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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Laboureur et les Chiens (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Laboureur et les Chiens.

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LE LABOUREUR ET LES CHIENS


Un laboureur se trouva confiné par le mauvais temps dans sa métairie. Ne pouvant sortir pour se procurer de la nourriture, il mangea d’abord ses moutons ; puis, comme le mauvais temps persistait, il mangea aussi ses chèvres ; enfin, comme il n’y avait pas de relâche, il en vint à ses bœufs de labour. Alors les chiens, voyant ce qui se passait, se dirent entre eux : « Il faut nous en aller d’ici, car si le maître a osé toucher aux bœufs qui travaillent avec lui, comment nous épargnera-t-il ? »

Cette fable montre qu’il faut se garder particulièrement de ceux qui ne craignent pas de faire du mal même à leurs proches.

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Γεωργὸς καὶ κύνες.


Γεωργὸς ὑπὸ χειμῶνος ἐναποληφθεὶς ἐν τῇ ἐπαύλει, ἐπειδὴ οὐκ ἠδύνατο προελθεῖν καὶ ἑαυτῷ τροφὴν πορίσαι, τὸ μὲν πρῶτον τὰ πρόβατα κατέφαγεν. Ἐπειδὴ δὲ ἔτι ὁ χειμὼν ἐπέμενε, καὶ τὰς αἶγας κατεθοινήσατο. Ἐκ τρίτου δέ, ὡς οὐδεμία ἄνεσις ἐγίνετο, καὶ ἐπὶ τοὺς ἀροτῆρας βοῦς ἐχώρησεν. Οἱ δὲ κύνες θεασάμενοι τὰ πραττόμενα ἔφασαν πρὸς ἀλλήλους· « Ἀπιτέον ἡμῖν ἐνθένδε· ὁ δεσπότης γάρ, εἰ οὐδὲ τῶν συνεργαζομένων βοῶν ἀπέσχετο, ἡμῶν πῶς φείσεται; »

Ὁ λόγος δηλοῖ ὅτι δεῖ τούτους μάλιστα φυλάττεσθαι οἳ οὐδὲ τῆς κατὰ τῶν οἰκείων ἀδικίας ἀπέχονται.