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Histoire du Canada, tome III
depuis sa découverte jusqu’à nos jours
III
Imprimerie N. Aubin.

HISTOIRE
DU
CANADA
DEPUIS SA DÉCOUVERTE JUSQU’À NOS JOURS.
PAR
F. X. GARNEAU.


TOME TROISIÈME.


QUÉBEC :
IMPRIMERIE DE FRÊCHETTE ET FRÈRE,

1848.






SOMMAIRES.

LIVRE IX.

Situation des esprits en France et en Angleterre à l’époque de la guerre de Sept ans. — La France change sa politique extérieure en s’alliant à l’Autriche, qui flatte madame de Pompadour, maîtresse de Louis XV. — Popularité de la guerre dans la Grande-Bretagne et dans ses colonies ; ses immenses armemens. — Extrême faiblesse numérique des forces du Canada. — Plan d’attaque et de défense de ce pays ; zèle des habitans. — Premières opérations de la campagne. — Un corps de troupes, parti de Boston, s’empare de Beauséjour et de toute la péninsule acadienne ; exil et dispersion des Acadiens. — Le général Braddock marche sur le fort Duquesne du côté du lac Erié ; M. de Beaujeu va au-devant de lui ; bataille de la Monongahéla ; défaite complète des Anglais et mort de leur général. — L’épouvante se répand dans leurs colonies, que les bandes canadiennes et sauvages attaquent sur divers points en commettant de grands ravages et faisant beaucoup de prisonniers. — Armées anglaises destinée à attaquer Niagara au pied du lac Erié et St.-Frédéric sur le lac Champlain. — Le colonel Johnson se retranche à la tête du lac St.-Sacrement (George). — Le général Dieskau attaque les retranchemens du colonel Johnson ; il est repoussé et lui-même tombe blessé entre les mains de l’ennemi. — Le peuple des colonies anglaises murmure contre l’inactivité de Johnson après cette bataille ; réponse de ce commandant. — Le général Shirley abandonne le dessein d’assiéger Niagara. — Résultat de la campagne. — Mauvaises récoltes en Canada ; commencement de la disette. — Préparatifs de l’Angleterre pour la prochaine campagne. — Exposition de l’état du Canada ; demande de secours à la France. — Le général Montcalm arrive à Québec dans le printemps de 1756 avec des renforts. — Plan d’opérations de la prochaine campagne. — Disproportion des forces des deux parties belligérantes ; projets d’invasion des Anglais.

Alliances indiennes ; les cantons iroquois protestent de leur neutralité. — Préparatifs militaires. — Bandes canadiennes en campagne tout l’hiver (1755-56) ; destruction du fort Bull et dispersion d’un convoi de 400 bateaux ennemis. — Commencement de désunion entre le gouverneur et le général Montcalm au sujet de l’entreprise sur Oswégo. — Siége de cette place. — La garnison abandonnées du général Webb capitule. — Butin que l’on fait. — Les sauvages tuent un grand nombre de prisonniers ; on ne parvient à les arrêter qu’avec beaucoup de peine. — Les fortifications d’Oswégo sont rasées. — Joie que cette victoire répand en Canada. — Les Anglais suspendent toutes leurs opérations pour le reste de la campagne. — Les Indiens ravagent leurs provinces. — Les Canadiens enlèvent Grenville à 20 lieues de Philadelphie. — Disette en Canada. — Arrivée des Acadiens qui mouraient de faim. — Ils se dispersent dans le pays. — Demande de secours en France. — Augmentation rapide des dépenses. — Montcalm suggère d’attaquer l’Acadie au lieu des forts Edouard et William-Henry. — Pitt monte au timon des affaires en Angleterre ; nouveaux efforts de cette puissance en 1757. — Elle forme et on abandonne en chemin le dessein de prendre Louisbourg, protégé par la flotte de l’amiral Dubois de la Motthe. — Des bandes canadiennes tiennent la campagne pendant l’hiver ; M. de Rigaud, à la tête de 1,500 homes, détruit les environs du fort William-Henry. — Les tribus indiennes restent fidèles à France, qui envoie des secours. — Prise de William-Henry après un siége de 6 jours. — La garnison, fort de 2,400 hommes, met bas les armes. — Les prisonniers sont encore attaqués à l’improviste par les sauvages, qui en massacrent plusieurs, les pillent et les dispersent. — Le fort William-Henry est aussi rasé. — La disette va en augmentant en Canada. — Murmure des troupes. — Les dissentions deviennent plus visibles entre les chefs de la colonie. — Succès variés de la France dans les autres parties du monde. — Elle ne peut envoyer que quelques recrues en Amérique. — L’Angleterre y porte son armée à 50,000 hommes dont 22,000 réguliers, pour la campagne de 1758.

Le Canada, abandonné de la France, résout de combattre jusqu’à la dernière extrémité. — Plan de campagne de l’Angleterre : elle se propose d’attaquer simultanément Louisbourg, Carillon et le fort Duquesne. — Prise de Louisbourg après un siége mémorable, et invasion de l’île ST.-Jean ; les vainqueurs ravagent les établissemens de Gaspé et de Mont-Louis. — Mesures défensives du Canada. — Marche du général Abercromby avec une armée de 16,000 hommes sur Carillon défendu par moins de 3,500 Français. — Bataille de Carillon livrées le 8 juillet. — Défaite d’Abercromby et sa fuite précipitée. — Le colonel Bradstreet surprend et brûle le fort Frontenac. — Le général Forbes s’avance contre le fort Duquesne. — Défaite du major Grant. — Les Français brûlent le fort Duquesne et se retirent. — Vicissitudes de la guerre dans toutes les parties du monde. — Changement de ministres en France. — Brouille entre le général Montcalm et le gouverneur. — Observations des ministres sur les dilapidations du Canada et reproches sévères à l’intendant Bigot. — Intrigues pour faire rappeler M. de Vaudreuil et nommer Montcalm gouverneur. — Les ministres décident de faire rentrer ce dernier en France ; le roi s’y oppose. — Dépêches conciliatrices envoyées avec des récompenses et des avancemens. — On n’expédie point de renforts. — Défection des nations indiennes, qui embrassent la cause de l’Angleterre par le traité de Easton. — Cette dernière puissance décide d’attaquer Québec avec trois armées qui se réuniront sous les murs de la capitale. — Forces du Canada et moyens défensifs adoptés pour résister à cette triple invasion.

LIVRE X.

Invasion du Canada. — Moyens défensifs qu’on adopte. — L’armée française se retranche à Beauport, en face de Québec. — Arrivée de la flotte ennemie. — Les troupes anglaises débarquent à l’île d’Orléans. — Manifeste du général Wolfe aux Canadiens. — Ce général, jugeant trop hasardeux

d’attaquer le camp français, décide de bombarder la capitale et de ravager les campagnes. — La ville est incendiée. — Attaque des lignes françaises à Montmorency. — Wolfe repoussé, rentre accablé dans son camp et tombe malade. — Il tente vainement de se mettre en communication avec le général Amberst sur le lac Champlain. — Les autres généraux lui suggèrent de s’emparer des hauteurs d’Abraham par surprise afin de forcer les Français à sortir de leur camp. — Le général Montcalm envoie des troupes pour garder la rive gauche du St.-Laurent depuis Québec jusqu’à Jacques Cartier. — Grand nombre de Canadiens, croyant le danger passé, quittent l’armée pour aller vaquer aux travaux des champs. — Du côté du lac Champlain M. de Bourlamarque fait sauter les forts Carillon et St.-Frédéric, et se replie à l’île aux Noix devant le général Amberst qui s’avance avec 12,000 hommes. — Le corps du général anglais Prideaux, opérant vers le lac Erié, prend le fort Niagara et force les Français à se retirer à la Présentation au-dessous du lac Ontario. — Les Anglais surprennent les hauteurs d’Abraham le 13 septembre. — Première bataille qui s’y livre et défaite des Français. — Mort de Montcalm : capitulation de Québec. — Le général de Levis prend le commandement de l’armée et veut livrer une autre bataille ; mais en apprenant la reddition de la ville il se retire à Jacques Cartier et s’y fortifie. — L’armée anglaise, renfermée dans Québec, fait ses préparatifs pour y passer l’hiver. — Demande de secours en France pour reprendre cette ville.

Sentimens divers que la prise de Québec cause en Angleterre et en France. — Les ministres de Louis XV abandonnent le Canada à lui-même. — La Grande-Bretagne organise trois armées pour achever sa conquête. — Mesures que l’on adopte pour résister à cette triple invasion. — Forces relatives des Français et des Anglais. — Le général de Levis marche sur Québec. — Seconde bataille d’Abraham. Défaite complète de l’armée anglaise, qui se renferme dans la ville et que les Français assiégent en attendant les

secours qu’ils avaient demandés en France. — Persuasion où l’on est dans les deux armées que le Canada restera à celle qui recevra les premiers renforts. — Arrivée d’une flotte anglaise. — Le général de Levis lève le siége et commence sa retraite sur Montréal ; le défaut de vivres l’oblige de renvoyer les milices et de disperser les troupes régulières. — État des frontières du côté des lacs Champlain et Ontario. — Les ennemis se mettent en mouvement pour attaquer Montréal. — Le général Murray s’avance de Québec avec 4,000 hommes ; le chef de brigade Haviland avec un corps presqu’aussi nombreux descend le lac Champlain, et le général Amberst part du lac Ontario avec 11,000 soldats et Indiens. — Les Français se retirent et se concentrent sur Montréal au nombre de 3,500 soldats. — Impossibilité d’une plus longue résistance et capitulation générale. — Triomphe et réjouissance de l’Angleterre. — Procès et condamnation des dilapidateurs du Canada à Paris. — Situation des Canadiens. — Pertes immenses qu’ils font sur les ordonnances et lettres de change du gouvernement déchu. Continuation de la guerre dans les autres parties du monde ; paix de 1763, par laquelle le Canada est cédé à l’Angleterre et la Louisiane à l’Espagne. — Tableau de la France au temps de ce traité trop fameux, par Sismondi.

LIVRE XI.

Cessation des hostilités ; les Canadiens rentrent dans leurs foyers. — Régime militaire et loi martiale. — Cession du Canada à l’Angleterre. — Émigration des Canadiens en France. — Les lois françaises sont abolies et la religion catholique est seulement tolérée. — Le général Murray remplace le général Amherst. — Établissement d’un conseil exécutif, législatif et judiciaire. — Division du Canada en deux districts, et introduction des lois anglaises. — Murmure des habitants. — Les colons anglais demandent une chambre élective dont les Canadiens seraient exclus, et accusent de tyrannie le général Murray, qui repasse en Europe. — Soulèvement des Indiens occidentaux. — Le général Carleton gouverneur. — Il change le conseil. — Le peuple continue

son opposition aux lois nouvelles. — Remontrances. — Rapports de MM. Yorke, de Grey, Marriott, Wedderburn et Thurlow, officiers de la couronne, sur les griefs des Canadiens. — Rétablissement des lois françaises. — Nouvelle demande d’un gouvernement représentatif avec l’exclusion des catholiques. — Pétitions des Canadiens et des Anglais. — Le conseil législatif de 74 est établi.

Difficultés entre l’Angleterre et ses anciennes colonies : leurs causes. — Divisions dans le parlement impérial à ce sujet. — Avènement de lord North au ministère. — Troubles à Boston. — Mesures coercitives de la métropole, qui cherche à s’attacher le Canada par des concessions. — Pétitions opposées des Canadiens et des Anglais : motifs des délais pour décider entre les deux partis. — Acte de 74 dit de Québec ; débats dans la chambre des communes. — Congrès de Philadelphie ; il met l’acte de Québec au nombre de ses griefs. — Ses adresses à l’Angleterre et aux Canadiens. — Le général Carleton revient en Canada. — Sentimens des Canadiens sur la lutte qui se prépare. — Premières hostilités. — Surprise de Carillon, St.-Frédéric et St.-Jean. — Guerre civile. — Bataille de Bunker’s hill. — Envahissement du Canada. — Montgomery et Arnold marchent sur Québec au milieu des populations qui se joignent à eux ou restent neutres : Montréal et les Trois-Rivières tombent en leur pouvoir. — Le gouverneur rentre en fugitif dans la capitale devant laquelle les insurgés mettent le siége.

LIVRE XII.

Situation désespérée de la cause métropolitaine en Canada ; Québec seul reconnaît la domination anglaise. — Préparatifs de défense. — Changement graduel qui s’opère dans l’esprit des Canadiens défavorable aux républicains. — Attaque de Québec le 31 décembre : Montgomery est tué. — Le congrès envoie des secours et fait une nouvelle adresse aux Canadiens. — Arrivée de Franklin, Chase et Caroll,

pour les inviter à se joindre à la confédération. — Conduite du peuple dans cette circonstance mémorable. — Le républicains manquent de tout et sont décimés par les maladies. — Le gouverneur reçoit des secours. — Le siége de Québec est levé. — Les Américains, battus près des Trois-Rivières, évacuent le Canada. — Ils sont plus heureux dans le sud, où la campagne se termine à leur avantage. — Proclamation de leur indépendance le 4 juillet 1776. — Débats dans le parlement britannique. — Fameuse campagne du général Burgoyne dans la Nouvelle-York : combats de Huberton, Benington, Freeman’s farm, etc. — L’armée anglaise, cernée à Saratoga, met bas les armes. — Invitations inutiles du congrès et du comte d’Estains, amiral des flottes françaises, pour engager les Canadiens à se joindre à la nouvelle république.

Conseil législatif ; la guerre le fait ajourner jusqu’en 1777. — Composition de ce corps ; différences entre les membres canadiens et les membres anglais ; ses travaux et son unanimité. — Il s’occupe de l’administration de la justice, des milices, etc. — Mécontentemens populaires. — Le général Haldimand remplace le gouverneur Carleton (1778) qui s’était querellé avec le juge-en-chef Livius. — Caractère et politique du nouveau gouverneur. — Effrayé par les succès des Américains, il gouverne le Canada par l’intimidation et la terreur jusqu’en 1784 ; corruption des tribunaux et nullité du conseil législatif, qui passe à peine quelques ordonnances peu importantes pendant cette période. — Triomphe de la révolution américaine. — La France reconnaît les États-Unis (1778) et leur envoie des secours. — Débats à ce sujet dans le parlement anglais. — L’Espagne et la Hollande imitent la France. — Destruction des cantons iroquois et leur émigration. — Capitulation de l’armée anglaise à Yorktown (1781). — La Grande-Bretagne reconnaît l’indépendance des États-Unis (1783). — Perte de territoire par la Canada. — Le général Haldimand remet les rènes du gouvernement au général Carleton (1784). — M. Du Calvet, qu’il avait tenu deux ans en prison, l’accuse devant les tribunaux de Londres. — Noble caractère et énergie de ce citoyen ; de son livre : Appel à la justice de l’État. — Ses

idées sur la constitution qui convient au Canada. — Agitation de cette colonie. — Assemblées publiques. — Pétitions diverses pour et contre un gouvernement représentatif. — Prétentions et méfiances des divers partis. — Investigation que le gouverneur fait faire par le conseil législatif sur la justice, la milice, les voies publiques, l’agriculture, le commerce, l’éducation, etc. — Rapports sur ces matières. — Tentative indirecte du juge-en-chef Smith de substituer les lois anglaises aux lois françaises. — Abus crians dans l’administration de la justice : enquête à ce sujet. — Nouvelle division territoriale du Canada. — Nouvelles pétitions l’Angleterre. — Intervention des marchands de Londres en faveur du parti anglais. — Intrigues. — Division des Canadiens en constitutionnels et anti-constitutionnels : les premiers l’emportent. — Projet de constitution de M. Grenville envoyé en 1789 à lors Dorchester, qui passe à Londres en 1791. — Pitt introduit ce projet dans la chambre des communes la même année. — M. Lymburner, agent des constitutionnels anglais, l’oppose. — Débats auxquels Pitt, Burke, Fox, Grenville, etc., prennent part. — Le projet passe sans division dans les deux chambres. — Dispositions fondamentales de la nouvelles constitution. — Le lieutenant-gouverneur Clarke la proclame en Canada, qui est divisé en deux provinces. — Population de ce pays. — Satisfaction des Canadiens en recevant la nouvelle constitution, qui est fêtée à Québec et à Montréal par des banquets.