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Isis Copia - Fleurs de rêve, 1911.pdf/Remember me!

)
Boehme et Anderer (p. 70-71).



REMEMBER ME!



Votre long doux regard sur la plage odorante
Sonde-t-il quelquefois la vague murmurante
Qui lentement vient expirer ?
Remarquez-vous son pas, sa marche vagabonde ?
Entendez-vous la voix discrète, au sein de l’onde,
Monter, parler et soupirer ?

Qui parle là ? c’est moi ! Ce que je dis ? mystère !
Ne pouvant plus user des moyens de la terre
Mon âme voltige là-bas ;
Et caressant les flots de ma virginale aile,
J’étreins longtemps la vague et lui dis qu’elle est belle,
Et je m’absorbe dans ses bras.


Et ma voix imitant les sons plaintifs de l’onde
Sur les sables dorés flotte douce et profonde
Avec des échos frémissants…
Amie, écoutez bien, puis laissez un sourire
À l’eau qui tour à tout chante, parle, soupire
En ses mystérieux accents.

Ne me dérobez pas longtemps la forme blanche
Qui, passant par ici, parfois relève et penche
Son front tout inondé d’orgueil…
Ah ! revenez bientôt revoir la capitale !
Il faut bien que pendant la saison estivale
Vous abordiez encore son seuil.

Ô Mer, Azur lointain, riante Alexandrie !
En la voyant rêver en son âme attendrie
Rappelez-lui très doucement !
Alors qu’en murmurant, instable et vagabonde,
La vague parlant tout bas à la plage blonde
Viendra la baiser mollement…