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Fables d’Ésope (trad. Chambry, 1927)/La Corneille et le Corbeau (bilingue)

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir La Corneille et le Corbeau.

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LA CORNEILLE ET LE CORBEAU

La corneille conçut de la jalousie contre le corbeau, parce qu’il donne des présages aux hommes, qu’il leur annonce l’avenir et que pour cette raison il est pris à témoin par eux ; aussi voulut-elle s’arroger les mêmes privilèges. Donc ayant vu passer des voyageurs, elle alla se percher sur un arbre et là poussa de grands cris. À sa voix, les voyageurs se retournèrent, effrayés ; mais l’un d’eux prenant la parole dit : « Allons, amis, continuons notre chemin : ce n’est qu’une corneille, ses cris ne donnent pas de présage. »

Il en est ainsi chez les hommes : ceux qui rivalisent avec de plus forts qu’eux, non seulement ne peuvent les égaler, mais encore ils prêtent à rire.

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Κορώνη καὶ κόραξ.


Κορώνη φθονήσασα κόρακι ἐπὶ τῷ διὰ οἰωνῶν μαντεύεσθαι ἀνθρώποις καὶ τὸ μέλλον προφαίνειν καὶ διὰ τοῦτο ὑπ᾿ αὐτῶν μαρτυρεῖσθαι, ἐβουλήθη τῶν αὐτῶν ἐφικέσθαι· καὶ δὴ θεασαμένη τινὰς ὁδοιπόρους παριόντας ἧκεν ἐπί τινος δένδρου, καὶ στᾶσα μεγάλα ἐκεκράγει. Τῶν δὲ πρὸς τὴν φωνὴν ἐπιστραφέντων καὶ καταπλαγέντων, εἷς τις ὑποτυχὼν ἔφη· « Ἀλλ᾿ ἀπίωμεν, ὦ φίλοι· κορώνη γάρ ἐστιν, ἥτις κεκραγυῖα οἰωνὸν οὐκ ἔχει. »

Οὕτω καὶ τῶν ἀνθρώπων οἱ τοῖς κρείττοσιν ἀνθαμιλλώμενοι πρὸς τῷ τῶν ἴσων μὴ ἐφικέσθαι, καὶ γέλωτα ὀφλισκάνουσιν.