Les Amours jaunesGlady (p. 207-208).
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HIDALGO !


 

Ils sont fiers ceux-là !… comme poux sur la gale !
C’est à la don-juan qu’ils vous font votre malle.
Ils ne sentent pas bon, mais ils fleurent le preux :
Valeureux vauriens, crétins chevalereux !
Prenant sans demander — toujours suant la race, —
Et demandant un sol, — mais toujours pleins de grâce…

Là, j’ai fait le croquis d’un mendiant à cheval :
— Le Cid… un cid par un été de carnaval :

— Je cheminais — à pied — traînant une compagne ;
Le soleil craquelait la route en blanc-d’Espagne ;
Et le cid fut sur nous en un temps de galop…
Là, me pressant entre le mur et le garrot :
— Ah ! seigneur Cavalier, d’honneur ! sur ma parole !
Je mendie à genoux : un oignon… une obole ?… —
(Et son cheval paissait mon col.) — Pauvre animal,
Il vous aime déjà ! Ne prenez pas à mal…
— Au large ! — Oh ! mais : au moins votre bout de cigare ?…
La Vierge vous le rende. — Allons : au large ! ou : gare !

 
(Son pied nu prenait ma poche en étrier.)
— Pitié pour un infirme, ô seigneur-cavalier…
— Tiens donc un sou… — Señor, que jamais je n’oublie
Votre Grâce ! Pardon, je vous ai retardé…
Señora : Merci, toi ! pour être si jolie…
Ma Jolie, et : Merci pour m’avoir regardé !


(Cosas de España)