L’Encyclopédie/1re édition/POINTER

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POINTER se dit dans l’Artillerie d’une piece de canon ou un mortier, quand on la met en mire pour la tirer. Voyez Canon, Mortier & Jet. Il y a dans l’Artillerie des officiers pour pointer le canon. On les nomme officiers pointeurs. C’est le premier grade d’officier de ce corps.

Maniere de pointer le canon. Pour pointer ou diriger le canon vers un endroit où l’on veut faire porter le boulet, on éleve sa culasse par le moyen d’un coin O, que l’on place dessous sur la semelle de l’affût ; ce coin se nomme coin de mire.

En l’avançant sous la culasse, il éleve & fait baisser la volée ; on l’avance autant qu’il en est besoin pour que la volée soit dans la direction que l’on veut. On met quelquefois plusieurs de ces coins les uns sur les autres, lorsqu’on veut faire plonger le canon de haut en bas.

Le canon étant plus gros vers la culasse que vers la bouche, & faisant une espece de cône tronqué, la ligne que l’on imagine passer par le milieu de son ame, comme la ligne AH, n’est pas parallele à la partie supérieure du canon CG : c est pourquoi si on alignoit le canon selon le prolongement de CG, le boulet, au lieu d’aller en D, prolongement de CG, iroit en B, prolongement de l’AH, c’est-à-dire qu’il porteroit plus haut que le point d’alignement observé. Pour remédier à cet inconvénient, on adapte sur l’extrémité de la volée une piece de bois concave dans sa partie intérieure, de maniere qu’elle puisse, pour ainsi dire, être achevalée sur l’extrémité de la volée, & que sa hauteur ou sa partie supérieure réponde à la quantité d’épaisseur que le métal de la culasse a de plus que celui de la volée.

Cette piece se nomme fron eau de mire, voyez Fronteau de mire. Il sert, comme on le voit, à faire porter le boulet dans l’endroit desiré ; car par son moyen la ligne de mire est parallele à la ligne que l’on imagine passer au milieu du canon, c’est-à-dire à celle que doit décrire le boulet, supposant qu’il suive la direction de cette ligne qui est droite. Ainsi alignant la partie supérieure de la culasse & celle du fronteau avec un point quelconque, le boulet chassé dans cette direction, sera porté vers ce point, mais plus bas, de la quantité seulement du demi-diametre de la culasse ; en sorte que si on aligne le canon à un point plus élevé de la quantité de ce demi-diametre, le boulet donnera dans le point où l’on veut le faire porter. On fait ici abstraction de toutes les causes qui peuvent déranger, & qui dérangent effectivement dans la pratique la justesse du coup.

Pour ce qui concerne le pointage du mortier, voyez Mortier. (p)

Pointer, v. act. (Architect.) On dit pointer une piece de trait ; c’est, sur un dessein de coupe de pierre, rapporter avec le compas le plan ou le profil au développement des panneaux. C’est aussi faire la même opération en grand avec la fausse équerre, sur des cartons séparés, pour en tracer les pierres. (D. J.)

Pointer une aiguille, terme d’Aiguiller, c’est former la pointe d’une aiguille avec la lime.

Pointer, (Manufacture.) en terme de manufacture, c’est faire quelques points d’aiguille avec de la soie, du fil ou de la ficelle, à une piece de drap ou autre étoffe, pour conserver les plis, & empêcher qu’elle ne se chiffonne.

Pointer, (Marine.) c’est se servir du compas pour trouver sur la carte en quel parage le vaisseau peut être, ou quel air de vent il faut faire pour arriver au lieu où l’on veut aller.

Pointer, en Fauconnerie ; on dit qu’un oiseau pointe lorsqu’il va d’un vol rapide, soit en s’abaissant, soit en s’élevant. On dit aussi voler en pointe.