Guillaume Couillard

Imprimerie Maisonneuve (p. couv-12).

Les Contes historiques de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal


(Droits réservés, Canada, 1919)



Guillaume Couillard



Récit de l’abbé A. Couillard-Després.


Illustrations de Maurice Lebel.

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Guillaume Couillard arrive en Canada en 1613. Il est matelot et charpentier, à l’emploi de la Compagnie des Marchands. En 1621, il épouse Marie-Guillemette Hébert fille de Louis Hébert, le premier colon canadien, et il se fait défricheur.

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Jusqu’en 1627, les premiers cultivateurs : Hébert et Couillard, se servent de la bêche pour remuer le sol. Le 27 avril 1627, la charrue est employée pour la première fois. Deux ans après, les terres défrichées par Louis Hébert et Guillaume Couillard rapportent plus de grains qu’il n’en faut pour nourrir cette brave famille.

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Au printemps de l’année 1629, les frères Kertk, huguenots français, passés au service de l’Angleterre viennent sommer Champlain de rendre la place. Les Anglais ne donnent pas suite à leur menace, déconcertés qu’ils sont par la fière réponse du fondateur de Québec.

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La colonie est aux abois. La famine sévit dans toute sa rigueur. Il n’y a dans le fort ni hameçons pour faire la pêche, ni poudre pour faire la chasse. Les colons s’enfoncent dans les bois, cherchant des racines pour apaiser leur faim. Les enfants demandent du pain à leurs parents, qui ne peuvent leur en donner. C’est la désolation.

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Au printemps, les frères Kertk viennent de nouveau en face de Québec avec l’intention de s’en emparer. Champlain, réduit à la dernière extrémité, prend le parti de se rendre. Les Français et les religieux se préparent à quitter la colonie.

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Couillard et Madame Hébert consultent Champlain sur ce qu’ils doivent faire. Vont-ils retourner en France et abandonner le fruit de tant de travaux ? Champlain leur conseille de rester ; ils pourront s’en retourner en France s’ils le veulent, comme le permet le général Kertk.

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Champlain part pour Tadoussac avec tous les Français. Il amène avec lui deux petites sauvagesses qu’il a adoptées, mais Louis Kertk ne veut pas qu’il les conduise en Europe. Malgré les pleurs des enfants, elles resteront au Canada.

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Champlain demande à Couillard de les garder dans sa maison avec les siens. Couillard lui répond : « Soyez assuré. Monsieur, que je les garderai chez moi avec ma femme et mes enfants ; que j’en aurai grand soin si elles consentent à rester avec moi ». Les petites filles acceptent. Elles s’appellent Espérance et Charité.

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Durant trois ans la famille Couillard demeure courageusement sur le rocher de Québec, au milieu des ennemis. Au printemps de 1632, les Français reviennent enfin et sont reçus avec de grandes démonstrations de joie, tant par les colons que par les Sauvages.

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Le 29 juin 1632, les PP. Jésuites vont célébrer la sainte messe dans la maison de la famille Hébert-Couillard, au milieu de tous les assistants recueillis et attendris. Quel beau jour pour nos pauvres exilés ! Ils chantent un TE DEUM d’allégresse pour annoncer leur délivrance.

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Guillaume Couillard est anobli en 1654. La même année, il fait don d’une pièce de terre de quatre-vingts perches, pour y bâtir l’église de Québec. Il meurt en 1663 ; il est inhumé dans l’église de l’Hôtel-Dieu. À la droite du piédestal du monument Hébert, on lui a érigé une belle statue en récompense de sa noble conduite. Ses descendants sont très nombreux en notre pays.

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Madame Hébert, née Marie Rollet, ouvre dans sa maison le premier pensionnat pour les petites filles sauvages. Elle aime à les instruire des vérités de la foi. Elle accepte souvent d’être la marraine des petits sauvages. Elle meurt en 1649. Comme elle a partagé les travaux, les peines, les fatigues de son mari Louis Hébert, la statue de cette femme vertueuse et de mérite se trouve au bas du piédestal du monument Hébert à Québec. Honneur à nos premiers colons !