L’Encyclopédie/1re édition/AMPELITE

Texte établi par D’Alembert, Diderot (Tome 1p. 375).
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AMPELITE, s. f. ampelites, pharmacitis (Histoire nat.) terre noire & bitumineuse, qui doit être regardée comme sulphureuse & inflammable ; Pline l’a designée comme telle en disant qu’elle est très-ressemblante au bitume, qu’elle se liquéfie dans l’huile, & qu’elle reste de couleur noirâtre après avoir été brûlée. Discoride assûre que l’on trouve la terre qu’il appelle ampelite, aux environs de la ville aujourd’hui nommée Seleuche en Sourie ; il la donne comme une terre d’un beau noir, qui se divise assez facilement, qui est également luisante dans toutes ses parties, & qui se dissout promptement dans l’huile après avoir été broyée ; celle qui est blanche n’est pas dissoluble, c’est une mauvaise qualité pour cette terre au rapport du même auteur. Mathiole conclut de toutes ces observations, que l’ampelite n’est pas fort différente du jais. (Voyez Jais) ou du charbon de terre. Voyez Charbon de terre. Le nom d’ampelite vient d’une propriété qu’a cette terre, qui est de faire mourir les vers, qui se trouvent dans les vignes ; c’est pourquoi on l’a nommée terre de vigne. On l’a aussi appellée pharmacitis, parce qu’on lui attribue quelques propriétés médicinales, comme de guérir les ulceres des paupieres ; on s’en est aussi servi pour teindre en noir les cheveux & les sourcils ; on en a fait des dépilatoires, &c. Terræ musei regii Dresdensis. D. Christ. Gottlieb Ludwig. Lipsiæ 1749, pag. 72. Voyez Terre. (I)