La Doctrine du fascisme/23


10. Valeur et Mission de l’État


Le principe essentiel de la doctrine fasciste est la conception de l’État, de son essence, de son rôle, de ses fins. Pour le fascisme, l’État est l’absolu devant lequel les individus et les groupes ne sont que le relatif. Individus et groupes ne sont concevables que dans l’État. L’État libéral ne dirige pas le jeu et le développement matériel et spirituel des collectivités, mais se limite à enregistrer les résultats. L’État fasciste est conscient, il a une volonté et c’est pourquoi il est qualifié d’État « éthique ». En 1929, je disais à la première assemblée quinquennale du Régime : « Pour le fascisme, l’État n’est pas le veilleur de nuit qui ne s’occupe que de la sécurité personnelle des citoyens. Ce n’est pas mon plus une organisation à fins purement matérielles, comme celle de garantir un certain bien-être et des rapports sociaux relativement pacifiques, auquel cas un Conseil d’Administration suffirait. Ce n’est pas non plus une création de politique pure ; sans contacts avec la réalité matérielle et complexe de la vie des individus et de celle des peuples. L’État, tel que le fascisme le conçoit et le réalise, est un fait spirituel et moral, car il concrète l’organisation politique, juridique et économique de la nation, et cette organisation, dans sa genèse et dans son développement, est une manifestation de l’esprit. L’État est le garant de la sécurité intérieure et extérieure, mais il est aussi le gardien et le transmetteur de l’esprit du peuple, tel qu’il s’est formé au cours des siècles dans la langue, dans les coutumes et dans la foi. L’État n’est pas seulement le présent, mais aussi le passé et surtout l’avenir. C’est l’État qui, dépassant les étroites limites des vies individuelles, représente la conscience immanente de la nation. Les formes sous lesquelles se manifestent les États changent, mais la nécessité demeure. C’est l’État qui forme les individus aux vertus civiques, les rend conscients de leur mission, les amène à l’unité ; il harmonise leurs intérêts dans la justice ; il transmet les conquêtes de la pensée dans le domaine des sciences, des arts, du droit et de la solidarité humaine ; il élève les hommes de la vie élémentaire de la tribu à la plus haute expression humaine de puissance, qui est l’empire ; il transmet à travers les siècles le nom de ceux qui moururent pour son intégrité ou pour obéir à ses lois ; il donne en exemple et recommande aux générations futures les capitaines qui ont accru son territoire et les génies qui l’ont auréolé de gloire. Quand le sens de l’État s’affaiblit et que prévalent les tendances dissolvantes et centrifuges des individus ou des groupes, les nations marchent à leur déclin.