L’Encyclopédie/1re édition/ANHIMA

Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 467-468).

* ANHIMA, (Hist. nat.) oiseau aquatique & de proie ; on le trouve au Brésil : il est plus grand que le cygne ; il a la tête de la grosseur de celle du coq, le bec noir & recourbé vers le bout ; les yeux de couleur d’or, avec un cercle noir, la prunelle noire ; sur le haut de la tête une corne de la grosseur d’une grosse corde à violon, longue de deux doigts, recourbée par le bout, ronde, blanche comme l’os, & entourée de petites plumes courtes, noires & blanches ; le cou long de sept doigts ; le corps d’un pié & demi ; les aîles grandes & de différentes couleurs ; la queue longue de dix doigts, & large comme celle de l’oie ; les piés à quatre doigts armés d’ongles ; la voix forte, & criant vihu, vihu. Il n’est jamais seul, la femelle l’accompagne toûjours ; & quand l’un des deux meurt, l’autre le suit de près. C’est la femelle qu’on vient de décrire ; le mâle est une fois aussi gros : il fait son nid avec de la boue, en forme de four, dans les troncs des arbres & à terre.

On attribue à sa corne plusieurs propriétés medicinales : on dit qu’infusée pendant une nuit dans du vin, ce vin sera bon contre les venins, les suffocations de matrice, & provoquera l’accouchement. Lemery, Traité des drogues.