens galions.

Mais plus loin que la neige et que les tourbillons
Du Strom et que l’horreur des Spitzbergs infertiles,
Le Pôle bat d’un flot tiède et libre des iles
Où nul marin n’a pu hisser ses pavillons.

Partons ! Je briserai l’infranchissable glace,
Car dans mon sein hardi je porte une âme lasse
Du facile renom des conquérants de l’or.

J’irai. Je veux monter au dernier promontoire
Et qu’une mer, pour tous silencieuse encor,
Trompe mon cœur vaincu d’un murmure de gloire.