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Le Parnasse contemporain/1876/Naissance de la mort

Le Parnasse contemporain : Recueil de vers nouveauxSlatkine ReprintsIII. 1876 (p. 121).




B. DE FOURCAUD

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SONNETS HIÉRATIQUES

NAISSANCE DE LA MORT.


L’Éternel s’ennuyait dans l’immensité vide ;
Rien n’existait. C’était le règne du Néant.
Du fond de l’Infini, gouffre morne et béant,
Un hymne répondit à son désir avide.

De ce désir, le Monde avait jailli, splendide.
Il avait dévoilé sa face en le créant,
Et l’homme, nain sublime aux instincts de géant,
L’adorait humblement dans son âme candide.

Mais ta gloire, ô Seigneur, ne peut se contenir
Aux bornes du présent. — Tu semas l’Avenir,
Et, tandis que ta main sans mesure puissante

Faisait s’épanouir les générations,
La grande Mort surgit, vierge resplendissante
Qui te renouvelait les adorations.