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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/Le Berger et la Mer (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Le Berger et la Mer (Ésope).

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LE BERGER ET LA MER


Un berger qui paissait un troupeau sur le bord de la mer, en voyant le calme des flots, se mit en tête de naviguer pour faire du commerce. En conséquence il vendit ses moutons, acheta des dattes et mit à la voile. Mais une violente tempête survint, et, le vaisseau risquant de sombrer, il jeta à la mer toute sa cargaison, et se sauva à grand’peine avec son vaisseau vide. Assez longtemps après, un homme vint à passer. Comme il admirait le calme de la mer, qui était en effet tranquille à ce moment, notre berger, prenant la parole, lui dit : « Ah ! mon brave, elle a encore envie de dattes, à ce qu’il paraît : c’est pour cela qu’elle se montre tranquille. »

Cette fable montre que les accidents sont des leçons pour les hommes.

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Ποιμὴν καὶ θάλασσα.

Ποιμὴν ἐν παραθαλασσίῳ τόπῳ ποίμνιον νέμων, ἑωρακὼς γαληνιῶσαν τὴν θάλατταν, ἐπεθύμησε πλεῦσαι πρὸς ἐμπορίαν. Ἀπεμπολήσας οὖν τὰ πρόϐατα καὶ φοινίκων βαλάνους πριάμενος ἀνήχθη. Χειμῶνος δὲ σφοδροῦ γενομένου καὶ τῆς νεὼς κινδυνευούσης βαπτίζεσθαι, πάντα τὸν φόρτον ἐκϐαλὼν εἰς τὴν θάλατταν, μόλις κενῇ τῇ νηῒ διεσώθη. Μετὰ δ’ ἡμέρας οὐκ ὀλίγας παριόντος τινὸς καὶ τῆς θαλάττης (ἔτυχε γὰρ αὕτη γαληνιῶσα) τὴν ἠρεμίαν θαυμάζοντος, ὑπολαϐὼν οὗτος εἶπεν· « Ὦ λῷστε, φοινίκων αὖθις, ὡς ἔοικεν, ἐπιθυμεῖ, καὶ διὰ τοῦτο φαίνεται ἡσυχάζουσα. »

Ὁ μῦθος δηλοῖ ὅτι τὰ παθήματα τοῖς ἀνθρώποις μαθήματα γίνεται.