L’Orgue (Chapman)

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Intima verba
Les Fleurs de Givre (p. 137-138).


 
À Samuel Casavant.





L’orgue ! ― Dans l’atelier immense qui bourdonne,
Maint ouvrier déploie un effort rude et long,
Ciselant tour à tour le bois, le fer, le plomb,
Pour créer l’instrument qui chante, pleure et tonne.

Heureux d’emprisonner dans ses flancs le trombone,
La flûte, le hautbois, le cor, le violon,
Le facteur patient, héritier d’Apollon,
Poursuit avec lenteur son travail monotone.


À polir un sonnet, une ode, un madrigal,
Le musophile prend une peine infinie.
Le vers doit y vibrer comme bois et métal.

Et j’applaudis en vous l’artiste de génie
Qui, l’oreille toujours ouverte à l’harmonie,
Dans le poète acclame un fraternel rival.