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Texte établi par Charles Marty-LaveauxAlphonse Lemerre (p. 12-15).

Les Fanfreluches antidotees trouuees en vn monument antique.

Chapitre II.


+ i ? enu le grand dompteur des Cimbres,
V■ sant par l’aer, de peur de la rousee,
’ sa venue on a remply les Timbres
♀’beure fraiz, tombant par vne housee.
= uquel quand fut la grand mere arrousee,
Cria tout hault, hers par grace peschez le.
Car sa barbe est presque toute embousee :
Ou pour le moins, tenez luy vne eschelle.

Aulcuns disoient que leicher sa pantoufle
Estoit meilleur que guaigner les pardons :
Mais il suruint vn affecté marroufle,
Sorti du creux ou l’on pesche aux gardons,
Qui dict, messieurs, pour dieu nous engardons,
L’anguille y est, & en cest estau musse.
Là trouuerez (si de pres regardons)
Vne grand tare, au fond de son aumusse.

Quand fut au poinct de lire le chapitre,
On n’y trouua que les cornes d’vn veau.
Ie (disoit il) sens le fond de ma mitre
Si froid, qu’autour me morfond le cerueau.
On l’eschaufa d’vn parfunct de naueau
Et fut content de soy tenir es atres,

Pourueu qu’on feist vn limonier noueau
A tant de gens qui sont acariatres.

Leur propos fut du trou de sainct Patrice,
De Gilbathar, & de mille aultres trous :
S’on les pourroit reduire à cicatrice,
Par tel moien, que plus n’eussent la tous :
Veu qu’il sembloit impertinent à tous
Les veoir ainsi à chascun vent baisler.
Si d’aduenture ilz estoient à poinct clous,
On les pourroit pour houstage bailler.

En cest arrest le courbeau fut pelé
Par Hercules : qui venoit de Libye.
Quoy ? dist Minos, que n’y suis ie appellé ?
Excepté moy, tout le monde on conuie.
Et puis l’on veult que passe mon enuie,
A les fournir d’huytres & de grenoilles :
Ie donne au diable en quas que de ma vie
Preigne à mercy leur vente de quenoilles.

Pour les matter suruint Q. B. qui clope,
Au sauconduict des mistes Sansonnetz.
Le tamiseur, cousin du grand Cyclope,
Les massacra. Chascun mousche son nez :
En ce gueret peu de bougrins sont nez,
Qu’on n’ait berné sus le moulin à tan.
Courrez y tous : & à l’arme sonnez :
Plus y aurez, que n’y eustes antan.

Bien peu apres, l’oyseau de Iupiter
Delibera pariser pour le pire.
Mais les voyant tant fort se despiter,
Craignit qu’on mist ras, ius, bas, mat, l’empire :
Et mieulx ayma le feu du ciel empire
Au tronc rauir ou l’on vend les soretz :
Que aer serain, contre qui l’on conspire,
Assubiectir es dictz des Massoretz.


Le tout conclud fut à poincte affilee,
Maulgré Até, la cuisse heronniere,
Qui là s’assist, voyant Pentasilee,
Sus ses vieux ans prinse pour cressonniere.
Chascun crioit, vilaine charbonniere,
T’apartient il toy trouuer par chemin ?
Tu la tolluz la Romaine baniere,
Qu’on auoit faict au traict du parchemin.

Ne fust Iuno, que dessoubz l’arc celeste
Auec son duc tendoit à la pipee :
On luy eust faict vn tour si tresmoleste
Que de tous poincts elle eust esté frippee.
L’accord fut tel, que d’icelle lippee
Elle en auroit deux œufz de Proserpine,
Et si iamais elle y estoit grippee,
On la lieroit au mont de L’albespine.

Sept moys apres, houstez en vingt & deux,
Cil qui iadis anihila Carthage,
Courtoysement se mist en mylieu d’eux,
Les requerent d’auoir son heritage.
Ou bien qu’on feist iustement le partage
Selon la loy que l’on tire au riuet,
Distribuent vn tatin du potage
A ses facquins qui firent le breuet.

Mais l’an viendra, signé d’vn arc turquoys
De v. fuseaulx, & troys culz de marmite,
Onquel le dos d’vn roy trop peu courtoys
Poyuré sera soubz vn habit d’hermite.
O la pitié. Pour vne chattemite
Laisserez vous engouffrer tant d’arpens ?
Cessez, cessez, ce masque nul n’imite.
Retirez vous au frere des serpens.

Cest an passé, cil qui est regnera
Paisiblement auec ses bons amis.

Ny brusq, ny Smach lors ne dominera,
Tout bon vouloir aura son compromis.
Et le solas qui iadis fut promis
Es gens du ciel, viendra en son befroy.
Lors les haratz qui estoient estommis
Triumpheront en royal palefroy.

Et durera ce temps de passe passe
Iusques à tant que Mars ayt les empas.
Puis en viendra vn qui tous aultres passe,
Delitieux, plaisant, beau sans compas.
Leuez vos cueurs : tendez à ce repas,
Tous mes feaulx. Car tel est trespassé
Qui pour tout bien ne retourneroit pas,
Tant sera lors clamé le temps passé.

Finablement celluy qui fut de cire
Sera logé au gond du Iacquemart.
Plus ne sera reclamé, Cyre, Cyre,
Le brimbaleur, qui tient le cocquemart.
Heu, qui pourroit saisir son bracquemart ?
Toust seroient netz les tintouins cabus,
Et pourroit on à fil de poulemart
Tout baffouer le maguazin d’abus.