Fragments d’histoire/28

Imprimerie officielle (p. 63-64).

RUE LAZARE-CARNOT


Qui s’appelait d’abord rue Saint-Joseph[1], puis rue Joyeuse, non à cause de la gaieté un peu tapageuse qui y régnait, mais parce qu’on avait donné à deux rues du Fort Royal le nom de l’Amiral Villaret-Joyeuse, ancien Gouverneur de la Martinique, sur qui les anglais, sans aucune résistance sérieuse de sa part[2], ont conquis le 24 février 1809 l’île dont il avait repris possession sept ans auparavant, et qui, le 29 brumaire an XI, (10 novembre 1802,) avait ordonné la fermeture de toutes les écoles parce que, a-t-il écrit : « l’ignorance est un lien nécessaire pour des hommes enchaînés par la violence ou flétris par les préjugés[2]. »

Par contre, cette rue, aujourd’hui rue Lazare Carnot, a vu naître depuis trois établissements scolaires : Le Collège Ste-Marie, fondé en 1855 et qui subsiste encore sur la colline ouest de la ville, l’Externat colonial qui se trouve aux angles des rues Lazare Carnot, Armand Marrast et Bertin et, au n° 74, une belle école primaire récemment édifiée qui s’étend jusqu’à la rue Bertin, n° 45, et qui occupe tout l’ancien domaine Sambuc-Saint-Preux.

Les bureaux de l’Ordonnateur ont été transférés au n° 11 en 1840.

Au n° 86, l’Hôtel Parisien.

  1. Arch. Min. Col. plan 1784, n° 407.
  2. a et b Trois siècles d’histoire antillaise, par MM. Martineau et May, pages 170 et 190. Bibliothèque Nationale, papiers de Margry, nouvelles acquisitions, registre 9418. Cochin. L’abolition de l’esclavage, 1861, page 12.