Ouvrir le menu principal

Isis Copia - Fleurs de rêve, 1911.pdf/Fragment

)
Boehme et Anderer (p. 15-16).



FRAGMENT


« Ainsi ce nom me parle, il me parle et je le baise Longuement, et alors… ».
(…)




Ô mes rêves dorés !

Ô mes rêves dorés ! Ô mes folles chimères
Où courez-vous ainsi jalouses et légères ?
Pourquoi m’entraînez-vous dans ces hautes régions
Où l’amour est la vie, où vivent les passions,
Où caresse mon cœur le souffle pur des anges,
Où séjournent d’Eros les célestes phalanges
Où tout cœur brisé porte une palme, en martyr,
Où l’on aime si doux sans plaindre, sans souffrir… ?
Au loin je vois des eaux, des sources frémissantes
Dont les sanglots mourants, en cascades tremblantes
Passant dans les jardins envahis de fraîcheur
Où se balance l’ombre et palpite la fleur ;

J’entends de longs accords unis sous le feuillage,
Oh ! que d’expression dans ce divin langage !
Oh ! l’ivresse céleste en ces tendres accents !

Mais, je reviens à moi et ne plus rien entends ;
Un nom luit devant moi, mes doigts tiennent la plume ;
Zéphyre passe sur ma lèvre qu’il parfume :
Fiévreuse, endolorie, en un troublant frisson,
Elle murmure “Eros” et se colle à ce nom…