L’Homme de fer/Chapitre 10

Albin Michel (p. 87-97).


X

LA SALIÈRE DU ROI


Nous savons que le roi Louis XI avait justement eu la même idée que l’Homme de Fer : il avait songé à remplacer sur sa liste le nom de François II, duc de Bretagne, par le nom du comte Otto Béringhem. À condition, bien entendu, que le comte Otto Béringhem lui ferait raison de l’entêtement de François II de Bretagne. Néanmoins le roi Louis XI prit la mine d’un souverain qui tombe de son haut.

— Saint archange ! s’écria-t-il. Comte, y songez-vous ? Ma nouvelle compagnie et frérie est chrétienne de tout point, soumise à l’autorité de l’Église catholique, apostolique et romaine.

— Je ne veux point de mal à notre saint-père le pape, répondit l’Ogre paisiblement.

— Y songez-vous, y songez-vous ! Nos chapitres se tiennent en la basilique du Mont.

— Grand et beau temple, sire !

— Nous jurons notre serment sur l’Évangile et sur la croix.

— Je n’y vois nul empêchement.

Le roi s’agitait feignant un embarras majeur. Le comte reprit :

— C’est mon caprice.

— Demandez-moi tout ce que vous voudrez hormis cela ! s’écria Louis XI.

— Je ne veux rien autre.

— De l’or, des titres…

— Je fais de l’or avec de l’or on achète des titres. Je veux être chevalier de Saint-Michel.

— Saint archange, donnez-moi conseil ! supplia le roi.

L’image de Saint-Michel ne dit mot, mais, aussi vrai que le Couesnon est fou en grand’marée, les bonnes gens de Dol et de Pontorson affirment que la salière laissa échapper un murmure.

Elle avait déjà soupiré. Qu’avait-elle donc dans le corps cette salière ?

— Sire, reprit le comte Otto, je ne demande pas mieux que de vous amener pieds et poings liés ce duc François de Bretagne qui a laissé outrager hier, sur son domaine, mon caractère et ma personne. Il me plaît de le punir. Mais tout service vaut son prix, et je vous fais respectueusement savoir en quelle monnaie je prétends être payé.

— Que diraient mes frères et compagnons, les chevaliers de l’ordre ? murmura le roi.

— Ils diront ce qu’ils voudront, sire, chargez-moi seulement de leur répondre.

— Cependant, comte, si je jugeais votre prétention inadmissible ?

— J’en serais fâché pour moi et pour vous, sire.

— Pour moi ? dit le roi en se redressant.

— Pour vous surtout, car votre envie de réduire François de Bretagne est ardente et légitime.

— Ne pourrais-je le réduire sans vous ?

— Hier vous l’auriez pu, sire.

— Et demain ?

— Demain, Votre Majesté ne le pourrait pas.

Voyez-vous cet ogre traitant de puissance à puissance avec le roi qui trancha la tête de Jean d’Armagnac, duc de Nemours ! Les gens du Marais de Dol savent assurément de bonnes histoires.

— Pourquoi ne pourrais-je demain ce que je pouvais hier ? demanda encore Louis XI.

— Parce que, répliqua le comte Otto, hier j’eusse été neutre.

— Vous avez grande opinion de vous, messire ! grommela le roi.

— Demain, poursuivit l’Homme de Fer, j’aurai le refus de Votre Majesté sur le cœur. Je me connais : ma lance se couchera d’elle-même pour défendre François contre vous.

Les sourcils de Louis XI se froncèrent.

— Entre hier et demain il y aura aujourd’hui, prononça-t-il avec sécheresse. Aujourd’hui, vous êtes dans la tente du roi de France, et la garde écossaise du roi se range en armes autour de la tente.

Der Teuſel ! s’écria l’Allemand en riant derrière la grille de son casque, je vois que Louis de Valois n’a pas volé sa renommée ! Je suis chez le roi de France, sous la garde de son honneur, et le roi de France me fait cerner à bas bruit par ses archers écossais. On aime à voir cela pour y croire !

Sire, reprit-il sérieusement et même avec une certaine emphase, si vous avez vos satellites, j’ai les miens.

— Où sont-ils les vôtres ? fit le roi.

— Plus près de nous que ceux de Votre Majesté.

— Il me plairait d’être fixé au sujet de votre puissance mystérieuse, comte Otto Béringhem, dit Louis XI.

L’Homme de Fer tira sa dague. Avec la pointe il traça un cercle dans le vide.

— Airam ! prononça-t-il en touchant de son gantelet le faîte guilloché de la salière.

Une voix s’éleva dans la chambre. On eût dit qu’elle parlait au centre même de la table. Elle dit :

— Maître, je suis là !

Louis XI sourit du bout des lèvres, mais il prit le temps de réciter une courte prière.

— J’ai vu en mon château du Plessis-du-Parc-les-Tours, dit-il ensuite, un jongleur plus habile que vous. Ce jongleur nommait son art ventriloquie. Il se couvrait le chef d’un casque comme vous faites présentement, et derrière la grille il feignait de conserver avec trois ou quatre lutins qui tous lui répondaient à tour de rôle.

— Le roi m’a-t-il fait appeler pour m’outrager avant de m’assassiner ? demanda l’Homme de Fer, qui se redressa fièrement sous son armure.

Et comme Louis XI ne répondit pas assez vite à son gré, il ajouta :

— Seul je suis dans la tente du roi et m’étant mis, comme je l’ai fait en apparence, à sa merci, je défie le roi !

Louis XI le considérait curieusement.

— Vous êtes à tout le moins un homme intrépide et vaillant, comte Otto, dit-il. On m’accuse par le monde d’être superstitieux et craintif touchant les choses magiques qui dépassent l’intelligence humaine ; à l’occasion, vous pourrez témoigner du contraire. Si je vous donne le cordon de Saint-Michel, quand me livrerez-vous François, duc de Bretagne ?

— Aujourd’hui, à l’issue des joutes.

— Donc, vous serez chevalier de mon ordre, comte Otto Béringhem. Mon œuvre est juste, chrétienne et agréable à Dieu : la fin excuse les moyens.

— Aurai-je un gage ? demanda l’Homme de Fer.

Louis XI ne se fâcha pas. Il prit le parchemin où les noms des quatorze premiers membres étaler inscrits.

— J’allais écrire ici, dit-il, à la place quinzième, le nom de M. Tanneguy du Chastel ; je vous donne sur lui la préséance.

— Quitte à voir plus tard ajouta-t-il mentalement.

Et il écrivit en toutes lettres, au rôle d’institution, le nom du comte Otto Béringhem, seigneur de Chaussey[1].

— Le roi n’a plus rien à m’ordonner ? demanda l’Homme de Fer.

— Si fait. J’ai donné un gage, je veux un gage.

Le comte Otto tira son gantelet. Au doigt annulaire il portait une bague dont les feux éblouirent Louis XI, qui était connaisseur. C’était un diamant d’un prix inestimable.

— Voici qui vaut la rançon d’un roi, dit le comte ; c’est mon gage, je le laisse à Votre Majesté. Il s’inclina et se dirigea vers la sortie de la tente. Louis XI regardait le diamant. Au moment de sortir, l’Homme de Fer se ravisa.

— Maintenant que nous sommes d’accord, dit-il, plairait-il au roi de voir face à face un de mes satellites mystérieux ?

— Cela me plairait, fit Louis XI, non sans une certaine hésitation.

La garde écossaise était si proche qu’on entendait causer entre eux les soldats. Que craindre ? Le comte Otto revint sur ses pas.

— Nasboth où es-tu ? prononça-t-il d’une voix contenue.

Nasboth ne répondit point.

Le comte prêta l’oreille à droite et à gauche comme s’il eût cherché à saisir un son dans l’air. Puis il s’approcha de la salière et se prit à écouter aux fenêtres, par où s’échappait, à l’heure du festin, la fumée du maître plat qui occupait toujours le centre de cette monumentale orféverie. En se penchant, il fit le tour de la salière. Quand le palais d’argent le cacha tout à fait aux yeux de Louis XI, il dit tout bas à l’une des ouvertures :

— Réponds ou je t’étrangle comme un poulet, petit coquin !

— Je suis ici, maître, répliqua aussitôt une voix épouvantée.

Nasboth devenait obéissant. Le roi était attentif : un sourire sceptique restait autour de ses lèvres, mais il caressait de la main à tout hasard son image de saint Michel.

— Puisque tu es ici, reprit le comte, sors de ta retraite et montre-toi aux yeux du roi.

Le couvercle de la salière s’agita bruyamment. Louis XI recula son siège.

— Airam ! Airam ! cria le comte en frappant du pied le sol ; j’ai ordonné, montre-toi !

Nasboth faisait ce qu’il pouvait. Ce n’était pas un de ces esprits robustes qui entrent dans les maisons en démolissant un pan de muraille, car il avait beau se démener, il ne pouvait soulever le couvercle en argent massif de la salière. Le roi ouvrait de grands yeux ne sachant quel genre d’animal menait dans l’intérieur de son argenterie cet étrange tapage. Sa frayeur, s’il avait eu frayeur, tournait à l’envie de railler.

Le comte Otto, à bout de patience, leva lui-même, d’un geste violent, le couvercle de la salière. Tout aussitôt Nasboth s’élança et sauta sur la table. Pour le coup, le roi devint pâle et mit sa main au-devant de ses yeux. Nasboth était un esprit de forme irrégulière et peu gracieuse une tête énorme, armée de cheveux hérissés sur un corps dont l’exiguïté pouvait paraître assurément un fait surnaturel. Le roi posa précipitamment son saint Michel d’or entre lui et Nasboth. Nasboth faisait peur au roi.

Le comte Otto, cependant, n’était pas content de Nasboth ; il le prit par les cheveux et le jeta sous son bras comme un paquet.

— J’emporte ce qui est à moi, dit-il en sortant ainsi de la tente.

Son noir écuyer l’attendait au dehors avec des chevaux. Il se mit en selle. ; l’écuyer lui drapa sur les épaules un long manteau sous lequel disparurent le petit corps et la grosse tête du pauvre Nasboth. Le comte Otto, Nasboth et l’écuyer descendirent au galop dans la plaine.

Louis XI, resté seul, replaça d’abord avec soin le couvercle de sa salière.

— C’est un nain, se dit-il, un nain de chair et d’os. Mais comment a-t-il pu s’introduire en cette cachette ?

Les gens qui regardent dans les tiroirs de commode avant de dire tout haut leur secret n’exagèrent point la prudence. Les oreilles se fourrent partout.

Le roi revint au diamant, qui ne s’était point changé en caillou après le départ de l’Homme de Fer. Puis il s’agenouilla devant l’image de saint Michel.

— Glorieux archange, dit-il en achevant sa prière, j’ai compté sur votre aide pour trouver un moyen de ne point tenir ma promesse, car ce serait sacrilège que d’introduire un pareil homme dans la frérie qui portera votre vénéré nom.

Dans la plaine, le comte Otto, Nasboth et l’écuyer couraient ventre à terre. La tête volumineuse du nain soulevait le manteau de l’Homme de Fer.

— Esprit ! dit celui-ci qui riait sous sa visière baissée, je t’avais vu rôder ce matin autour de la tente du roi, et quand je suis entré je t’ai entendu souiller dans ta prison… Rends grâce à ma fantaisie, car tu étais pris sous le couvercle comme en un traquenard !

— Tant qu’il vous plaira, monseigneur, je vous rendrai grâces, répliqua l’esprit Nasboth.

— Je te reconnais, reprit Otto Béringhem, tu es le nain Fier-à-Bras, le fou du sire de Combourg.

— Moi, je vous reconnais aussi, monseigneur, vous êtes Olivier, baron d’Harmoy, raconteur de belles histoires.

— Retourne à Chaussey, Sélin, dit le comte à son écuyer ; dix lances de renfort et la grande barque sous Tombelaine !

L’écuyer piqua des deux dans la direction de la grève. Le comte poursuivait sa route vers la rive du Couesnon, où était sa tente.

— Pour qui besognes-tu ? demanda-t-il au nain ; pour ton seigneur le sire de Coëtquen ? pour le duc de Bretagne ?

— Non point, messire ; j’étais là pour rendre service au bon écuyer Jeannin, que j’appelle mon oncle… Vous savez, le père de Jeannine la brunette.

— Tu es un espion adroit et hardi.

— S’il vous plaît, messire, je suis un pauvre gentilhomme, cadet de famille et sans apanage. Je fais ce que je peux pour vivre honorablement.

Le comte souleva le devant de son manteau pour voir un peu ce gentilhomme qu’il avait sous le bras.

— Veux-tu que je fasse ta fortune ! demanda-t-il brusquement.

— Volontiers, messire, répondit le nain ; cela me comblera de joie.

— Je t’achète : fixe le prix.

Le nain prit un air grave.

— Messire, dit-il, ces choses ne s’expriment point en termes si francs. On ménage la fierté des gentilshommes. Je serai de votre parti moyennant que vous m’offrirez d’honnêtes étrennes ; mais, plutôt que de me vendre, je gratterais la terre avec mes ongles !

— Fixe donc tes étrennes ! répéta le comte Otto en riant. Fier-à-Bras établissait un calcul à l’aide de ses doigts maigres et longs.

— Deux et deux font quatre, dit-il, et deux six. L’an a trois cent soixante et cinq jours, qui, multipliés par six, donnent deux mille cent quatre-vingt-dix. Je vivrai bien encore quarante années, étant de bonne et saine constitution. Mettons cinquante pour ne point être pris au dépourvu dans la vieillesse. Deux mille cent quatre-vingt-dix répétés cinquante fois, donnent, si je ne fais erreur, cent neuf mille cinq cents… Ce sont des sous tournois qui produisent en livres, cinq mille quatre cent soixante-quinze, et en écus d’or nantais quatre cent cinquante-sept et demi…

— Tu es un géant pour le calcul, ami Fier-à-Bras ! s’écria le comte émerveillé.

— Avant de servir mon seigneur actuel, le sir de Coëtquen, répliqua l’Araignoire, j’allais dans les assemblées et foires, et je gagnais ma vie à supputer sans parchemin ni plume, par la seule puissance du souvenir. Je pense qu’un gentilhomme ne déroge pas pour cela.

— Certes… et que veux-tu faire de tes quatre cent cinquante sept écus nantais et demi ?

— Quatre cent cinquante-huit, messire, car il faudra un demi-écu pour l’acte.

— Quel acte ?

— Acte authentique sous votre bon plaisir, passé entre moi et dame Lequien, du bourg d’Ardevon, agissant pour elle et ses héritiers ou successeurs, laquelle s’obligerait à me servir, ma vie durant, une tourte le matin, une tourte à midi, une tourte le soir : j’entends tourte double de pâté tendre, fourrée d’amandes et de raisin confits, chaude et sortant du four, ne pouvant ladite dame Lequien, sous aucun prétexte quelconque, me distribuer tourte de la veille ou de la précédente fournée. Pour lesquels fonds perdu et servitude, consentis de gré à gré, je nantirai ladite dame Lequien desdits quatre cent cinquante-sept écus et demi en espèces courantes, dont quittance et reçu. En foi de quoi…

Le comte éclata de rire derrière la grille de son armet.

— Tu auras cinq cents écus tout neufs, dit-il, si tu veux m’apprendre, par-dessus le marché, comment tu existes encore, après avoir été grillé par mes archers dans la baraque du baladin Rémy.

Le nain s’empressa de le satisfaire. Sa fortune subite et l’assurance qu’il avait de manger, avant de mourir, dix-huit mille deux cent cinquante tourtes d’Ardevoa, ne l’avaient pas trop enflé. Quand il eut raconté son histoire, il demanda au comte avec calme ce qu’il fallait faire pour gagner définitivement les cinq cents écus.

— M’obéir, répondit Otto Béringhem. Si tu m’obéis aujourd’hui, demain, à pareille heure, tu pourras te présenter chez ta dame Lequien pour manger ta première tourte. Tu as tout entendu, là-bas, chez le roi ; tu sais de quelle besogne je suis chargé. Voici mon cas : je ne connais pas ce duc François de Bretagne que j’ai promis d’enlever : si tu sais peindre aussi bien que compter ou rédiger les actes authentiques, fais-moi son portrait.

Fier-à-Bras se recueillit.

— Je ne l’ai vu qu’une fois, dit-il enfin, mais je l’ai bien regardé ; le jour où je le vis, il m’écarta de son passage, à l’aide de sa houssine, en criant : « Au large ! moitié de singe ! » Mais, il ne savait pas à qui il avait affaire : je ne lui en garde point de rancune. Il est grand, lourd en selle, un peu voûté, avec des jambes grêles. Son cheval est blanc, portant des taches noires, espacées presque aussi régulièrement que les queues d’hermine de son écusson ducal. Il a les cheveux blonds tirant sur le roux, le nez droit et gros, les pommettes comme des noix, les yeux somnolents, l’air ennuyé… Mais vous ne verrez rien de tout cela, messire ; si ce n’est aux joutes, sauf la taille, les jambes et le cheval : encore fait-on de belles jambes à toutes les armures.

— Il portera le cimier ducal, dit le comte.

— Savoir !… repartit vivement le nain qui se mordit la lèvre jusqu’au sang et ajouta : sans doute, sans doute !

Le comte Otto avait jeté sur lui un regard soupçonneux.

— Ecoute-moi bien, reprit-il. Je m’intéresse à cet écuyer Jeannin que tu appelles ton oncle. En cas de malheur lui seul serait épargné dans la suite de François de Bretagne.

— Et moi messire, et moi se récria le nain avec chaleur ; songez que je suis obligé d’accompagner M. de Coëtquen ! Je mettrai mon blason sur ma poitrine : d’or à l’oison de gueules, afin que vous ne me preniez point pour un autre gentilhomme !

La course du comte s’était ralentie pendant qu’ils parlaient. Le soleil montait cependant à l’horizon, et la plaine éveillée reprenait son air de fête. Je crois qu’on tirait un peu la grenouille, là-haut, sur le pont, mais c’étaient des comparses Gabillou et Marcou étaient hors de combat. Le comte mesura la hauteur du soleil.

— L’heure me presse, murmura-t-il en plantant ses éperons dans le ventre de son cheval, qui bondit.

On apercevait derrière un rideau de peupliers la tente des insulaires de Chaussey.

— Nous allons nous séparer ici, reprit le comte Otto : remplis ta mission auprès de Jeannin comme tu l’entendras. Après tout, ce duc est un chevalier ; l’annonce d’un danger ne peut l’éloigner de la passe d’armes… N’oublie pas que l’écuyer sera épargné.

Il prit Fier-à-Bras par le collet de son pourpoint et le lança dans une meule de foin qui bordait la route, sans arrêter le galop de son cheval.

Le nain se releva tout étourdi.

— Je ne veux pas de tes tourtes, mécréant, s’écria-t-il en regardant l’Homme de Fer s’éloigner. Quand mon oncle Jeannin sera chevalier, il m’en donnera six par jour au lieu de trois, car c’est une bonne âme. Têtebleu ! ma belle petite Jeannine ne mourra point : j’ai de quoi dorer les éperons de son père !

Il se mit à courir dans l’herbe coupée, sautillant et chantant comme un moineau franc en belle humeur.

  1. Au quinzième numéro du Rôle royal il y a une rature. On a dit, nous ne l’affirmons point, que les premiers feuillets sont de la main du roi.