Journal de ma vie (Bassompierre)/Premier tome/Journal

Journal de ma vie. Mémoires du maréchal de Bassompiere (1665)
Texte établi par le marquis de ChantéracVeuve Jules Renouard, libraire de la Société de l’histoire de France (tome 1p. 1-62).







JOURNAL DE MA VIE


JE souhaiterois, pour mon contentement particulier, d’avoir receu, au commencement de ma jeunesse, le conseil (que vous me donnés apres qu’elle est presque terminée) de faire un papier journal de ma vie ; il m’eut servi d’une memoire artificielle, non-seulement des lieux ou j’ay passé lors que j’ay esté aux voyages, aux ambassades, ou a la guerre, mais aussy des personnes que j’y ay pratiquées, de mes actions privées et publiques, et des choses plus notables que j’y ay veues et ouïes, dont la connoissance me seroit maintenant tres utile, et le souvenir doux et agreable. Mais puis que, faute d’advertissement ou de consideration, j’ay esté privé de cet advantage, j’auray recours a celuy que me donne l’excellente memoire que la nature m’a departie[1], pour rassembler le debris de ce naufrage, et restablir cette perte autant que je pourray, continuant a l’advenir de suyvre vostre salutaire conseil, duquel toutefois je n’useray point pour l’effet que vous me proposés, de laisser a celuy qui voudra descrire ma vie la matiere de son œuvre ; car elle n’a pas esté assés illustre pour meriter d’estre donnée à la posterité, et pour servir d’exemple a ceux quy nous survivront, mais seulement pour remarquer le temps de mes accidents et juger quelles années m’ont esté sinistres ou heureuses, et affin aussy que sy Dieu me fait la grace de parvenir jusques a cette vieillesse quy affoiblit les facultés de l’ame et de l’esprit, et particulierement celles de la memoire, je trouve dans ces journaux de ma vie ce que j’auray perdu dans mon souvenir, lesquels estant necessaire de remplir pour la plus part de choses basses, ridicules, ou inutiles aux autres, ne seront jamais reveues que de moy, quand j’y voudray chercher quelqu’une de mes actions passées, ou de vous qui estes un second moy mesme[2], et pour quy je n’ay rien de secret ou caché, quand vous voudrés apprendre ou connestre quelque chose de mon extraction, de mes ancestres, des biens qu’eux et moy ont possedés, de ma personne et de ma vie.

Entre les bonnes maisons de l’empire en Allemaigne, celle de Ravenspourg a esté, de temps immemorial, tenue des plus anciennes et illustres, dont les seigneurs ont possedé les comtés de Ravenspourg et de Ravenstein[3], les baronnies de Bettstein et d’Albe[4], avesques la ville de Guenep[5] et plusieurs autres terres, par longues années. Le penultieme comte de la dite maison, nommé Wlrich IIIe, eut deux enfans ausquels il partagea les biens de sa succession en l’année....., et donna à son fils ainé, nommé Ewerard, les comtés de Ravenspourg et de Ravenstein avesques la seigneurie de Guenep, et laissa au puiné, nommé Simon, les baronnies de Bettstein et d’Albe, avesques plusieurs autres terres dans le pays de Westrich[6], et cent florins d’or de rente perpetuelle sur chascune des villes de Colongne, de Strasbourg, et de Mets. Or Ewerard, dernier comte de Ravenspourg, n’ayant qu’une fille qu’il vouloit donner en mariage au fils ainé de Simon son frere, a quy retournoit son bien faute d’hoirs masles, suyvant les constitutions imperiales, il en fut empesché par l’empereur Adolph[7] de la maison de Nassau, quy estoit oncle maternel de..... marquis de Juliers, a quy les dites comtés de Ravensbourg et de Ravenstein estoint fort commodes pour estre voysines de ses terres ; et voulut que la dite fille fut mariée au dit marquis son neveu, auquel il donna, par une patente de bulle d’or, les dites comtés, comme devolues de par sa femme, fille du dernier comte : et par ce moyen le fils de Simon et ses descendans demeurerent privés de leur legitime et paternel heritage ; et le dit marquis de Juliers en ayant esté mis en possession, luy et ses successeurs en ont jouy sans que le proces intenté sur ce sujet par ceux de la maison de Bettstein contre les marquis de Juliers, qui est pendant a la chambre imperiale de Spire, ait peu encores estre jugé, ny que les descendans de Simon de Ravenspourg et de Bettstein, quy ont depuis, a toutes les diettes, pretendu et demandé la qualité et le rang de comtes de Ravenspourg, ayent peu obtenir autre chose sinon que, quand la litispendance seroit jugée, on leur feroit droit ; et cependant, qu’ils prendroint le rang et la seance de barons de Bettstein.

Les descendans de ce Simon servirent les ducs de Bourgongne en charges honorables de guerre, jusques a ce qu’en l’année.....[8], le duc Charles de Bourgongne ayant conquis une petite ville d’empire, nommée Espinal, de laquelle mes ancestres estoint de longtemps bourgraves ou protecteurs, et ayant le dit duc Charles fait esperer a mon trisayeul, nommé Simon IIe, de luy donner la dite ville apres la conqueste d’icelle, en investit, contre sa promesse, le seigneur de Neufchastel, mareschal de Bourgongne : ce quy fit que le dit Simon quitta son service et se mit dans le party du duc de Lorraine[9] et des Suisses, quy estoint lors en guerre avesques le dit Charles, et leur mena trois cens chevaux a ses despens, comme les chroniques en font foy[10].Et de la bourgravie du dit Espinal est encores demeuré en nostre maison le cens que la dite ville payoit a nos ancestres lors qu’elle estoit ville libre : lequel cens se comprend d’une certaine cuillier ou mesure de tout le grain quy se vend en la dite ville.

Ce mesme Simon de Bettstein avoit espousé la fille ainée du comte d’Ogervillier[11] ; un seigneur de Crouy ayant espousé la seconde, et la troisieme fut mariée au reingraf ; le dit comte n’ayant que ces trois filles, ausquelles il partagea son bien ; et pour la part de mon trisayeul escheurent les terres de Rosieres[12], Pulligny, Acraigne, Remoncourt et Chicourt, avesques la cuillier de la fée, comme au reingraf escheut la bague, et au seigneur de Crouy le gobelet. Il se dit de ces trois pieces qu’elles furent données au seigneur d’Ogervillier, pere de ces filles, par une fée[13] quy estoit amoureuse de luy, et quy le venoit trouver tous les lundis en une salle d’esté, nommée en allemand sommerhause[14], ou il venoit coucher tous les lundis, sans y manquer, faisant croyre à sa femme qu’il alloit tirer a l’affut au bois, et de la se retirer la : ce quy ayant donné, au bout de deux ans, ombrage a sa femme, elle tascha de descouvrir ce que c’estoit, et entra un matin en esté dans cette sommerhause, ou elle vit son mary couché avec une femme de parfaite beauté, et tous deux endormis, lesquels elle ne voulut resveiller, seulement estendit sur leurs piés un couvre-chef qu’elle avoit sur sa teste, lequel estant apperceu de la fée a son reveil, elle fit un grand cry, et plusieurs lamentations, disant qu’elle ne pouvoit jammais plus voir le comte son amant, ny estre a cent lieues proche de luy, et le quitta, luy faisant ces trois dons pour ses trois filles, qu’elles et leurs descendans devoint soigneusement garder, et ce faisant, qu’ils porteroint bonheur en leurs maisons et descendans.

Le mesme Simon, apres la mort du duc Charles le Terrible, se remit au service de la maison de Bourgongne et d’Austriche, qui furent incorporées par le mariage de Maximilian[15], fils de l’empereur Frederich, et de Marie, heritiere de Charles de Bourgongne.

Simon de Bettstein eut plusieurs enfans masles ; mais le dernier seulement, nommé aussy[16] Simon IIIe, eut lignée ; lequel fut marié à Alix[17], sœur ainée du seigneur de Baudricourt, mareschal de France et gouverneur de Provence et de Bourgongne, laquelle fut heritiere par moytié, avesques son autre sœur, mariée au seigneur de Chaumont, frère du cardinal d’Amboyse. Et les biens du dit mareschal furent partagés entre les deux sœurs, par leur frere, de façon que tout ce quy lui appartenoit au dela de la Meuse, du costé de Lorraine et d’Allemaigne, escheut à sa sœur ainée, mariée a mon bisayeul quy eut aussy l’estat de baillif de Vosges, lequel fut conservé en la maison pour la commodité des terres quy y sont enclavées, et a passé de suitte apres luy à Geoffroy, François, et Glaude Antoine, ses descendans ; et ce quy seroit deça la Meuse du costé de la France escheeroit au partage de la seconde, quy estoit femme du seigneur de Chaumont sur Loire, lequel eut aussy la capitainerie de Vaucouleurs sur Meuse.

Ce Simon fut colonel de trois mille lantsquenets sous l’empereur Maximilian en plusieurs occasions diverses, et finalement fit guerre par sept ans consecutifs contre la ville impériale de Mets pour son fait particulier, ligué avec le baron de Beaupart[18], de la maison de Bavieres : au bout desquelles sept années l’empereur les pacifia, ordonnant à la ditte yille de payer a ces deux seigneurs, pour leurs frais et autres, interets, quatorse mille florins.

Il laissa un fils, nommé Geoffroy, quy fut marié a une fille de la maison de Ville[19], quy fut aussy colonel de reitres et de lantsquenets sous l’empereur Maximilian ; quy sur la fin de ses jours, se retira en un hermitage auquel il passa religieusement cinq années de sa vie, puis trespassa, laissant trois fils et trois filles[20].

L’ainé, nommé Maximilian, eut pour partage tous les biens paternels de la mayson de Bettstein, quy fut marié à une comtesse de Lininguen[21], et eut d’elle un fils nommé Theodorich, quy est mort sans enfans, ce quy a investi Christofle, dernier fils de François, des biens paternels de la maison.

Le deusieme, nommé Tiedrich, fut grand prevost de Mayence, chanoine de Wirtsbourg[22], et eut plusieurs autres benefices.

Le troisieme et dernier, nommé François, quy fut mon grand-pere, eut la succession de sa grand mere Alix de Baudricourt, quy consistoit aux terres de Harouel, Removille, Chastelet, Baudricourt, Ville sur Illon, Ormes, Mandres[23], et autres seigneuries, comme aussy le bailliage de Vosges. Il fut nourri page d’honneur du duc Charles de Luxembourg, prince des Flandres, infant d’Espaigne, et depuis empereur Charles Quint, duquel il fut puis apres gentilhomme de la chambre, et en suitte capitaine de sa garde allemande. Il fut colonel de lantsquenets en plusieurs guerres, en France, en Italie, en celle d’Ingolstat[24], en la bataille gaignée contre Maurice de Saxe[25], et fut enfermé au siege de Vienne en Austriche, par Soliman[26], et suivit l’empereur en l’entreprise de Tunes[27]. L’empereur l’envoya en suitte son ambassadeur extreordinaire pres de sa niece Chrestienne[28], reine de Dannemarc, douairiere de Milan et de Lorraine, pour l’assister au gouvernement de la Lorraine pendant la minorité du duc Charles son fils, quy fut mis sous la tutelle d’elle, et de son oncle Nicolas, comte de Vaudemont[29], sous la protection de l’empereur Charles Ve. Mais au bout de six ans[30], le roy Henri deusième de France ayant fait une puissante armée pour assister les protestants d’Allemaigne contre l’empereur Charles Quint, il prit en passant les villes imperiales de Mets, Toul, et Verdun ; vint en Lorraine, d’ou il chassa la reine de Dannemarc, et envoya le duc Charles[31] en son royaume pour y estre eslevé avesques les enfans de France ; laissa l’administration de la Lorraine au comte de Vaudemont : et mon grand pere, François de Bettstein, quy s’estoit retiré en Vosges avesques quelques trouppes, estant venu à Rosieres sous un sauf conduit, pour traitter avesques le mareschal de SaintAndré[32], il fut conclu qu’il remettroit ce qu’il tenoit en Vosges entre les mains du roy, qu’il sortiroit de la Lorraine avesques les trouppes qu’il y avoit, sans y pouvoir plus rentrer, et que pour asseurance plus grande, il donneroit un de ses enfans en ostage, moyennant quoy la jouissance de ses biens luy seroit accordée ; ce qu’il fit, et y envoya le plus jeune de trois qu’il avoit, nommé Christofle de Bettstein, mon pere, quy estoit lors page d’honneur du duc Charles Emanuel de Savoye[33] : et luy, se retira aupres de son maitre l’empereur Charles, avesques lequel il revint au siege de Mets, estant colonel de 3000 lantsquenets. Puis le siege estant levé, et l’empereur ayant remis ses estats entre les mains de son fils unique le roy d’Angleterre[34], depuis nommé Philippe deusieme, roy d’Espaigne, ledit empereur retint pour l’accompagner en la retraitte qu’il fit au monastere de Just en Espaigne ou il finit saintement ses jours, sa compagnie des gardes espagnolle, et laissa l’allemande, et la flamande, au roy son fils ; mais il voulut que les deux capitaines d’icelles, (quy estoint mon grand pere et le marquis de Renty[35]), vinssent avesques luy jusques au dit monastère de Just (ou il se retira) ; a la porte duquel il leur dit adieu, et leur donna a chascun un beau diamant pour souvenance de luy, et pour marque de leur fidellité, que nous avons depuis soigneusement gardé. Mon grand pere, a son retour en Flandres, trouva que le roy catholique luy avoit conservé sa charge de capitaine de la garde allemande, mais non celle de gentilhomme de la chambre ; ce quy fut cause qu’il se retira. Et parce qu’il ne pouvoit venir habiter en Lorraine, ou estoit son principal bien, il se tint cheux son cousin le duc d’Arscot[36], quy, en secondes noces, avoit espousé la tante paternelle du duc Charles de Lorraine, de laquelle est issu le marquis d’Avray, pere du duc de Crouy, dernier mort. Mais le dit François de Bettstein, peu de mois apres, soit de maladie particuliere, ou de regret d’avoir perdu son bon maitre l’empereur, et d’estre exilé de son bien, ou bien de poison, dont on se douta fort, deceda pres dudit duc d’Arscot, laissant six enfans de sa femme, dame Margueritte de Dommartin[37], sœur ainée du comte de Fontenoy, sçavoir : trois masles, Glaude Antoine, Bernhart, et Christofle ; et trois filles, Yolande, abbesse d’Espinal, Madeleine, comtesse d’Ausbourg, et Margueritte, coadjutrice de Remiremont.

Glaude Antoine de Bassompierre, premier né de François, fut gouverneur et baillif de Vosges comme ses predecesseurs, et le fut aussy de l’evesché de Mets, apres qu’il en eut chassé Salsede, lequel s’y estoit revolté contre son maitre, Mr le cardinal de Lorraine[38], evesque de Mets, quy employa mes oncles, et mon père, pour l’en tirer[39]. Ce mesme Glaude Antoine fut aussy lieutenant colonel, tant de la cavalerie que de l’infanterie de son oncle Mr le reingraf[40], quy avoit espousé la sœur de Margueritte de Dommartin sa mere. Le dit reingraf fut envoyé avesques les 1000 lantsquenets de son regiment et les 1500 reitres qu’il commandoit, pour assieger le Havre occupé par les Anglois, auquel siege Glaude Antoine de Bettstein fut pris en une sortie et envoyé en Angleterre, et ne fut délivré que par la paix quy fut faite entre la France et l’Angleterre[41]. Il avoit espousé dame Anne du Chastelet[42], sœur du seigneur de Deully, de laquelle il eut une seule fille, nommée Yolande, quy fut mariée à Erard de Livron[43], seigneur de Bourbonne, de laquelle il a eu plusieurs fils et filles. Finalement le dit Glaude Antoine estant venu à Paris pour faire la capitulation des deux regiments de quinze cens chevaux reitres chascun, dont le roy Charles avoit fait colonels le comte Charles de Mansfeld, son cousin germain, et Christofle de Bassompierre, son frere cadet, en se jouant avec eux, il receut un petit coup d’espée dans le bas du ventre, quy ne luy entroit pas l’espaisseur d’un demy doigt, dont il mourut par une gangrene quy se mit dans sa playe.

Quant à Bernard de Bassompierre, second fils de François, il espousa une heritiere de la maison de Maugiron et de Montblet, de laquelle il n’eut aucuns enfans : il se trouva en plusieurs occasions de guerre, en charges honorables, au service de l’empereur Maximilian[44] : finalement il mourut de maladie en la ville de Vienne, où il est enterré en l’eglise cathedrale, au retour du siège de Ziguet[45] en Hongrie, ou il estoit colonel d’un regiment de lantsquenets[46].

Des filles, Yolande[47] l’ainée a passé sa vie saintement dans son abbeie d’Espinal, et est morte agée de quattre vingt et neuf ans.

La deusième, Madeleine, a eu plusieurs enfans[48], dont le fils ainé, baron de Raville, a esté lieutenant de roy au duché de Luxembourg, et justicier des nobles.

La troisieme, Marguerite, fut premierement dame, puis coadjutrice de l’abbeye de Remiremont, et puis se voulut marier contre le gré de ses freres au seigneur de Vaubecourt[49] ; ce qu’ayant executé, mes oncles le tuerent. Elle se retira cheux sa sœur l’abbesse d’Espinal ; et a quelque temps de la, s’en estant allée en Bourgongne avesques la doyenne d’Espinal pour se divertir, elle y espousa un gentilhomme nommé le sieur de Viange[50], duquel elle eut une fille quy a depuis esté abbesse d’Espinal[51], et un fils quy fut marié à la sœur du seigneur de Marcoussay, qui a laissé trois fils.

Reste a parler de Christofle de Bassompierre, mon pere, dernier des enfans de François, quy l’avoit destiné a estre chevalier de Malte, et mis page d’honneur du duc Philebert Emanuel de Savoye, d’ou il le retira pour l’envoyer en France lors qu’il fut contraint d’y donner un de ses fils pour ostage.

Ce Christofle, pour estre encores fort petit, ne fut point mis avesques le roy d’Escosse dauphin[52], comme d’autres de sa sorte, mais avesques Mr d’Orleans son frère, quy depuis fut le roy Charles neufvieme, lequel a cause de la conformité de l’age, ou pour quelque inclination, le prit en grande affection et luy fut fort privé ; de sorte qu’apres la mort des roys Henry et François deusieme, ses pere et frère, estant parvenu a la couronne, la paix estant faite avesques Espaigne[53], et Mr de Lorraine ayant espousé madame Glaude, seconde fille de France, mon dit pere, estant libre de s’en retourner vers ses freres, fut retenu auprès du dit roy (mineur encores), jusques a ce qu’apres le grand voyage de Bayonne en l’année 1564, son frere ainé, le colonel de Harouel, luy ayant donné son enseigne colonelle, il alla servir en Hongrie avesques ceste charge, estant lors âgé de dix sept ans. Ce fut en ce voyage que Mr de Guyse, Henry de Lorraine[54], y fut aussy envoyé a mesme age, par le cardinal de Lorraine, son oncle, trouver le duc de Ferrare, son oncle maternel[55], quy estoit, cette année la, general de l’armée de l’empereur en Hongrie, lors que Soliman, empereur des Turcs, assiegea Siguet, la prit et y mourut ; et que le dit cardinal le recommanda a mon oncle le colonel pour en avoir soin jusques a ce qu’il fut aupres de monsieur de Ferrare : ce qu’il fit, et de toute la noblesse quy alla avesques luy, quy estoint de plus de cent gentilshommes de condition quy marcherent jusques a Siguet avesques le regiment de mon oncle, quy s’embarqua à Oulme[56]. Ce fut en ce voyage que cette forte amitié se fit entre Mr de Guyse et feu mon pere, quy depuis jusques a sa mort, luy a constamment gardé son cœur et son service ; et que mon dit sieur de Guyse l’a chery sur tous ses autres serviteurs et affectionnés, l’appelant l’amy du cœur[57].

Mon pere demeura deux ans en Hongrie, et ne s’en revint qu’apres le deces de feu mon oncle, son frere le colonel, lequel mourut à Vienne comme a esté dit cy dessus. Il fut rappellé par le roy Charles IXe, lors fait majeur, quy peu de temps apres, luy donna la charge de collonel de quinse cens chevaux reitres, qu’il n’avoit encores dix neuf ans accomplis. Il donna aussy pareille charge en mesme temps à son cousin germain, le comte Charles de Mansfeld, quy avoit aussy esté nourry jeune avesques luy, et qu’il aymoit fort : et tous deux ayans prié feu mon oncle Glaude Antoine de Bassompierre de venir les ayder a faire leurs capitulations, le malheur arriva a feu mon pere que, se jouant avesques son espée, a l’hostel de Tanchou au marché neuf, il blessa au petit ventre mondit oncle d’une fort légère blesseure quy, pour avoir esté négligée, luy causa la mort.

Ces deux cousins, avesques d’autres colonels (quy furent aussy employés), servirent utilement le roy aux guerres civiles des huguenots, principalement aux batailles de Jarnac et de Moncontour, auxquelles mon pere, faisant tout devoir digne de luy, et de sa charge, fut blessé : en la premiere, au bras gauche d’un coup de pistollet quy luy emporta l’os du bras nommé la noix, quy conjoint les deux os, et donne le mouvement au coude, dont il fut estropié ; et en l’autre bataille, quy se donna la mesme année, il eut un autre coup de pistollet au bras droit, au mesme lieu que le precedent, quy l’estropia dudit bras comme auparavant il l’estoit du gauche. Et est a remarquer que deux autres colonels, assavoir le reingraf[58], neveu de celuy dont a esté parlé cy dessus, et quy avoit espousé la cousine germaine de mon pere, nommée Diane de Dommartin, fille du comte de Fontenoy son oncle, laquelle par le deces dudit reingraf, quy mourut de cette blesseure, estant devenue vefve, fut remariée au marquis de Havray[59], et le comte Peter Ernest de Mansfeld quy avoit espousé la sœur de mon grand pere, lequel avoit esté envoyé par le duc d’Alve[60] au secours du roy avesques des trouppes : ces trois colonels, dis-je, furent blessés a mesme endroit et au mesme bras droit, et furent mis en mesme chambre, pansés par un mesme chirurgien, nommé maitre Ambroise Paray, quy en fait mention en son livre. Le reingraf mourut par la fievre quy l’emporta ; et les deux autres eschapperent par le benefice d’une eau excellente quy avoit esté donnée autrefois par le baron de la Guarde[61] a Mr le cardinal de Lorraine, de laquelle Mr de Guyse secourut lors feu mon pere, quy en fit part au comte de Mansfeld son oncle, dont le lit estoit proche du sien ; laquelle eau, prise dans une cuillier, empeschoit trois heures la fievre de venir, ce quy les sauva. Il est de plus a remarquer que maitre Ambroise Paray ayant desclaré ausdits colonels qu’ils ne devoint esperer aucun mouvement au bras, a cause que la noix du coude estoit emportée, et qu’ils pouvoint choysir s’ils vouloint avoir le bras droit, ou courbe, mon pere donna le choix a son oncle de prendre l’une façon, et qu’il prendroit l’autre, affin de voir par le succes celuy quy auroit le plus heureusement eslu : ledit comte choysit d’avoir le bras estendu, disant qu’avec iceluy il pourroit allonger une estocade, et mon pere l’ayant laissé courbé, il s’en aida beaucoup mieux que son oncle ne fit du sien ; car il luy fut du tout inutile, la ou mon père se servoit du sien en beaucoup de choses, et ne paroissoit pas tant estropié.

Mon pere servit aussy avesques ses reitres en plusieurs autres voyages et occasions[62], comme a la venue du comte palatin Casimir en France[63], puis en Guyenne contre les huguenots ; ayant précédemment esté envoyé par le roy Charles, avec mille chevaux, au secours du duc d’Albe, ou il fut a la bataille de Meminguen[64], et demeura un an en Flandres neammoins a la solde et par le commandement du roy : ce que fit pareillement le comte Charles de Mansfeld, fils du comte Peter Ernest.

Apres cela estant revenus en France, la paix se fit[65], le mariage du roy de Navarre estant resolu avec la derniere fille de France, madame Marguerite : il se consumma à Paris, et la Saint-Bartelemi en suitte, ou mon pere se trouva : et peu de temps apres, la bonne volonté que le roy Charles portoit au comte Charles et a luy, le porta a les vouloir marier avesques les deux filles du mareschal de Brissac[66], ce que le comte de Mansfeld receut a grâce : mais mon pere quy estoit pauvre et caddet de sa maison, luy ayant remontré que ces filles, quy estoint en grande consideration et de peu de bien, ne seroint pas bien assorties avesques luy, quy n’en avoit gueres, et quy en avoit besoin ; mais que, s’il luy vouloit faire la faveur de le marier avec la niece dudit mareschal, nommée Louyse le Picart de Radeval[67], quy estoit heritiere, et a quy madame de Moreuil[68], sa tante, vouloit donner cent mille escus, il luy feroit bien plus de bien, et luy causeront sa bonne fortune : ce que le roy Charles fit, malgré les parens, et malgré la fille mesme, quy ne le vouloit point, parce qu’il estoit pauvre, estranger et allemand. En fin il l’espousa[69] ; et peu de jours apres il s’achemina au siege de la Rochelle, que Mr le duc d’Anjou[70], frere du roy, investit ; auquel siège luy vint la nouvelle de son election au royaume de Poulongne, et desira que feu mon pere luy accompagnat : ce qu’il fit avec un grand et noble esquipage, et luy fit rendre, en passant, beaucoup de service par ses parens, comme luy mesme luy en rendit de tres bons par son entremise vers les princes la ou il passa, a cause de la langue allemande. Mais comme ledit roy eslu voulut partir de Vienne en Austriche, le roy Charles son frere luy ayant mandé les brouilleries quy commençoint en France par Mr d’Alençon[71] et le roy de Navarre, son frere et beau frere, et comme il avoit besoin d’une levée de mille chevaux reitres, il envoya a mon pere une commission pour les lever : ce qu’il fit, s’en revint, et les amena en France à la mort du roy Charles, et la reine mere Caterine, regente, les conserva jusques au retour de Poulongne du roy Henry IIIe son fils, lequel luy fit depuis faire une autre levée à la revolte de Mr d’Alençon[72], et l’arrivée en France du duc des Deux Ponts. Et quelques années apres il remit ses estats et pensions au roy, pour se mettre de la ligue en l’année 1585, en laquelle il ammena de grandes levées de reitres, de Suisses, et de lantsquenets, sur son credit. Apres quoy les ligueurs s’estant accommodés[73] avec le roy[74], Sa Majesté voulut qu’il fit une nouvelle levée de quinse cens chevaux en l’année[75] 1587, lors que la grande armée des reitres vint en France sous la conduitte de Mr de Boullon[76] et du baron de Dauno[77]. Et bien que ce regiment fut avesques le roy sur la riviere de Loire, la personne de mon pere, et quelques trouppes qu’il leva à la haste, demeura sur les frontieres d’Allemaigne et en Lorraine avec Mr de Guyse, et fut à la journée du Pont a Saint-Vincent[78], auquel lieu le travail qu’il prit luy causa une fievre continue de laquelle il fut a l’extremité, et fut plus de six mois a s’en remettre.

1588. En suitte les barricades de Paris estant survenues en l’année 1588, et la paix de Chartres s’estant jurée, le roy assembla les estats à Blois[79]. En ce mesme temps Mr le duc de Savoye[80] ayant envahi le marquisat de Saluces, le roy envoya querir feu mon pere pour luy faire faire quattre mille lantsquenets dont il luy donna la capitulation : et mon pere s’en voulant aller pour faire sa levée, il luy commanda d’arrester encores quinse jours pour recevoir l’ordre du Saint Esprit au jour de l’an prochain[81], a quoy se preparant, Mr de Guyse fut tué la surveille de Nouel, et le roy envoya en mesme temps Mr de Grillon[82], mestre de camp du regiment des gardes [cheux mon pere[83]], pour le prendre, affin de destourner les levées que l’on pourroit faire pour la ligue en Allemaigne, [se douttant bien que l’affection que mon pere avoit pour Mr de Guyse le porteroit a venger sa mort ; mais comme un des gens de mon pere luy eut dit que les portes du chasteau avoint esté fermées[84]], se doutant de ce quy estoit arrivé et de ce qu’il luy pourroit avenir, [il] fit préparer deux bons chevaux, sur lesquels luy et un des siens estans montés, ils sortirent de la ville de Blois comme on en levoit le pont, et s’en vint à Chartres qu’il fit revolter. Puis estant arrivé à Paris, il fut mené droit a l’hostel de ville ou, en une grande assemblée quy estoit la fort animée a la guerre, il leur parla de l’accident arrivé ; et luy ayans demandé son avis sur ce qu’ils devoint faire, il leur dit librement que sy ils avoint un million d’or de fonds pour commencer la guerre, il leur conseilloit de l’entreprendre : sinon, que ce seroit le meilleur de s’accorder avesques le roy aux plus avantageuses conditions que l’on pourroit, pourveu que les restes de la maison de Guyse fussent remis en dignité et honneur, comme quelques serviteurs du roy quy estoint dans Paris avoint desja proposé. L’assemblée se retira en suspens de ce a quoy ils se devoint resoudre, n’ayant point de fonds comptant pour commencer la guerre ; et une grande partie d’iceux accompagna mon pere a l’hostel de Guyse, quy fut voir la vefve du defunt duc, et la consoler au mieux qu’il peut.

Il arriva en suitte que, le lendemain matin, un maçon quy avoit fait une cache au tresorier de l’espargne Molan dans une poutre[85] de son logis, la descouvrit a messieurs de la ville, ou ils trouverent 330000 escus au soleil[86] : allors tout le monde cria a la guerre, et fut donné de cette somme a mon pere 100000 escus au soleil pour les levées de 4000 chevaux reitres, de 6000 lantsquenets, et de 8000 Suisses, a quoy il s’obligea, et partit en mesme temps pour donner ordre a les mettre sur pied. Et toutes ces forces se trouverent, au commencement de juillet de l’année suivante 1589, aux environs de Langres, ou le duc de Nemours[87] les vint recevoir avec quelques trouppes françoises : et la mort du roy Henry troisieme estant arrivée le 2e d’aust suyvant, Mr du Maine[88], avesques une puissante armée, alla pousser le roy de Navarre a Dieppe, et y eut a Arques quelque combat[89] : et en mars de l’année suivante 1590, la bataille d’Ivry donnée, en laquelle mon pere fut blessé en deux endroits. Et s’estant sauvé, et retiré en Allemaigne, puis revenu en Lorraine, puis en France, d’ou il retourna en l’année 1592, sur la fin, en Lorraine, et vers ce temps la l’evesque de Strasbourg estant decedé, il accourut a Saverne pour faire brigue en faveur de Mr le cardinal Charles de Lorraine[90], pour le faire eslire evesque ; ce quy luy reussit heureusement par la promesse qu’il fit au chapitre qu’en cas que cette election causat du trouble, il seroit general de leur armée. Comme il avint, parce que les chanoines protestans quy estoint a Strasbourg esleurent le frere du marquis de Brandebourg evesque : et il fut assisté, outre ses propres forces, de celles de la ville de Strasbourg et du duc de Wirtemberg. Neammoins mon pere conquit toute l’evesché de deça le Rein, et prit Moltsich, Tachtein, Banfeld[91], et plusieurs autres places que les protestans avoint saysies.

Après quoy s’estant retiré en Lorraine[92], et quitté, par la conversion du roy Henry IVe, tous les desseins qu’il pouvoit avoir en France, il prit le soin de restablir les affaires de Mr le duc de Lorraine, de traitter la paix avesques le roy, et pour cet effet, en l’année 1594[93], il alla a Laon que le roy tenoit assiegé, fit la paix entre le roy et Mr de Lorraine, et obtint qu’il demeureroit en neutralité entre le roy d’Espaigne et luy ; et le roy ayant envoyé le sieur de Sancy[94] en Lorraine pour ratifier le traitté, ils convindrent aussy de quelque suspension d’armes, et en suitte d’une paix entre les deux eslus evesques de Strasbourg : et en mesme temps y eut quelque pourparler de mariage entre Mr le marquis du Pont[95], fils ayné du duc de Lorraine, et Madame[96], sœur du roy, quy ne peut pour lors reussir à cause de sa religion. Sy fit bien celuy du duc de Bavieres[97] et de la plus jeune fille du duc de Lorraine, nommée Elisabet, qui se consumma au caresme prenant de l’année 1595, auquel mon pere, en qualité de grand mestre, donna l’ordre pour le faire somptueusement reussir. Cette mesme année il fonda le couvent des Minimes en la ville neufve de Nancy[98], et en l’année suyvante 1596, il mourut au chasteau de Nancy le ...[99] d’avril, la nuit du dimanche au lundy de Quasimodo.

Il laissa de sa femme, Louyse de Radeval, cinq enfans vivans, sçavoir trois masles et deux filles, dont je suis le premier né.

Le deusième fut Jean de Bassompierre, quy fut nourry avesques moy, et vinsmes en France ensemble. Il fut en Hongrie en l’année 1599, et en revint, la suivante, a la conqueste que le roy fit en Savoye ; puis en l’année 1603, s’estant brouillé avec le roy sur le sujet du comté de Saint-Sauveur que nous tenions en engagement, il le quitta et se mit au service du roy d’Espaigne, quy luy donna un regiment entretenu : et pendant qu’il le mettoit sur pied, il s’en alla au siège d’Ostende ; et s’estant trouvé a la prise que les Espagnols firent du bastion du Porc-espic, il fut blessé d’une mousquetade au genouil, dont on luy coupa la jambe, et en mourut peu de temps après en l’année 1604.

Le troisieme fils, nommé George Affrican, destiné pour estre d’eglise, ne voulut prendre cette profession, ouy bien celle de chevalier de Malte, ou il fut envoyé, et y fit ses caravanes, voyages, et sejours : et comme il estoit à cinq journées pres de faire les vœux, la mort de mon frere de Removille estant avenue à Ostende, ma mere et moy luy despeschames en diligence pour empescher qu’il ne les fit, et le ramener à Romme, et puis en Espaigne : de la, revenu en Lorraine, il se maria en l’année 1610 a ...[100] de Tornielle, fille du comte de Tornielle, grand mestre de Lorraine. Il fut bailly et gouverneur de Vosges, et grand escuier de Lorraine ; puis, en l’année 1632, mourut au retour d’un voyage en guerre qu’il avoit fait en Allemaigne avesques Mr le duc Charles IVe de Lorraine, lors que, le roy de Suède ayant deffait l’armée de l’empereur à la bataille de Leipsic, Mrs le duc de Bavieres et de Lorraine, vindrent avec leurs forces se joindre aux restes de celle du comte de Tilly[101] pour luy resister.

Il laissa six enfans, trois fils et trois filles, sçavoir : l’ainé, Anne François.

Les filles sont .....[102] de Bassompierre, mariée à Mr de Houailly : la seconde, .....[103], coadjutrice d’Espinal : et la troisieme, .....[104], segrete de Remiremont.

Anne François de Bassompierre, quy naquit le ... jour de mars de l’année 1612, fut nourry et eslevé cheux son pere jusques en l’année 1624 qu’il me fut envoyé en France, ou l’ayant tenu quelques mois, je le renvoyay estudier, et apprendre la langue allemande, a Fribourg en Briscau, ou il fut recteur, et y demeura jusques au commencement de l’année 1626 que je le retiray des estudes, et le fis venir près de moy a Solleure, ou j’estois allé ambassadeur extreordinaire pour le roy ; puis le rammenay en France, et le mis en l’académie de Benjamin[105] jusques au commencement de l’année 1628 qu’il vint me trouver devant la Rochelle, et y demeura tant que le siege dura ; puis me suivit au Pas de Suse, et en la guerre contre les huguenots de Languedoc l’année 1629 : laquelle finie (par la summission qu’ils firent au roy), il s’en alla au siège de Bos le Duc[106], ou il demeura tant qu’il dura avesques l’armée des Hollandois. De la, estant revenu me trouver, je le laissay pres du roy, m’en allant, en 1630, ambassadeur extraordinaire en Suisse ; et revint avesques Sa Majesté a la guerre et conqueste de Savoye. Puis au retour, au commencement de l’année 1631, comme le roy me fit mettre prisonnier, je le laissay aupres de Sa Majesté ; et alla en sa suitte au voyage de Bourgongne lors que Monsieur son frere sortit de France : au retour duquel mon neveu receut commandement de sortir de France, et s’en alla trouver son pere en Lorraine et Mr de Lorraine, aupres duquel il demeura, et fut a la guerre d’Allemaigne apres la bataille de Leipsic au retour de laquelle, comme a esté dit cy dessus, le marquis de Removille, son pere, estant mort, Mr le duc de Lorraine continua a son fils les charges qu’il possedoit de son vivant, quy estoint le bailliage de Vosges et l’estat de grand escuyer, et le tint fort cher, et en ses bonnes graces : et lors qu’il mit une armée sur pié, il le fit mareschal de camp ; laquelle, en son absence, ayant esté deffaitte en l’année 1633[107], et les affaires de Mr le duc de Lorraine ruinées par le roy quy occupa le duché, et que le duc l’eut cedé a son frere, mon neveu voulut courre la fortune de l’ancien duc son maître, quy luy donna sous luy le commandement de ses trouppes reduites a quattre cens chevaux, qu’il joignit a celles de l’empereur, quy estoint en Alsas sous la charge du marquis Eduart de Baden et du comte de Salm, doyen de Strasbourg ; lesquelles le jour de .....[108] furent deffaittes par le comte Frederich Otto[109] reingraf : et mon neveu, combattant vaillamment et acquerant beaucoup d’honneur, fut pris et blessé d’un grand coup de pistollet au bras apres avoir rendu des preuves signalées de son courage, et mené à Rouffac[110].

Quant aux deux autres enfans masles de George Affrican de Bassompierre, mon frere, ils sont encores jeunes et aux estudes, pendant qu’en la Bastille j’escris cecy.

Les filles de Christofle de Bassompierre, mon pere, (au moins de celles qui le survesquirent, car il en avoit premierement eu une ainée, nommée Diane, quy mourut a l’eage de dix ans, en l’année 1584, à Rouan), furent, Henriette, mariée en 1603 a messire Timoleon d’Espinay, mareschal de Saint-Luc[111], premierement gouverneur de Brouage et des isles, puis lieutenant general en Guyenne ; laquelle mourut, en novembre de l’année 1609, d’une mauvaise couche, laissant deux fils et deux filles : l’ainé Louis, comte d’Estelan, le second François, seigneur de Saint-Luc ; et deux filles, l’ainée Renée[112], mariée au marquis de Beuvron, et l’autre nommée...[113], quy fut premierement religieuse a Saint-S.[114], puis abbesse d’Estival, qu’elle quitta pour se faire feuillantine, d’ou ne pouvant souffrir l’austerité, elle s’est mise à Saint-Paul de Reims. L’autre fille de Christofle, nommée Caterine, fut mariée, en 1608, à Mr le comte de Tillieres[115], duquel elle a plusieurs fils et filles[116].

Il a esté necessaire de faire preceder a ce present journal de ma vie tout ce quy a esté narré cy dessus pour donner une parfaite intelligence de mon extraction, des alliances de ma mayson et des predecesseurs que j’ay eus ; ensemble des biens quy sont venus de ligne droitte ou collaterale en la maison de Bettstein, et de ceux que nous pretendons legitimement nous appartenir. Maintenant je feray un ample narré de ma vie, sans affectation ny vanité ; et comme c’est un journal de ce que j’en ay peu recueillir de ma memoire, ou que j’en ay trouvé dans les journaux de ma maison quy m’ont donné quelque lumiere aux choses particulières, vous ne trouverés pas estrange sy je dis toutes choses par le menu, plustot pour servir de memoire, que pour en faire une histoire, mon desssein estant bien eslongné de cette malseante ostentation.


Je suis issu troisieme enfant en ordre de feu Christofle de Bassompierre et de Louyse de Radeval, et premier de ceux quy les ont survescus, quy estoint cinq en nombre, comme a esté dit cy dessus.

1579. Je naquis le dimanche jour de Pasques fleuries, 12e jour du mois d’avril, a 4 heures du matin, en l’année 1579, au chasteau de Harouel en Lorraine, et le mardy 21e suyvant je fus tenu sur les fonts de baptesme par Charles de Lorraine, duc de Mayenne, Jean, comte de Salm[117], mareschal de Lorraine, et Diane de Dommartin, marquise de Havray[118], et fus nommé François.

1584. On m’esleva en la mesme maison jusques en octobre [de] l’année 1584, quy est le plus loing d’ou je me puisse souvenir, que je vis Mr le duc de Guyse, Henry, qui estoit caché dans Harouel pour y traitter avesques plusieurs colonels de reitres, lantsquenets, et Suisses, pour les levées de la Ligue. Ce fut lors que l’on commença a me faire apprendre a lire et a escrire, et en suitte les rudiments. J’eus pour precepteur un prestre normand, nommé Nicole Cirée. Sur la fin de cette mesme année, ma mere estant allée en France, auquel voyage ma sœur ainée, nommée Diane, mourut, on nous mena, mon frere Jean et moy, à Espinal, pour estre nourris cheux ma tante l’abbesse d’Espinal pendant l’absence de ma mere, quy estant revenue cinq mois apres, elle nous vint querir, et nous ramena à Harouel en l’année 1585 que nous passames au mesme lieu, et celle de 1586, sur la fin de laquelle Mr de la Roche Guyon[119] et Mr de Chantelou s’y retirerent[120] ; et mon pere y vint aussy, où il demeura fort peu. Un intendant des finances de France, nommé Videville, s’y vint aussy refugier ; mais, a cause de ces autres, il voulut s’aller tenir a Removille d’ou mon pere revenoit se refaire d’une grande maladie.

1587. Au commencement de l’année 1587 ma mere accoucha de mon jeune frere Affrican. On nous mena a Nancy sur l’arrivée de la grande armée des reitres qui bruslerent le bourg de Harouel sur l’automne[121]. Mon pere eut une tres grande maladie a Nancy, qu’il eut au retour du voyage de Montbeliart[122], et que Mrs de Lorraine et de Guyse eurent esté quelques jours à Harouel.

1588. En l’année 1588 on nous donna un autre precepteur nommé Gravet, et deux jeunes hommes, appellés Clinchamp et la Motte ; ce premier pour nous apprendre a bien escrire, et l’autre a danser, jouer du luth, et la musique. Nous ne bougeames de Harouel ou Nancy, ou mon pere arriva à la fin de l’année, eschappé de Blois : et nous continuames a estudier et apprendre ces autres choses les années 1589 et 1590, comme aussy en 1591, ou je vis à Nancy la premiere fois Mr de Guyse[123], qui estoit eschappé de sa prison. Nous allames, mon frere et moy, au mois d’octobre (1591), estudier a Fribourg en Briscau, et fusmes de la troisieme classe : nous n’y demeurasmes que cinq mois, parce que Gravet, nostre precepteur, tua la Motte, quy nous montroit à danser ; et ce desordre nous fit revenir a Harouel, d’ou, la mesme année, ma mere nous mena au Pont a Mousson[124] pour y continuer nos estudes. Nous n’y demeurasmes que six semaines à la troisieme, puis vinmes passer les vavances à Harouel (1592) ; et au retour nous montasmes a la seconde, ou nous fusmes un an ; et aux autres vacances de l’année 1593, que nous montasmes a la première, nous allames aux vacances a Harouel : l’année 1594 [nous allames] passer le caresme prenant[125] a Nancy, ou nous combattimes a la barriere, habillés a la suisse, le jeune Rosne[126], les deux Amblise[127], et Vignolles, aux noces de Montricher qui espousa la sœur de Tremblecourt[128], ou il se fit forces magnificences. Puis nous retournasmes au Pont a Mousson jusques aux vacances que nous allames passer à Harouel : lesquelles finies, nous retournasmes en la mesme classe. Puis peu de temps apres, feu mon pere estant de retour du siege de Laon (ou il avoit esté traitter la neutralité de Lorraine), il nous ramena un gouverneur nommé George de Springuesfeld, Allemand, et nous fit venir a Nancy le trouver pour nous le donner, ou nous demeurasmes jusques apres la Toussaints : puis retournasmes au Pont à Mousson, ou nous demeurasmes jusques au caresme prenant de l’année suivante 1595 que nous vinsmes à Nancy aux noces de Mr le duc de Bavieres et de madame Elisabet, derniere fille de S. A. de Lorraine, et le suyvimes en Bavieres lors qu’il ramena sa femme en son païs ; passames par Luneville, Blamont, Salbourg[129] et Saverne, ou Mr le cardinal de Lorraine, legat, et evesque de Strasbourg, les festoya trois jours : puis ils passerent a Haguenau, de la a Waissembourg[130] ou ils furent logés cheux le commandeur des Teutons[131], quy tient rang de prince. De la ils allerent a Landau, puis a Spire ou le grand provost de l’evesché, nommé Metternich, les festina ; puis ils arriverent a Heidelberg, receus, logés, et deffrayés par le palatin Frederich eslecteur[132], quy avoit espousé la fille ainée du prince Guillaume d’Orange. De la nous allames passer au duché de Wirtemberg, et le duc[133] nous vint trouver a une ville de son estat, nommée Neustat[134], ou il festina le duc de Bavieres quy, apres y avoir séjourné deux jours, en partit pour aller à Tonauwert, auquel lieu, a cause de l’inondation du Danube, nous fumes contraints de sejourner trois jours : et le dernier, comme le duc estoit dans un batteau pour aller reconnestre le passage pour le lendemain, un de ses pages de vallise[135] quy estoit derrière luy, auquel il commanda de tirer un coup de pistollet pour advertir la duchesse devant les fenestres de laquelle il passoit en batteau, le pistollet faillit de prendre feu, et comme il le vouloit rebander, il lacha, tuant un vieux seigneur quy estoit entre le duc et moy, assis sur une mesme planche, lequel se nommoit Notarft. Nous partimes le lendemain de Tonauwert, et passames le Danube avesques grande difficulté, et fusmes deux jours fort mal logés pour les destours qu’il nous convint faire : en fin le troisieme nous arrivasmes a un chasteau du duc de Bavieres nommé Isrech[136], et le lendemain à Landshout quy est la seconde ville de la Baviere : nous y passames la semaine sainte, ou il y eut forces pénitents. Puis apres Pasques, ayans pris congé du duc et de la duchesse, nous nous en vinsmes faire nostre stage de chanoines à Ingolstat[137], ou nous trouvames les trois ducs freres du duc Maximilian, quy y estoint aux estudes ; quy estoint[138] le duc Philippe, evesque de Ratisbonne, quy fut depuis evesque de Passau et cardinal : le duc Ferdinand, coadjuteur de Colongne, quy depuis en a esté electeur : et le duc Albert, plus jeune des enfans du duc Guillaume lors regnant. Nous y continuames peu de temps la rhetorique, puis allames a la logique que nous fismes compendieuse[139] en trois mois, et de la passames a la physique, estudians quand et quand en la sphere.

Nous allames au mois d’aust à Munichen[140], le duc nous ayant priés de venir passer la cervaison[141] (qu’ils nomment la hirsfaist) avesques luy. Nous vismes le duc Guillaume et la duchesse Madeleine[142] sa femme, et ses deux filles : la princesse Marianne, depuis mariée a l’archiduc Ferdinand, presentement empereur, et la princesse Madeleine quy, depuis, a esté femme du duc de Neubourg et de Julliers[143]. Nous allames a Nostre-Dame de Ettinguen, à Wasserbourg, et à Straubynge[144], quy estoint vers le lieu ou la chasse se faisoit : puis au bout d’un mois, qu’elle fut finie, nous vinmes continuer nos estudes jusques en octobre que nous quittames la physique lors que nous fusmes parvenus aux livres De anima : et parce que nous avions encores sept mois de stage a faire, je me mis a estudier en mesme temps aux institutes du droit, ou j’employai une heure de classe, une autre heure aux cas de conscience, une heure aux aphorismes d’Hippocrate, et une heure aux ethiques et politiques d’Aristote ; ausquelles estudes je m’occupa de telle sorte que mon gouverneur estoit contraint de temps en temps de m’en retirer pour me divertir.

1596. Je continuay le reste de cette année la mes estudes, et le commencement de celle de 1596. Mon stage finit à Pasques, auquel temps mon cousin le baron de Boppart[145] vint aborder en Ingolstat, s’en allant en Hongrie : il passa Pasques avesques nous, et le lundy de Pasques nous nous embarquames avesques luy sur le Danube et allames à Raiguensbourg[146] ; il en partit le lendemain, et nous allames trouver Mr le cardinal de Bavieres quy estoit evesque de Ratisbonne, lequel nous logea en son palais, et nous y retint trois jours, au bout desquels nous primes congé de luy et allasmes à Nuremberg, ou nous estions lors que feu mon pere mourut ; de Nuremberg nous revinmes par Eichstat[147] a Ingolstat, ou nous demeurames encor pres d’un mois : et puis, ayant receu les nouvelles de la mort de mon pere, nous allames à Munichen prendre congé du duc et de la duchesse de Bavieres, et passant par Augspourg[148] et Oulme, nous revinmes à Harouel, trouver nostre mere, puis a Nancy faire les funerailles de nostre pere. Et ayant demeuré quelque temps en Lorraine, mon frere et moy partimes pour aller en Italie, accompagnés du sieur de Mallaville, vieux gentilhomme quy nous tenoit lieu de gouverneur, de Springuesfeld quy l’avoit précédemment esté, et d’un gentilhomme de feu mon pere, nommé d’Arandel, et passames par Strasbourg, Oulme, Augsbourg et Munichen, ou nous vismes le duc et la duchesse, puis par Wasserbourg, Nostre Dame d’Ettinguen, Bourghause et Insbrouch[149] ; de la a Brixen, puis a Trente et a Verone, ou les comtes Ciro et Alberto de Canossa (dont le dernier, quy avoit esté nourry page du duc de Bavieres, s’en estoit revenu avesques nous), nous vindrent prendre a l’hostellerie, et nous menerent en leur palais, ou ils nous firent une grande reception et traittement. Le lendemain nous en partimes pour aller a Mantoue, puis à Bolongne[150], d’ou nous passames l’Apennin pour arriver a Florence, ayans precedemment passé par Pratolin[151], maison de plaisance du grand duc quy estoit lors a Lambrogiano, lequel nous fit regaler a nostre arrivée, et nous fit donner des carrosses pour l’aller trouver le jour d’apres à Lambrogiano ou nous fumes logés et deffrayés dans le chasteau : le lendemain nous luy fismes la reverence, puis a Madame, de quy feu mon pere estoit grand serviteur[152] ; elle voulut que je la menasse pendant qu’elle se promenoit au jardin, ou ayant rencontré la princesse Marie[153], depuis reine de France, elle nous présenta a elle. Apres disner nous partimes de Lambrogiano et retournames a Florence, ou ayant demeuré quattre jours, nous nous acheminasmes a Romme par Sienne et Viterbo ; et y ayans sejourné huit jours pour faire nos stations, eschelle sainte, et autres devotions, et pour y visiter les cardinaux a quy nous avions addresse, nous partimes pour aller a Naples, passant par Gayette[154], Capoue, et Aversa. Plusieurs gentilshommes françois et estrangers y vindrent avesques nous sous la seureté d’un bien ample passe-port quy nous fut donné par le duc de Sessa[155], ambassadeur d’Espaigne à Romme, lequel (outre qu’il estoit amy particulier de feu nostre pere), avoit sejourné au Pont a Mousson un mois pour attendre la seureté d’aller en France, pendant que nous y estions aux estudes, ou nous l’avions souvent visité.

Estans arrivés à Naples, nous allames faire la reverence au vice roy, nommé don Henrique de Gousman, comte d’Olivares[156], et luy portames les lettres de recommandation du duc de Sessa, a l’ouverture des quelles ayant appris nostre nom, nous demanda sy nous estions enfans de Mr de Bassompierre, colonel des reitres en France, quy estoit venu au secours du duc d’Alve en Flandres, envoyé par le feu roy Charles : et comme nous luy eumes dit que nous les estions, il nous embrassa avesques grande tendresse, nous assurant qu’il avoit aymé mon pere comme son propre frere, et que c’estoit le plus noble et franc cavalier qu’il eut jammais connu ; qu’il ne nous traiteront pas seulement comme personnes de qualité, mais comme ses propres enfans : ce que veritablement il executa depuis par tous les tesmoignages d’affection et de bonne volonté dont il se peut imaginer. J’appris a monter a cheval sous Jean Baptiste Pignatelle ; mais au bout de deux mois son extreme vieillesse ne luy permettant plus de vaquer soigneusement a nous instruire, et en remettant l’entier soin à son creat[157] Horatio Pintaso, mon frere demeura toujours a son manesge ; mais pour moy, je m’en retiray, et vins a celuy de Cesar Mirabbello, quy le tenoit proche de la porte de Constantinople. Je fus aussy, la mesme année, voir les singularités de Bayes et de Putsolle, et l’année suyvante 1597 mon frere eut la petite verolle, et moy en suitte : apres que nous en fusmes gueris, nous partimes de Naples en caresme, et revinsmes à Romme logés en un petit palais quy est dans la place de Santa-Trinita, tirant vers les Minimes.

Mr le duc de Luxembourg[158] vint ambassadeur ordinaire du roy vers Sa Sainteté[159].

Sainte-Offange tua Roquemengarde, gentilhomme provençal, et s’estant retiré a nostre logis, nous le sauvames dans les Minimes, et de la cheux le cardinal Montalte[160].

Peu de temps apres Pasques nous partismes de Romme pour aller a Florence ou nous demeurasmes a apprendre nos exercices, moy sous Rustico Picardini a monter a cheval, et mon frere sous Lorensin : pour les autres exercices nous eumes mesmes maitres, comme messer Agostino pour danser, messer Marquino pour tirer des armes, Julio Parigi pour les fortifications, auxquelles Bernardo de la Girandole quelquefois assistoit, et nous enseignoit aussy : nous les continuames tout l’esté, et vismes aussy les festes de Florence, comme le calcho, le paillo[161] de la course des chevaux, les comedies, et quelques noces dedans et dehors le palais. Puis apres la Toussaints, je fus à Pratolin porter les premieres nouvelles au grand duc de la prise d’Amiens[162]. De la nous allasmes par Pistoya, Pise, et Luques à Livorne ; et estans revenus a Florence, nous primes congé de Leurs Altesses, et nous acheminames à Bolongne ; puis par la Romaigne, Fayensa[163], Imola, Forli, Pesaro, Sinigalla et Ancone, nous arrivames la veille de Nouel à Nostre Dame de Lorette, et y fismes la nuit nos pasques dans la chapelle : le cardinal Gallo[164] nous fit loger au palais de Lorette nommé la Santa Casa, et deffrayer aussy ; et le lendemain, jour de Nouel, il me fit estre un des tesmoins a l’ouverture des troncs des aumones, quy monterent a quelque six mille escus pour ce quartier dernier de l’année.

Forces gentilshommes françois se rencontrerent aussy a Lorette quand et nous[165], et primes tous ensemble resolution de passer en Hongrie a la guerre devant que de revenir cheux nous ; et nous l’estans entre-promis, nous partimes le lendemain de Nouel tous ensemble pour nous y acheminer, assavoir : Mrs de Bourlemont et d’Amblise freres, Mrs de Foucaude et Chaseneuil freres, Mr de Clermont d’Antragues[166], Mr le baron de Crapados, et mon frere et moy. Mais comme le naturel des François est changeant, a trois journées de la quelques uns de ceux quy n’avoint pas la bourse assés bien fournie pour un sy long voyage, ou quy avoint plus d’envie de retourner bientost a la maison, mirent en avant qu’en vain nous allions chercher la guerre sy loin, puis que nous l’avions si pres de nous ; que nous estions parmy l’armée du pape, quy s’acheminoit a la conqueste de Ferrare, desvolue au pape par la mort du duc Alphonse nouvellement decedé, que don Cesar d’Este[167] destenoit contre tout droit ; que cette guerre n’estoit pas moins juste, et sainte, que celle de Hongrie, et estoit sy prochaine que dans huit jours nous serions aux mains avesques les ennemis, la ou, quand nous irions en Hongrie, les armées ne se mettroint en campagne de plus de quattre mois. Ces persuasions prevalurent sur nos esprits, et conclumes que le lendemain nous irions à Forli offrir tous ensemble nostre service au cardinal Aldobrandin[168], legat de l’armée, et que je porterois la parole au nom de tous ; et l’executay au mieux que je peus. Mais le legat nous receut sy maigrement, et nous fit sy peu de bon accueil, que le soir, à la giste, nous ne pouvions assés tesmoygner le ressentiment, et la colere que nous avions de son mespris. Allors feu mon frere commença a dire que veritablement nous avions eu ce que nous meritions ; que, n’estans point sujets du pape, ny obligés à cette guerre, nous nous estions allé inconsiderement offrir d’assaillir un prince de la maison d’Este, a quy la France avoit tant d’obligation, quy avoint tous esté sy courtois aux estrangers, principalement aux François, et si proches parens non seulement des rois de France dont ils estoint sortis par filles, mais aussy de Mrs de Nemours[169], et de Guyse ; et que, sy nous valions quelque chose, nous irions offrir nos vies et nostre service au secours de ce pauvre prince que l’on vouloit injustement spolier d’un estat possedé par une sy longue suite d’ancestres. Ces mots finis, il n’eut pas seulement l’approbation de tout le reste de la compagnie, mais encores une ferme resolution d’aller des le lendemain droit à Ferrare pour nous y jetter. Ce que j’ay voulu représenter icy, premierement pour faire connestre l’esprit volage et inconstant des François, et puis en suitte que la fortune est la pluspart du temps maitresse et directrice de nos actions, puis que nous quy avions fait dessein de donner nos premieres armes contre les Turcs, les portames contre le pape.

1598. Ainsy nous arrivames la veille du jour de l’an 1598 a Bolongne, ou nous trouvames le chevalier Verdelli et quelques autres, quy se joignirent a nous pour aller a Ferrare, et partimes le 2e pour arriver le 3e a Ferrare, ou nous fumes logés et receus cheux le duc avec toute sorte d’honneur et de bonne chere. Nous y trouvames, desja arrivé, Mr le comte de Sommerive[170], second fils de Mr le duc du Maine, et quelques autres gentilshommes françois qui s’estoint venus offrir a don Cesar. Mais il estoit sy peu resolu a la guerre, qu’il nous parloit continuellement du peu de moyen qu’il avoit de la faire ; qu’il n’avoit point trouvé d’argent aux coffres du feu duc ; que le roy d’Espaigne s’estoit desja desclaré pour le pape, et que le roy, à son avis, en feroit de mesme ; que les Venitiens quy le portoint a la guerre, ne le vouloint secourir ouvertement, et que ce qu’ils luy promettoint sous main estoit peu de chose. En fin le jour des Rois, comme il entra avesques une grande trouppe de seigneurs et gentilshommes pour ouir la messe en une grande eglise prochaine du palais, tous les prestres, nous voyans arriver, quitterent les autels sans achever les messes qu’ils avoint commencées, et se retirerent de devant nous comme devant des escommuniés. Cela acheva de perdre le dessein peu résolu de don Cesar de conserver Ferrare, et des l’après disnée fit partir la duchesse d’Urbin[171], sœur du feu duc Alfonse, pour aller traitter avesques le legat Aldobrandin. Ce que nous autres considerans, nous prismes le lendemain congé de luy pour aller chascun ou bon luy sembla.

Mon frere et moy allames coucher le 6e[172] du mois a Rovigo, et le lendemain a Padoue, ou nous trouvasmes Mr de Tilly[173] quy y faisoit ses exercices, lequel nous donna le lendemain a disner, et le jour suyvant s’en vint avesques nous a Venise, ou nous sejournasmes huit jours. Puis estans revenus a Padoue, nous prismes nostre chemin par Mantoue et Pavie droit a Gesnes ou nous achevasmes de passer le caresme prenant, et ou mon frere et moy, tous deux devenus amoureux de la fille du consul des Tudesques, nommée Philippine (ou nous estions logés), nous querellames jusques au point d’estre quelques jours sans nous parler.

Nous fusmes, pendant nostre séjour à Gesnes, priés par les marquis Ambroise[174] et Federic Spinola aux noces de leur sœur qu’ils marioint au prince du Bourg de Valdetare, de la maison de Candi, ce qu’ils firent en nostre endroit, portés (a mon avis), par la priere du sieur Manfredo Ravasguieri, à qui Mr le comte de Fiesque[175] nous avoit recommandés.

Nous partimes de Gesnes le premier jeudy de caresme, et passant par Tortone, nous arrivasmes le samedy d’apres a Milan. Le lendemain nous fusmes priés à disner par les marquis de Marine, cousins du comte de Fiesque, quy nous firent un magnifique festin, au partir duquel ils nous menerent voir les plus remarquables eglises, et autres lieux de la ville ; et le lendemain nous eusmes permission d’entrer au chasteau, auquel le castellan[176] nous fit une collation avesques beaucoup de compliments.

Nous partismes de Milan apres y avoir sejourné quattre jours, avesques le chevalier Verdelli, et l’ambassadeur d’Espaigne en Suisse, nommé Alfonse Casal. Nous passames a Come, puis a Lougan[177] et a Bellinzone ; de la nous montames le Saint-Gotart par un fort mauvais temps, et vinmes coucher a Altorf. Le lendemain nous nous mismes sur le lac de Wallestat et de Lucerne[178], et arrivasmes le soir a Lucerne, ou l’ambassadeur Alfonse Casal nous voulut traitter et loger. Nous en partimes le lendemain, et en deux jours nous vinmes à Basle ; puis à Tanne[179], a Remiremont, et a Espinal cheux nostre tante, ou nous fusmes jusques apres Pasques, que, ma mere retournant de France, nous la fusmes trouver à Harouel, ou apres y avoir demeuré quelques jours, nous fusmes à Nancy.

Septembre. - Les deputés du duc de Cleves[180] vindrent peu apres demander madame Antoinette, seconde fille du duc de Lorraine, en mariage, et porterent au duc de Bar une procuration pour l’espouser en son nom ; après quoy ils l’emmenerent a Dusseldorf[181]. Puis en septembre, Mr l’archeduc Albert[182] s’en allant en Italie, pour de la, s’aller marier en Espaigne avesques l’infante, Mr de Vaudemont[183] l’alla trouver sur le chemin à Valdrevange[184] : mon frere et moy l’accompagnames, et don Diegue d’Ivvarra, quy faisoit pres de luy l’office de majordome major, nous ayant menés a sa chambre apres que Mr de Vaudemont se fut retiré, il nous fit beaucoup de bon accueil, disant que nostre nom et nostre maison luy estoint chers et a toute la sienne.

Au retour de ce petit voyage, nous nous preparasmes pour celuy de France, ayans precedemment esté a Luxembourg pour en avoir permission de Mr le comte Peter Ernest de Mansfeld, nostre tuteur honoraire[185], quy nous la donna fort malaisement, parce qu’il vouloit que nous nous missions au service du roy catholique ; et ce fut a condition qu’apres que nous aurions esté quelque temps a la court du roy, et en Normandie (ou ma mere luy fit croire que nous avions quelques affaires), que nous passerions de la en la court d’Espaigne, et que nous ne nous embarquerions en l’une ny en l’autre jusques apres nostre retour de toutes les deux : il nous fit promettre de plus, que quand nous voudrions faire ce choix, que nous suyvrions l’advis quy nous seroit donné sur ce sujet par nos principaux parens et amis.

Octobre. - Nous partimes donc de Harouel, mon frere et moy, avec ma mere et mes deux soeurs, en fort belesquipage, le lendemain de la Saint-François, le 5e jour d’octobre de la mesme année 1598 ; et passans par Toul, Ligny, Saint-Disier, Vittri, Fere Champenoise, Provins, et Nangis, nous arrivasmes a Paris le 12e du mesme mois d’octobre, et vinsmes loger a l’hostel de Montlor, en la rue de Saint-Thomas du Louvre.

Le roy estoit pour lors a Monceaux[186] avesques une grande maladie, de laquelle il fut en grand danger. Il n’y avoit pres de luy, de la connaissance de ma mere, que Mr de Schomberg[187], pere du maresehal, auquel elle escrivit pour sçavoir quand nous pourrions faire la reverence a Sa Majesté ; il luy respondit qu’il n’estoit pas a propos d’y penser seulement, en l’estat ou le roy estoit ; et qu’il luy conseilloit de nous retenir a Paris jusques a ce que, Sa Majesté y venant, nous puissions recevoir cet honneur. Nous sursismes donc ; et cependant nous fismes la court a Madame, sa sœur, quy estoit destinée duchesse de Bar, et tout estoit des lors conclu. Elle eut dessein de me faire espouser Mlle Caterine de Rohan[188], afin de l’arrester pres d’elle en Lorraine ou j’avois quelque bien : mais mon inclination n’estoit pas lors au mariage.

Plusieurs des amis de feu mon pere, ou des parens de ma mere, nous vindrent voir ; comme Dunes[189], Chanvallon[190], le mareschal de Brissac[191], Mrs de Saint-Luc freres[192] ; mais plus particulierement que personne, Mr le comte de Gramont[193], quy, en ce temps la, recherchoit ma sœur aynée : et advint qu’un jour que le roy commençoit a se mieux porter, Mr le Grand[194], quy estoit premier gentilhomme de la chambre, vint faire un tour a Paris, et Mr de Gramont l’ayant sceu, me vint prendre pour me mener le saluer : mais comme il estoit allé cheux Pregontat se baigner, je ne peus executer mon dessein que le lendemain matin. Sa courtesie ordinaire le porta a me faire plus de compliments que je ne meritois, et me pressa de demeurer a disner cheux luy, ou les plus gallans de la court estoint conviés. Pendant le disner, ils proposerent de faire un ballet pour resjouir le roy, et l’aller danser a Monceaux ; a quoy chascun s’estant accordé, quelques-uns de la compagnie furent des danseurs, et d’autres qu’ils choysirent, quy n’estoint pas presens. Ils me dirent qu’il falloit que j’en fusse ; a quoy je tesmoygnay un passionné desir : mais n’ayant point encores fait la reverence au roy, il me sembloit que je ne le devois pas entreprendre. Mr de Jainville[195] dit lors : « Cela ne vous en doit point empescher ; car nous arriverons de bonne heure à Monceaux : vous ferés la reverence au roy, et le soir, apres, nous danserons le ballet. » De sorte que je l’appris avesques onse autres, quy estoint Mrs le comte d’Auvergne[196], de Jainville, de Sommerive, le Grand, Gramont, Termes[197], le jeune Schomberg[198], Saint-Luc, Pompignan, Messillac[199], et Maugeron : ce que j’ay voulu nommer, parce que c’estoit une elite de gens quy estoint lors sy beaux et sy bien faits, qu’il n’estoit pas possible de plus. Ils représentoint des barbiers, pour se moquer, a mon avis, du roy, qu’une carnosité, qu’il avoit lors, avoit mis entre les mains de gens de ce mestier, pour s’en faire panser.

Apres que nous eusmes appris le ballet, nous nous acheminasmes a Monceaux pour le danser. Mais comme le roy fut averti que nous y allions, il envoya par les chemins nous dire que, n’ayant point de couvert pour nous loger a Monceaux, quy n’estoit, en ce temps la, gueres logeable, nous nous devions arrester a Meaux, ou il envoyeroit le soir mesme six carrosses pour ammener avesques nous tout l’esquipage du ballet. Par ainsy je fus frustré de mon attente de le saluer avant ledit ballet. Nous nous habillames donc a Meaux, et nous mismes avesques la musique, pages, et violons, dans les carrosses quy nous avoint menés, ou que le roy nous envoya, et dansames ledit ballet, apres quoy, comme nous ostames nos masques, le roy se leva, vint parmi nous, et demanda ou estoit Bassompierre. Allors tous ces princes et seigneurs me presenterent a luy pour luy embrasser les genoux : il me fit beaucoup de caresses, et n’eusse jammais creu qu’un sy grand roy eut eu tant de bonté et de privauté vers un jeune homme de ma sorte. Il me prit, puis apres, par la main, et me vint presenter a madame la duchesse de Beaufort[200], sa maitresse, a quy je baisay la robbe ; et le roy, affin de me donner moyen de la saluer et baiser, s’en alla d’un autre costé.

Nous demeurasmes jusques a une heure apres minuit a Monceaux, et puis nous en revinsmes coucher a Meaux, et le lendemain a Paris.

Madame la duchesse eut congé du roy pour venir a Paris le voir danser encore une fois cheux Madame,


  1. C’est à cette assertion que se rapporte une des critiques adressées par le comte de Bussy à l’auteur de ces mémoires. Voir la notice sur le maréchal de Bassompierre.
  2. Quel est cet ami, ce second moy-mesme, par le conseil duquel le maréchal de Bassompierre a rédigé ses mémoires ? La préface de l’édition de 1666 nomme, sans hésiter, le comte de Carmain ou de Cramail. Cependant ce personnage ne figure pas dans les mémoires de Bassompierre comme son intime ami ; et de son côté, comme nous l’avons vu dans la Notice, il ne faisait point part de toutes ses pensées au maréchal, dont il était devenu, en 1635, le compagnon de captivité. Cette désignation si pleine d’affection et de confiance ne conviendrait-elle pas mieux au maréchal de Créquy, duquel Bassompierre dit dans son journal que, depuis leur connaissance, il avait toujours vécu avec lui comme frère ? Créquy ne fut tué qu’en 1638, c’est-à-dire quelques années après que Bassompierre eut commencé à écrire ses mémoires.
  3. Le comté de Ravensberg, que le maréchal appelle Ravenspourg, c’est-à-dire Ravensburg, était situé entre le Weser et l’Ems, et limité par l’évêché d’Osnabruck, la principauté de Minden, le comté de Lippe et l’évêché de Munster. — La seigneurie de Ravenstein s’étendait sur la rive gauche de la Meuse : Ravenstein est aujourd’hui une ville de la province de Brabant septentrional, au royaume de Hollande.
    La succession de Ravensberg s’ouvrit en même temps que celle de Juliers et de Glèves, et plusieurs maisons souveraines, celles de l’électeur de Saxe, de l’électeur de Brandebourg et de l’électeur palatin, ont porté depuis dans leurs armes, à raison du comté de Ravensberg, un quartier d’argent à trois chevrons de gueules, qui est Bassompierre.
  4. Betstein ou Bassompierre : la plupart des lieux de la Lorraine allemande avaient deux noms, dont l’un était la traduction approximative de l’autre. La baronnie de Bassompierre était située près de Sancy, à trois lieues de Briey, aujourd’hui département de la Moselle, arrondissement de Briey, canton d’Audun-le-Roman. — Albe s’est depuis appelée Sarrealbe ; c’est aujourd’hui un chef-lieu de canton de l’arrondissement de Sarreguemines (Moselle), situé au confluent de la Sarre et de l’Albe.
  5. Gennep, ville du royaume de Hollande, province de Limbourg, située près du confluent de la Neers et de la Meuse.
  6. Le Westrich, ou Westerreich, était une des cinq contrées du Bas-Palatinat ou Palatinat du Rhin ; il était borné au midi par la Lorraine, qui même autrefois en faisait partie.
  7. Adolphe de Nassau, fils de Walram, comte de Nassau, et d’Adélaïde de Katzenellenbogen, empereur en 1292, tué à la bataille de Spire, le 2 juillet 1298.
  8. Ce fut en 1475 que Charles-le-Téméraire prit Épinal et conquit la Lorraine. La ville d’Épinal qui s’était donnée à Charles VII en 1444, avait été déjà cédée par Louis XI à Thiébaud de Neufchastel, maréchal de Bourgogne ; mais les bourgeois mécontents avaient obtenu du roi, en 1466, l’autorisation de se choisir un souverain, qui fut Jean d’Anjou, duc de Lorraine. (Voyez le P. Benoist, Origine de la maison de Lorraine, pp. 412 et 431, et D. Calmet, Histoire ecclésiastique et civile de Lorraine, liv. XXVIII.)
  9. René II, duc de Lorraine, fils de Ferry II, comte de Vaudemont, et de Yolande d’Anjou, mort en 1508.
  10. Le sire de Bassompierre, que les histoires et généalogies appellent Geoffroy, assista au serment fait le 21 juin 1476 par le duc René de Lorraine en l’église de Saint-Dié, conduisit à la bataille de Nancy, le 5 janvier 1477, une partie de la cavalerie de l’avant-garde, avec Oswald, comte de Thierstein, le bâtard de Vaudemont, et d’autres, tandis que le jeune Bassompierre combattait à côté du duc ; et reçut le gouvernement de Nancy et le titre de capitaine de Darney. Il eut guerre avec la cité de Metz, et figura dans le traité par lequel la paix fut conclue entre le duc de Lorraine et les Messins, le 31 mai 1493.
  11. Geoffroy de Bassompierre, fils de Jean, sire de Bassompierre, et de Jeanne de Pulligny, avait été marié en premières noces à Marguerite de Pulligny ; il épousa en secondes noces, en 1469, Philippe de Wisse, fille de messire Waultrin de Wisse, seigneur de Gerbeweiler, et de dame Claude de Watronville. Waultrin était frère de Jean de Wisse, seigneur d’Ogerweiler, et commandait, comme lui, à la bataille de Nancy.
  12. Rosières-aux-Salines, ville du département de la Meurthe, arrondissement de Nancy, canton de Saint-Nicolas-du-Port. — Pulligny, Accraigne, l’un et l’autre dans le canton de Vezelise, arrondissement de Nancy, département de la Meurthe. — Remoncourt, village du canton de Vittel, arrondissement de Mirecourt, département des Vosges. — Ghicourt, village sur la Nied française, arrondissement de Château-Salins, département de la Meurthe.
  13. Toutes les éditions précédentes et les copies portent ici : une femme, au lieu de : une fée ; ce qui enlevait tout son charme à cette légende. Il faut convenir du reste que cette fée, la dernière des fées selon toute apparence, s’était un peu attardée dans le siècle où se place son histoire. Grimm, dans sa correspondance, raconte ce trait, mais il l’attribue aussi à une simple femme. Dans l’Historiette de Bassompierre, Tallemant des Réaux rapporte l’anecdote avec beaucoup de détails et avec sa couleur véritable.
  14. Sommerhaus, en allemand, maison d’été, ou pavillon.
  15. Maximilien Ier, fils de Frédéric III, et d’Éléonor de Portugal, né le 22 mars 1459, empereur en 1493, mort le 12 janvier 1519.
  16. Ce degré n’est mentionné ni par le P. Anselme, ni par l’abbé Lyonnois dans ses Observations sur la généalogie de la maison de Bassompierre, manuscrit conservé aux archives de cette maison, ni par le certificat de la preuve pour les ordres du roi. Il faut en conclure que Simon devait être, soit un frère de Geoffroy, soit un fils né de son premier mariage, et n’ayant pas laissé de postérité.
  17. Le P. Anselme nomme Alix de Baudricourt, mariée à Simon de Bestin, seigneur de Bassompierre, et lui donne pour frère Jean, seigneur de Baudricourt, maréchal de France. Mais Jean d’Amboise, seigneur de Bussy, dont il est ici question, avait épousé, non la sœur du maréchal de Baudricourt, mais bien sa nièce Catherine de Saint-Belin, fille de Geoffroy de Saint-Belin, baron de Saxe-Fontaine, bailli et capitaine de Chaumont-sur-Loire, et de Marguerite de Baudricourt. Il paraît donc plus probable qu’Alix était la sœur de Catherine, héritière, comme elle, des biens du maréchal de Baudricourt, son oncle, qui mourut sans enfants.
  18. Le baron de Boppart, de la maison de Bayer, seigneur lorrain.
  19. Jeanne de Ville-sur-Illon, fille de Colignon, sire de Ville, et de Mahault de Ville, épousa le 22 juin 1494, Christophe Ier (et non Geoffroy), sire de Bassompierre et d’Harouel, lequel était fils, et non petit-fils de Geoffroy, appelé à tort Simon II.
  20. Les filles furent : Marie, l’ainée, mariée à Peter Ernest, comte de Mantsfeld a, de laquelle sont issus le comte Charles et le comte Octave, tous deux morts sans enfans. La seconde, Susanne, mariée au baron de Pappenheim b. Et la troisième, Yolande, mariée au comte de Westerbourg c, lequel mourut peu de temps apres ses noces sans avoir lignée ; et elle fut en secondes noces remariée au seigneur d’Autray d, de Bourgongne, puis finalement au sieur de Port sur Seille e.
    (Addition de l’auteur).


    a. Pierre Ernest, comte de Mansfeld, fils d’Ernest II, comte de Mansfeld, et de Dorothée de Solms, sa seconde femme. Les comtes de Mansfeld étaient comtes d’Empire, du banc de Wetteravie : Pierre Ernest fut fait prince de l’Empire par Maximilien II. Il mourut octogénaire en 1604.

    b. Les comtes de Pappenheim avaient dans leur maison la plus ancienne charge de maréchal héréditaire de l’Empire. Ils étaient comtes d’Empire, du banc de Souabe.

    c. Les comtes de Westerbourg étaient de la maison de Runckel ; par suite d’une alliance ils prirent au xve siècle les terres et le titre des comtes de Linange, et devinrent comtes de Leiningen Westerburg. Ils étaient comtes d’Empire, du banc de Wetteravie.

    d. Louis des Armoises, seigneur d’Autrey, épousa par contrat du 23 avril 1522, Philippe, et non Yolande, de Bassompierre.

    e. Il paraît d’après les papiers de famille que ce fut une autre fille de Christophe, Antoinette de Bassompierre, qui épousa par contrat du 19 juin 1525, Claude de Nouroy, sieur de Port-sur-Seille, fils d’Antoine de Nouroy, sieur de Port-sur-Seille, et de Claude de Serrières. Il n’est question ni pour l’une ni pour l’autre d’une première alliance.

  21. Les comtes de Linange ou Leiningen étaient comtes d’Empire, du banc de Wetteravie.
  22. Wurzbourg en Bavière.
  23. Harouel ou Haroué, bourg, château et seigneurie sur la rive droite du Madon, aujourd’hui chef-lieu de canton de l’arrondissement de Nancy, département de la Moselle. La terre fut érigée en marquisat, le 28 juillet 1623, en faveur du maréchal. - Removille, village à droite de la Vaire, aujourd’hui commune du département des Vosges, arrondissement de Neufchâteau, canton de Chatenoy. - Le Châtelet, sur la Vaire, à deux lieues de Neufchâteau. - Baudricourt, sur la Vraine, arrondissement de Mirecourt, département des Vosges ; ancienne baronnie, érigée en marquisat du nom de Bassompierre, le 8 novembre 1719, en faveur de Jean Claude de Bassompierre. - Ville-sur-Illon, village du département des Vosges, arrondissement de Mirecourt. - Ormes, ancienne baronnie, réunie au marquisat d’Haroué. - Mandres-sur-Vaire, département des Vosges, arrondissement de Neufchâteau, canton de Bulgnéville.
  24. En 1546, la première campagne de Charles-Quint contre les confédérés de la ligue de Smalkalde se borna à des manœuvres sans résultats sur les bords du Danube.
  25. Le 22 avril 1547, l’électeur de Saxe, Jean-Frédéric, et non Maurice, fut vaincu et fait prisonnier par Charles-Quint à la bataille de Muhlberg.
  26. Le sultan Soliman II mit le siège devant Vienne le 26 septembre 1529, et fut obligé de le lever, le 14 octobre, après un furieux assaut repoussé.
  27. L’entreprise de Tunis, en 1535.
  28. Christine de Danemarck, fille de Christiern II, roi de Danemarck, et d’Elisabeth d’Autriche, sœur de Charles-Quint ; née en 1521, mariée en premières noces à François II Sforza, duc de Milan, et en secondes noces à François Ier, duc de Lorraine, veuve le 12 juin 1545, morte le 10 décembre 1590. Christine était princesse, mais non reine de Danemarck.
  29. Nicolas de Lorraine, comte de Vaudemont, depuis duc de Mercœur, second fils d’Antoine, duc de Lorraine, et de Renée de Bourbon-Montpensier, né le 17 octobre 1524, mort le 24 janvier 1577. Sa fille épousa Henri III, roi de France.
  30. En 1552.
  31. Charles II, ordinairement appelé Charles III, duc de Lorraine, fils de François Ier, duc de Lorraine, et de Christine de Danemarck. Ce prince, qui avait succédé à son père le 12 juin 1545, à l’âge de deux ans, fut élevé à la cour de France, et il épousa, le 22 janvier 1558, Claude de France, seconde fille de Henri II et de Catherine de Médicis. Il mourut le 14 mai 1608, après avoir régné 62 ans.
  32. Jacques d’Albon, marquis de Fronsac, seigneur de Saint-André, fils de Jean d’Albon, seigneur de Saint-André, et de Charlotte de la Roche, maréchal en 1547, tué à la bataille de Dreux, en 1562.
  33. Le duc Charles-Emmanuel n’était pas encore né à cette époque. Comme Bassompierre le dit plus loin avec plus d’exactitude, c’était auprès d’Emmanuel-Philibert, son père, que le jeune Christophe était élevé. Emmanuel-Philibert n’était même pas encore duc de Savoie : il succéda seulement le 16 septembre 1553 à son père Charles III, beau-frère de Charles-Quint.
  34. Philippe avait épousé, le 25 juillet 1554, Marie, reine d’Angleterre. Il monta sur le trône d’Espagne en 1556, par la cession de son père.
  35. Guillaume de Croy, marquis de Renty, frère puiné de Philippe II de Croy, duc d’Arschot ; né en 1527, mort en 1565.
  36. Philippe II, sire de Groy, premier duc d’Arschot, fils de Henri, sire de Croy, d’Arschot et de Renty, et de Charlotte de Chasteaubriant, avait épousé en premières noces Anne de Croy, princesse de Chimay, et en secondes noces Anne de Lorraine, fille d’Antoine, duc de Lorraine, et de Renée de Bourbon, et veuve de René de Nassau-Châlon, prince d’Orange. Comme Philippe II de Croy était mort en 1549, ce fut probablement auprès de Philippe III de Croy, fils de ce seigneur et d’Anne de Croy, que François de Bassompierre vint finir ses Jours.
  37. Marguerite de Dommartin, fille de Guillaume de Dommartin, baron de Fontenoy, et d’Anne de Neufchastel-Montagu, était sœur de Louis de Dommartin, baron de Fontenay. Elle fut mariée par contrat du 5 septembre 1529.
  38. Charles, cardinal de Lorraine, archevêque de Reims, second fils de Claude de Lorraine, premier duc de Guise, et d’Antoinette de Bourbon, né le 17 février 1524, mort le 26 décembre 1574. Il fut pourvu de évêché de Metz en 1550, mais il le résigna en 1551. Le siège était alors occupé par François de Beaucaire de Peyguillon, dont Salsède avait épousé la sœur.
  39. En 1565, le cardinal de Lorraine ayant obtenu des lettres de protection de l’empereur pour l’évêché de Metz, Pierre Salsède, Espagnol, qui en était gouverneur pour le cardinal, refusa, au nom de l’autorité du roi de France, de les laisser publier, et se mit en état de révolte contre ce prélat. Christophe de Bassompierre réduisit le château de Vic que Salsède occupait. L’affaire se termina par une transaction entre le roi et le cardinal de Lorraine.
  40. Jean Philippe Ier, rheingraf, fils puîné de Philippe, rheingraf, comte de Salm, auteur de la branche aînée de Dauhn, et d’Antoinette de Neufchastel, mourut à l’abbaye d’Orcamps le 10 septembre 1566. Les rhingraves étaient comtes de l’Empire, du banc de Wetteravie : ils furent la tige des princes de Salm.
  41. La prise du Havre de Grace eut lieu en 1563, et la paix fut conclue en 1564.
  42. Barbe du Châtelet, que Bassompierre appelle par erreur Anne, était fille de Pierre du Châtelet, baron de Deuilly, conseiller d’État, sénéchal de Lorraine, et bailli de Nancy, et de Bonne de Baudoche. Elle avait épousé avant 1563 Claude Antoine de Bassompierre, baron de Harouel, seigneur de Removille.
  43. Erard de Livron, baron de Bourbonne, fils de François de Livron, seigneur de Torcenay, et de Bonne du Châtelet, dame de Colombey.
  44. Maximilien II, fils de Ferdinand Ier, frère et successeur de Charles-Quint, et d’Anne de Hongrie, succéda lui-même à son père en 1564. Il mourut en 1576.
  45. Ce fut en 1566 que la ville de Szigeth fut prise par les Turcs.
  46. Bernard de Bassompierre servit aussi en France, comme le prouve un brevet donné à Saint-Germain-en-Laye le 7 janvier 1561 (1562. N. S.), par lequel le roi Charles IX « retient collonel d’vn regiment de lansquenetz, son bon amy Bernard de Bassompierre, sr et baron de Harouel. »
  47. Yolande de Bassompierre, née en 1536, fut reçue abbesse de l’église insigne, collégiale et séculière de Saint-Gœry d’Épinal, le 4 septembre 1558, et mourut le 21 avril 1621.
  48. De Jacob de Raville, seigneur de Habsbourg, maréchal héréditaire de Luxembourg.
  49. Gaspard de Nettancourt, fils de Georges de Nettancourt, seigneur de Vaubecourt, chambellan du duc de Lorraine, et d’Anne d’Haussonville, mourut sans enfants de son mariage avec Anne-Marguerite de Bassompierre.
  50. Jean de Cussigny, seigneur de Viange, baron de Lezines.
  51. Claude de Cussigny, abbesse d’Épinal, après sa tante Yolande de Bassompierre, de 1621 à 1635.
  52. Le dauphin, depuis François II, fut appelé le roi dauphin après son mariage avec Marie Stuart, reine d’Écosse.
  53. La paix dont parle ici Bassompierre est la paix signée au Câteau-Cambrésis, le 3 avril 1559, peu de temps avant la mort du roi Henri II.
  54. Henri de Lorraine, duc de Guise, fils aîné de François de Lorraine, duc de Guise, et d’Anne d’Este, comtesse de Gisors, né le 31 décembre 1550, tué par ordre du roi Henri III, le 23 décembre 1588.
  55. Alphonse II d’Este, duc de Ferrare, Modène et Reggio, fils d’Hercule II, duc de Ferrare, Modène et Reggio, et de Renée de France, succéda à son père en 1559, et mourut le 27 octobre 1597. Il était frère de la mère du duc de Guise.
  56. Ulm, en Souabe, sur le Danube.
  57. D’Aubigné, dans son Histoire universelle (t. III, liv. I, éd. de Maíllé), rapporte une lettre du duc de Guise à Christophe de Bassompierre, en date du 21 mai 1588 ; elle est signée seulement : l’ami de cœur.
  58. Jean Philippe II, rheingraf, fils aîné de Philippe François, rheingraf de la branche aînée de Dauhn, et de Marie-Égyptienne, comtesse d’Œttingen ou d’Ottange ; né le 30 septembre 1545, marié en 1566 à Diane de Dommartin, baronne de Fontenoy, dame de Fénestrange ou Vinstingen, fille de Louis de Dommartin, baron de Fontenoy, et de Philippe de la Marck. - Il avait reçu à la bataille de Moncontour un coup de pistolet de la main de l’amiral de Coligny.
  59. Charles Philippe de Croy, marquis d’Havré, fils de Philippe II de Croy, duc d’Arschot, et d’Anne de Lorraine, sa seconde femme, né posthume le 1er septembre 1549, mort le 23 novembre 1613.
  60. Fernando Alvarez de Toledo, duc d’Albe et de Huesca, gouverneur des Pays-Bas pour le roi d’Espagne ; né en 1509, mort le 12 janvier 1582.
  61. Antoine Escalin des Aimars, dit le capitaine Poulin ou Polin de la Garde, célèbre général des galères sous François Ier, Henri II, et ses successeurs.
  62. Voir à l’Appendice. I.
  63. Jean Casimir, fils puiné de Frédéric III, comte palatin du Rhin, et de Marie de Brandebourg-Anspach, fut envoyé par son père au secours des calvinistes français en 1567 et 1568 pendant la guerre qui se termina par la paix de Longjumeau.
  64. La bataille de Gemmingen, et non Memmingen, fut gagnée par le duc d’Albe, le 21 juillet 1568, sur le duc de Nassau. Les hostilités en Guyenne eurent lieu à la fin de l’année 1568. La bataille de Jarnac fut livrée le 13 mars 1569, et la bataille de Moncontour le 3 octobre de la même année.
  65. La paix de Saint-Germain en 1570.
  66. Charles de Cossé, comte de Brissac, premier maréchal de Brissac, mort le 31 décembre 1553. Ses deux filles étaient Diane de Cossé et Jeanne de Cossé. Diane épousa le comte de Mansfeld ; Jeanne épousa François d’Espinay, seigneur de Saint-Luc.
  67. Louise le Picart, dame de Radeval, était fille de Georges le Picart, seigneur de Radeval, et de Louise de la Motte-Bléquin, fille de Louis de la Motte, seigneur de Bléquin, et d’Anne de Montmorency-Fosseux. Georges le Picart de Radeval était cousin-germain de la maréchale de Brissac, qui était fille de Jean d’Esquetot et de Madeleine le Picart ; c’est ainsi que Louise le Picart de Radeval était nièce du maréchal de Brissac.
  68. Charles de Créquy, seigneur de Moreuil, du chef de sa mère, Jossine de Soissons, dame de Moreuil, avait épousé une autre Madeleine le Picart. Il mourut sans enfants de son mariage. Madame de Moreuil était probablement sœur de Georges le Picart de Radeval.
  69. Christophe, baron de Bassompierre, et Louise Le Picart de Radeval, furent mariés par contrat du 5 octobre 1572. Le siège de la Rochelle fut commencé au mois de décembre de la même année : le duc d’Anjou s’y rendit le 11 février 1573.
  70. Henri, duc d’Anjou, depuis roi de France sous le nom de Henri III.
  71. François, duc d’Alençon, frère de Charles IX et de Henri III ; devenu duc d’Anjou en 1576, mort le 10 juin 1584.
  72. Ce fut en 1575 qu’eut lieu la révolte du duc d’Alencon. Les bandes allemandes, qui envahirent la France dans les premiers jours de 1576, étaient, comme en 1567, commandées par le prince Jean Casimir, et non par le duc de Deux-Ponts : ce dernier avait trouvé la mort dans l’expédition de 1569.
  73. L’accommodement fut conclu à Nemours le 7 juillet 1585.
  74. En 1586, Mr de Guyse entreprit d’assieger Sdan, sur ce que quelques gentilshommes qui y estoint retirés avoint surpris Rocroy a sur luy, dont le chef estoit Champagnac ; le roy desputa feu mon père pour aller reconnestre la possibilité ou impossibilité de ce siege, pour luy en faire son rapport : après quoy il se retira à Removille pour se faire panser d’une maladie quy luy estoit survenue.
    (Addition de l’auteur).


    a. Rocroy fut surpris par les protestants retirés à Sedan, le 12 novembre 1586, et repris peu de temps après par le duc de Guise qui avait le gouvernement de Champagne.

  75. Voir à l’Appendice. II.
  76. Guillaume Robert de la Marck, duc de Bouillon, prince de Sedan, fils de Henri Robert de la Marck, duc de Bouillon, prince de Sedan, et de Françoise de Bourbon-Montpensier, né le 1er janvier 1562, mort le 1er janvier 1588.
  77. Julien, burgrave de Dohna, était un seigneur d’une maison illustre de la Misnie, que le prince Jean Casimir avait désigné pour commander les reitres allemands qui venaient encore une fois envahir la France pour porter secours aux protestants français.
  78. Le duc de Guise fut engagé le 5 septembre 1587, au Pont-Saint-Vincent, bourg sur la Moselle, contre les forces supérieures des Allemands, et se tira avec honneur d’une situation difficile ; mais il ne put arrêter les envahisseurs qui, après avoir désolé la Lorraine, débordèrent sur la Champagne et se dirigèrent vers la Loire.
  79. Theodorich de Bettstein, fils de Maximilian, frere ainé de François, lequel Theodorich estoit cousin germain de mon pere, mourut sans hoirs, et laissa feu mon pere heritier de tous les biens de la maison de Bettstein.
    (Addition de l’auteur).
  80. Le duc de Savoie était alors ce célèbre Charles-Emmanuel Ier, dont le long règne fut une suite d’entreprises tantôt hardies, tantôt artificieuses, le plus souvent dirigées contre la France. Fils du duc Emmanuel Philibert et de Marguerite de France, fille de François Ier, il succéda à son père le 30 août 1580, et mourut le 26 juillet 1630.
  81. Christophe, baron de Bassompierre, fut nommé chevalier des ordres en 1587, mais non reçu.
  82. Louis de Berton des Balbes, seigneur de Crillon, mestre de camp du régiment des gardes, le brave Crillon. Il mourut en 1615.
  83. Inédit.
  84. Passage inédit, mais qui se trouve dans le manuscrit FR. 4062.
  85. Dans les anciennes éditions, comme dans le manuscrit FR. 17476, on lisait ici : Molandant, une pauvre femme, au lieu de : Molan dans une poutre. Les manuscrits FR. 10315, et FR. 4062, portent le texte véritable.
  86. Voir à l’Appendice. III.
  87. Charles-Emmanuel de Savoie, duc de Nemours, fils de Jacques de Savoie, duc de Nemours, et d’Anne d’Este, veuve de François de Lorraine, duc de Guise ; par conséquent frère utérin du duc de Guise. Il mourut en juillet 1595.
  88. Charles de Lorraine, duc de Mayenne, fils de François de Lorraine, duc de Guise, et d’Anne d’Este, mort le 4 octobre 1611. Ce prince, ainsi que son fils, le second duc de Mayenne, est souvent appelé M. du Maine dans ces mémoires, et dans les écrits du temps, bien que ni l’un ni l’autre n’aient jamais possédé l’ancienne comté-pairie du Maine.
  89. Bassompierre amena au duc de Mayenne, au moment de la bataille d’Arques, un renfort de trois enseignes de cavalerie.
  90. Charles de Lorraine, fils du duc Charles III, et de Claude de France, né le 1er juillet 1567, cardinal de Lorraine, légat apostolique, fut évêque de Strasbourg de 1592 à 1604.
  91. Mutzig, département du Bas-Rhin. - Dachtein, lieu voisin de Mutzig. - Benfeld, chef-lieu de canton du département du Bas-Rhin.
  92. Christophe de Bassompierre, baron de Haroué, qui était grand-maître de l’hôtel et surintendant des finances du duc de Lorraine, assista aux états de la Ligue, en 1593, comme représentant de ce prince, et y traversa efficacement le projet d’élection de Philippe II, ou du duc de Guise.
  93. L’accommodement du duc de Lorraine avec le roi Henri IV fut signé sous les murs de Laon, le 31 juillet 1594, par M. de Sancy pour le Roi, et par M. de Bassompierre pour le duc. Le traité fut ratifié plus tard par les deux princes. Pendant le siège de Laon, Bassompierre fut aussi chargé de porter des paroles au duc de Mayenne ; mais la négociation resta sans succès. (Voir le mémoire rapporté dans les Lettres inédites de Henri IV, recueillies par le prince Aug. Galitzin, p. 134.)
  94. Nicolas de Harlay, baron de Maule, seigneur de Sancy, premier-maître d’hôtel du roi, ambassadeur, etc., fils de Robert de Harlay, seigneur de Sancy, et de Jacqueline de Morainvillier. Il mourut le 17 octobre 1629.
  95. Henri de Lorraine, fils aîné de Charles III, duc de Lorraine, et de Claude de France ; alors connu sous le nom de marquis du Pont, depuis appelé duc de Bar, et enfin Henri II, duc de Lorraine, à la mort de son père, en 1608.
  96. Catherine de Bourbon, princesse de Navarre, duchesse d’Albret, fille d’Antoine de Bourbon-Vendôme, et de Jeanne d’Albret, reine de Navarre ; née le 7 février 1558, morte le 13 février 1604.
  97. Maximilien, fils aîné de Guillaume II, duc et électeur de Bavière, et de Renée de Lorraine, sœur du duc Charles III, épousa, le 5 février 1595, sa cousine germaine Elisabeth de Lorraine, fille du duc, et de Claude de France. Devenu électeur par l’abdication de son père, en 1596, Maximilien Ier régna jusqu’en 1651.
  98. Voir à l’Appendice. IV.
  99. Le lundi de Quasimodo était, en l’année 1596, le 22 avril.
  100. Henriette de Tornielle, fille de Charles-Emmanuel, comte de Tornielle, et d’Anne du Châtelet, fut mariée, par contrat du 21 juin 1610, à George African de Bassompierre, marquis de Removille. La maison de Tornielle, originaire du duché de Milan, établie seulement depuis une génération en Lorraine, y avait déjà contracté de grandes alliances, et son chef y remplissait les plus hautes fonctions : il était grand-maître de l’hôtel et chef des finances du duc de Lorraine. Il obtint du roi Henri IV des lettres de naturalité pour ses enfants.
  101. Jean Tserclas, comte de Tilly, fils puîné de Martin, seigneur de Tilly, et de Dorothée de Schierstædt, tué le 30 avril 1632.
  102. Yolande Barbe de Bassompierre fut mariée, par contrat du 7 avril 1633, à Alexandre Timoléon d’Hallwin, seigneur de Wailly, Leuilly, etc., capitaine des gardes de Monsieur.
  103. Marguerite Anne de Bassompierre fut admise au chapitre d’Épinal avant l’âge de quinze ans ; en 1628 elle obtint des bulles d’accès à la dignité abbatiale pour en jouir après le décès de Madame Claude de Cussigny, sa tante : cette dernière étant morte le 1er novembre 1635, il y a lieu de penser que cette partie des mémoires du maréchal fut écrite et même copiée avant cette date, puisqu’à partir de ce moment Marguerite Anne de Bassompierre réclama le titre d’abbesse.
  104. Nicole Henriette de Bassompierre. La doyenne et la secrète étaient, après l’abbesse, les deux dignitaires principales du chapitre de l’église insigne, collégiale et séculière de Remiremont.
  105. L’académie était, comme on sait, une école où les jeunes seigneurs se formaient à tous les exercices qui devaient faire d’eux de parfaits cavaliers et des gentilshommes accomplis. La profession de chef d’académie était noble ; car le sr Benjamin, dit de Hanique, illustre escuyer, figure avec son blason dans le César armorial. Il est vrai que son académie était la plus célèbre de son temps, comme l’atteste le couplet suivant d’une chanson à danser, manuscrite, pour la naissance de Louis XIV :

    Mons. de Benjamin,
    Des escuyers la source,
    Fit planter un dauphin
    Au milieu de la course
    Ou six vingts cavaliers
    Avec la lance
    Luy faisoient tous la reverence
    Et puis alloient brider la potence.

  106. Bois-le-Duc fut pris sur les Espagnols, en 1629, par Frédéric Henri, prince d’Orange.
  107. Les troupes lorraines défaites par les Suédois à Pfaffenhofen, en Alsace, le 10 août 1633, étaient commandées par les maréchaux de camp Florainville et Gâtinois.
  108. Le 12 mars 1634. Cette date détermine l’époque avant laquelle les mémoires du maréchal n’ont pas dû être commencés.
  109. Otto Ludovic, rheingraf, de la branche de Mœrchingen ou Morhange, fils de Jean IX, rheingraf, et d’Anne Catherine de Crichingen ou Créhange. Il fut général de la cavalerie suédoise.
  110. Ruffach, chef-lieu de canton, arrondissement de Colmar, département du Haut-Rhin.
  111. Timoléon d’Espinay, seigneur de Saint-Luc, comte d’Estelan, fils de François d’Espinay, seigneur de Saint-Luc, et de Jeanne de Cossé-Brissac, chevalier des ordres du roi en 1619, maréchal de France en 1628, mort le 12 septembre 1644.
  112. Renée d’Espinay épousa, par contrat du 27 juin 1626, François d’Harcourt, marquis de Beuvron et de Beaufou après la mort de son frère ainé.
  113. Henriette d’Espinay.
  114. Sans doute Saint-Sauveur, en Lorraine. Estival était aussi une abbaye de la Lorraine.
  115. Tanneguy le Veneur, comte de Tillières, seigneur de Carouge, fils de Jacques le Veneur, comte de Tillières, baron de Carouge, et de Charlotte Chabot de Charny, marié par contrat du 21 août 1608 à Catherine de Bassompierre, fut ambassadeur en Angleterre en 1619, et mourut en 1652. Il a laissé des mémoires.
  116. Voir à l’Appendice. V.
  117. Jean IX, comte de Salm, fils de Jean VIII, comte de Salm, et de Louise de Stainville, mort en 1600.
  118. On sait que Diane de Dommartin, marquise d’Havré, était cousine-germaine de Christophe de Bassompierre.
  119. Henri de Silly, comte de la Boche-Guyon, chevalier des ordres du roi le 34 décembre 1585. - Jean de la Haye, seigneur de Chantelou, avait épousé Madeleine le Picart de Radeval, sœur de Mme de Bassompierre, et tante du maréchal.
  120. Voir à l’Appendice. VI.
  121. « Ilz (les ennemis) mettent le feu indifferement en toutes les maisons des gentilshommes, abbayes, bourgades et villages d’ou ils delogent et partout ailleurs ou ilz peuuent entrer. Hier en marchant monsieur de Lorraine vit dix huict grands villages en feu. Ilz ont brulé vne maison au baron d’Ossonuille, treze villages d’vne terre au sr de Bassompierre et sont logés asteure en vne aultre et en vne terre du comte de Salm. »
    (Lettre de Caspar de Schomberg au roi, du 13 septembre 1587. Bibl. imp. 500 Colb. t. X. fol. 213).
  122. À la suite du combat d’Auneau, le duc de Guise et le marquis du Pont-à-Mousson poursuivirent les débris des reitres dans le comté de Montbéliard.
  123. Charles de Lorraine, duc de Guise, comte d’Eu, etc., fils aîné d’Henri, duc de Guise, et de Catherine de Clèves, comtesse d’Eu. C’est ce duc de Guise qui figure dans toute la suite de ces mémoires, lesquels se terminent par l’annonce de sa mort, arrivée en 1640. Le jeune duc de Guise s’échappa du château de Tours le 15 août 1591.
  124. Pont-à-Mousson était le siège d’une université dont l’établissement était du à Charles III et au cardinal de Lorraine, son oncle.
  125. Les derniers jours du carnaval, et particulièrement le mardi-gras.
  126. Charles de Savigny, dit Saladin d’Anglure, vicomte d’Estoges, baron de Rosne, fils de Chrestien de Savigny, seigneur de Rosne, et d’Antoinette d’Anglure, dame d’Estoges.
  127. Claude d’Anglure, baron de Bourlemont, prince d’Amblise, et René, son frère puíné, tous deux fils d’African d’Anglure, baron de Bourlemont, prince d’Amblise.
  128. Tremblecourt était un gentilhomme lorrain qui, en février 1595, se jeta en aventurier sur la Franche-Comté. Le connétable de Castille et le duc de Mayenne marchèrent au secours du pays. Obligé de rendre Vesoul, dont il s’était emparé, Tremblecourt se sauva en Lorraine, où il périt peu de temps après.
  129. Blamont ou Blankenberg, aujourd’hui chef-lieu de canton de l’arrondissement de Lunéville, département de la Meurthe. - Sarrebourg, chef-lieu d’arrondissement du département de la Meurthe.
  130. Weissenburg ou Wissembourg, aujourd’hui ville de France, chef-lieu d’arrondissement du département du Bas-Rhin.
  131. De l’ordre Teutonique.
  132. Frédéric IV, comte palatin du Rhin, fils de Louis V, comte palatin du Rhin, et Élisabeth de Hesse, avait épousé, le 10 juillet 1593, Louise Julienne de Nassau, fille de Guillaume, prince d’Orange, et de Charlotte de Bourbon-Montpensier.
  133. Frédéric, duc de Wurtemberg de 1593 à 1608.
  134. Neuenstadt, ville du Wurtemberg, dans le cercle du Neckar. - Donauwerth, sur le Danube, en Bavière.
  135. Officier dont les fonctions correspondaient à celles du porte-malle du roi.
  136. Isareck, sur l’Isar, en Bavière. — Landshut, ville sur l’Isar, ancienne université.
  137. Ingolstadt, ville de Bavière, sur le Danube ; ancienne université.
  138. Philippe, évêque de Ratisbonne, cardinal en 1596, mort le 21 mai 1598 ; Ferdinand, archevêque de Cologne en 1612, mort en 1650 ; Albert, devenu plus tard landgrave de Leuchtenherg et comte de Hall : tous trois fils du duc Guillaume II, et de Renée de Lorraine.
  139. Compendieuse, abrégée. - Quand et quand, en même temps.
  140. Munchen, en français Munich.
  141. Hirschfeiste, cervaison, temps où les cerfs sont gras et bons à chasser.
  142. Renée, et non Madeleine.
  143. Marie-Anne, mariée en avril 1600 à Ferdinand, archiduc d’Autriche, et depuis empereur ; Madeleine, mariée en novembre 1613 à Wolfgang Guillaume, comte palatin de Neubourg, l’un des prétendants à l’héritage de Juliers et Clèves.
  144. Wasserburg, Œtting, sur l’Inn ; Stranbing sur le Danube.
  145. Outre les anciennes alliances des maisons de Bayer et de Bassompierre, le baron de Boppart devait être cousin du jeune François de Bassompierre, comme fils d’Adam Bayer, baron de Boppart, dont le père, Georges Bayer, baron de Boppart, avait épousé Anne de Dommartin, sœur de Marguerite, l’aïeule de Bassompierre.
  146. Regensburg, en français Ratisbonne.
  147. Eichstadt, ville et principauté en Bavière.
  148. Augsbourg et Ulm.
  149. Burghausen, ville de Bavière, sur la Salza. - Innsbruck, capitale du Tyrol.
  150. Bologne.
  151. Pratolino ; cette maison de plaisance des ducs de Toscane, située dans le voisinage de Florence, fut commencée et achevée par le grand-duc François-Marie.
  152. Le grand-duc de Toscane était alors Ferdinand Ier, second fils de Cosme le Grand, et d’Éléonor de Tolède, et successeur de François-Marie, son frère aîné. Il avait épousé, en 1589, Christine de Lorraine, fille du duc Charles III, et de Claude de France.
  153. Marie de Médicis était fille du grand-duc François-Marie, et de Jeanne d’Autriche, et par conséquent nièce du grand-duc régnant.
  154. Gaëte.
  155. Antoine-Ferdinand Folch de Cardona et Cordova, duc de Sessa, fils de Ferdinand de Cardona, duc de Soma, et de Béatrix de Cordoue ; né en 1551, mort en 1606.
  156. Henri de Guzman, second comte d’Olivarès, fils de Pierre de Guzman, premier comte d’Olivarès, et de Françoise de Ribera.
  157. Créat, sous-écuyer d’une académie d’équitation.
  158. François de Luxembourg, duc de Piney, second fils d’Antoine de Luxembourg, comte de Brienne et de Ligny, etc., et de Marguerite de Savoie-Tende ; mort le 30 septembre 1613.
    Le duc de Luxembourg, envoyé comme ambassadeur à Rome après la réconciliation du roi avec le Saint-Siège, y fit son entrée le 16 avril 1597.
  159. Le pape alors régnant était Clément VIII (Hippolyte Aldobrandini), élu en 1592, mort en 1605.
  160. André Peretti, dit Montalte, évêque d’Albano et de Frascati, cardinal de la promotion de 1596, mort en 1621.
  161. Le calcio est un jeu de ballon particulier à la ville de Florence. - Le palio est une étoffe de soie que l’on donne comme prix de course, d’où l’on dit : courir le palio.
  162. La garnison espagnole d’Amiens avait capitulé le 19 septembre 1597.
  163. Faenza. - Sinigaglia.
  164. Antoine-Marie Gallio, évêque de Pérouse, puis d’Osimo et d’Ostie, cardinal de la promotion de 1585, mort en 1620.
  165. Quand et nous, en même temps que nous, avec nous.
  166. Henri de Balsac, seigneur, puis marquis de Clermont d’Entragues, fils de Charles de Balsac, seigneur de Clermont-Soubiran, et d’Hélène Bon.
  167. César d’Este, fils d’Alphonse d’Este, marquis de Montecchio, et de Julie de la Rovere, et petit-fils d’Alphonse Ier et de Laure Eustochie. Le Pape revendiquait le duché de Ferrare comme dévolu au Saint-Siège par l’extinction de la ligne légitime d’Este. Don César qui s’était fait proclamer à Ferrare le 29 octobre 1597, renonça à ce duché par la capitulation du 13 janvier 1598, et demeura seulement duc de Modène et de Reggio.
  168. Pierre Aldobrandini, neveu du pape, diacre cardinal de la promotion de 1593, puis archevêque de Ravenne et évêque de Sabine, mort en 1621. - Les anciennes éditions l’appelaient Alamanni.
  169. Henri de Savoie, duc de Nemours, frère puîné du précédent duc de Nemours, par conséquent fils de Jacques de Savoie, duc de Nemours, et d’Anne d’Este. Il mourut le 10 juillet 1632.
  170. Charles-Emmanuel de Lorraine, fils puîné de Charles de Lorraine, duc de Mayenne, et de Henrie de Savoie, marquise de Villars, comtesse de Tende et de Sommerive. Né le 19 octobre 1581, il mourut à Naples le 14 septembre 1609, sans avoir été marié.
  171. Lucrèce, fille d’Hercule II d’Este, et de Renée de France, avait épousé, le 19 janvier 1570, François-Marie de la Rovere, duc d’Urbin. Elle mourut en 1598.
  172. Sans doute le 8 ; car le 6, jour des Rois, les jeunes gentilshommes étaient encore auprès de don César.
  173. Jacques Tserclas, premier comte de Tilly, fils de Martin, seigneur de Tilly, et de Dorothée de Schierstædt, mort en 1624. Il était le frère aîné du grand capitaine de la guerre de Trente ans.
  174. Ambroise Spinola, depuis duc de San Severino, marquis de los Balbazes, noble génois, illustre général au service d’Espagne, né en 1571, mort le 26 septembre 1630. - Frédéric Spinola, son frère, amiral, tué dans un combat naval près d’Ostende, le 27 mai 1603.
  175. Scipion de Fiesque, comte de Lavagne, fils de Sinibalde de Fiesque, comte de Lavagne, et de Marie de la Rovere, chevalier des ordres du roi, mort en 1598.
  176. Gouverneur du château.
  177. Lugano.
  178. Le lac des Waldstædte, ou des Quatre Cantons, dont le lac de Lucerne proprement dit est un golfe.
  179. Thann, en Alsace.
  180. Jean Guillaume, duc de Clèves, Juliers et Berg, fils de Guillaume, duc de Clèves, et de Marie d’Autriche, épousa en secondes noces, en 1598, Antoinette de Lorraine. Il mourut sans enfants le 25 mars 1609, et sa mort donna lieu à l’ouverture de la succession de Clèves et Juliers. La duchesse Antoinette mourut en 1610.
  181. Capitale du duché de Berg.
  182. Albert, archiduc d’Autriche, fils de l’empereur Maximilien II, et de Marie d’Autriche, d’abord appelé le cardinal Albert, déposa la pourpre pour épouser l’infante Isabelle-Claire-Eugénie, fille de Philippe II, roi d’Espagne, et d’Élisabeth de France, et devenir par elle souverain des Pays-Bas. Il mourut en 1621.
  183. François de Lorraine, comte de Vaudemont, fils de Charles III, duc de Lorraine, et de Claude de France, fut père du célèbre Charles IV. Il mourut le 14 octobre 1632.
  184. Vaudrevange, en Lorraine, aujourd’hui département de la Moselle.
  185. Mme de Bassompierre avait la garde noble et administration des corps et biens de ses enfants.
  186. Le château de Monceaux, situé à deux lieues de Meaux, avait été donné, en 1595, par Henri IV à Gabrielle d’Estrées.
  187. Gaspard de Schomberg, gentilhomme de Misnie, fils de Wolfgang de Schomberg et d’Anne de Minkwitz, fut colonel de reîtres au service de France pendant les guerres de religion. Il mourut le 17 mars 1599.
  188. Catherine de Rohan, fille de René, vicomte de Rohan, et de Catherine de Parthenay, dame de Soubise, fut mariée en 1604 à Jean de Bavière, duc des Deux-Ponts, et mourut le 10 mai 1607.
  189. Charles de Balsac, seigneur de Dunes, dit le bel Entraguet, fils de Guillaume de Balsac, et de Louise d’Humières, l’un des combattants du duel des mignons, mort en 1599.
  190. Jacques de Harlay, seigneur de Champvallon, fils de Louis de Harlay, seigneur de Cesy et de Champvallon, et de Louise Stuart de Carr, l’un des amants de Marguerite de Valois, mort le 30 avril 1630.
  191. Charles II de Cossé, comte, puis duc de Brissac, maréchal de France, fils de Charles I de Cossé, comte de Brissac, maréchal de France, et de Charlotte d’Esquetot, mort en 1621, après avoir assisté au siège de Saint-Jean-d’Angeli. Il était cousin issu de germain de Mme de Bassompierre. (Voir p.24.)
  192. Timoléon d’Espinay Saint-Luc et ses frères avaient pour mère Jeanne de Cossé, sœur du duc de Brissac.
  193. Antoine, comte de Gramont, fils de Philibert, comte de Gramont, et de Diane, dite la belle Corisande d’Andouins, vicomtesse de Louvigny. Il obtint un brevet de duc le 31 décembre 1643, et mourut en août 1644.
  194. Roger de Saint-Lary et de Termes, seigneur, et depuis duc de Bellegarde, fils de Jean de Saint-Lary, seigneur de Termes, et d’Anne de Villemur, mort le 13 juillet 1646, à l’âge de 83 ans. On l’appelait Monsieur le Grand, à cause de ses fonctions de grand écuyer de France.
  195. Claude de Lorraine, fils puiné d’Henri de Lorraine, duc de Guise, et de Catherine de Clèves, comtesse d’Eu, porta d’abord le titre de prince de Joinville, et devint duc de Chevreuse par suite de délaissement à lui fait du dit duché par le duc de Guise son frère, le 12 avril 1606. L’auteur de ces mémoires l’appelle assez indifféremment M. de Joinville ou M. de Chevreuse. Le duc de Chevreuse mourut le 24 janvier 1657.
  196. Charles, bâtard de Valois, comte d’Auvergne, depuis duc d’Angoulême, fils naturel de Charles IX, roi de France, et de Marie Touchet, né en 1573, mort en 1650. Ce ne fut qu’après la mort de Diane, légitimée de France, duchesse d’Angoulême, que le roi, par lettres du mois de janvier 1620, donna au comte d’Auvergne le duché Angoulême et le comté de Ponthieu. Néanmoins, même avant cette époque, l’auteur des mémoires l’appelle assez fréquemment M. d’Angoulême.
  197. César Auguste de Saint-Lary, baron de Termes, second fils de Jean de Saint-Lary, seigneur de Termes, et d’Anne de Villemur, fut grand écuyer par la démission du duc de Bellegarde, son frère, et mourut le 22 juillet 1621.
  198. Annibal de Schomberg, second fils de Gaspard de Schomberg et de Jeanne Chasteignier de la Bocheposay, mort en la guerre de Hongrie contre les Turcs.
  199. Bertrand Chapt de Rastignac, seigneur de Messillac, fils de Raymond Chapt de Rastignac, gouverneur de la Haute-Auvergne, et de Marguerite de Sauniac, dame de Messillac.
  200. Gabrielle d’Estrées, fille d’Antoine d’Estrées, marquis de Cœuvres, et de Françoise Babou de la Bourdaisière ; mariée en 1591 à Nicolas d’Amerval, seigneur de Liancourt, duquel elle fut peu après séparée, marquise de Monceaux en 1595, et enfin duchesse de Beaufort par lettres du 10 juillet 1597.