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LXIV.

DE JACQUES À FERNANDE.

Tes désirs sont des ordres, ma douce petite malade ; partons, allons où tu voudras ; prépare et commande le départ pour la semaine prochaine, pour demain si tu veux ; je n’ai pas d’affaire dans la vie plus importante que ta santé et ton bien-être. J’écris à l’instant même à Borel pour lui dire que j’accepte son obligeante proposition. Précisément j’ai des fonds à déplacer, et il me sera agréable de les porter en Touraine, sous les yeux d’un ami qui en surveillera le revenu. Il m’eût été cruel de faire sans toi ce voyage ; je ne sais pas si notre Sylvia pourra nous accompagner. Cela présente plus de difficultés et d’inconvénients que tu ne penses ; j’en parlerai avec elle, et si la chose n’est pas impossible absolument, elle ne te quittera pas. Nous partirons donc pour aussi longtemps que tu voudras, ma bonne fille chérie ; mais souviens-toi que si tu t’ennuies et te déplais à Cerisy, fût-ce le lendemain de notre arrivée, je serai tout prêt à te conduire ailleurs, ou à te ramener ici. Ne crains pas de me paraître fantasque : je sais que tu souffres, et je donnerais ma vie pour alléger ton mal. Adieu. Un baiser pour moi à Sylvia, et mille à nos enfants.