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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Lion et le Lièvre (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Lion et le Lièvre.

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LE LION ET LE LIÈVRE

Un lion, étant tombé sur un lièvre endormi, allait le dévorer ; mais entre temps il vit passer un cerf : il laissa le lièvre et donna la chasse au cerf. Or le lièvre, éveillé par le bruit, prit la fuite ; et le lion, avant poursuivi le cerf au loin, sans pouvoir l’atteindre, revint au lièvre et trouva qu’il s’était sauvé lui aussi. « C’est bien fait pour moi, dit-il, puisque lâchant la pâture que j’avais en main, j’ai préféré l’espoir d’une plus belle proie. »

Ainsi parfois les hommes, au lieu de se contenter de profils modérés, poursuivent de plus belles espérances, et lâchent imprudemment ce qu’ils ont en main.

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Λέων καὶ λαγωός.

Λέων περιτυχὼν λαγωῷ κοιμωμένῳ, τοῦτον ἔμελλε καταφαγεῖν· μεταξὺ δὲ θεασάμενος ἔλαφον παριοῦσαν, ἀφεὶς τὸν λαγωόν, ἐκείνην ἐδίωκεν. Ὁ μὲν οὖν παρὰ τὸν ψόφον ἐξαναστὰς ἔφυγεν. Ὁ δὲ λέων ἐπὶ πολὺ διώξας τὴν ἔλαφον, ἐπειδὴ καταλαβεῖν οὐκ ἠδυνήθη, ἐπανῆλθεν ἐπὶ τὸν λαγωόν· εὑρὼν δὲ καὶ αὐτὸν πεφευγότα ἔφη· « Ἀλλ᾿ ἐγὼ δίκαια πέπονθα, ὅτι ἀφεὶς τὴν ἐν χερσὶ βοράν, ἐλπίδα μείζονα προέκρινα. »

Οὕτως ἔνιοι τῶν ἀνθρώπων μετρίοις κέρδεσι μὴ ἀρκούμενοι, μείζονας δὲ ἐλπίδας διώκοντες λανθάνουσι καὶ τὰ ἐν χερσὶ προϊέμενοι.