Essai d’une école chrétienne, dans laquelle on enseigne aux Enfans la maniere de devenir de bons Chrétiens, ou de bonnes Chrétiennes

ESSAI

D’UNE

ECOLE

CHRÉTIENNE

POUR LES ENFANS,

Par Demandes & par Réponses,

I. ECOLE,

Dans laquelle on enseigne aux Enfans la maniere de devenir de bons Ecoliers ou de bonnes Ecolieres.


II. ECOLE CHRÉTIENNE,

Dans laquelle on enseigne aux Enfans la maniere de devenir de bons Chrétiens ou de bonnes Chrétiennes.

Asterisque.jpg

A PARIS,

Chez Ph. Nic. Lottin, rue S. Jacques, proche
de saint Yves, à la Vérité.


M.DCC.XXX.

Priere avant l’Ecole.

Au nom du Pere † , & du Fils, & du Saint Esprit. Ainsi soit-il.

Venez, Esprit saint, remplissez le cœur de vos fidèles, allumez-y le feu de votre amour.

℣. Envoyez votre Esprit, & tout fera créé.
℟. Et vous renouvellerez la face de la terre.
Prions.

O Dieu, qui avez enseigné le cœur des fideles par la lumière du saint Esprit, donnez-nous cet Esprit saint, qui nous fasse goûter & aimer le bien, & qui répande toujours en nous sa consolation. C’est ce que nous vous demandons par notre Seigneur Jesus Christ. Ainsi soit-il.

On peut faire ensuite la Priere du Matin.
Priere après l’Ecole.

Au nom du Pere, &c.

O mon Dieu, qui me conduisez, & qui m’instruisez dès ma jeunesse, & qui ne cessez de me combler de vos misericordes & de vos grâces, je vous en remercie, je vous en loue, je vous en bénis de tout mon cœur : je veux m’en servir pour croître dans votre amour. Faites que j’y sois fidele, & que je me prépare au compte que je dois vous en rendre un jour que j’arrive à la gloire du Ciel à laquelle vous me disposez, & où vous voulez me conduire par toutes les grâces que vous me donnez sur la terre. Ainsi soit-il.

On peut faire ensuite la Priere du Soir.
A TOUS
LES ENFANS.

Est-il nécessaire, mes chers Enfans, de vous inviter aux Ecoles Chrétiennes, elles vous y invitent d’elles-mêmes. Tout ce qui s’y fait en votre faveur, n’est que trop suffisant pour vous porter à y aller & à vous y rendre assidus ; car n’est-ce pas pour vous y former dans la vie civile & chrétienne qu’elles sont établies ? Rien n’est plus capable de vous attirer dans ces lieux pour y recevoir ces biens ineffables, si glorieux à Dieu, si utiles à l’Eglise & à l’Etat, & si importans pour vous-mêmes. Ah ! si vous connoissiez ce don inestimable que Dieu vous fait en vous procurant ces avantages, avec quelle ardeur ne souhaiteriez-vous pas d’en jouir, & quelle feroit votre fidelité à en profiter ! Je sçai qu’on travaille en bien des lieux & en bien des manières à l’instruction & à l’éducation des enfans ; mais après tout, les Ecoles Chrétiennes sont les lieux les plus ordinaires qui y font destinés, & les manieres les plus communes sont la voix des Maîtres & des Maîtresses d’Ecole, & les livres qui traitent de cette matière. Comme la Providence n’a pas permis que j’eusse l’avantage de travailler de vive voix à instruire & à élever chrétiennement les enfans dans les Ecoles, j’ai toujours desiré ardemment d’y contribuer par écrit ; c’est ce que j’ai tâché de faire il y a quelques années en donnant aux Maîtres & aux Maîtresses d’Ecole l’Essai d’une Ecole Chrétienne, ou la manière d’instruire & d’élever les enfans dans les Ecoles. C’est ce que je souhaite encore de faire maintenant, en vous présentant cette Ecole Chrétienne, que j’ai faite par demandes & par réponses. Je me suis d’autant plus volontiers déterminé à vous enseigner de cette maniere, qu’étant jointe à celle des Maîtres & des Maîtresses d’Ecole qui se fait de vive voix, elle facilitera l’exercice de leur emploi & de votre progrès ; car je suis persuadé que ces deux manieres d’enseigner jointes ensemble sont très-avantageuses aux enfans pour les former & les perfectionner dans la science & dans la piété, & qu’étant séparées, elles ne peuvent que difficilement & imparfaitement contribuer à les avancer dans l’un & dans l’autre. En effet, on apprend beaucoup plus facilement & plus parfaitement une chose, quand, après l’avoir lûe & étudiée, on l’entend ensuite expliquer par un Maître ou par une Maîtresse, & qu’on est obligé de leur en rendre compte. Aussi use-t-on de cette précaution dans les sciences pour les enseigner & pour les faire apprendre. On les donne par écrit, on les fait étudier, on les explique & on oblige de répeter ce qu’on a étudié & entendu expliquer ; vous devez vous attendre, mes chers enfans, que les Maîtres & les Maîtresses de vos Ecoles garderont la même conduite à votre égard, pour vous enseigner ce que vous devez apprendre dans les Ecoles qu’ils gouvernent, c’est-à-dire, la science du salut, celle de la lecture, l’écriture, &c. Ils vous feront d’abord étudier cette Ecole Chrétienne, qui contient l’une & l’autre de ces sciences, ensuite ils vous l’expliqueront ; enfin ils vous feront rendre compte de ce que vous aurez lû, étudié & entendu expliquer, par la répetition qu’ils vous obligeront d’en faire. Si vous êtes fideles à vous acquitter de ces devoirs, vous deviendrez de bons écoliers ou de bonnes écolieres, de bons chrétiens ou de bonnes chrétiennes, ce qui est la fin des Ecoles chrétiennes, & celle des Maîtres & Maîtresses qui les gouvernent, & de cet Ouvrage que je vous adresse, & que je divise en deux parties. Dans la première, je vous fais connoître ce que vous devez observer pour devenir de bons écoliers & de bonnes écolieres. Dans la seconde partie, je vous expose ce que vous devez faire pour devenir de bons chrétiens ou de bonnes chrétiennes. Je fais préceder quelques Instructions pour vous donner une juste idée des Ecoles chrétiennes, & pour vous inspirer les sentimens d’estime, d’amour & de zele que vous devez en avoir, afin de remporter de ces lieux ces deux grands & importans avantages. Mais comme on ne peut esperer que cette Ecole chrétienne vous soit de quelque utilité, si Dieu ne donne sa bénédiction à l’étude que vous en ferez & à l’explication que vous en entendrez, vous devez la lui demander avec toute la ferveur dont vous êtes capables, afin que par le fruit que vous en retirerez, cet Ouvrage puisse contribuer à avancer la gloire de Dieu, à procurer le bien de l’Eglise & de l’Etat, la consolation de vos familles, la joie de vos Maîtres & de vos Maîtresses ; enfin votre salut éternel, qui est la seule fin que je me suis proposée en y travaillant.

Souffrez, mes chers enfans, que je vous demande en grace de faire pour moi la priere que le grand Gerson, Chancelier de l’Université de Paris, faisoit faire pour lui aux enfans de l’Ecole qu’il gouvernoit à Lyon : Seigneur, ayez pitié du pauvre Prêtre H. L. P. faites-lui misericorde. Pour moi, je ne cesserai point de prier Dieu qu’il vous fasse la grace de vous former une juste idée des Ecoles chrétiennes, & d’avoir pour les exercices qui s’y pratiquent, les sentimens d’estime, d’amour & de zele qu’ils méritent, de travailler de toutes vos forces à y devenir de bons écoliers & de bonnes écolieres, de bons chrétiens & de bonnes chrétiennes ; enfin de vous conduire après en être sortis, d’une maniere digne de Dieu, de Jesus-Christ, de son Evangile, & de l’état où Dieu vous appellera, afin que vous ne perdiez pas le fruit de vos travaux, mais que vous en receviez la récompense dans le tems & dans l’éternité. Ainsi soit-il.


APPROBATION


JAI lû par ordre de Monseigneur le Garde des Sceaux un Manuscrit qui a pour titre : Essai d’une Ecole Chrétienne, &c. où je n’ai rien trouvé de contraire aux Dogmes & à la doctrine de l’Eglise Catholique, Apostolique & Romaine, ni aux bonnes mœurs. Il seroit à souhaiter pour le bien de l’Eglise & des Etats chrétiens qu’il fût suivi par ceux qui sont employés à l’instruction des enfans : rien n’est plus propre pour leur éducation chrétienne. A Paris ce 15 Decembre 1723.

C. LEULLIER.
ECOLE,
DANS LAQUELLE ON

Enseigne aux Enfans la maniere de devenir de bons Ecoliers ou de bonnes Ecolieres.


I. INSTRUCTION.

Précautions que les Enfans doivent prendre dans les Ecoles, pour y devenir de bons Ecoliers & de bonnes Ecolieres.

D. Quelles précautions les enfans doivent-ils prendre pour devenir de bons écoliers & de bonnes écolieres dans les Ecoles ?

R.C’est 1. De s’instruire parfaitement de la discipline de l’Ecole où ils sont reçus. 2. De prendre une ferme résolution de l’observer avec une grande exactitude. 3. D’y être fideles.

D. Marquez-nous plus en particulier les précautions que les enfans doivent prendre à l’égard des Ecoles ?

R. Il y en a qui regardent, 1. le tems auquel ils doivent s’y rendre : 2. la place qu’ils doivent y tenir : 3. la maniere dont ils doivent y entrer & en sortir : 4. la conduite qu’ils doivent y garder.

D. A quelle heure les enfans doivent-ils se rendre à l’Ecole ?

R. A l’heure marquée par le Reglement, y allant plutôt avant le tems que plus tard.

D. Comment les enfans doivent-ils entrer & sortir de l’Ecole ?

R. Ils doivent y entrer & en sortir tranquillement l’un après l’autre, ne s’empressant pas d’y entrer ou d’en sortir les premiers.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent observer en entrant dans l’Ecole ?

R. Ils font la réverence 1. au Crucifix qui y est ; 2. à leur maître ou à leur maîtresse.

D. Qu’est-ce que le Crucifix represente aux enfans ?

R. Il leur represente Jesus-Christ crucifié & mort pour eux : c’est lui-même qu’ils adorent en faisant la reverence à son image.

D. Qu’est-ce que les Maîtres & les Maîtresses representent aux enfans ?

R. Ils leur representent Jesus-Christ vivant, parlant & agissant, dont ils occupent la place, qu’ils honorent & à qui ils obéïssent, en les honorant & en leur obéïssant.

D. Quand les enfans de l’Ecole ont recité la priere que l’on fait avant que de la commencer, que font ils ?

R. Ils se mettent à la place qui leur a été assignée, qu’ils ne doivent point quitter ni changer sans permission ; mais ils doivent y demeurer en repos.

D. Quand les enfans viennent tard à l’Ecole, que font-ils ?

R. Ils font les reverences au Crucifix & à leur Maître ou à leur Maîtresse 2. Ils recitent à genoux une courte priere en leur particulier, comme l’Oraison Dominicale, & ne se mettent point à leur place que le Maître ou la Maîtresse ne leur disent d’y aller ; & alors ils gardent l’ordre de l’Ecole.

D. Quand le Maître ou la Maîtresse entrent dans l’Ecole, que font les enfans qui y sont assemblés ?

R. Ils se lèvent & se tiennent debout jusqu’à ce qu’ils se soient mis à leur place ; ce qu’ils observent quand le visiteur des Ecoles ou d’autres personnes qualifiées vont dans l’Ecole.

D. Comment les enfans doivent-ils se conduire dans l’Ecole ?

R. Ils doivent y garder un profond silence sans parler à personne, ni causer, ni badiner avec leurs voisins ; ni faire le moindre bruit même des pieds.

D. Qu’observent-ils encore dans les Ecoles ?

R. Ils y observent une grande modestie, se tenant toujours dans une posture décente : les filles doivent y paroître toujours bien couvertes & jamais sans mouchoir sur leur cou, & séparées des garçons, s’il y en a dans l’Ecole.

D. Si les enfans sont obligés de sortir de l’Ecole pour quelque besoin, que doivent-il faire ?

R. Ils se lèvent & se tiennent debout sans dire mot ; & après avoir obtenu la permission de sortir, ils vont seuls à leurs nécessités, & jamais avec leurs compagnons ou avec leurs compagnes.


II INSTRUCTION.

Quelques regles de discipline que les enfans doivent observer dans les Ecoles chrétiennes.

D. Les enfans sont-ils obligés de bien employer le tems qu’ils sont à l’Ecole ?

R. Oui sans doute : car tous les momens du tems de l’Ecole sont précieux & très-avantageux pour eux ; ils doivent donc avoir un grand zele pour les employer tous utilement.

D. A quoi les Enfans doivent-ils s’occuper pour faire un bon usage du tems qu’ils sont à l’Ecole ?

R. Ils doivent s’occuper à préparer leurs leçons avant que de les dire à leur Maître ou à leur Maîtresse, ou à les revoir après les avoir dites.

D. A quoi les Enfans doivent-ils encore s’occuper dans l’Ecole ?

R. A étudier les leçons qu’on leur aura marquées, ou du Catéchisme du Diocése, ou de celui des Dimanches & des Fêtes, ou de la Conduite pour la Confession & pour la Communion, ou des Maximes tirées de l’Ecriture-sainte.

D. Enfin qu’est-ce que les Enfans doivent faire dans l’Ecole pour s’occuper utilement ?

R. Ils doivent, quand ils écrivent, faire leurs exemples, ou copier ce qui leur a été marqué, ou faire la Regle de l'Arithmetique qu’on leur a donnée, ou lire les Sentences instructives ou les Prieres attachées aux murs de l’Ecole.

D. De quoi les Enfans doivent-ils se donner de garde en sortant de l’Ecole ?

R. C’est d’en sortir avec précipitation, en tumulte, avec des cris & des badineries.

D. Qu’est-ce que les Enfans doivent éviter avant & après l’Ecole ?

R. Ils ne doivent point s’arrêter dans les rues ou dans les places publiques avant ou après l’Ecole, ni folâtrer, badiner, courir & s’attrouper en venant à l’Ecole ou en s’en retournant.

D. Est-il libre aux Enfans de s’absenter de l’Ecole ou d’en sortir quand il leur plaît ?

R. Non, les Enfans ne doivent jamais s’absenter de l’Ecole, ni en sortir sans necessité & sans permission.

D. A quoi sont obligés les Enfans que les Maîtres & les Maîtresses établissent pour Censeurs ?

R. Ils sont obligés 1. d’être sages, modestes & exacts, & de ne pas vouloir dominer & s’élever sur les autres avec hauteur & avec fierté. 2. d’aller à l’Ecole les premiers pour faire mettre les Enfans chacun à sa place, à mesure qu’ils arrivent, & en sortir les derniers pour aider à faire sortir les enfans deux à deux, empêchant qu’ils ne se jettent précipitamment les uns sur les autres.

D, Quel est l’emploi des Censeurs dans l’Ecole ?

R. C’est de donner avant la leçon les livres aux enfans d’une maniere honnête & civile, & de les recevoir de même après la leçon, de les ramasser avec les papiers & les plumes, de les renfermer & de ne les laisser point traîner dans l’Ecole.

D. Toutes ces choses doivent-elles rester dans l’Ecole ?

R. Oui, les Enfans ne doivent emporter chez eux aucune de ces choses, à moins que les peres & les meres, les Maîtres ou les Maîtresses ne jugent à propos qu’ils les emportent.

D. Qu’est-ce que les Censeurs doivent encore faire dans l’Ecole ?

R. Ils doivent marquer ceux qui sont immodestes & les causeurs, ceux qui viennent tard, & faire un fidele rapport de ce qui s’est fait contre la discipline de l’Ecole en l'absence du Maître ou de la Maîtresse, & cela sans acception de personnes.


III. INSTRUCTION.
Ce que les Enfans doivent observer après le tems de l’Ecole.

D. Quand les enfans sont sortis de l’Ecole, qu’est-il à propos qu’ils fassent ?

R. Ils devroient s’occuper à quelque chose du ménage, ou aux exercices dont ils sont capables.

D. Cette conduite est-elle avantageuse aux enfans ?

R. Oui, cette conduite 1. est salutaire à leur corps & à leur ame. 2. Elle sert à les disposer à la pratique & à l’exercice de la discipline de l’Ecole, & à en profiter. 3. Elle contribue à leur faire aimer le travail.

D. Que seroit-il encore bon que les enfans des Ecoles fissent chez leurs peres & meres ?

R. Il seroit bon qu’ils répetassent dans leurs familles les leçons du Catéchisme du Diocése, & des Dimanches & des Fêtes, les Maximes Chrétiennes, les Histoires saintes, & les Prieres qu’ils ont apprises à l’Ecole.

D. Quand ils veulent sortir de la maison & aller se divertir & se promener, que doivent-ils faire ?

R. Ils doivent demander permission à leurs peres ou à leurs meres, & leur dire où ils vont, & les enfans avec lesquels ils vont se divertir.

D. Est-il permis aux enfans de rapporter au dehors ce qui s’est passé à l’Ecole, comme la correction des autres enfans, la penitence qu’on leur a fait faire, & de leur reprocher ces choses pour se mocquer d’eux ou pour les insulter, ou de se plaindre à leurs peres & à leurs meres de ce qu’on les a corrigés eux-mêmes ?

R. Non, les enfans doivent garder un silence profond sur toutes ces choses hors de l’Ecole, & sur tout se donner bien de garde de les reprocher à leurs compagnons ou à leurs compagnes, & de se plaindre à leurs peres & à leurs meres de ce qu’on les a corrigés.

D. Que méritent les enfans des Ecoles qui commettent ces fautes ?

R. Ils méritent qu’on leur fasse subir la peine qu’ils ont fait connoître hors de l’Ecole, & qu’ils ont reprochée à leurs compagnons & à leurs compagnes, & dont ils se sont plaints à leurs peres & à leurs meres, qui devroient eux-mêmes les punir d’un procédé aussi déraisonable que celui-là, qui a des suites si fâcheuses, bien loin de les autoriser en cela & de prendre leur parti, ce qui seroit funeste aux enfans.

D. Les enfans après l’Ecole ne peuvent-ils point aller se baigner en été, & paroître nuds en présence des autres enfans ?

R. Non, cela leur est défendu, & cette pratique de paroître dans cette immodestie en public est honteuse & horrible aux yeux de Dieu & des hommes.

D. Pourquoi les enfans doivent-ils encore s’abstenir de cette malheureuse pratique ?

R. Parce que c’est dans cette occasion que les jeunes gens perdent ordinairement la crainte des jugemens de Dieu, la pudeur, l’honnêteté, la pureté & l’innocence, & où ils apprennent les vices les plus abominables, & où souvent avec la vie de l’ame, ils perdent la vie du corps, & passent des eaux des rivieres où ils périssent, dans les flammes de l’enfer pour y brûler éternellement.

D. Les enfans doivent-ils tâcher de coucher seuls ?

R. Oui, il n’y a rien qu’ils ne doivent faire pour coucher seuls, surtout quand ils ont atteint l’usage de raison. S. François de Sales regarde cela comme une chose d’une grande conséquence, & recommande aux peres & aux meres de faire coucher seuls leurs enfans. L’experience, dit-il, me rend tous les jours de plus en plus cet avis recommandable, pour ne pas exposer les enfans au danger de perdre ce qu’ils ont de plus cher & de plus précieux, qui est leur innocence & leur pureté, qu’une infinité ont perdue & perdent encore tous les jours pour ne pas prendre cette précaution.


IV. INSTRUCTION.
De l’Alphabet.

D. Qu’est-ce que les enfans des Ecoles doivent d’abord apprendre pour devenir de bons Ecoliers ou de bonnes Ecolieres ?

R. Ils doivent apprendre l’Alphabet.

D. Qu’est-ce que l’Alphabet ?

R. C’est la disposition par ordre des lettres d’une langue.

D. De quoi chaque langue est-elle composée ?

R. Elle est composée de mots, les mots sont composés de syllabes, & les syllabes de lettres, qui ont un son, une figure & une signification differente, selon que chaque peuple en est convenu.

D. Qu’est-ce qu’une lettre ?

R. C’est une figure ou un caractère qui sert à exprimer & à représenter un son ou une syllabe ; l'assemblage des lettres fait connoître la pensée des uns aux autres.

D. Qu’est-ce qu’une syllabe ?

R. C’est un assemblage ou une union de lettres qui exprime ou représente un son articulé.

D. Comment connoît-on le nombre des syllabes qui sont dans un mot ?

R. On le connoît par le nombre des sons qu’il y a dans ce mot, par exemple, il y a trois syllabes dans ce mot Latin, Dominus, parce qu’il y a trois sons ; & dans ce mot François, Seigneur, il n’y en a que deux, parce qu’il n’y a que deux sons.

D. Est-il nécessaire qu’il y ait deux ou plusieurs lettres pour former une syllabe ?

R. Non, il ne faut souvent qu’une voyelle pour former une syllabe ; mais il en faut au moins une, & cette voyelle est toujours la principale lettre de la syllabe.

D. Qu’est-ce qu’un mot ?

R. C’est un composé de syllabes qui fait un sens, comme Dieu en François, Deus en Latin, Jesus, Marie, &c.

D. Y a-t-il quelquefois des mots qui ne sont que d’une syllabe ?

R. Oui, il y en a un grand nombre, comme ceux-ci : Roi, Foi, Loi, &c.


V. INSTRUCTION.
Du nombre des lettres de l'Alphabet.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent sçavoir des lettres de l’Alphabet ?

R. Ils doivent en sçavoir le nombre, la qualité & les caracteres.

D. Combien y a-t-il de lettres dans l’Alphabet ?

R. Il y en a vingt-trois, & si on y ajoute l’j & l’v consonnes, il y en a vingt-cinq.

D. Nommez les lettres de l’Alphabet.

R. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m ,n, o, p, q, r, s, t, u, v, x, y, z.

D. Combien y a-t-il de sortes de lettres ?

R. Il y en a de deux sortes, des voyelles & des consonnes.


VI. INSTRUCTION.
De la qualité des lettres de l’Alphabet.
1. §. Des Voyelles simples.

D. Combien y a-t-il de sortes de voyelles ?

R. Il y en a de deux sortes, de simples & de doubles, qu’on appelle diphtongues.

D. Combien y a-t-il de voyelles simples ?

R. Il y en a cinq ; & si on y ajoute l’y, il y en a six.

D. Nommez-les.

R. a, e, i, o, u, y.

D. Pourquoi ces lettres s’appellent-elle voyelles ?

R. Parce qu'elles forment le son qui est articulé par la voix humaine.

D. Qu’est-ce donc qu’une voyelle ?

R. C’est une lettre qui forme un son parfait toute seule & d’elle-même sans le secours d’aucune autre lettre. Exemple, la lettre a ; ouvrant seulement la bouche a, on forme l’a.

D. Combien y a-t-il de sortes d’e ?

R. Il y en a trois , l’êouvert, l’é masculin, ou fermé, ou accentué, & l’e feminin ou muet.

D. Pourquoi appelez-vous le premier e un é ouvert ?

R. Parce qu’on ouvre la bouche & le gosier en le prononçant ; il est ainsi figuré (ê) ou è.

D. Pourquoi nommez-vous le second e l’é fermé, ou masculin, ou accentué ?

R. Parce qu’on ferme la bouche en le prononçant, & qu’il marque le genre masculin, ou qu’on le prononce comme dans le Latin, & qu'il est marqué d’un petit accent aigu au dessus. Il est ainsi figuré (é).

D. Pourquoi appellez-vous le troisiéme e, féminin ou muet ?

R. Parce qu’il marque le genre féminin en François, ou parce qu’on le prononce sans aucun accent. Il est ainsi figuré (e).

D. Marquez-nous un mot où soient ces trois sortes d’e, & la maniere de les prononcer.

R. Ils se trouvent dans ce mot, Honnêteté. Le premier est un ê ouvert : le second un e féminin ou muet : le troisiéme un é masculin, ou fermé, ou accentué.

D. Combien y a-t-il de sortes d’i ?

R. Il y en a deux, l’i voyelle ainsi figuré (i), & l’j consonne, qui s’écrit avec une queue. Il est ainsi figuré (j).

D. Combien y a-t-il de sortes d’u ?

R. Il y en a deux sortes ; l’u voyelle, ainsi figuré (u) ; & l’v consonne, ainsi figuré (v) ou (v).

D. Pourquoi cet j & cet v sont-ils consonnes ?

R. Parce qu’ils ne peuvent former aucun son, s’ils ne sont joints à quelque voyelle.


VII. INSTRUCTION.
2. §.
Des voyelles doubles ou Diphtongues.

D. Quest-ce qu’une Diphtongue ?

R. C'est une union de deux voyelles qu’on prononce ensemble, qui ne sont qu’une seule syllabe, & qui ne forment le son que d’une seule voyelle.

D. Combien y a-t-il de Diphtongues en Latin ?

R. Il y en a trois, æ, œ, au.

D. Combien y a-t-il de Diphtongues en François ?

R. Il y en a un grand nombre.

D. Quelles sont les plus communes & les principales ?

R. Les principales sont 1. æ, Ægypte : 2. ae, Caen : 3. ai, aider : 4. ao, faon, paon : 5. au, audience : 6. ei, éveiller : 7. eau, beau : 8. eui, seuil : 9. ia, Diacre, diarrée : 10. iau , piautre : 11. ie, Ciel ; 12. ieu, Dieu : 13. ion, aimions : 14. oe , moelle : 15. oi, doit : 16. oei, œil, œillet : 17. oeu, cœur : 18. oue, fouet : 19. oui, fouiller : 20. ue, écuelle : 21. ui, luire : 22. uei, orgueil : 23. oie, joie, &c.

D. Les assemblages ou unions de plusieurs voyelles dans les mots suivans, beau, liard, Ciel, hier, yeux, Dieu, Cieux, fuïr, pluie, & autres semblables, ne sont donc qu’une syllabe ?

R. Non, il n’y a qu’une syllabe dans tous ces mots, parce qu’ils ne forment qu’un son, & on peut les appeler pour cela Diphtongues.

D. Comment les enfans doivent-ils s’accoutumer à considerer ces Diphtongues ?

R. Ils doivent s’accoutumer à considerer les diphtongues comme de simples voyelles, parce que le son des deux y est confondu en un seul son, tout different de celui qu’elles ont étant separées.

D. Quand deux voyelles qui se suivent, se prononcent-elles séparément, & ne sont-elles point diphtongues ?

R. C’est lorsqu’une des deux est marquée de deux points : exemple : Noë, Caïn, haïr, &c.

D. N’y a-t-il point quelque exception de cette regle ?

R. Oui, il faut en excepter l’u voyelle, lorsqu’il est entre deux autres voyelles ; car alors il fait une diphtongue avec la premiere voyelle, & les deux points signifient qu’il ne se joint point comme consonne avec la voyelle suivante, mais depuis que l’v consonne se distingue par la figure de l’u voyelle, ces deux points ne sont plus nécessaires. Exemple, louer, jouir, bouillon.


VIII. INSTRUCTION.
3. §.
Des Consonnes.

D. Combien y a-t-il de consonnes ?

R. Il y en a dix-sept, & si on y ajoute l’j & l’v consonnes, il y en a dix-neuf.

D. Nommez-les.

R. b , c, d, f, g, h, j, k, l, m, n, p, q, r, s, t, v, x, z.

D. Pourquoi ces lettres s’appellent-elles consonnes ?

R. Parce qu’elles sonnent dans la prononciation avec les voyelles qu’elles accompagnent, & qu’on ne sçauroit prononcer aucune consonne sans faire entendre le son d’une voyelle. Par exemple, on ne peut prononcer un b, un c, un d, &c. sans faire entendre le son d’un é, bé, cé, dé, &c.

D. Quelles sont donc les lettres qui produisent les sons ?

R. Ce sont les voyelles.

D. Les consonnes seules produisent-elles un son ?

R. Non, elles n’en produisent qu’étant jointes avec les voyelles.



IX. INSTRUCTION.
De la figure ou du caractere des lettres de l'Alphabet.

D. Combien y a-t-il de lettres de differentes figures ou caractere ?

R. Il y en a trois, les lettres Capitales, les lettres Majuscules ou petites Capitales, & les petites lettres ou lettres ordinaires.

D. En quoi les lettres Capitales & Majuscules ou petites Capitales different-elles des petites lettres ou lettres ordinaires ?

R. Elles different en figure & en grosseur.

D. Les lettres Capitales & Majuscules ou petites Capitales ont-elles la même figure ?

R. Oui, mais elles different en grosseur. Les lettres Capitales sont plus grosses que les Majuscules ou petites Capitales.

D. Combien y a-t-il de sortes de lettres Majuscules & lettres ordinaires ?

R. Il y en a de deux sortes, de Romaines & d’Italiennes ou Italiques, comme on va le représenter dans la Table suivante.

Lettres Capitales Romaines.

A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, V, U, X, Y, Z.

Lettres Majuscules ou petites Capitales Romaines.
a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, v, u, x, y, z.
Petites Lettres ou Lettres ordinaires Romaines.

a, b, c, d, e, é, ê, è, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, s, t, u, v, x, y, z.

Lettres Capitales Italiennes ou Italiques.

A, B, C, D, E, F, G, H, I, J, K, L, M, N, O, P, Q, R, S, T, V, U, X, Y, Z.

Petites lettres ou lettres ordinaires Italiennes ou Italiques.

a, b, c, d, e, é, ê, è, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, s, t, u, v, x, y, z.

D. N’y a-t-il point encore quelque observation à faire par rapport à la figure de quelques lettres liées, & à l’abréviation de quelques mots ?

R. Oui, il faut encore observer la figure de quelques lettres liées, & l’abréviation de quelques mots.

D. Marquez la figure de quelques lettres liées ?

R. ct c‍t, et &, ff f‍f, fi f‍i, ffi f‍f‍i, fl f‍l, ffl f‍f‍l, ſb ſ‍b, ſl ſ‍l, ſſ ſ‍ſ, ſi ſ‍i, ſſi ſ‍ſ‍i, ſt ſ‍t, éè ê eſ, çſ, ae æ, oe œ, f ph, t th.

D. Marquez l’abréviation de quelques mots.

R. ã vaut am ou an.

        em ou en.
ĩ          im ou in.
õ         om ou on.
ũ         um ou un.
&         et
9 vaut  us
 Dñs          Dominus
    ñr          noster
  qm̃          quoniam

X. INSTRUCTION.
Méthode pour apprendre à connoître les Lettres.

D. De quoi se sert-on pour apprendre aux enfans à connoître les lettres ?

R. On se sert d’une carte où est écrit l'Alphabet, qui est attachée à la muraille de l’Ecole.

D. Quand le Maître ou la Maîtresse montrent ces lettres avec une baguette, qu’ils les nomment, qu’ils remarquent les differentes figures ou caracteres, que doivent faire les enfans ?

R. Ils doivent être attentifs pour considerer ces lettres : 1. afin d’en connoître la figure & le caractere, le rapport qu’elles ont ensemble, leur ressemblance, leur difference & leur force. 2. Pour en retenir le nom : 3. Pour répondre aux demandes qu’on leur fera pour les nommer.


XI. INSTRUCTION.
Maniere d'apprendre à prononcer les Lettres.

D. Quand on fait nommer aux enfans les lettres de l'Alphabet, comment doivent-ils les prononcer ?

R. Ils doivent les prononcer distinctement & separément l'une de l’autre.

D. Que doivent-ils observer pour cela ?

R. Ils doivent faire une petite respiration entre deux, quand même les lettres seroient liées ensemble, comme c‍t.

D. De quoi les enfans doivent-ils se donner de garde dans la prononciation ?

R. Ils doivent se donner de garde : 1. de prononcer entre leurs dents ; 2. de prendre de mauvais accens.

D. Comment les enfans doivent-ils prononcer les lettres de l’Alphabet ?

R. Ils doivent les prononcer comme il va être expliqué & articulé. a,   bé,   cé,   dé,   é,   f,   gé,  ache,
a, b, c, d, e, f, g,  h,
i,   gi,   ca,   éle,  éme,  éne,  o,  pé,
i, j, k,  l,   m,  n, o, p,
ku ou cu, ére, esse, té, u, vé, icse ou ixe
       q,       r,      s,     t,  u,  v,         x,
y grec, zéde, étte cœtera ou et le reste,
  y,          z,          &c.

D. Pourquoi nommez-vous l’i consonne gi, & l’v consonne  ?

R. Parce que l’j & l’v consonnes étant distingués de l’i & de l’u voyelles, il est à propos de les distinguer dans la prononciation.

Nouvelle maniere pour apprendre à lire.

D. Que faudroit-il observer pour apprendre à lire plus promptement, plus exactement, & même plus facilement.

R. On feroit bien de prêter aux consones d’autres noms que ceux qui leur sont donnés par l’usage & qui fussent plus conformes aux sons qu’elles expriment dans leur liaison avec les voyeles.

D. Suivant cette regle comment faudroit-il appeler f, h, l, m, n, r, s, x, &c. ?

R. On feroit mieux de les appeler simplement fe, he, le, me, ne, re, se, xe, &c. dont l’e seroit muet.

D. Qu’arriveroit-il de là ?

R. L’e muet étant par lui-même presque imperceptible, ces consones jointes avec des voyeles ne changeroient rien à leur nom dans la pratique de la lecture.

D. Donnez quelque exemple de cela.

R. Suivant cette nouvelle méthode pour épeler les sylabes fa, ho, xu, li : me, nu, ra, so, &c. il suffit d’ajoûter au nom de la consone la prononciation de la voyele qui y est jointe, & l’on prononce aisément la sylabe ; ainsi on dit fe, a, fa ; he, o, ho ; xe, u, xu ; &c. au lieu qu’en nommant suivant l’ancienne méthode les lettres suivantes f, h, l, m, n, r, s, x, efe, ache, ele, eme, ene, ere, esse, icse ou ixe, il faut pour épeler fa, ho, xu, &c. dire efe, a, fa ; ache, o, ho ; icse, u, xu, &c. & supprimer a, e, i, qui se prononcent au commencement des consones, ce qui embarasse l’esprit des enfans. Car fa, ne se prononce pas éfe, a, éfa, ho, ache, o, acho, xu, ixe, u, ixu. Qu’on fasse l’épreuve des deux méthodes, & qu’on juge sans préjugé laquelle des deux est préférable.

D. Comment faudroit-il donc nommer toutes les consones ?

R. Il faudroit les nommer avec le pur son qui les caractérise terminé seulement en e muet, comme be, ce, de, fe, ge, he, je, ke, le, me, ne, pe, que, re, se, te, ve, xe, &c.


XII. INSTRUCTION.
Ordre à observer pour apprendre aux Enfans à connoître & prononcer les lettres de l'Alphabet.

D. Quand les enfans sont instruits des lettres de l'Alphabet, & de la maniere de les prononcer, que font-ils ?

R. Ils les nomment d’abord tous ensemble : ensuite chacun en particulier l’un après l’autre, dit une lettre.

Le premier dit a, le second dit b ; le troisième c, le quatrième d, & ainsi de suite, autant qu’il y a d’Ecoliers ou d’Ecolieres, ensuite le premier recommence où le dernier a fini.

D. Les enfans ne peuvent-ils pas faire la même chose, & garder le même ordre dans les livres où les lettres de l’Alphabet ne sont point de suite, comme dans l’Oraison Dominicale & la Salutation Angelique ?

R. Oui, le premier dit n, le second o, le troisiéme t, le quatrième r, le cinquième e, & ainsi de suite comme ils ont fait dans la Carte ou dans l’Alphabet.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent observer quand leurs compagnons ou leurs compagnes disent les lettres ou les syllabes sur la Carte ou dans leurs Livres ?

R. Ils doivent avoir les yeux attachés sur la Carte ou regarder dans leurs Livres, suivre leurs compagnons ou leurs compagnes, & dire tout bas les lettres, les syllabes, les phrases que celui qui lit prononce à haute voix.


XIII. INSTRUCTION.
Méthode pour apprendre à appeller les lettres, ou à épeller & à syllaber.

D. Quand les enfans sçavent parfaitement les lettres & leur prononciation, que doivent-ils faire ?

R. Ils doivent apprendre la maniere d’unir les lettres ensemble, pour en former des syllabes.

D. Comment appelle-t-on cette maniere d’unir les lettres en syllabes ?

R. On l’appelle épeller ou syllaber.

D. Par où les enfans commencent-ils à apprendre à syllaber ?

R. Ils commencent par les petites syllabes qui sont sur les Cartes ou dans les petits Livres d’Alphabet ou Syllabaires. Le premier dit a-b, ab ; le second e-b, eb ; le troisiéme b-a, ba ; le quatrième b-e, be.

D. Quand les enfans ont dit plusieurs fois ces syllabes en appellant les lettres, que font-ils ?

R. Ils disent de suite & dans le même ordre ces syllabes, sans prononcer ces lettres separément. Le premier dit ab, le second eb, le troisiéme ba, le quatriéme be, &c.

D. Lorsque les enfans sçavent bien former ces petites syllabes, que font-ils ?

R. Ils forment des syllabes plus grandes & plus difficiles, comme celles de trois, de quatre, de cinq, de six & de sept lettres, qu’ils épellent d’abord, & qu’ils prononçent ensuite tout d’un coup, sans séparation & sans épeller, & dans le même ordre que les petites syllabes.

D. Quand les enfans ont prononcé & repeté les syllabes qui sont sur les Cartes ou dans les Alphabets François ou Latins suffisamment pour les sçavoir, que font-ils ?

R. Ils syllabent l’Oraison Dominicale & la Salutation Angelique, comme dans les Alphabets où sont contenues ces prieres, où toutes les syllabes sont séparées comme il suit : No-tre Pé-re qui ê-tes, &c.

D. Qu’est-ce que les enfans observent en épellant ou en syllabant ces prieres ?

R. Ils appellent les lettres & en forment des syllabes comme il suit. Le premier dit N-o no ; le second t-r-e tre ; le troisiéme P-é pé ; le quatriéme r-e re ; le cinquiéme q-u-i qui ; les suivans épellant & syllabant de même jusqu’à ce que le tour soit fini.

D. Après cela que font les enfans ?

R. Le premier recommence où le dernier a fini & dit ce qui suit, tous les autres continuent dans le même ordre, & ils font autant de tours qu’il est nécessaire pour dire une leçon raisonable.

D. Après avoir quelque tems syllabé en appellant les lettres, que font-ils ?

R. Ils syllabent seulement, c’est-à-dire, qu’ils prononcent syllabe à syllabe sans épeller les lettres en cette maniere. Le premier dit, No, le second tre , le troisiéme , le quatriéme re, le cinquiéme qui, & les autres de suite & de même, en recommençant jusqu’à ce qu’ils aient fini la leçon qu’ils doivent dire.

D. En épellant ou en syllabant en François, fait-on sonner les consonnes qui sont à la fin des mots, quand les mots suivans commencent par des voyelles ?

R. Non, il ne faut point faire sonner ces consonnes, comme on fait dans la lecture d’un discours suivi, ainsi qu’on le dira dans l’Instruction XXVII.


XIV. INSTRUCTION.
Quelques regles touchant la maniere d'épeller.

D. Quand est-ce qu’une voyelle ou une diphtongue se prononce seule lorsqu’on épelle ?

R. Elle se prononce seule en trois occasions.

D. Quelle est la premiere ?

R. Quand la voyelle est au commencement du mot, & qu’elle n’est suivie que d’une seule consonne, comme dans ce mot, Abel.

D. Quelle est la seconde occasion ?

R. C’est quand elle est au milieu du mot après une autre voyelle & après une seule consonne, comme dans ce mot, a-e-ra.

D. Quelle est la troisiéme occasion ?

R. Quand elle est à la fin d’un mot après une autre voyelle, comme dans ce mot Latin Ma-ri-a, & dans ces mots François Ma-ri-e, pri-vée , gra-vée, ai-mée.

D. Quand la voyelle ou diphtongue est suivie de plusieurs consonnes, que faut-il observer ?

R. Il faut partager ces consonnes, qu’on joigne la premiere à la voyelle précedente, & la seconde à la voyelle suivante : exemple, mon-te, al-to, an-tra, en-trer, an-tre.

D. Si les deux consonnes étoient jointes ensemble ne faisant qu’un caractere des deux lettres, faut-il les séparer ?

R. Non, il ne faut point les séparer : exemple, astructus, il faut et dire a-stru-ctus.

D. A qui appartient une consonne seule ?

R. Elle appartient ordinairement à la voyelle suivante, à moins qu’elle ne finisse le mot, exemple, Do-mi-nus.

D. Quand s se rencontre avec p ou t au commencement d’un mot, que faut-il faire ?

R. Il faut les joindre ensemble avec la voyelle suivante, exemple, Spiritus, strideo. Il faut épeller S-p-i Spi, r-i ri Spiri, t-u-s tus Spiritus. S-t-r-i stri d-e de stride-o strideo.

D. Quand il se rencontre trois consonnes ensemble après la premiere syllabe, que faut-il faire ?

R. Il faut prendre la premiere & la joindre avec la voyelle qui est auparavant, & réserver les deux autres pour les joindre à la voyelle suivante, exemple, substantia ou substance : il faut épeller s-u-b sub s-t-a-n stan sub stan, &c. Autre exemple, discretion, d-i-s dis c-r-e cre, &c. entrer, e-n en t-r-e-r trer.

D. Quand est-ce qu’il faut séparer en syllabant & en prononçant, une voyelle d’avec une autre ?

R. C’est quand il y a deux points sur la derniere, comme dans ces mots, haïr, Saül, Isaïe, & alors ces deux voyelles sont deux syllabes, & on épelle h-a ha i-r haïr, S-a Sa u-l Saül, I-s-a Isa-i-e Isaïe. Remarquez qu’on met deux points sur ces voyelles, pour marquer que la voyelle sur laquelle on les met ne fait point une même syllabe ou une même diphtongue avec la voyelle qui la précédé immédiatement.

Ainsi dans les mots je hai, tu hais, il hait, l’a & l’i ne sont qu’une syllabe, au lieu que dans ceux-ci, nous haïssons, vous haïssez, ils haïssent, obéir, obéïssance, l’a & l’i sont deux syllabes : de même le mot Oui adverbe d’affirmation ne contient qu’une syllabe, au lieu que le mot Ouï participe qui signifie entendu, écouté, contient deux syllabes : ce qui est distingué par les deux points que l’on met sur l’ï.

D. Quand il se rencontre des abréviations dans les mots, c’est-à-dire, quand il se trouve un titre ou tiret sur quelqu’une des cinq voyelles, comme si elle avoit une m ou une n après, que faut-il observer ?

R. Il faut en épellant cette syllabe abregée en exprimer la lettre abregée, au lieu du titre qui est sur la voyelle, exemple, pour épeller Deū, il faut dire D-e De ū m um Deum, & non pas D-e ū titre um Deum.

D. Faut-il observer la même chose dans l’abréviation de De9 ?

R. Oui, pour épeller De9, il faut dire, D-e De9 u-s us Deus.

D. Quand une voyelle seule fait une syllabe d’un mot, faut-il dire, par exemple, a par foi à ou e par foi è, &c. ?

R. Non cela est superflu, il faut nommer seulement cette voyelle, sans y ajouter par foi, & dire aa, ee, &c.



XV. INSTRUCTION.
Méthode pour apprendre à assembler les syllabes, & pour en faire des mots.

D. Quand les enfans sçavent épeller & former toutes sortes de syllabes d’une maniere ferme & assurée, que doivent-ils apprendre ?

R. Ils doivent apprendre à les assembler & à en faire des mots.

D. Qu’observent-ils pour apprendre à assembler les syllabes, & à en faire des mots ?

R. Ils disent par differens tours chacun un mot entier dans le même ordre qu’ils ont gardé en syllabant ; le premier dit Notre, le second Pere, le troisiéme qui, le quatrième êtes, & ainsi du reste.

D. Quand les enfans lisent avec quelque facilité les mots les plus difficiles, sans épeller ni syllaber, que font-ils ?

R. Ils lisent chacun une ligne, ou jusqu’à la virgule, ou jusqu’aux deux points, ou jusqu’au point, ou deux ou trois phrases de suite, & toujours dans le même ordre dont on a parlé.


XVI. INSTRUCTION.
Maniere de rendre attentifs les Enfans qui lisent ensemble.

D. Quand quelqu'un des enfans qui lisent ensemble est appellé par le Maître ou la Maîtresse, ou le Censeur, que fait-il ?

R. Il est exact à dire la suite de ce qu’on lit, c’est-à-dire, la lettre, ou la syllabe, ou le mot où l’on en est ; car c’est ce qu’ils lui demandent en l’appellant ainsi par son nom.

D. Pourquoi les Maîtres & les Maîtresses en usent-ils ainsi indifféremment à l’égard de leurs Ecoliers & de leurs Ecolieres, en appellant tantôt l’un & tantôt l’autre pendant la leçon ?

R. C’est pour les rendre tous attentifs & les tenir appliqués, & les obliger ainsi à suivre les autres, qui appellent les lettres, ou qui syllabent, ou qui lisent les mots ou les phrases, & à dire tout bas ce que leurs compagnons ou leurs compagnes prononcent à haute voix.

D. Quelle précaution doivent prendre les enfans pour n’être point surpris quand on leur demandera où l’on en est ?

R. C’est d’avoir toujours les yeux arrêtés sur la carte ou sur le livre, qu’ils doivent toujours avoir à la main, & ne les jamais détourner, afin de suivre exactement leurs compagnons ou leurs compagnes, & dire tout bas ce que celui qui lit dit à haute voix.

D. Quand les enfans font quelques fautes ou en nommant les lettres, ou en épellant, ou en syllabant, ou en lisant, doivent-ils s’attendre qu’on leur dira comment il faut prononcer ?

R. Non, mais lorsqu’ils sont avertis qu’ils prononcent mal une lettre, qu’ils font une faute ou en syllabant ou en lisant, ils doivent repeter la lettre, ou la syllabe, ou le mot.

D. Pourquoi en use-t-on ainsi ?

R. Afin que par ce moyen les enfans apprennent par eux-mêmes la faute qu’ils ont faite, & qu’ils s’en corrigent.

D. Quand le Maître ou la Maîtresse prononce les lettres, ou les syllabes ou les mots, ou les lignes de la leçon que les enfans doivent lire, pour leur enseigner à bien prononcer les lettres, les syllabes, les mots, à bien accentuer, à faire les pauses convenables au point, aux deux points, à la virgule, &c. que doivent faire les enfans dans ce tems-là ?

R. Ils doivent être extrêmement attentifs, afin d’imiter dans toutes ces choses leurs Maîtres & leurs Maîtresses, & pratiquer ce qu’ils leur enseignent par cet exemple qu’ils leur donnent.



XVII. INSTRUCTION.

Des figures qui se trouvent dans les Livres, qui servent à la prononciation où à l’intelligence de ce qu’on lit.

1 §.
Des Accens, des Apostrophes & des Cedilles.

D. Combien y a-t-il de figures qui servent à la prononciation & à l’intelligence de ce qu’on lit ?

R. Il y en a dix.

D. Quelles sont les trois premieres ?

R. Les Accens, les Apostrophes & les Cedilles.

D. Qu’est-ce que les accens marquent ?

R. Ils marquent le ton & l’inflexion de la voix.

D. Combien y a-t-il de sortes d’accens ?

R. Il y en a trois ; l’accent aigu, l’accent grave & l’accent circonflexe.

D. Qu’est-ce que l’accent aigu ?

R. C’est une petite broche, qui descend de la droite à la gauche, ainsi figurée ().

D. Lorsque l’accent aigu se rencontre sur une syllabe, que faut-il faire ?

R. Il faut élever la voix, & la prononcer d’un ton aigu, & peser dessus, comme il paroît dans ces mots François, vérité, école ; dans ce mot Latin, Dóminus.

D. Quest-ce que l’accent grave ?

R. C’est une petite broche qui descend de la gauche à la droite, ainsi figurée ().

D. Qu’y a-t-il à observer à l’égard de l’accent grave ?

R. C’est qu’il ne change rien ordinairement à la prononciation ni dans le Latin ni dans le François, & qu’il sert quelquefois à l’intelligence de quelques mots.

D. Si cependant cet accent est sur un è, quel effet produit-il ?

R. Il le rend ouvert comme dans ces mots, artère, zèle, accès, procès, après.

D. Quels sont les mots à l’intelligence desquels sert l’accent grave ?

R. Il sert à distinguer le sens de à, , . Par cet accent sont distinguez 1. l’à article ou préposition de l’a venant du Verbe avoir : 2. adverbe de la article : 3., adverbe, qui signifie en quel lieu, d’ou conjonction disjonctive. Exemple, à moi, à tems : il a raison : allez , la raison : est-il, Pierre ou Paul.

D. Qu’est-ce que l’accent circonflexe ?

R. C'est un accent composé de l’aigu & du grave joints ensemble, & qui sont comme un v consonne renversé, ainsi figuré (^).

D. Qu’est-ce que l’accent circonflexe marque ?

R. Il marque qu’on a retranché une s qui étoit auparavant dans cette syllabe, exemple, asne âne, estre être, prosne prône.

D. Qu’y a-t-il à observer dans la prononciation de la syllabe où se trouve l’accent circonflexe ?

R. Il faut l’allonger, si elle n’est pas la derniere du mot, comme il paroît par ces mots, maître, tête, fête, &c.

D. N’y a-t-il point de mots où il faut allonger la derniere syllabe qui est marquée de l’accent circonflexe ?

R. Oui, comme dans ces mots, plutôt, qu’il aimât, qu’il dît, qu’il fît, & dans d’autres semblables.

D. Qu’est-ce que l’apostrophe ?

R. C’est une petite virgule qui se met entre deux mots pour marquer que l’on a retranché une voyelle qui ne se prononce point, le tout s’épelle & se prononce comme il paroît par ces mots, j’aime, qu’il, l’ame ; au lieu de dire, je aime, que il, la ame, &c.

D. Qu’est-ce que la cedille ?

R. C’est un petit c renversé ou une virgule ainsi figurée (¸), qu’on met quelquefois sous le c, comme à François ; ou qui se mettent le long des mots qui sont tirés de quelques Auteurs ().



XVIII. INSTRUCTION.
De la virgule ; du point avec la virgule ; des deux points, & du point simple.

D. Quelle est la quatriéme, la cinquiéme & la sixiéme figure qui servent à la prononciation & à l’intelligence de ce qu’on lit ?

R. La virgule, le point avec la virgule, les deux points, & le point simple.

D. Qu’est-ce que la virgule ?

R. C’est un petit c renversé ainsi figuré (,) que l’on met pour marquer la division des parties d’une periode.

D. Que faut-il observer dans la lecture après la virgule ?

R. Il faut respirer ou faire une très-petite pause.

D. Qu’est-ce qu’un point & une virgule ?

R. C’est une figure marquée ainsi (;).

D. Que faut-il observer dans la lecture après le point avec la virgule ?

R. Il faut faire une petite pause.

D. Comment sont figurés les deux points ?

R. Ils sont figurés ainsi (:).

D, Que faut-il observer dans la lecture après les deux points ?

R. Il faut faire une pause médiocre.

D. Qu’est-ce qu’un point ?

R. C’est une figure ainsi marquée (.).

D. Qu’est-ce que marque le point ?

R. Il marque un sens achevé.

D. Que faut-il observer dans la lecture après le point ?

R. Il faut faire une grande pause.



XIX. INSTRUCTION.
3. §.
Du point admiratif & Interrogant.

D. Quelle est la septiéme & la huitième figure qui servent à la prononciation & à l'intelligence de ce qu’on lit ?

R. C’est le point admiratif & le point interrogant.

D. Qu’est-ce que le point admiratif ?

R. C’est un j consonne renversé, figuré ainsi ( ! ).

D. Que marque un point admiratif ?

R. Il marque qu’il faut admirer, & qu’il faut prendre un ton de voix qui fasse connoître qu’on admire, comme on voit dans ces exemples : Que de bonté ! Quelle vertu !

D. Qu’est-ce que le point admiratif marque encore ?

R. Il marque encore quelquefois qu’on se plaint, comme dans cet mots : Hélas ! Miserable que je suis !

D. Comment est figuré le point interrogant ?

R. Il est ainsi figuré ( ? ).

D. Que marque le point interrogant ?

R. Il marque qu’on doit un peu élever la voix, & prononcer d’un ton superieur.

D. A quoi sert le point interrogant ?

R. Il sert à interroger, comme quand on demande à quelqu’un, Que cherchez-vous ? Pourquoi mentez-vous ?



XX. INSTRUCTION.
De la Barre de liaison & de la Parenthese.

D. Quelle est la neuviéme figure qui sert à la prononciation & à l’intelligence de ce qu’on lit ?

R. C’est la barre de liaison, ou le trait d’union ou tiret.

D. Qu’est-ce que la barre de liaison, ou le trait d’union ou tiret ?

R. C’est un petit trait qui se met entre certains mots pour marquer qu’on doit les lier dans la prononciation, comme si c'étoit un seul mot. Exemple, vous-même, moi-même, tout-à-l’heure, Jesus-Christ.

D. A quoi sert encore la barre de liaison ?

R. Elle sert à marquer qu’un mot ne pouvant entrer dans une ligne, est coupé, & qu’une partie est renvoyée à la ligne suivante, comme Dieu est un Esprit infiniment parfait.

D. Où met-on enfin ce tiret ?

R. On le met sur quelque voyelle ou quelque consonne, pour marquer l’abreviation de quelque mot par le retranchement de quelque lettre. Voyez l’Instruction IX. précédente.

D. Enfin quelle est la dixiéme & la derniere figure qui sert à l’intelligence de ce qu’on lit ?

R. C’est la parenthese.

D. Qu’est-ce que la parenthese ?

R. C’est un petit nombre de parole qui coupe le sens d’un discours, & que l’on renferme entre ces deux caracteres que l’on nomme crochets ainsi figurés (  ) Exemple : Saint Paul dit, (c’est dans sa premiere Epître aux Corinthiens) Faites avec amour tout ce que vous faites.

D. Quand les enfans sont suffisamment instruits de ces figures, que doivent-ils observer ?

R. Ils doivent s’accoutumer 1. à les bien remarquer : 2. à les dire dans le commencement en lisant : 3. à prononcer selon les differens accens : 4. à faire exactement les pauses qui conviennent au point simple, aux deux points, &c. 5. à observer les liaisons : 6. à donner à chaque partie du discours le ton de voix qui y convient.


XXI. INSTRUCTION.
Les enfans doivent commencer à apprendre à prier & à lire en leur langue naturelle.

D. Par quelle langue les enfans doivent-ils commencer à apprendre à prier & à lire ?

R. Par la langue qu’on leur apprend d’abord, qu’ils entendent & qu’on leur parle.

D. Pourquoi est-il à propos en France de commencer à apprendre aux enfans à prier & à lire en François ?

R. Pour trois raisons principales.

D. Quelle est la première ?

R. Parce que souvent, surtout dans la campagne, plusieurs enfans ne pouvant apprendre à prier & à lire qu’en une seule langue, il leur est plus avantageux de prier & de lire dans la langue Françoise, qui leur est naturelle, qu’ils entendent, qu’en Latin, qui est pour eux une langue étrangere qu’ils n’entendent point.

D. De quels avantages sont privés ceux qui ne sçavent prier & lire qu’en Latin ?

R. Ils sont privés de celui qu’ils retireroient pour leur salut, de la lecture des livres de piété, & des prieres de dévotion qu’ils feroient certainement avec plus de fruit.

D. Quelle est la seconde raison ?

R. Parce que les enfans apprennent à prier & à lire beaucoup plus volontiers quand ils entendent les prieres qu’ils font ou les Livres qu’il lisent.

D. Quelle est la troisiéme raison ?

R. Parce que les enfans étant accoutumés à parler la langue Françoise, ils l’entendent & la lisent plus aisément, & sont beaucoup plus instruits des choses qu’ils sont obligés de sçavoir.

D. Est-il à propos que les enfans apprennent à lire le François & le Latin ensemble ?

R. Non, ces deux lectures les embarrassent & leur font perdre beaucoup de tems, parce qu’elles ont des regles différentes, & souvent opposées.


XXII INSTRUCTION.
Zele que les enfans doivent avoir en France pour apprendre à bien lire en François.

D. L’art de bien lire en François, est-ce un talent ?

R. Oui, c’est un talent que les enfans en France ne doivent pas négliger, & qu’ils doivent même estimer & rechercher avec zele.

D. Pourquoi les enfans doivent-ils travailler avec zele à acquérir ce talent ?

R. Parce qu’il leur est très-utile, & d’une très-grande conséquence.

D. De quelle utilité est-il en France aux enfans de sçavoir bien lire en François ?

R. Il seroit difficile d’exprimer combien il est avantageux aux enfans en France de sçavoir bien lire en François. Ce talent leur donne des moyens admirables : 1. de s’instruire de leur Religion : 2. de prendre des sentimens chrétiens : 3. de vivre d’une maniere digne de leur vocation : 4. de se fortifier contre les tentations & la violence de leurs passions : 5. de se préserver de la corruption du siécle : 6. de se disposer à la digne réception des Sacremens, ou d’en conserver le fruit : 7. de se nourrir du pain céleste de la parole de Dieu, qui peut sauver leurs ames : 8. enfin pour dire tout en deux mots, ce talent leur est d’un merveilleux secours pour éviter le péché & pour pratiquer la vertu, & par conséquent pour se sauver chacun dans son état.

D. De quelle conséquence est-il aux enfans de sçavoir bien lire en François ?

R. C’est que pour ne sçavoir pas bien lire, la plupart croupissent dans une ignorance affreuse des verités du Christianisme, se livrent à l’oisiveté, au jeu, à la débauche, & s’abandonnent à toutes sortes de crimes ; ce qui n’arriveroit pas, si dans la jeunesse ils apprenoient à bien lire, ce qui est une disposition nécessaire pour comprendre ce qu’ils lisent, pour y prendre plaisir & pour en profiter.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent faire pour apprendre à bien lire en François ?

R. Les enfans ayant une parfaite connoissance du nombre, de la qualité des figures ou caracteres des lettres de l’Alphabet, sçachant bien nommer ces lettres, faire de ces lettres des syllabes, & former des mots de ces syllabes, étant enfin instruits des differentes figures qui sont dans les livres, & qui servent à la prononciation & à l’intelligence de ce qu’on lit, ils peuvent se servir de la Méthode suivante ou d’une semblable, pour bien lire en François.


XXIII INSTRUCTION.

Méthode pour apprendre aux Enfans des Ecoles Chrétiennes à bien lire en François.

1 §.
Remarques sur la prononciation des voyelles.

D. Que fait-on dans cette Méthode pour apprendre aux enfans à bien lire en François ?

R. On fait plusieurs remarques sur les principales difficultés qui se rencontrent dans la prononciation de la langue Françoise, & 1. des voyelles : 2. des diphtongues : 3. des consonnes : 4. des syllabes : 5. des mots : 6. enfin d’un discours suivi.

D. Comment les voyelles a, e, i, o, u, se prononcent-elles ?

R. Elles se prononcent tantôt breves, tantôt longues. Exemple : Ame, Dame ; bette, bêtes ; ville, vile ; hotte, hôte ; Rome, atome ; mode, commode ; bulle, brûle.

A

D. Comment se prononcent deux aa qui se suivent ?

R. Ils le prononcent comme un â long. On écrit, Aaron, Isaac, Chaalons, aage, baailler, & on prononce, âron, Isâc, Châlons, âge, bâiller. Il faut excepter ces mots , Baal, Balaam, Canaan, où les deux aa se prononcent ; car on dit, Ba-al, Bala-am, Cana-an, &c.

E & O

D. Faut-il observer la même chose à l’égard de deux ee & de deux oo qui se suivent ?

R. Oui, on écrit béeler, Sées, roole, controole, & on prononce bêler, Sêz, rôle, contrôle, &c. Il faut excepter cooperer, cooperation, où les deux oo se prononcent.

D. Comment l’e au commencement d’un mot se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme un é masculin ou fermé. Exemple, élargir, écolier, &c.

D. Quand un e sans accent est à la fin des mots, comment se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme un e feminin ou muet. Exemple, grace, garde, ame, &c.

D. Quand faut-il prononcer l’e comme ouvert ?

R. Lorsqu’il est suivi de quelqu’une des consonnes, l, r, ts, s, dans la même syllabe, ou qu’il est marqué d’un accent circonflexe ou grave. Exemple, belle, terre, boulets, gresle, tête, procès, excès.

D. Quand il y a deux ee de suite dans un mot, que faut-il faire ?

R. Il faut les prononcer tous deux comme un é fermé, comme dans ces mots, créer, agréer, Déesse, réel, les deux ee se prononcent ; car on dit cré-er, agré-er, Dé-esse, ré-el.

D. Et quand il y a deux ee à la fin d’un mot, que faut-il faire ?

R. Il faut prononcer le premier comme un é fermé, & le second comme un e feminin ou muet, comme dans ces mots, armée, aisée, pensée, &c.

D. Comment l’e suivi d’un z se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme un é fermé : exemple, vous aimez, beautez.

D. Quel effet produit l’e avant l’u ?

R. Il adoucit l’u, comme il paroît dans ces mots, Docteur, heure.

D. Quand l’i est avant deux ll, que fait-il ?

R. Il les adoucit, comme dans ces mots, vieille, fille, & les rend mouillées, comme l’on dit.

D. Qu’est-ce que l’i mouillé ?

R. C’est celui que l’on met avant les deux ll, & qui veut qu’on en prononce un après ces deux ll, quoi qu’on ne l’écrive pas ordinairement. Exemple, on écrit bouillant, haillons, & on prononce en adoucissant, bouilliant, haillions, &c.


XXVI INSTRUCTION.
Remarques sur la prononciation des Diphtongues.
Æ.

D. Comment la diphtongue æ se prononce-t-elle ?

R. Elle le prononce comme l’é fermé, on écrit aequivoque, Ægée, Cæsar, & on prononce équivoque, Egée, César ; mais à présent on ne met plus d’æ en François, on ne met qu’un e simple ,equivoquer.

AE.

D. Comment se prononce ae ?

R. Il se prononce comme un a seul ; on écrit Caen & Haerlem, & on prononce Can, Harlem.

AI fermé.

D. Comment ai dans les parfaits simples, dans les futurs des verbes, dans le présent du verbe avoir, & dans quelques autres mots se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme l' é masculin ou fermé, on écrit je coupai, je dirai, j’ai, & on prononce je coupé, je diré, j' é.

AI ouvert.

D. Comment ai se prononce t-il dans d’autres mots ?

R. Il se prononce comme l' ê ouvert, on écrit Maître, portraits, souhaits , clair, chair, éclairs, & on prononce métre, portrêts, souhêts, cler, cher, éclers.

D. Comment ai se prononce-t-il dans ces mots, nous faisons, je faisois, faisant ?

R. Il se prononce comme e muet, & on dit, nous fesons, je fesois, fesant.

D. Comment ai suivi d’une l se prononce-t-il ?

R. L’a se prononce clairement, & l’i ne se fait sentir que dans la prononciation mouillée de l qui suit, exemple, bail, mail, email, vaillant, bataille, faille, vaille, &c.

D. Comment ay se prononce-t-il ?

R. 1. Il se prononce en certains mots comme un é fermé, & comme un i dont la prononciation est mouillée, quand il suit une voyelle, on écrit payer, essayer, pays, & on prononce pé-ier, essé-ier, pé-is.

2. Dans d’autres noms ay se prononce comme un a & un i mouillé. Exemple : Ayeul, Payen, bayonnette, &c.

On n’écrit plus guére présentement l’y que quand 1. il est entre deux voyelles. 2. Dans les mots qui ont dans le Grec un upsilon, comme Physique, Lyrique. 3. L’y particule. Mais ces mots, moi, toi, Roi, loi, foi, &c. s’écrivent sans y.

AU.

D. Comment la diphtongue au se prononce-t-elle ?

R. Elle se prononce comme un o long. On écrit pauvre, & on prononce pôvre. On prononce de même beaux, maux, canaux, chevaux, chapeau, foureau, marteau.

D. Comment au se prononce-t-il à la fin des mots, comme étau, &c.

R. Il se prononce un peu moins long que quand il suit quelque consonne, comme dans ces mots haut, défaut, chevaux.

EAU.

D. Comment eau dans les mots ou à la fin des mots se prononce-t-il ?

R. On le prononce comme au, sans faire sonner l' e, excepté dans quelques mots, comme sceau, fleau. On écrit, beau, tableau, tombeau, & on prononce, bau, tablau, tombau.

EI.

D. Comment ei se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme ê ouvert, exemple, pleine, veine, peine, Reine, Seine, Seigneur ; car on dit, plêne, vêne, pêne, Rêne, Sêne, Sêgneur.

EU

D. Comment eu se prononce-t-il dans les mots suivans ainsi écrits, j’ai veu, j’ai peu , j’ai receu, heureux, meur ?

R. Il se prononce comme un u simple , j’ai vu, j’ai pu, j’ai reçu, hureux, ce fruit est mur : il est à propos d’écrire ces mots comme on les prononce.

OE.

D. Comment œ se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme l' é fermé ou masculin. Exemple, si on trouve ces mots : œconome, œconomique, œconomie, &c. on les prononce ainsi, économe, économique économie. A présent on écrit ces mots avec un e simple, comme on les prononce.

ŒU.

D. Comment œu se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme eu ; On écrit vœu, œuvre, nœud,sœur, oeuf, bœuf, & on prononce, veu, euvre, neud ,seur, euf, beuf.

ŒIL.

D. Comment œi dans œil, œillade, œillet, se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme euil dans deuil, feuille, & on dit euil, euillade, euillet, &c.

OI ouvert.

D. Comment oi dans les verbes terminés en oitre, ois, oit, & oient dans les prétérits imparfaits se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme un ê ouvert. Exemple, on écrit croître, croire, connoître, paroître, noier, nétoier, droit, froid, roide, je fois, tu fois, il foit, j’aimois, il aimoit, ils aimoient, &c. & on prononce crêtre, crêre, connêtre, parêtre, nêier, netêier, netêier, drêt, frêd, rêde, je fês, tu fês, il fêt, j'aimês, il aimêt, ils aimêt.

D. Comment la diphtongue oi dans les mots ois & oit, tant dans les noms qu’à la fin des noms se prononce-t-elle ordinairement ?

R. Elle se prononce aussi comme ê ouvert. On écrit, foible, François, Anglois, & on prononce, fêble, Francês, Anglês.

D. Oi ne se prononce-t-il pas Quelquefois autrement ?

R. Oui, oi se prononce quelquefois comme oe ; on écrit boire, moite, paroisse, doit, Danois, Suédois, Chinois, &c. & on prononce, boère, moète, paroèsse, douèt, Danoès, Suédoès, Chinoès, &c.

D. Comment oir se prononce-t-il ?

R. Oir se prononce ordinairement comme ouair, on écrit noir, poire, devoir, toison, poison, &c. & on prononce, nouair, pouaire, devouair, touaison, pouaison.

D. Comment ces mots, Moine, poisson, moisson, se prononcent-ils ?

R. Ils se prononcent comme s’ils étoient écrits ainsi, Mouéne, pouéson, mouésson.

OYE.

D. Comment oye se prononce-t-il à la fin des mots ?

R. Il se prononce comme oaie, on écrit la joye, de la soye, & on prononce, la joaie, de la soaie.

OIN.

D. Comment oin se prononce-t-il ?

R. Oin se prononce comme oain, on écrit, foin, loin, besoin, & on prononce, foain, loain, besoain.

XXV- INSTRUCTION.
Remarques sur la prononciation des Consonnes.
B.

D. Le b se prononce-t-il toujours ?

R. Oui, le b se prononce : exemple, ab, gab, Jacob, Moab, Babylone.

D. N’y a-t-il point quelque exception de cette regle ?

R. Oui, on ne prononce point le b dans ce mot plomb, & quand il y a deux bb, on n’en prononce qu’un, comme dans ces mots, Abbé, abboyer, abbreger, abbreuver, &c.

D. Comment le b se prononce-t-il avant une s & un t ?

R. Il se prononce comme un p ; on écrit, obtenir, absent, absoudre, observer, & on prononce, optenir, apsent, apsoudre, opserver.

C.

D. Combien y a-t-il de sortes de C ?

R. Il y en a de deux sortes, l’un qu’on appelle dur, & l’autre qu’on nomme mol.

D. Comment le c dur se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme un k.

D. Comment le c mol se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme une s.

C dur.

D. Quand est-ce que le c est dur ou se prononce comme un k ?

R. Avant a, o, u, l, r, ou avant l’h, lorsqu’elle est suivie d’une consonne, ou qu’elle est à la fin des mots. Exemple , car, coq, Cure, clé, cris , Christ , Sidrach, Moloch.

C mol.

D. Quand est-ce que le c est mol ou se prononce comme une s forte ?

R. Lorsqu’il est avant l' e, l’i, & l’y, ou lorsqu’il y a une cedille dessous. Exemple, ceder, cire, Cyrus, garçon.

C a la fin des syllabes & des mots
.

D. Le c se prononce-t-il toujours ?

R. Oui, le c se prononce presque toujours, & se prononce comme un k à la fin des syllabes & des mots ; & lorsqu’il est à la fin des mots, les consonnes qui le suivent ne se prononcent pas. Exemples : 1. sac, bec, sec, Duc. 2. Arcs, Turcs, Roch.

D. Y a-t-il des mots dans lesquels le c ne se prononce pas ?

R. Oui, comme dans les suivans, banc, blanc, blancs, flancs, contracts.

D. Le c après l’a initial se prononce-t-il dans ces mots, accabler, accompagner, accomplir, accommoder, accourir, & autres ?

R. Non, le c après l’a initial ne se prononce point dans ces mots, & on ne prononce que le second c qui suit, & ainsi on prononce ces mots comme s’il n’y avoit qu’un c.

CH.

D. Comment ch se prononce-t-il ?

R. Il ne se prononce point comme dans le Latin ; on ne dit pas cha ca, comme s’il n’y avoit point d’ h mais on la prononce avec le c, d’une maniere grasse & douce ; on dit, chat, chez, chose, cherchât, chant, &c.

D. Comment ch se prononce-t-il dans quelques mots pris du Grec, & plusieurs mots Hebreux ?

R. Il se prononce comme un k ou le c dur ; on écrit, Chersonese, Archange, Achab, Cham, Chofroës, Chus, Archiépiscopal, & on prononce, Kersonese, Arkange, Acab, Cam, Cosroës, Cus, Arkiépiscopal. Ch avant une consonne a toujours le son du k, chrême, Christ, prononcez krême, Krist.

D.

D. Quand le d se prononce-t-il dans les mots François ?

R. Il se prononce rarement à la fin des mots : on écrit grand, lard, verd, fard, bazard, muid, fond, rond, abord, & on prononce, gran, lar, ver, far, bazar, mui, fon, ron, abor.

D. Le d se prononce-t-il à la fin des mots étrangers ?

R. Oui, il se prononce à la fin de ces mots, Gad, Obed, David, &c.

D. Y a-t-il des mots François, où le d se prononce ?

R. Oui, il y en plusieurs, comme dans les suivans, admirer, admettre, adhérer, adverbe, adjectif, mais il ne se prononce point dans ces mots, adjouter, adjuger.

D. Quand après le d final il suit une voyelle ou une h muette dans les mots qui doivent être liés, comment faut-il le prononcer ?

R. Il faut le prononcer comme un t. Exemple, Quand on est grand ami, grand Orateur, grand homme. On prononce comme s’il y avoit, Quan-t-on est gran-t-ami, gran-t-orateur, gran-t-ome.

F.

D. L’f se prononce-t-elle toujours ?

R. Oui, l’f se prononce presque toujours, excepté dans quelques mots, comme clef, chef-d’œuvre: exemple, Bref, buffet, neuf, soif, substantif.

G.

D. Quand le g est avant a, o, u, comment faut-il le prononcer ?

R. Il faut le prononcer comme un g dur, c’est-à-dire, comme s’il y avoit un u entre deux ; on écrit garde, gorge, & on prononce comme s’il y avoit un u entre deux, & comme si les mots étoient ainsi écrits , guarde, guorge.

D, Quand est-ce encore que le g se prononce comme le g dur ?

R. C’est lorsqu’il est avant l'l, l’r, & après les voyelles ; exemple, glé, gras, augmenter, énigme.

D. Comment le g se prononce-t-il avant l' e & l' i voyelle ?

R. Il se prononce comme l’j consonne, on écrit gens, agilité, géant, gigot ; on prononce jans, ajilité, jéant, jigot.

D. Comment le g avant l'e se prononce-t-il, lorsqu’après l'e il suit un a ou un o ?

R. Cet e ne se prononce point, mais il fait sonner le g comme l’j consonne ; on écrit rangea, pigeon, & on prononce ranja, pijon.

GN.

D. Comment gn suivi d’une voyelle se prononce-t-il ? Exemple gna, gno.

R. Il ne se prononce point comme guena, gueno, mais on le prononce à peu-près comme ces syllabes gnia, gnio ,gnie, en faisant l'i qui suit l’n le plus bref qu’il est possible : exemple, gagna, ignorance, signer, agneau, se prononcent comme gagnia, igniorance, signier, agniau.

D. Comment appelle-t-on ce g dans ces mots où il est avant l' n ?

R. On le nomme g mouillé.

D. N’y a-t-il point quelque exception ?

R. Oui, comme dans ces mots, Gnomonique, Gnostique : ou le g retient sa prononciation dure.

D. Le g se prononce-t-il à la fin des mots ?

R. Non, le g ne se prononce point à la fin des mots. Exemple, on écrit, sang, rang, long, &c. & on prononce san, ran, lon.

D. Quand il y a deux gg de suite dans quelques mots, faut-il les prononcer tous deux ?

R. Non, on n’en prononce qu’un, on écrit aggrandir, aggraver, aggreger, aggresseur, & on prononce, agrandir, agréger, , agresseur. Plusieurs même ne mettent plus qu’un g à ces mots.

H.

D. Combien y a-t-il de sortes d' h ?

R. Il y en a de deux sortes, l’h muette & l’h aspirée.

D. Qu’est-ce que l' h muette ?

R. C’est celle qui a sa syllabe ordinairement breve, & qui ne part point du gosier lorsqu’on la prononce, exemple, homme, honneur, heureux, histoire.

D. Qu’est-ce que l’h aspirée ?

R. C’est celle qui a ordinairement sa syllabe longue, & que l’on fait entendre en la prononçant ; car elle semble partir du gosier, elle est une vraie consonne, & elle en a toutes les propriétés : exemple, hardiesse, haïr, haine, se hâter, Héros, hazard, Heraut, harpe, &c.

D. Quand est-ce que l' h ne se prononce point ?

R. Elle ne se prononce point, 1. avant ou après l’r & le t, & après le c final, exemple, Chrétien, these, Melchisedech. 2. Lorsqu’elle est après une consonne, excepté après le c qui n'est point final & le p ; on écrit, thé, Thomas, l’hiver, Christ, Rhétorique, & on prononce, , Tomas, l’iver, Crist, Retorique.

D. Quand est-ce encore que l’h ne se prononce point ?

R. Elle ne se prononce point dans les mots qui viennent du Latin, herba de l’herbe, historia une histoire, hostia une hoslie, homo homme.

D. L’h ne se prononce-t-elle pas quelquefois dans des mots François qui ne viennent point du Latin ?

R. Oui, comme dans les suivans, une hache, une haie, une hote, une houssîne, dehors, havre, habler, hacher, haillon, hameau, huiler, houlette.

K.

D. Comment le k se prononce-t-il ?

R. Il se prononce partout comme le c dur.

Cette consonne n’est plus en usage dans notre langue, quoiqu’elle se compte dans le nombre des lettres de l’Alphabet François.

L.

D. Quand est-ce que l' l se prononce ?

R. Elle se prononce après, l’a, l' e, l’o & l’u, tant dans les mots, qu’à la fin des mots : exemple, mal, sel, soldat, Consul. Il faut excepter les mots ainsi écrits , aulne, poulmon, fusil, gentil, outil, saoul, &c. où l' l ne se prononce point.

D. Comment l' l seule à la fin d’un mot, ou deux ll se prononcent-elles au milieu après ai, ei, eui, oui, & quelquefois après i simple, ou au milieu.

R. Elles se prononcent comme des ll mouillées, & l’i est après une autre voyelle ne se prononce point ; exemple, abeille, camail, vaillant, feuillet, taille, bouillon, fille, quille, &c. mais les ll ne sont point mouillées dans ces mots, ville, pupille, argille, imbecille, tranquille.

D. Comment l’l se prononce-t-elle dans ces mots ; col, licol, fol, mol, sol, &c.

R. Elle se prononce comme un u, on prononce, cou, licou, fou, mou,sou,&c.

M & N.

D. Comment se prononce l’m, tant dans les mots qu’à la fin des mots ?

R. Elle se prononce comme une n, avec un son foible, soit que le mot suivant commence par une consonne, soit qu’il commence par une voyelle : ainsi, rampart, exemier, impossible, comter, humble, faim, étaim, nom, &c. se prononcent comme s’il y avoit ranpart, exenter, inpossible, conter, hunble, fain, étain, non, &c. & l’on prononce la fain & la soif, parfun excellent, &c. & non pas la fai met la soif, parfu mexcellent, &c.

D. Comment se prononce l’n, tant dans les mots qu’à la fin des mots, avant un autre mot qui commence par une consonne ?

R. Elle se prononce alors avec un son foible : ainsi l’n se prononce à la fin de ces mots, an, vin, raison, &c. comme dans ceux-ci, ancre, incontinence.

D. Comment se prononce l’n finale avant une voyelle ?

R. Elle se prononce d’une maniere differente dans les noms substantifs dedans les noms adjectifs.

D. Comment se prononce l’n finale avant une voyelle dans les noms substanstifs ?

R. Elle doit toujours se prononcer avec un son foible, quoiqu’elle soit suivie d’une voyelle : ainsi on prononce un son aigu, un bien utile, un vin excellent, contrition imparfaite, combien enfin en voyons-nous, & non pas, un son naigu, un bien nutile, un vin nexcellent, contrition nimparfaite, combien nenfin nen voyons-nous, &c.

D. Comment se prononce l' n finale d’un adjectif avant son substantif, qui commence par une voyelle ?

R. Elle se prononce fortement, comme s’il y avoit deux nn : ainsi on prononce, divin amour, fin or, ancien ami, bon esprit, mon ame, un astre, &c. comme s’il y avoit divin namour, fin nor, ancien nami, bon nesprit, mon name, un nastre. Dans toute autre occasion l’n finale des adjectifs comme des substantifs avant les voyelles se prononce foiblement : ainsi on dit, l'ami ancien est utile, bon ou mauvais, quelqu’un a-t-il besoin , le mien ou le tien ou le sien , un ou deux, fin & rusé, bien ou mal, & non pas, l’ami ancien nest utile, bon nou mauvais, quelqu’un na-t-il besoin ? le mien nou le tien, nou le sien, un non deux, fin net rusé, bien non mal, &c.

D. N’y a-t-il point d’exception à ces regles.

R. Il faut excepter ces trois mots on, en, bien, dont il faut prononcer l’n fortement quand ces mots le trouvent avant d’autres mots qui commencent par une voyelle avec lesquels ils ont une liaison étroite, ou un rapport essentiel. Ainsi on doit prononcer, C’est en aimant qu’on adore, un Dieu bien aimable, comme s’il y avoit, c’est en naimant qu’on nadore, un Dieu bien naimable ; mais l’n dans on,en & bien, se prononce foiblement quand ces monosyllabes se trouvent après les mots avec lesquels ils ont plus de rapport : ainsi on prononce, adore-t-on un Dieu, &c. donnez m’en autant, s’il est bien ou mal, &c. & non pas, adore-t-on nun Dieu, donnez, m'en nautant, s’il est bien nous mal, &c.

D. Les consonnes qui sont après l' m & l’n à la fin des mots, se prononcent-elles ?

R. Non, les consonnes qui sont après l’m & l’n à la fin des mots ne se prononcent point, exemple, banc, franc, friands, champs.

D. Quel effet l’n à la fin des mots après un i produit-elle ?

R. Elle donne à cet i la prononciation de l’ei, ou ai, on écrit fin, vin, lin, &c. & on prononce fein, vein, lein, &c.

D. Quand l’m est suivie d’une autre m ou d’une n, comment la prononce-t’on ?

R. On la prononce naturellement, exemple, indemnité, indemniser, hymne, amnistie &c.

D. N’y a t’il point d’exception de cette regle ?

R. Oui, on en excepte 1. les mots composés de la préposition en qui se prononcent comme on écrit, emmener, ennuyer, emmailloter, & on prononce anmener, annuyer, anmailloter. 2. Ces mots damner, solemnel, qui se prononcent comme danner, solennel.

D. Quand l’m est double, les prononce-t-on toutes deux ?

R. Non, on n’en prononce qu’une dans un grand nombre de mots : on écrit, flamme, assommer, commencer, commerce, communier, pomme, nommer, sommer ; & on prononce, flame, assomer, comencer, comerce, comuier, pome, nomer, somer,&c.

Il faut excepter de cette regle, ces mots, commutation, immédiat, immersion, immoler, immortel, immuable, immodestie, ou ces deux mm se prononcent.

D. Quand il se rencontre deux nn de suite dans un mot, faut-il les prononcer ?

R. Non, il ne faut en prononcer qu’une ; on écrit, canne, bonne, ennemi, & on prononce, cane, bone, enemi.

Il faut en excepter ces mots, ennui, annuel, innover, connexité, annoter, conniver, &c. où les deux nn se prononcent.

P

D. Quand est-ce que le p se prononce ?

R. Il se prononce dans les mots suivans ; captif, adoptif, jalap, égipte, baptismal, rap, gap, cap, propre, septuagésime.

D. Quand est-ce que le p ne se prononce point ?

R. Il ne se prononce point, 1. à la fin des mots seul ou suivi d’une s ou d’un t ; exemple ,sirop, loup, beaucoup, camp, tems, corps, prompt. 2. Dans ces mots, ptisanne, exempter, compter, nepveu, baptiser. 3. Dans ces mots où le p est double, on n’en prononce qu’un, appaiser, apparat, appel, appas, appui, opposer, opprimer, échapper, frapper, nappe, nippe, Philippe, supporter, &c.

D. Comment le p avec l' h se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme l' f, on écrit, phantôme, phénix, philosopie, physique &c. & on prononce fantôme, fenix, filosofie, fysique.

Q

D. Prononce-t’on l' u qui se met après le q ?

R. Non, on ne dit point par exemple q-u-a cua, q-u-e cue, q-u-i cui, comme dans le latin ; mais q-u-a ka, q-u-e ke, q-u-i ki, & ainsi des autres ; exemple, marquât, critiquer, &c.

D. Il faut donc prononcer le q comme le k?

R. Oui, presque toujours , il n’y a que les mots aquatique, quadragenaire, &c. qu’on prononce comme s’il étoit écrit acouatique, couadragenaire, &c.

D. Y-a-t’il des mots ou le q se prononce à la fin ?

R. Oui, le q se prononce ordinairement à la fin de ces mots, cinq, coq, mais il ne se prononce point dans ce mot laqs, on dit las, &c.

R

D. Quand l’r se prononce-t’elle ?

R. Elle se prononce toujours après ces voyelles, a o u, & après l’i dans les infinitifs des verbes terminés en ir ; exemple, regards, corps, tresor, mur, dormir, &c.

D. Quand le mot ne peut pas s’entendre sans que l’on prononce l' r, que faut-il observer ?

R. On est obligé de la prononcer, mais alors elle rend l’e ouvert & n’a jamais d’accent ; exemple, mer, amer, cancer, jupiter, ver, Ormer, lucifer, Quimper.

D. L’r finale se prononce-t-elle toujours dans les mots d’une syllabe ?

R. Oui, exemple, car, par, noir, jour, pour.

D. Quand avant l' r finale il y à un i ou un u, la prononce-t-on ?

R. Oui,exemple, martir, amour, il faut en excepter, loisir, plaisir, miroir, &c. où l’r ne se prononce point.

D. Quel effet produit l’r précédée d’un e ?

R. Elle le rend fermé quand on ne la prononce pas & n’a jamais d’accent ; exemple, travailler, étudier, promener, danger, berger, bonlanger, serrurier, acier, Mercier.

L’r ne se prononce point dans la première syllabe de Mercredi : ainsi quoiqu’on écrive Mercredi, on prononce Mecredi, comme s’il n’y avoit point d’r.

D. Y-à-t’il des mots qui s’écrivent par deux rr dont on ne prononce qu’une ?

R. Oui , comme sont les suivans, arrêter, arriver, corriger, fourrager, pourrir, terrible, tonnerre, &c. Il faut en excepter ces mots, erreur, errant, erronné, terreur, horreur, horrible, &c. où les deux rr se prononcent.

S.

D. Quand est-ce que l' s se prononce ordinairement ?

R. Elle se prononce avant ces consonnes, e, f, p, t, tant dans les mots qu’au commencement des mots, exemple, science, satisfaction, espace, stable.

D. Comment se prononce l' s qui est entre deux voyelles ?

R. On la prononce comme un z, on écrit Jesus, brasier, misere, aisément, maison, poison, désirer, peser, raser, &c. & on prononce Jezus, brazier, mizere, aizement, maizon maizon, poizon, dézirer, pezer, razer, &c.

Quand un mot simple commence par une s, garde-t’elle sa prononciation dans les mots composés ?

R. Oui, on écrit & on prononce séance, soleil, préseance, parasol.

D. Quand l' s est au milieu d’un mot avant un autre consonne, faut-il la prononcer ?

R. Il faut quelquefois la prononcer comme dans ce mot, assister, & quelquefois il ne faut point la prononcer, parce qu’elle ne sert qu’à rendre les voyelles longues comme dans ces mots, pasle, prestre, maistre, & dans la troisiéme personne du subjontif terminée en ast, ist, ust, inst, exemple, il aimast, il périst, il connust, il tinst, mais on les écrit présentement sans s & on met ordinairement à la place un accent circonflexe sur la voyelle qui precede l' s, & qui a le même effet comme on l’a dit dans l’article de l' ê ouvert.

D. L’s se prononce-t-elle à la fin des mots ?

R. Elle ne se prononce point à la fin de ces mots, gras, soldats, esprits, & elle se prononce à la fin de ces mots, Apelles, Venus.

R. L’sne se prononce point dans tes mots, schisme, schismatique, car on dit, chisme, chismatique.

T

D. Comment le t se prononce-t-il lorsqu’il est suivi d’un i suivi d’une voyelle ?

R. Il se prononce comme l’s, On écrit action, fiction, portion , & On prononce acsion, ficsion, porsion, il faut en excepter quelques mots, qui finissent par ie, comme partie, sortie, pitié, amitié, &c.

II y a plusieurs mots terminés en tie, où le t se prononce comme un c, on écrit, prophétie, primaire, dalmatie, & on prononce, prophécie, primacie, dalmacie, &C.

D. Le t se prononce-t-il toujours comme une s quand il est suivi d’un i ?

R. Non, il ne se prononce pas de même quand il est précedé d’une s ou d’un x, comme dans ces mots, bastion mixtion, modestie, chrétien, question.

D. Quand le t est double que faut-il observer ?

R. Il faut n’en prononcer qu’un, dans ces mots, attaquer, attacher, attention, attrister, battre, matter, & plusieurs autres.

D. Le t se prononce-t-il à la fin des mots ?

R. Il se prononce à la fin de ces mots, sept, rapt, pact, suspect, huit, fat, &c. mais dans les autres, tantôt il se prononce, tantôt il ne se prononce point, comme il sera marqué dans la prononciation d’un discours suivi, dans la XXVII Instruction.

X.

D. Comment l’x se prononce-t-il ?

R. Il se prononce en plusieurs manieres ; il se prononce quelquefois comme un k, on écrit, exceller, excepter, exciter, & on prononce, ekceller, ekcepter, ekciter, 2. l’x se prononce quelquefois comme cs, on écrit Alexis, excès, luxure, & on prononce alecsis, ecsès, Lucsure, &c.

3. L’x se prononce quelquefois comme cz, on écrit examen, exhortation, exhibition, exemple, & on prononce egzamen, egzortation, egzibition, egzemple, &c.

4. Il se prononce quelquefois comme une s forte, on écrit, Xainte, six, dix, lexive, soixante, Auxerre, & on prononce, Sainte, sis, dis, lessive, soissante, Aucerre.

5. Enfin l’x se prononce quelquefois comme un z, on écrit deuxième, sixiéme, dixain, & on prononce deuziéme, siziéme, dizain, &c. on écrit, doux amusemens, heureux hommes, & on prononce, dou zamusemens, heureu zhommes.

D. L’x se prononce-t-il à la fin des mots ?

R. Non, on écrit, prix, croix, voix, paix, perdrix, crucifix, heureux, deux, poux, toux, & on prononce, pri, croi, voi, pais, perdri, crucifi, heureus, deu, pou, tou. Dans dix suivi de son substantif qui commence par une consonne, l’x ne se prononce point du tout, on écrit dix, six pistoles & on prononce di, si pistoles. Dans dix suivi de son substantif qui commence par une voyelle, & aux mots dix-huit, dix-neuf, x se prononce comme un z, on prononce diz-huit, diz-neuf, di zecus.

Y.

D. Comment l' y se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme un i voyelle, avec cette exception que lors qu’il est au milieu de deux voyelles, il n’entre jamais dans la composition de ce qu’on appelle diphtongue, exemple, voyant, ou voïant, moyen, ou moïen, voyelle, ou voïelle.

Quel effet l’y produit-il à l’égard de l' a qui le precede ?

R. Il en adoucit la prononciation, car alors cet a ne vaut qu’un é ouvert, on écrit payer, paysan, & on prononce, payer, paysan, & on prononce, péyer, péisan.

D. N’y-a-t’il point d’exception de cette regle ?

R. Oui, il faut prononcer l' a dans ces mots, ayant, payen, &c.

D. Lorsqu’après l' y il se trouve un i, comment se prononce-t-il ?

R. Il ne fait entendre qu’un i, sur lequel il faut appuier, & comme s’arrêter, ainsi ces mots nous voyions, vous voyiez se prononce autrement que nous voyons, vous voyez, & comme s’il y avoit deux ii dans ces mots.

Z

D. Comment se prononce le z ?

R. Il se prononce d’une maniere plus douce que l’s & a le même son que celui de l’s entre deux voyelles, exemple, zele, azur, zizanie, onze, treize, gazon.

D. Le z se prononce-t-il à la fin des mots ?

R. L’e de la syllabe où se trouve un z, se prononce comme un e masculin, exemple, degrez, prenez, marquez.

&

D. Comment cette lettre & se prononce-t’elle ?

R. Elle se prononce comme s’il y avoit ètte.

D. Quand & se trouve avant un c avec un point en cette maniere &c. qu’est-ce que signifient ces deux lettres ?

R. Elles signifient ètte cœtera ; par tout ailleurs, cette lettre & se prononce comme un e fermé, car on dit, un garçon, é une fille ; é après tout; é le reste, pour dire un garçon & une fille, & après tout, & le reste.

D. Quand il se trouve dans un mot françois deux consonnes de la même espece, comme deux bb, deux mm, deux nn, deux rr, deux ff, faut-il les prononcer toutes deux ?

R. Non, il faut n’en prononcer qu’une, on écrit, abbé, occasion, syllabe, homme, honnéte, corriger, dessus, & on prononce, abé, ocasion, sylabe, home, honête, coriger, deçus.

D. Cette regle de retrancher une consonne quand il s’en trouve deux de la même espece & de fuite dans le même mot est-elle genérale.

R. Non, cette regle n’est point tout-à-fait generale, il y a des exceptions, comme dans ces mots, accès, succès, succession, & quelques autres où il faut prononcer les deux cc ; il en est de même des deux ll, on les prononce dans ces mots, allusion, appellation, illusion.

XXVI INSTRUCTION.
Sur la prononciation des syllabes & des Mots.

D. QUand un enfant sçait bien prononcer les lettres, à quoi doit-il s’appliquer ?

R. Il doit s’appliquer à bien prononcer les syllabes & les mots.

D. Y-a-t’il des difficultés à remarquer sur la prononciation des syllabes & des mots ?

R. Oui, il y en a un grand nombre ; on va en exposer plusieurs.

EIN.

D. Comment ein se prononce-t-il ?

R. Ein se prononce comme ain, on écrit sein, plein, frein, & on prononce sain, plain, frain, &c.

EM , EN , & ENT.

D. Comment prononce-t-on em, en, & ent dans les noms & dans les adverbes ?

R. On les prononce comme an ou am ; on écrit, entendement, temple, tourment, inconvenient, ferment, Empereur, devotement, Rouen, &c. & on prononce, antandemant, tample, tonrmant, inconveniant, serman, Ampereur, devotemant, Rouan.

D. N’y-a-t-il point d’exception de cette regle generale ?

R. Oui, il y a plusieurs mots ou en, ne se prononce pas comme an 1 .Quand en est suivi d’une voyelle, exemple, énorme : 2. quand il est suivi d’une seconde n, ennemi, prenne 3. Agen ; 4. quand en est precédé d’un i ien, par exemple, à la fin des mots n’étant point suivi d’un t, dans ces mots, bien, mien, tien, sien, rien, Vespasien, Domitien, Logicien, Théologien, Parisien, In dien ; ient, 5. à la fin des troisiémes personnes singulieres de quelques verbes, comme il vient il tient ; dans tous ces mots & autres l’e se prononce ouvert & non pas comme un a.

D. Comment la particule en se prononce-t’elle ?

R. Elle se prononcé comme an, on écrit, en esprit, & en vérité, & on prononce an-esprit, & en-verité.

D. Ent, à la fin d’un verbe se prononce-t-il ?

R. Non, on écrit ils chantent, ils lisent, ils aiment, & on prononce ils chante, ils lise, ils aime, comme s’il n’y avait point nt.

ER ouvert.

D. Comment er dans les mots avant une consonne , erd & ert à la fin des mots & ers à la fin de quelques noms, des prépositions & des adverbes se prononcent-ils ?

R. Ils se pronoccent comme er ouvert ; exemple, perle, verds, decouvert, enfers, travers.

D. Comment er à la fin des verbes infinitifs, & des noms appellatifs, avant une consonne ou à la fin d’un sens, se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme l’é fermé ; on écrit, aimer, donner, berger, boucher, & on prononce, aimé, donné, bergé, bouché, comme il sera dit dans les Remarques sur la prononciation d’un discours suivi.

D. N’y a-t-il point quelque exception de cette regle ?

R. Oui, dans les mots leger, amer, cher, hiver, l' ê est ouvert.

EST, ES & ETS.

D. Comment est, es & ets à la fin des mots se prononcent-ils ?

R. Ils se prononcent comme l' ê ouvert, exemple, c'est, décès, bonnets, se prononcent comme c' êst, decês, bonnêts.

D. Commen és marqué d’un accent I aigu & ez à la fin des mots se prononcent-ils ?

R. Ils se prononcent comme l' é fermé ; on écrit bontés, degrez, & on prononce bonté, degré.

ES.

D. Comment es sans accent se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme e féminin ou muet, & on écrit, ames, perles, &c, & on prononce, ame, perle, &c.

D. Comment ces monosyllabes ou mots d’une seule syllabe ces, des, mes, ses, tes, es, se prononcent-ils ?

R. Ils se prononcent toujours comme ouvert, quoique sans accent.

IER.

D. Comment ier à la fin des mots se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme l’é masculin ou fermé ; on écrit, barbier, poirier, & on prononce barbié, poirié.

IM, IN.

D. Comment im & in se prononcent-ils dans les monosyllabes suivans, du thim, du crin, du vin, fin, Inde & autres, comme timbre.

R. Ils se prononcent comme ein ou ain. Prononcez donc ces mots comme s’ils étoient ainsi écrits, du thein, du crein, du vein, sein, einde, teimbre, étant censés monosyllabes.

AN , EN, IN , ON & UN
à la fin des mots avant une voyelle.

D. Comment se prononcent l’n de an, en, in, on & un à la fin des mots avant une voyelle ?

R. L’n se prononce d’une maniere differente dans les noms substantifs & dans les noms adjectifs suivis de leurs substantifs. Dans les noms substantifs l’n se prononce toujours à la fin des mots avant une voyelle comme avant une consonne, c’est-à-dire , avec un son foible ; mais l' n finale des adjectifs suivis de leurs substantifs qui commencent par une voyelle, se prononce fortement, comme s’il y avoir deux n. Voyez ce que nous avons dit ci-dessus pag. 86 & suiv.

D. Comment im & in se prononcent-ils à la fin des mots ?

R. Ils se prononcent comme ein ; on écrit, destin, festin, cherubim, & on prononce, destein, festein, cherubein, &c.

D. Im & in ne se prononcent-ils pas toujours comme ils s’écrivent, quand ils sont suivis d’une autre m ou n, ou d’une voyelle ?

R. Oui, tous conviennent qu’on les prononce pour lors comme on les écrit : exemple, immersion, innover, inoui, inaction.

OM, ON.

D. Comment om & on se prononcent-ils ?

R. Ils se prononcent comme on ; on écrit, nom, sombre, ponts, monts, & on prononce, non, sonbre, pon, &c.

UM & UN.

D. Comment prononce-t-on um & un ?

R. On les prononce comme eun, on écrit, quelqu’un, aucuns, humble, & on prononce quelqueun, heumble, &c. mais dans les mots Latins devenus François, on les prononce comme on, un Factum, prononcez un Facton.

XXVII. INSTRUCTION.
Remarques sur la prononciation d’un Discours François suivi.

D. QUand un mot se termine par une consonne, & que le mot suivant commence par une voyelle ou une h muette, que faut-il observer ?

R. Il faut prononcer & faire sonner la consonne qui finit le premier mot ; exemple, chanter agréablement, il parloit à Pierre, bons enfans. Il faut prononcer l' r, le t & l’s de ces trois mots, chanter, parloit, bons ; il est homme de bien, le t d’est se prononce.

D. Que faut-il faire pour observer exactement cette regle ?

R. il faut joindre les consonnes, qui finissent les mots aux voyelles qui commencent les mots suivans, & prononcer ces mots comme s’ils étoient ainsi écrits, chanté-r-agréablement. Il parloi-t-à Pierre, bonz-en fans, parce que l’s de bons se prononce comme un z. Il es-t-homme de bien.

D. N’y a-t-il point d’exception dans cette regle generale ?

R. Oui, dans ces mots camp & drap devant une voyelle, le p ne se prononce pas. On écrit camp ennemi, drap excellent, & l’on prononce can ennemi, dra excellent. Dans les mots finis en rd ou rt , on ne prononce que l’r, quand le mot est suivi d’une voyelle : exemple, Jesus-Christ s'est offert à son Pere ; notre sort est entre les mains de Dieu ; la mort est terrible ; il perd au jeu ; il court à sa perte ; un effort extrême ; il est fort & courageux.

D. Cette remarque est-elle generale ?

R. Il faut en excepter l’Adverbe fort avant une voyelle, exemple, Cet enfant est fort aimable & fort obéissant. Prononcez, for-t-aimable, for-t-obéissant.

D. Cette regle a-t-elle lieu dans les mots qui ne doivent point être liés ensemble ?

R. Non, exemple, Cet enfant obeissant est agréable à son pere ; il ne faut point prononcer le t de ces mots, enfant, obeissant. C’est pour cette raison que le t de & ne se prononce jamais, exemple, il est chéri & aimé, riche & heureux.

D. Quand un mot, & particulièrement un verbe finit par une consonne, & que le mot suivant commence par une consonne ou une h aspirée, que faut-il observer ?

R. Il ne faut point prononcer la consonne qui finit le premier mot : exemple, dans ces mots, regarder travers ; il parloit de Dieu, il faut lire, regardé de travers ; il parloi de Dieu ; les Hollandois sont hardis.

D. N’y a-t-il point de mots exceptés de cette regle generale ?

R. Oui, il y en a ausquels la derniere consonne est essentielle, & qu’on ne peut par conséquent supprimer, quand ils seroient suivis des mots qui commencent par une consonne, comme sont ces mots, car, ferveur.

D. Quelles sont les consonnes qui se prononcent ordinairement, soit qu’il suive des consonnes ou qu’il n’en suive point ?

R. Ce sont le c, l’l le q & le t : exemple, bec, Duc, animal, cheval, coq, fat.

D. Que si l’on respire, ou si l’on fait une pause, à cause d’une virgule ou d’un point qui est, après les mots qui finissent par des consonnes, doit-on les faire sonner, quoiqu’ils soient suivis de mots qui commencent par des voyelles ?

R. Non, car la respiration ou la pause fait perdre la force de la consonne, & on prononce ces mots comme s’il n’y avoit point de consonne ; ce qui s’observe encore en syllabant, comme on l’a déjà remarqué dans la treiziéme Instruction precedente.

D. Qu’a-t-on fait pour éviter la prononciation dure ?

R. On a établi l’élision.

D. Qu’est-ce que l’élision ?

R. C’est le retranchement qu’on fait de quelque voyelle en écrivant ou en parlant.

D. Qu’est-ce que l’élision qui se fait en écrivant ?

R. C’est la suppression de la première des deux voyelles qui se suivent, comme il paroît dans les articles qu’on joint aux mots dont ils sont articles. Exemple, l'esprit, l' armée, sont composés chacun de deux mots, le esprit, la armée.

D. Que fait-on pour ôter la rudesse de cette prononciation ?

R. On fait une élision , c’est-à-dire, que l'on supprime l’e dans le mot le, & l' a dans le mot la, & par cette suppression on lit & on prononce, l’esprit, comme si ce n'étoit qu’un seul mot, & l’armée de la même maniere.

D. De quelles voyelles se fait l’élision ?

R. Elle ne se fait que de l' a & de l' e ; les trois autres voyelles ne souffrent point d’élision.

D. Quand doit-on faire l’élision en parlant, quoiqu’elle ne soit pas faite dans l’écriture ?

R. On la fait quand un mot finit par un e muet, & que celui qui fuit commence par une voyelle, on doit prononcer les deux mots à la fois sans les séparer ; exemple, on écrit, notre ami, votre enfant, belle ame, & on prononce, notr-ami, votr-enfant, bell-ame.

D. Ne fait-on point encore l'élision dans d’autres mots ?

R. Oui, on fait l’élision de l' e du mot grande, exemple, on prononce, on y a fait grand’chere, ce n'est pas grand'chose, ma grand'mere, c’est grand'pitié, à grand'peine, il eut grand'peur, la Grand’Messe , la Grand'Chambre. Si le mot grande est précédé de quelque particule telle que une, la plus, très, fort, l’ e se prononce ; car on dit une grande chambre, la plus grande chere, très-grande peur. Il faut excepter, grand'mere, Grand'Messe.

XXVIII. INSTRUCTION.
Principes de la Langue Françoise,
dont les Enfans doivent être instruits
pour pouvoir se perfectionner
dans la lecture Françoise & dans
l'Ortographe.
1.§.
De l’Article & du Nom.

D. Enfin quel moyen les enfans doivent-ils employer pour se perfectionner dans la lecture Françoise ?

R. C’est de se bien instruire des premiers principes de cette langue.

D. Quels sont ces premiers principes de la langue Françoise que les enfans doivent sçavoir pour bien lire le François ?

R. Ce sont les termes dont tous les différens livres & les discours François sont composés.

D. Combien y a-t-il de sortes de termes ou de mots dans la langue Françoise ?

R. Il y en a huit.

D. Nommez-les.

R. 1 L’Article.

2 Le Nom.

3 Le Pronom.

4 Le Verbe.

5 L’Adverbe.

6 La Préposition.

7 La Conjonction.

8 L’Interjection.

D. Qu’est-ce que l’Article ?

R. C’est un terme de la langue, qui marque le genre, le nombre & le cas des Noms.

D. Quels sont ces Articles.

R. Ces Articles sont le, la, les, de, du, des, à, aux, qui se mettent avant les Noms.

D. Qu’est-ce que le Nom ?

R. C’est un mot qui sert à nommer les choses, ou les personnes, ou leurs qualités.

D. Combien y a-t-il de sortes de Noms ?

R. Il y en a de deux sortes, le Nom substantif & le Nom adjecif.

D. Qu’est-ce que le Nom substantif ?

R. C’est un terme de la langue qui signifie les choses ou les personnes ; exemple, table, livre, signifient des choses ; Louis, Jean, signifient des personnes, & par conséquent ces choses & ces personnes sont des Noms substantifs.

D. Qu’est-ce que le Nom adjecif ?

R. C’est un terme de la langue, qui désigne la nature, la difference & les qualités des choses & des personnes. Exemple, table ronde, Louis le Juste ; ces noms, ronde, juste, sont des adjectifs qu’on joint aux noms substantifs, & qui en expriment la qualité & la différence.

D. Qu’est-ce que le Genre que l’Article fait connoître ?

R. C’est un terme de la langue, qui sert à marquer la nature des choses.

D. Combien y a-t-il de Genres ?

R. Il y en a deux, le Genre masculin & le Genre féminin.

D. Qu’est-ce que le Genre masculin ?

R. C’est celui qui convient à l’homme, & à tout ce qui a rapport à l’homme.

D. Qu’est-ce que le Genre feminin ?

R. C’est celui qui convient à la femme, & à tout ce qui a rapport à la femme.

D. Comment connoît-on qu’un nom est masculin ou feminin ?

R. On connoît qu’un nom est masculin quand l’article le ou un est auparavant ; & on connoît qu’il est féminin, quand l’article est la ou une. Le Roi, un livre, sont des noms masculins. La Reine, une planche, sont des noms féminins.

D. C’est donc l’article le ou un qui marque le masculin, & l’article la ou une qui marquent le féminin ?

R. Oui, l’article le ou un marquent le masculin, & la ou une marquent le féminin.

D. Combien y a-t-il de nombres dans les Noms ?

R. Il y en a deux, le Singulier & le Plurier.

D. Qu'est-ce que le Singulier ?

R. C’est celui qui ne s’entend que d’un seul, comme un Maître, est un nombre singulier.

D. Qu’est-ce que le plurier ?

R. C’est celui qui s’entend de plusieurs. Deux Ecoliers, est un nombre plurier.

D. Quels sont les Articles qui marquent le nombre singulier ?

R. Ce sont les Articles le, la, un, une, de, du, à, au ; le livre, la doctrine du Maître, à la table, au pere, sont des Noms du nombre singulier.

D. Quels sont les Articles qui marquent le nombre plurier ?

R. Ce sont les Articles les, des, aux ; les Chrétiens, des Saints, aux ames, sont des noms du nombre plurier.

D. Combien y a-t-il de cas dans les Noms que l’Article marque ?

R. Il y en a six ; le Nominatif, le Génitif, le Datif, l’Accusatif, le Vocatif & l’Ablatif.

D. Quels sont les Articles qui marquent les cas des Noms au singulier ?

R. Les Articles le ou la marquent le Nominatif, l’Accusatif & le Vocatif ; à ou au le Datif ; de ou du le Génitif & l’Ablatif du Singulier.

D. Quels sont les Articles qui marquent les cas des Noms au Plurier ?

R. L’Article les marque le Nominatif, l’Accusatif & le Vocatif ; aux, le Datif ; des, le Genitif & l’Ablatif du Plurier.

D. Qu’est-ce qui paroît par rapport à la disposition des Articles, à l’égard des cas des Noms ?

R. II paroît 1. que le même Article sert pour le Nominatif, l’Accusatif & le Vocatif : 2. que le Datif a son Article propre : 3. que le Genitif & l’Ablatif ont le même Article.

D. Que faut-il sçavoir des Noms pour la perfection de la lecture Françoise & de l’ortographe ?

R. Il faut sçavoir les décliner.

D. Qu’est-ce que décliner un Nom ?

R. C’est mettre auparavant un Article qui marque en quel cas est le Nom.

D. Donnez un exemple de la déclinaison des Noms ?

NOM MASCULIN.

Singulier. Nom. Acc. Voc. le pere. Datif. au pere. Gen. Abl. du pere.

Nom Mascul.
Singulier.

Nom. Acc. Voc. le livre. Datif. au livre. Gen. Abl. du livre.

Plurier.

Nom. Acc. Voc. les livres. Datif. aux livres. Gen. Abl. des livres.

Nom Mascul.
Singulier.

Nom. Au. Voc. l’esprit. Datif. à l’esprit. Gen. Abl. de l’esprit.

Plurier
.

Nom. Acc. Voc. les esprits. Datif. aux esprits. Gen Abl. des esprits,

Plurier.

Nom. Acc. Voc. les peres. Datif. aux peres. Gen. Ablat. des peres.

NOM FEMIN.
Singulier.

Nom. Acc, Voc. la table. Datif. à la table. Gen. Abl. de la table.

Plurier.

Nom. Acc. Voc. les tables. Datif. aux tables. Gen. Abl. des tables.

NOM FEMIN.
Singulier.

Nomin. Acc. Vocat. l’ame. Datif. à l’ame. Gen. Abl. de l’ame.

Plurier.

Nom. Acc. Voc. les ames. Datif. aux ames. Gen, Abl. des ames.

NOM MASCUL.
Singulier.

Nom. Acc. Voc. un chien. Datif. à un chien. Gen. Abl. d’un chien.

Plurier.

Nom. Acc. Voc. les chiens. Datif. aux chiens. Gen. Abl. des chiens.

NOM FEMIN.
Singulier.

Nom. Ac. Voc. une Eglise Datif. à une Eglise. Gen. Ab. d'une Eglise.

Plurier.

Nom. Acc. Voc. les Eglises. Datif. aux Eglises. Gen. Abl. des Eglises.


Les Noms propres n’ont point
de Plurier
.

Nomin. Acc. Voc. Jesus Datif. à Jesus. Gen. Abl. de Jesus.

Nom. Ac. Voc. Nicolas. Datif. à Nicolas. Gen. Abl. de Nicolas.

Nom Ac. Voc. Paris. Datif. à Paris. Genit. Abl. de Paris.

Nom. Acc. Vocat. Rouen. Datif. à Rouen. Gen. Abl. de Rouen.

2. §.
DU VERBE.

D. Que signifie ce mot de Verbe ?

R. Il signifie la parole par excellence ; car sans un Verbe on ne sçauroit rien dire ni rien écrire qui ait un sens fini & suivi.

D. Quand est-ce qu’un mot est Verbe ?

R. Quand on peut y joindre une de ces trois personnes, je, tu, il ou elle ; nous, vous, ils ou elles. Prier est un Verbe ; car on peut dire, je prie, tu pries, il ou elle prie, nous prions, vous priez, ils ou elles prient.

D. Combien y a-t-il de nombres dans les Verbes ?

R. IL y en a deux, le Singulier, où l’on ne parle que d’un, & le Plurier, où l’on parle de plusieurs.

D. Combien y a-t-il de personnes dans les Verbes ?

R. Il y en a trois, je, tu, il ou elle pour le Singulier ; nous, vous, ils ou elles pour le Plurier.

D. Marquez ces personnes ?

R. Je est la premiere personne du Singulier, tu la seconde, il ou elle la troisiéme. Nous est la premiere personne du Plurier, vous la seconde, ils ou elles la troisiéme.

D. Combien y a-t-il de tems dans les Verbes ?

R. Il y en a trois principaux, le tems présent, le tems passé ou parfait, le tems à venir ou le futur ; les autres tems participent de ces trois.

D. Combien y a-t-il de modes ou de mœufs dans les Verbes ?

R. Il y en a cinq, l’Indicatif, l’Impératif, le Subjonctif, l’Infinitif & le Participe.

D. Combien y a-t-il de sortes de Verbes ?

R. Il y en a de deux sortes, le Verbe Actif & le Verbe Passif.

D. Qu’est-ce que le Verbe Actif ?

R. C’est un terme de la langue qui signifie une action que l’on fait de corps ou d’esprit ; exemple, marcher, penser, raisonner, sont des Verbes actifs, parce qu’ils signifient des actions du corps ou de l’esprit.

D. Qu’est-ce que le Verbe Passif ?

R. C’est un terme de la langue qui signifie les actions ; exemple, un enfant désobéissant a été puni par son pere, Pierre a été instruit par son maître, ce sont des Verbes passifs, parce qu’ils signifient des actions du pere sur son enfant désobéissant, & du maître envers son écolier, que ne sont pas l’enfant & l’écolier, mais dont ils sont l’objet & le sujet.

D. Que faut-il encore sçavoir des Verbes pour bien lire & pour écrire correctement ?

R. II faut sçavoir les conjuguer.

D. Qu’est-ce que conjuguer un Verbe ?

R. C’est le diversifier dans ses tems & dans ses personnes en toutes sortes de manieres.

D. Que faut-il d’abord sçavoir pour bien conjuguer toutes sortes de Verbes ?

R. Il faut posseder parfaitement la conjugaison des Verbes de secours Avoir & Etre, parce que sans sçavoir bien conjuguer ces deux Verbes, on ne peut pas bien conjuguer les autres.

Conjugaison du Verbe de secours
Avoir.

D. Conjuguez le Verbe de secours Avoir ?

R. INDICATIF.

Présent.

Singulier. J’ai, tu as, il a ou elle a. Plurier. Nous avons, vous avez, ils ont ou elles ont.

Imparfait.

Singul. J’avois, tu avois, il avoit. Plurier. Nous avions, vous aviez, ils avoient.

Parfait ou Passé.

Singul. J’eus, tu eus, il eut. Plur. Nous eûmes, vous eûtes, ils eurent.

Autre Parfait.

singul. J’ai eu, tu as eu, il a eu.

plur. Nous avons eu, vous avez eu, ils ont eu.

Autre Parfait
.

singul. J’eus eu, tu eus eu, il eut eu.

plur. Nous eûmes eu, vous eûtes eu, ils eurent eu.

Plusque-Parf. ou Plusq.Passé.

singul. J’avois eu, tu avois eu, il avoit eu.

plur. Nous avions eu, vous aviez eu, ils avoient eu.

Futur ou temps à venir.

singul. J’aurai, tu auras, il aura.

plur. Nous aurons, vous aurez, ils auront.

IMPERATIF
.
Présent.

singul. Ayes, qu’il ait.

plur. Ayons, ayez, qu’ils ayent.

SUBJONTIF.
Présent.

Sing. Que j’aye, que tu ayes, qu’il ait.

plur. Que nous ayons, que vous ayez, qu’ils ayent.

Imparfait.

sing. J’aurois, tu aurois, il auroit.

plur. Nous aurions, vous auriez, ils auroient.

Autre Imparfait.

sing. J’eusse, tu eusses, il eût.

plur. nous eussions, vous eussiez, ils eussent.

Parfait.

sing. J’aye eu, tu ayes eu, il ait eu.

plur. nous ayons eu, vous ayez eu, ils ayent eu.

Plusque-Parfait.

sing. j’eusse eu, tu eusses eu, il eut eu.

plur. nous eussions eu, vous eussiez

eu, ils eussent eu.
Autre Plusque-Parfait.

sing. j’aurois eu, tu aurois eu, il auroit eu.

plur. nous aurions eu, vous auriez eu, ils auroient eu.

futur.

sing. j’aurai eu, tu auras eu, il aura eu.

plur. nous aurons eu, vous aurez eu, ils auront eu.

INFINITIF.

Présent. Avoir. Parfait. Avoir eu.

PARTICIPE.

Présent. Ayant. Parfait. Ayant eu.

Conjugaison du Verbe de secours
ETRE.
INDICATIF.
Présent.

sing. Je suis, tu es, il est.

plur. nous sommes, vous êtes, ils sont.

Imparfait
.

sing. j’etois, tu étois, il étoit. plur. nous étions, vous étiez, ils étoient.

Parfait
.

sing. je fus, tu fus, il fut.

plur. nous fûmes, vous fûtes, ils furent.

Autre Parfait.

sing. j’ai été, tu as été, il a été.

plur. nous avons été, vous avez été, ils ont été.

Autre Parfait.

sing. j'eus été, tu eus été, il eut été.

plur. nous eûmes été, vous eûtes été, ils eurent été.

Plusque-Parfait
.

sing. j’avois été, tu avois été, il avoit été.

plur. nous avions été, vous aviez été, ils avoient été.

Futur.

sing. je ferai, tu feras, il fera.

plur. nous ferons, vous ferez, ils feront.

IMPERATIF.

sing. sois, qu’il soit.

plur. soyons, soyez, qu’ils soient.

SUBJONCTIF.
Present.

sing. que je sois, que tu sois, qu’il soit.

plur. que nous soyons, que vous soyez, qu’ils soyent.

Imparfait.

sing. je ferois, tu ferois, il feroit.

plur. nous ferions, vous feriez, ils feroient.

Autre Imparfait.

sing. je fusse, tu fusses, il fût.

plur. nous fussions, vous fuissiez, ils fussent.

Parfait.

sing. j’aye été, tu ayes été, il ait été.

plur. nous ayons été, vous ayez été, ils ayent été.

Plusque-Parfait.

sing. j aurois été, tu aurois été, il auroit été. plur. nous aurions été, vous auriez été, ils auroient été.

Autre Plusque-Parfait,

sing. j’eusse été, tu eusses été, il eût été.

plur. nous eussions été, vous eussiez été, ils eussent été.

Futur.

sing. j’aurai été, tu auras été, il aura été.

plur. nous aurons été, vous aurez été, ils auront été.

I N F I N I T IF.

Présent. Etre. Parfait. Avoir été.

PARTICIPE.

Présent. Etant. Passé. Ayant été.

Conjugaison du Verbe Actif
AIMER.
INDICATIF.

sing. J’aime, tu aimes, il aime.

plur. nous aimons, vous aimez, ils aiment.
Imparfait.

sing. j’aimois, tu aimois , il aimoit.

plur. nous aimions, vous aimiez, ils aimoient.

Parfait.

sing. j’aimai, tu aimas, il aima.

plur. nous aimâmes, vous aimâtes, ils aimèrent.

Autre Parfait.

sing. j’ai aimé, tu as aimé, il a aimé.

plur. nous avons aimé, vous avez aimé, ils ont aimé.

Autre Parfait.

sing. j’eus aimé, tu eus aimé, il eut aimé.

plur. nous eûmes aimé, vous eûtes aimé, ils eurent aimé.

Plusque-Parfait.

sing. j’avois aimé, tu avois aimé, il avoit aimé.

plur. nous avions aimé, vous aviez

aimé, ils avoient aimé.
Futur.

sing. j’aimerai, tu aimeras, il aimera.

plur. nous aimerons, vous aimerez, ils aimeront.

IMPERATIF.

sing. aime, qu’il aime.

plur. aimons, aimez, qu’ils aiment.

SUBJONCTIF.
Présent.

sing. que j’aime, que tu aimes, qu’il aime.

plur. que nous aimions, que vous aimiez, qu’ils aiment.

Imparfait.

sing. j’aimerois, tu aimerois, il aimeroit.

plur. nous aimerions, vous aimeriez , ils aimeroient.

Autre Imparfait.

sing. j'aimasse, tu aimasses, il aimât. plur. nous aimassions, vous aimassiez, ils aimassent.

Parfait.

sing. j’aye aime, tu ayes aimé, il ait aimé.

plur. nous ayons aimé, vous ayez aimé, ils ayent aimé.

Plusque-Parfait
.

sing. j’aurois aimé, tu aurois aimé, il auroit aimé.

plur. nous aurions aimé, vous auriez aimé, ils auroient aimé.

Autre Plusque-Parfait.

sing. j’eusse aimé, tu eusses aimé, il eût aimé.

plur. nous eussions aimé, vous eussiez aimé, ils eussent aimé.

Futur.

sing. j’aurai aimé, tu auras aimé, il aura aimé.

plur. nous aurons aimé, vous aurez aimé, ils auront aimé.

INFINITIF.

Présent. Aimer. Passé. Avoir aimé.

PARTICIPE.

Présent. Aimant. Passé. Ayant aimé.

Tous les Infinitifs des Verbes François sont en ER, en IR , en OIR , en RE ; ce sont les quatre Conjugaisons.

EXEMPLE des Verbes en ER.
DONNER, AVOIR DONNÉ.

Singul. Je donne, tu donnes, il donne.

plur. nous donnons, vous donnez, ils donnent.

sing. je donnois , tu donnois, il donnoit.

plur. nous donnions, vous donniez, ils donnoient.

sing. je donnai, tu donnas, il donna.

plur. nous donnâmes, vous donnâtes, ils donnerent.

sing. j’ai donné, tu as donné, il a donné. plur. nous avons donné, vous avez donné, ils ont donné.

sing. j’eus donné, tu eus donné , il eut donné.

plur.nous eûmes donné, vous eûtes donné , ils eurent donné.

sing. j’avois donné, tu avois donné, il avoit donné.

plur. nous avions donné, vous aviez donné, ils avoient donné.

sing. je donnerai, tu donneras , il donnera.

plur. nous donnerons, vous donnerez, ils donneront.

sing. que je donne, que tu donnes, qu’il donne.

plur. que nous donnions, que vous donniez, qu’ils donnent.

sing. je donnerois, tu donnerois, il donneroit.

plur. nous donnerions, vous donneriez, ils donneroient.

sing. je donnasse, tu donnasses, il donnât. plur. nous donnassions, vous donnassiez, ils donnassent.

sing. j'aye donné, tu ayes donné, il ait donné.

plur. nous ayons donné, Vous ayez donné, ils ayent donné.

sing. j’aurois donné, tu aurois donné, il auroit donné.

plur. nous aurions donné, Vous auriez donné, ils auroient donné.

sing. j’eusse donné, tu eusses donné, il eût donné.

plur. nous eussions donné, vous eussiez donné, ils eussent donné.

sing. j’aurai donné, tu auras donné, il aura donné.

plur. nous aurons donné, vous aurez donné, ils auront donné.

Donne, qu’il donne. Donnons, donnez, qu’ils donnent. Donnant, ayant donné.

EXEMPLE des Verbes en IR.
AVERTIR. Avoir averti.

S. J’avertis, tu avertis, il avertit.

P. Nous avertissons, vous avertissez, ils avertissent.

s. j’avertissois, tu avertissois, il avertissoit.

p. nous avertissions, vous avertissiez, ils avertissoient.

s. j’avertis, tu avertis, il avertit.

p. nous avertîmes, vous avertîtes, ils avertirent.

s. j’ai averti, tu as averti, il a averti.

p. nous avons averti, vous avez averti, ils ont averti.

s. j’eus avertis, tu eus averti, il eut averti.

p. nous eûmes averti, vous eûtes averti, ils eurent averti.

s. j’avois averti, tu avois averti, il avoit averti.

p. nous avions averti, vous aviez averti, ils avoient averti. s. j’avertirai, tu avertiras, il avertira.

p. nous avertirons, vous avertirez, ils avertiront.

s. que j’avertisse, que tu avertisses, qu’il avertisse.

p. que nous avertissions, que vous avestissiez, qu’ils avertissent.

s. j’avertirois, tu avertirois, il avertiroit.

p. nous avertirions, vous avertiriez, ils avertiroient.

s. j’aye averti, tu ayes averti, il ait averti.

p. nous ayons averti, vous ayez averti, ils ayent averti.

s. j’aurois averti, tu aurois averti, il auroit averti.

p. nous aurions averti, Vous auriez averti, ils auroient averti.

s. j’eusse averti, tu eusses averti, il eût averti.

p. nous eussions averti, Vous eussiez averti, ils ussent averti.

s. j’aurai averti, tu auras averti, il aura averti. p. nous aurons averti, vous aurez averti, ils auront averti.

s. Avertis, qu’il avertisse.

p. Avertissions, avertissez, qu’ils avertissent.

Avertissant, ayant averti.

EXEMPLE des Verbes en OIR.
RECEVOIR. Avoir reçu.

S. Je reçois, tu reçois, il reçoit.

p. nous recevons, vous recevez, ils reçoivent.

s. je recevois, tu recevois, il recevoit.

p. nous recevions, vous receviez, ils recevoient.

s. je reçus, tu reçus, il reçut.

p. nous reçumes, vous reçutes, ils reçurent.

s. j’ai reçu, tu as reçu, il a reçu.

p. nous avons reçu, vous avez reçu, ils ont reçu.

s. j’eus reçu, tu eus reçu, il eut reçu. p. nous eûmes reçu, vous eûtes reçu, ils eurent reçu.

s. j’avois reçu, tu avois reçu, il avoit reçu.

p. nous avions reçu, vous aviez reçu, ils avoient reçu.

s. je recevrai, tu recevras, il recevra.

p. nous recevrons, vous recevrez, ils recevront.

s. que je reçoive, que tu reçoives, qu’il reçoive.

p. que nous recevions, que vous receviez, qu’ils reçoivent.

s. je recevrois, tu recevrois, il recevroit.

p. nous recevrions, vous recevriez, ils recevroient.

s. je reçusse, tu reçusses, il reçût.

p. nous reçussions, vous reçussiez, ils reçussent.

s. j’aye reçu, tu ayes reçu, il ait reçu.

p. nous ayons reçu, vous ayez reçu, ils ayent reçu. s. j’aurois reçu, tu aurois reçu, il auroit reçu.

p. nous aurions reçu, vous auriez reçu, ils auroient reçu.

s. j’eusse reçu, tu eusses reçu, il eût reçu.

p. nous eussions reçu, vous eussiez reçu, ils eussent reçu.

s. j’aurai reçu, tu auras reçu, il aura reçu.

p. nous aurons reçu, vous aurez reçu, ils auront reçu.

s. Reçoi, qu’il reçoive.

p. Recevons, recevez, qu’ils reçoivent.

Recevant, ayant reçu.

EXEMPLE des Verbes en RE.
APPRENDRE. Avoir appris.

Sing. J’apprens, tu apprens, il apprend.

p. nous apprenons, vous apprenez, ils apprennent.

s. j’apprenois, tu apprenois, il apprenoit. p. nous apprenions, vous appreniez, ils apprenoient.

s. j’appris, tu appris, il apprit.

p. nous apprimes, vous apprites, ils apprirent.

s. j’ai appris, tu as appris, il a appris.

p. nous avons appris, vous avez appris, ils ont appris.

s. j’eus appris, tu eus appris, il eut appris.

p. nous eûmes appris, vous eûtes appris, ils eurent appris.

s. j’avois appris, tu avois appris, il avoit appris.

p. nous avions appris, vous aviez appris, ils avoient appris.

s. j’apprendrai, tu apprendras, il apprendra.

p. nous apprendrons, vous apprendrez, ils apprendront.

s. que j’apprenne, que tu apprennes, qu’il apprenne.

p. que nous apprenions, que vous appreniez, qu’ils apprennent. s. j’apprendrois , tu apprendrois ,il apprendroit.

p. nous apprendrions, vous apprendriez, ils apprendroient.

s. j’apprisse, tu apprisses, il apprît.

p. nous apprissions, vous apprissiez, ils apprissent.

s. j’aye appris, tu ayes appris, il ait appris.

p.nous ayons appris, vous ayez appris, ils ayent appris.

s. j’aurois appris, tu aurois appris, il auroit appris.

p. nous aurions appris, vous auriez appris, ils auroient appris.

s. j’eusse appris, tu eusses appris, il eût appris.

p. nous eussions appris, vous eussiez appris, ils eussent appris.

s. j’aurai appris, tu auras appris, il aura appris.

p. nous aurons appris, vous aurez appris, ils auront appris.

s. Apprens, qu’il apprenne. p. Apprenons, apprenez, qu’ils apprennent.

Apprenant, ayant appris.

Voici une Liste des Verbes, où l’on n’a mis que la première personne des Tems, ajoutez-y les autres personnes par le moyen de je, tu, il, nous, vous, ils, qui font les trois personnes des Verbes pour le singulier & pour le plurier.

APPARTENIR. Verbe Neutre.

J’appartiens, &c. j’appartenois. j’appartins. j’ai appartenu. j’avois appartenu. j’appartiendrai. j’appartienne. j’appartiendrois.

j’appartinsse. j’aye appartenu. j’aurois appartenu. j’eusse appartenu. j’aurai appartenu. appartenant. ayant appartenu.

BOIRE. Verbe Actif.

Je bois, &c. je buvois. je bûs. j’ai bû. j’avois bû. je boirai. je boive, je boirois.

je bûsse. j’aye bû. j’aurois bû. j’eusse bû. j’aurai bû. buvant.

ayant bû.
COMPRENDRE. Verbe Actif.

Je comprens, &c. je comprenois. je compris, j’ai compris, j’avois compris, je comprendrai, je comprenne. je comprendrois.

je comprisse. j’aye compris, j’aurois compris, j’eusse compris, j’aurai compris, comprenant, ayant compris.

DEBATRE. Verbe Actif.

Je débats, &c. je debatois. je débatis. j’ai débatu. j’avois débattu. je débatrai. je débate. je débatrois. je débatisse. j’aye débatu. j’aurois débatu. j’eusse débatu. j’aurai débatu. débatant. ayant débatu.

ECRIRE. Verbe Actif.

J’écris, &c. j’écrivois. j’écrivis. j’ai écrit. j’avois écrit. j’écrirai. j’écrive. j’écrirois. j’écrivisse. j’aye écrit. j’aurois écrit. j’eusse écrit. j’aurai écrit. écrivant.

ayant écrit.
FAIRE. Verbe Actif.

Je fais, &c.

je faisois.

je fis.

j’ai fait.

j’avois fait.

je ferai.

je fasse.

je ferois.

je fisse.

j’aye fait.

j’aurois fait.

j’eusse fait.

j’aurai fait.

faisant.

ayant fait.

GARANTIR. Verbe Actif.

Je garantis, &c.

je garantissois.

je garantis.

j’ai garanti.

j’avois garanti.

je garantirai.

je garantisse.

je garantirois.

je garantisse.

j’aye garanti.

j’aurois garanti.

j’eusse garanti.

j’aurai garanti.

garantifiant. ayant garanti.

HAIR. 'Verbe Actif.

Je hais, &c.

je haïssois.

je haïs.

j’ai haï.

j’avois haï.

je haïrai.

je hairois.

Je haïsse.

J'aye haï.

J'aurois haï.

J'eusse haï.

j’aurai haï.

haïssant.

ayant haï.

INSTRUIRE. Verbe Actif.

J’instruis, &c. j’instruisis.

j’ai instruit.

j’avois instruit.

j’instruirai.

j’instruise.

j’instrusisse.

j’aye instruit.

j’aurois instruit.

j’eusse instruit.

j’aurai instruit.

instruisant.

ayant instruit.

LANGUIR. Verbe Neutre.

Je languis, &c.

je languissois.

je languis.

j’ai langui.

j’avois langui.

je languirai.

je languisse.

je languirois.

je languisse.

j’aye langui.

j’aurois langui.

j’eusse langui.

j’aurai langui.

languissant.

ayant langui.

MAINTENIR. Verbe Actif.

Je maintiens, &c.

je maintenois.

je maintins.

j’ai maintenu.

j’avois maintenu.

je maintiendrai.

je maintienne.

je maintiendrois.

je maintinsse.

j’aye maintenu.

j’aurois maintenu.

j’eusse maintenu.

j’aurai maintenu.

maintenant.

ayant maintenu.

NAITRE. Verbe Neutre.

Je nais, &c.

je naissois.

je naquis.

je naisse.

je naîtrois.

je naquisse.

je sois né.

je fusse né.

je serai né.

naissant.

étant né.

OBTENIR. Verbe Actif.

J’obtiens, &c.

j’obtenois.

j’obtins.

j’ai obtenu.

j’avois obtenu.

j’obtiendrai.

j’obtienne.

j’obtiendrois.

j’obtinsse.

j’aye obtenu.

j’aurois obtenu.

j’eusse obtenu.

j’aurai obtenu.

obtenant.

ayant obtenu.

PAROITRE. Verbe Neutre.

Je parois, &c.

je paroissois.

je parus.

j’ai paru.

j’avois paru.

je paroitrai.

je paroisse.

je paroitrois.

je parusse.

j’aye paru.

j’aurois paru.

j’eusse paru.

j’aurai paru.

paroissant.

ayant paru.

QUÊTER. Verbe Actif.

Je quête, &c.

je quétois.

je quêtai.

j’ai quété.

j’avois quêté.

je quêterai.

je quéte.

je quéterois.

je quêtasse.

j’aye quêté.

j’aurois quêté.

j’eusse quêté.

j’aurai quêté.

quétant.

ayant quêté.

SE REPENTIR. Verbe réciproque.

Je me repens, &c.

je me repentois.

je me repentis.

je me suis repenti.

je m’étois repenti.

je me repentirai.

je me repente.

je me repentirois.

je me repentisse.

je me sois repenti.

je me serois repenti.

je me fusse repenti.

je me serai repenti.

se repentant.

s’étant repenti.

SÇAVOIR. Verbe actif.

Je sçais, &c.

je sçavois.

je sçûs.

j’ai sçû.

j’avois sçû.

je sçaurai.

je sçache.

je sçaurois.

je sçusse.

j’aye sçû.

j’aurois sçû.

j’eusse sçû.

j’aurai sçû.

sçachant.

ayant sçû.

TENIR. Verbe actif.

Je tiens, &c.

je tenois.

je tins.

j’ai tenu.

j’avois tenu.

je tiendrai.

je tienne.

je tiendrois.

je tinsse.

j’aye tenu.

j’aurois tenu.

j’eusse tenu.

j’aurai tenu.

tenant.

ayant tenu.

VOIR. Verbe actif.

Je vois, &c.

je voyois.

je vis.

j’ai vû.

j’avois vu.

je verrai.

je voye.

je verrois.

je visse.

j’aye vû.

j’aurois vû.

j’eusse vû.

j’aurai vû.

voyant.

ayant vû.


Le Verbe irrégulier ALLER est d'un grand usage, en voici la Conjugaison.

Aller.

Je vais ou je vas, tu vas, il va.

nous allons, vous allez, ils vont.

j’allois, tu allois, il alloit.

nous allions, vous alliez, ils alloient.

j’allai, tu allas, il alla.

nous allâmes, vous allâtes, ils allerent.

je suis allé, tu es allé, il est allé.

nous sommes allés, vous êtes allés, ils sont allés.

j’étois allé, tu étois allé, il étoit allé.

nous étions allés, vous étiez allés, ils étoient allés.

j’irai, tu iras, il ira.

nous irons, vous irez, ils iront,

j’aille, tu ailles, il aille.

nous allions, vous alliez, ils aillent.

j’irois, tu irois, il iroit.

nous irions, vous iriez, ils iroient.

j’allasse, tu allasses, il allât.

nous allassions, vous allassiez, ils allassent.

je sois allé, tu sois allé, il soit allé.

nous soyons allés, vous soyez allés, ils soient allés.

je fusse allé, tu fusses allé, il fût allé.

nous fussions allés, vous fussiez allés, ils fussent allés.

je serois allé, tu serois allé, il seroit allé.

nous serions allés, vous seriez allés, ils seroient allés.

je serai allé, tu seras allé, il sera allé.

nous serons allé, vous serez allés, ils seront allés.

Vas, qu’il aille. Allons, allez, qu’ils aillent.

Allant, étant allé.

Le Verbe s’en aller se conjugue comme le Verbe aller.

Exemple,

Je m’en vais ou vas, tu t’en vas, il s’en va.

nous nous en allons, vous vous en allez, ils s’en vont ; & ainsi des autres tems.

3. §.
DE L’ADVERBE.

D. Qu’est-ce que l’Adverbe ?

R. C’est un terme de la langue qui signifie la qualité, la nature, & la différence des actions exprimées par les Verbes. Exemple, Travailler négligemment, être battu cruellement, ces mots négligemment, cruellement, sont des Adverbes, parce qu’ils expriment la nature & la qualité des actions signifiées par les Verbes travailler & être battu.

D. Qu’est-ce que l’Adverbe est à l’égard du Verbe ?

R. Il est ce que le nom adjectif est à l’égard du nom substantif ; car comme le nom adjectif marque la nature, la qualité, & la différence des choses & des personnes, de même l’Adverbe désigne la qualité, la nature, & la différence des actions de l’esprit & du corps.

D. Les Adverbes ne se joignent-ils point quelquefois aux noms adjectifs ?

R. Oui, exemple, dangereusement malade, & dans ces cas, l’adverbe tient lieu d’un superlatif ; ainsi ces mots, dangereusement malade, signifient très-malade.

4. §•
DE LA PREPOSITION.

D. QU’est - ce que la Préposition ?

R. C’est un terme de la langue qui en demande un ou plufieurs après. On l’appelle Préposition, parce qu’il est mis avant un autre, & qu’étant seul il ne signifie rien, s’il n’est suivi d’un ou de plusieurs autres, qui forment un sens avec la Préposition. Exemple, Après moi, dans la cour, proche de la fenêtre. Ces trois mots, après, dans, proche, sont des Prépositions & des termes qui ne signifient rien étant seuls, & si vous n’y joignez ces autres mots, moi, la cour, de la fenêtre qui étant mis avec les prépositions sont un sens.

5
DE LA CONJONCTION.

D. QU’est-ce que la Conjonction ?

R. C’est un terme de la langue qui joint ensemble ce qui est auparavant & après, c’est pourquoi on l’appelle Conjonction, parce qu’elle joint plusieurs choies ensemble ; exemple, la sagesse (&) la piété. Le mot & est une Conjonction, parce qu’il joint ensemble ces mots, la sagesse & la piété, qui sont auparavant & après.

6
DE L’INTERJECTION.

D. QU’est-ce que l’Interjection ?

R. C'est un terme de la langue qui exprime un sentiment vif de de douleur, d’étonnement, de pitié, de frayeur ; exemple, Hélas ! Ah ! Sainte Vierge ! O Dieu !

DU PRONOM

D. Qu’est-ce que le Pronom ?

R. C’est un mot qui se met au lieu ou a la place du nom pour en éviter la répétition.

D. Donnez un exemple qui fasse comprendre cela ?

R. 1. On met je, moi au lieu du nom de celui qui parle. 2. on met tu, toi, vous, au lieu du nom de celui à qui on parle, 3. on met il, lui, au lieu du nom de celui dont on parle.

D. Combien y a-t-il de sortes de Pronoms ?

R. Il y en a de six sortes principales ; Sçavoir les Pronoms 1. personnels 2. possessifs. 3. demonstratifs. 4. relatifs, 5. indefinitifs. 6. interrogatifs.

D. Qu’est ce que les Pronoms personnels ?

R. Ce sont ceux qui designent les personnes, comme moi, toi, lui, ou elle, nous, vous, celui, celle, &c.

D. Qu’est ce que les Pronoms possessifs ?

R. Ce sont ceux qui marquent la possession ou la propriété de quelque chose, comme mon, ton, ou votre, son, le mien, le tien, le sien.

D. Qu’est ce que les Pronoms demonstratifs ?

R. Ce sont ceux qui servent à indiquer les personnes ou les choses, comme ce ou cet, celui, celui-ci, celui-là, ceci, cela, &c.

D. Qu’est-ce que les Pronoms relatifs ?

R. Ce sont ceux qui ont du rapport à un Nom ou Pronom qui precede, comme qui, que, quoi, dont, quel, lequel, &c.

PRONOM.

D. Qu’est ce que les Pronoms indefinitifs ?

R. Ce sont ceux qui n’ont qu’une signification vague & indéterminée, comme quelque, chaque ou chacune, quiconque, nul, nulle &c.

D Qu’est ce que les Pronoms interrogatifs ?

R. Ce sont ceux que l’on employé pour interroger.

D. Quels sont ces Pronoms interrogatifs ?

R. Ce sont, que & qui ? des deux genres quel ? masculin, quelle ? féminin, lequel ? masculin, laquelle ? féminin, quoi ? masculin. Declinaison des Pronoms personnels françois.

Singulier.

N. je, moi. tu, toi. il, lui, elle.

Ac. me, moi. te toi. le, lui, la, elle.

G. Ab. de moi. de toi. de lui, d’elle.

D. me, moi, à moi. te toi, à toi. lui, à lui, lui, à elle.

Plurier.

N. nous. vous. ils, eux, elles.

Ac. nous. vous, les, eux, les, elles.

G. Ab. de nous, de vous, d’eux, d’elles.

D. nous, à nous, vous, à vous, leur, à eux, leur, à elles.

D. De quelle utilité est ce qui vient d’être dit de toutes ces parties du Discours ?

R. Il seroit difficile de l’exprimer : c’est pour n’être pas instruits de ces choses que les enfans unissent des mots qui doivent être separés, & qu’ils en separent d’autres qui doivent être unis, & qu’ils n’écrivent jamais correctement.

D. Marquez-nous en particulier l’application qu’on doit faire des principes qui viennent d’être exposés, pour éviter les principales fautes qu’on fait souvent dans la lecture Françoise ?

R. Comme il y a une liaison nécessaire entre l’Article & le Nom, entre le Nom substantif & le Nom adjectif, entre le Verbe & l’Adverbe, entre la Préposition & ce qui la suit, il faut quand on lit ces mots, les lier ensemble de plus près qu’avec les autres mots qui les précedent & qui les suivent.

D. Donnez un exemple qui fasse connoitre l’usage qu’on doit faire de cette regle ?

R. La phrase suivante le fera voir, La vertu consommée conduit infailliblement dans le Ciel. Il faut joindre de près ces deux mots la vertu, qui sont l’article & le nom, il faut aussi y joindre le mot consommée, qui est l’adjectif du nom vertu, qui est son substantif : il faut ensuite joindre de près ensemble les deux mots suivans, conduit infailliblement, qui sont le verbe & son adverbe ; enfin il faut joindre ensemble de près ces mots, dans le Ciel, qui sont la Préposition & le mot qu’elle demande après elle pour faire ce qu’on appelle son cas.

D. Comment faut-il donc lire cette phrase ?

R. Il faut la lire de la maniere qui suit. La vertu consommée (conduit in- failliblement) dans le Ciel, sans cependant faire de faute, puisqu'il n'y a ni virgule ni point, mais sans précipitation ni confufion ; il faut joindre les mots unis ensemble un peu plus qu’avec les autres qui en sont proches. Il faut observer la même chose à l’égard de deux noms substantifs qui se suivent dans le discours, parce que le second dépend du premier : exemple, Je lisois un livre de piété, ce sont deux noms substantifs qui se suivent ; il faut donc les joindre ensemble plus particulièrement.

D. Quand les enfans sçavent bien lire en François dans les livres ordinaires de cette langue, que font-ils ?

R. Ils apprennent à lire des livres d’un caractere plus difficile à lire, comme est un livre intitulé, CIVILITÉ, qui contient tous les devoirs des enfans envers Dieu & envers leurs peres & leurs meres. la bien-séance & les bonnes mœurs, tant chrétiennes que civiles.

D. Quand les enfans sçavent bien lire cette écriture, que font-ils ?

R. Ils apprénnent à lire dans les papiers ou parchemins écrits à la main, commençant par les mieux écrits, continuant & avançant toujours de ce qui est aisé à ce qui est plus difficile à lire.

XXIX. INSTRUCTION.
Remarques sur la lecture & sur la
prononciation du Latin.

D. TOutes les lettres se prononcent-elles dans le Latin ?

R. Oui, on les prononcent toutes , on dit Pater noster.

D. Quand il se trouve dans un mot deux consonnes de la même espece, comme deux cc, deux rr, deux ll, deux ss, les prononce-t-on ?

R. Oui, on les prononce toutes deux, & on les fait sonner comme dans ces mots, peccavi, surrexit, tollis, dissipare.

D. Y a-t-il dans le Latin plusieurs sortes d' e?

R. Non, il n’y en a que d’une sorte, qui est l’e masculin ou fermé. Exemple, Domine, bene.

D. L’u se prononce-t-il dans ce mot, Qui ?

R. Oui, on le prononce, quoiqu’on ne le prononce point en François, & on dit qui, comme si l’on disoit cui en François.

D. Comment se prononce ch ?

R. Il se prononce comme le c rude ; on dit charitas, comme s’il y avoit caritas.

D. Comment le g qui est au milieu des mots se prononce-t-il ?

R. Il se prononce comme le g rude ; on dit Agnus, Magnificat.

D. Comment se prononcent les autres lettres ?

R. Elles se prononcent comme dans le François.

D. Que faut-il observer dans les mots qui commencent par ces lettres, omn ?

R. Il ne faut pas les prononcer comme s’il y avoit oumn, exemple, oumnipotens.

D. Que faut-il faire pour éviter cette faute ?

R. Il faut separer l’o de l' mn, & faire de l’o une syllabe & joindre mn à i, qui est la lettre suivante, comme il suit, o-mnipotens.

D. Quand les mots Latins se terminent en um, que faut-il observer ?

R. Il faut prononcer l’u comme un o. Exemple, Credo in unum Deum, ces mots se prononcent comme s’ils étoient ainsi écrits, unom Deom.

D. Comment se prononcent les mots Latins de deux syllabes ?

R. Il faut appuyer sur la première miere & la faire longue , comme Déus, méus.

D. Que faut-il observer dans la prononciation des syllabes sur lesquelles il y a un accent aigu ?

R. Il faut appuyer sur ces syllabes, & les élever.

D. Quand un mot a trois syllabes & qu’il y a un accent aigu sur la première, que faut-il faire ?

R. Il faut appuyer sur cette syllabe, & l’élever comme on vient de le dire, & faire la suivante brève, comme dans ce mot, Dominus, ce qu’il faut observer dans les autres mots qui ont plus de syllabes, quand il y a un accent aigu sur l’antepénultiéme. Exemple, Evangélium, Evangélica Lectio.

XXX, INSTRUCTION.
Regles generales a observer dans la
lecture du Latin & du François.

D. QUelle doit être la grande application d’un enfant en lisant le Latin & le François ?

R. Il doit s’appliquer à faire cinq choses.

D. Quelle est la première ?

R. Prononcer distinctement les lettres, les syllabes & les mots.

D. Quelle est la seconde ?

R. Exprimer nettement tous les termes du discours.

D. Quelle est la troisiéme ?

R. Observer exactement tous les accens marqués.

D. Quelle est la quatrième ?

R. Donner tous les tons de voix propres à chaque partie du discours.

D. Quelle est la cinquième ?

R. Faire les pauses convenables au point, aux deux points, à la virgule, & n’en point faire & ne pas s’arrêter quand ces figures ne se rencontrent point, à moins qu’on n'y soit obligé par la longueur d’un membre de la période, qu’on ne pourroit lire sans respirer.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent observer pour s’acquitter exactement de ces devoirs ?

R. Ils doivent se donner de garde d’augmenter ou de diminuer le nombre des lettres, des syllabes & des mots ; mais les prononcer & les articuler si nettement & si distinctement, qu’on puisse entendre les lettres, distinguer les syllabes, & compter chaque mot qui compose le discours.

D. Qu’est-ce qu’un enfant doit faire pour bien observer toutes ces choses ?

R. Il doit ouvrir la bouche, desserrer les dents, & tout prononcer d’une voix claire & ferme, ni trop vite, ni trop lentement, ni d’un ton trop haut, ni d’une maniere qui ressente l’affectation, mais qui soit naturelle, & d’un ton qui puisse seulement être entendu de tous ceux de la même leçon.

D. De quoi les enfans doivent-ils encore se donner de garde dans la lecture ?

R. C’est 1. de ne couper jamais les mots, quelques longs qu’ils soient, pour en faire deux d’un seul, comme dans ces deux mots, l’un François, l’autre Latin, précipitation, ne pas dire précipi & ensuite tation ; sapientissimus, ne pas dire sapien & ensuite tissimus ; 2. ne pas joindre un mot ou une partie d’un mot au mot ou à une partie du mot suivant.

D. Qu’arrive-t-il quand on n’observe pas ces regles dans la lecture du François ou du Latin ?

R. Cela cause une grande obscurité dans ce qu’on lit ; car le Lecteur ne se fait point entendre & ne s’entend pas lui-même, & il ne lit pas correctement.

D. Au contraire, quand un Lecteur est fidele à observer ces regles, quel avantage en retire-t-il pour lui & pour les autres ?

R. Le grand avantage qu’il en remporte est que ne confondant point le sens du discours, & distinguant exactement les parties, il s’entend lui-même, les Auditeurs l’entendent, & tous en profitent. Enfin cela le dispose à écrire correctement.

XXXI. INSTRUCTION.
De l’Ecriture.

D. LEs enfans qui veulent devenir de bons écoliers & de bonnes écolieres, doivent-ils se borner à la lecture ?

R. Non, ils doivent s’appliquer à l’écriture, qui est une des fins des Ecoles qui sont instituées pour apprendre aux enfans non-seulement à lire, mais encore à écrire.

D. Est-il avantageux aux enfans de sçavoir écrire ?

R. Oui, sans doute : il seroit difficile d’exprimer l’utilité de cette science pour les enfans, & quels avantages ils en retirent. L’Ecriture est quelque chose de divin, dit un Poëte.

C'est de Dieu que nous vient cet art ingénieux

De peindre la parole & de parler aux yeux ;

Et par cent traits divers de figures tracées,

Donner de la couleur & du corps aux pensées.

D. A quoi l’Ecriture sert-elle aux enfans ?

R. Elle contribue beaucoup à les former & à les perfectionner dans la vie civile & dans la vie chrétienne.

D. Y a-t-il quelques regles à observer pour se perfectionner dans l’art de bien écrire ?

R. Oui, il y en a plusieurs, dont on va exposer quelques-unes en faveur des enfans des Ecoles chrétiennes.

D. Comment un enfant qui écrit, doit-il avoir le corps disposé ?

R. Il doit 1. avoir le corps droit devant le papier. 2. Baisser médiocrement la tête & les épaules vers l’écriture. 3. Avoir le bras gauche posé à son aise sur la table. 4. Tenir le bras droit posé sur la table jusqu’au milieu de l’intervale qu’il y a depuis le bout des doits jusqu’au coude.

D. Comment doit-il tenir la plume ?

R. Il doit la tenir à trois doigts, qui sont le pouce, le second, & celui du milieu, lesquels doivent être étendus.

D. Comment les deux autres doigts doivent-ils être disposés ?

R. Le petit doit être posé sur le papier jusqu’à sa première jointure.

D. Sur quoi la main est-elle soutenue ?

R. Elle est legerement soutenue sur les deux derniers doigts, afin que les autres demeurent libres pour faire les traits, passant sur ou sous le corps de l’écriture.

D. Qu’est - ce que les enfans peuvent faire pour s’accoutumer à bien tenir la plume & à faciliter le mouvement de la main ?

R. Ils peuvent prendre un bâton de la grosseur d’une plume, sur lequel il y ait trois crans, deux à droite & un à gauche, qui marquent les endroits ou doivent être posés les trois doigts, & le prendre par ces endroits ; & pour commencer à faciliter le mouvement de leur main, la remuer souvent avec ce bâton.

D. De quoi un enfant se sert-il après ce petit bâton ?

R. Il se sert d’une plume.

D. Combien y a-t-il de sortes de plumes dont un enfant se sert pour apprendre à écrire ?

R. Il y en a de deux sortes.

D. Quelle est la première ?

R. C’est celle qui étant taillée n’est point fendue ni mouillée dans l’encre, & dont la pointe doit être un peu fine.

D. Comment se sert-il de cette plume ?

R. En passant & repassant posément & avec application sur l’exemple d’un bon maître ou d’une bonne maîtresse.

D. Comment faut-il passer sur cet exemple ?

R. En suivant exactement tous les traits qui y sont exprimés.

D. Combien un enfant doit-il employer de tems à passer ainsi sur cet exemple avec cette plume ?

R. Il doit y employer les quinze premiers jours l’espace d’une demie-heure chaque jour, & s’il a la main dure & lourde, il doit le faire plus longtems pour délier ses doigts & leur donner les mouvemens nécessaires pour bien écrire & facilement.

D. Jusqu’à quel tems un enfant doit-il continuer de passer sur son exemple, quoiqu’il ait commencé à écrire ?

R. Jusqu’à ce qu’il soit en état de bien former les mots, il doit toujours employer environ la moitié ou le tiers du tems de l’écriture à repasser sur l’exemple qu’il doit imiter & écrire ensuite.

D. Quand un enfant est devenu assez habile pour copier dans un livre, ou écrire ce qu’il sçait par mémoire, que doit-il encore faire ?

R. Il doit encore passer sa plume sans encre sur deux ou trois lignes de l’écriture de son maître ou de sa maîtresse, afin de s’entretenir toujours dans son premier caractere, & s’accoutumer insensiblement à écrire droit, & à garder entre les mots & les lignes les mêmes proportions observées dans son exemplaire.

D. Que dites-vous de cette maniere d’apprendre à écrire en passant longtems & avec application sur les exemples bien faits ?

R. Je dis qu’elle est très propre pour bien des personnes ; car elle est la moins chere, la plus courte, la plus commode & la moins assujettissante de toutes, puisqu’on ne dépend que de soi & de son tems, & qu’il n’est nullement besoin de la présence d’un maître ou d’une maîtresse pour conduire la main de l’enfant, si ce n’est dans les commencemens, pour la lui faire poser comme il faut sur son exemple, & lui montrer comment il faut passer dessus. Il y a un grand nombre de personnes qui écrivent fort bien, qui n’ont jamais appris d’une autre maniere, & qui n’ont jamais eu ni maître ni maîtresse pour leur apprendre à écrire.

D. Quelle est la seconde sorte de plume dont les enfans se servent pour apprendre à écrire ?

R. C’est celle qui est taillée & fendue & trempée dans l’encre.

D. Qu’y a-t-il à remarquer par rapport à cette sorte de plume ?

R. Il faut tâcher qu’elle soit ferme & taillée pour écrire un peu gros, & ne pas en changer souvent.

D. Pourquoi cela ?

R. Afin de mieux former les traits & la main des enfans, & de les accoutumer à écrire légèrement : une plume taillée trop fine fatigue, affoibloit, & gâte souvent une main qui commence à écrire, & le changement de plume retarde quelquefois, & fait perdre le premier caractere.

D. Quel usage un enfant fait-il de cette plume ?

R. Il copie fidèlement l’exemple qu’on lui a donnée, qu’il doit avoir devant les yeux, & considerer à chaque lettre qu’il fait, pour l’imiter.

D. Par quelle qualité de caractère un enfant doit-il commencer à écrire ?

R. Il doit commencer à écrire par un gros caractere.

D. Pourquoi doit-il commencer à écrire par ce caractere ?

R. Afin de donner à les doigts tout ce qu’il peut de mouvement, & leur faire faire les traits & même les lettres & les liaisons, de toute l’étendue qu’il peut leur donner, sans remuer le poignet : & à mesure que la main se fortifie & que l’écriture se perfectionne, il faut diminuer la grandeur du caractère, & en le rendant aussi plus coulant, le réduire peu à peu à une médiocrité ou petitesse convenable à l'usage que l’on veut en faire.

XXXII INSTRUCTION.
Continuation de l'écriture.

D. COmment un enfant doit-il tenir le papier sur lequel il écrit ?

R. Il doit le tenir net & droit devant lui, & reglé pour les premières fois.

D. Comment doit-il prendre de l’encre ?

R. Il doit tremper seulement le bout de la plume dans l’encre, & quand il y en a trop, la secouer légèrement dans le cornet ou encrier, & jamais à terre.

D. De quoi un enfant doit-il se donner de garde en écrivant ?

R. Il doit se donner de garde de forcer le bec de la plume, & ne la poser que médiocrement sur le papier.

D. Qu’est-ce qui peut contribuer à cela ?

R. C’est la pesanteur réglée de la main , dont le poids ne doit pas être tout-à-fait sur le papier, mais un peu soulagé afin de mieux couler & d’écrire plus legerement.

D. Un enfant accoutumé à bien tenir le corps, la main, la plume & le papier, que doit-il faire ?

R. Il doit d’abord apprendre à a bien former les lettres de l’alphabet écrit par un bon maître ou une bonne maîtresse.

D. Qu’est-ce qu’un enfant doit faire pour cela ?

R. Il doit apprendre 1. par où il faut commencer les lettres. 2. Quand il faut lever la plume & quand il ne faut pas la lever. 3. Ce qu’il faut faire tout d’un trait, & ce qu’il faut faire à plusieurs reprises.

D. Quel ordre doit-il observer dans la pratique de cet exercice de l'écriture ?

R. Il doit s’appliquer à former 1. les lettres tes plus faciles, comme le c, l' o, l’i, ensuite l' a, l' f, l’m, l' n, &c. qui sont des lettres initiales, desquelles sont formées presque toutes les autres, & qui entrent dans la plupart des mots.

D. Quand un enfant a fait plusieurs exemples des oo, des ii, des aa, des ff, des mm, des nn, &c. que fait-il ?

R, Il s’applique à former les autres lettres communes dans les exemples qu’on lui donne de ces sortes de lettres.

D. Après qu’il s’est exercé à former les petites lettres de l’alphabet, que fait-il ?

R. Il doit apprendre à faire les liaisons.

D. Que fait-il après cela ?

R. Il s’exerce à former les lettres majuscules.

D. Quand il a appris à former toutes sortes de lettres dans les exemples qu’il a copiées, que fait-il ?

R. Il écrit des syllabes ou des mots d’une syllabe.

D. Après qu’il a copié les exemples des syllabes, que fait-il ?

R. Il copie des exemples de mots plus longs.

D. Quand un enfant a appris à copier les exemples des syllabes & des mots, que fait-il ?

R. Il écrit des maximes tirées de l’Ecriture sainte, d’abord d’une ligne, puis de deux, ensuite de trois.

D. De quoi un enfant doit-il se donner de garde en écrivant ?

R. Il doit se donner de garde 1. de serrer ou d’éloigner trop les lettres, les syllabes, les mots & les lignes. 2. De griffonner sur aucun papier que ce soit, cela gâte la main, jusqu’à ce qu’il l’ait bien formée : il doit toujours écrire aussi posément & avec la même application qu’on exige de lui pour passer sur l’exemple.

XXXIII. INSTRUCTION.
De l’Orthographe, & de l'usage
qu’on doit faire en écrivant des
Lettres capitales & majuscules.

D. QU’est-ce que l’Orthographe ?

R. C’est la science d’écrire les mots par les lettres convenables & nécessaires, c’est-à-dire, par leurs lettres.

D. Est-il nécessaire d’apprendre l’orthographe ?

R. Oui, si on veut écrire correctement & d’une maniere à faire entendre ce qu’on écrit, qui est la fin de l’écriture.

D. En combien de manieres peut-on apprendre l’orthographe ?

R. En deux manieres.

D. Quelle est la première ?

R. C’est par les exemples & par la pratique.

D. Qu'est-ce que les enfans doiVent observer pour apprendre l’orthographe par les exemples & par la pratique ?

R. Ils doivent d’abord prendre garde quand ils lisent comment les mots sont écrits.

D. Qu’est - ce qu’ils font après avoir fait cette attention pendant quelque tems ?

R. Ils transcrivent quelques pages d’un livre où l’orthographe soit bien observée.

D. De quoi les enfans doivent-ils se donner de garde en transcrivant ?

R. Ils doivent se donner de garde d’omettre rien de ce qu’ils trouvent marqué, soit point, soit virgule, soit accent, soit la qualité ou la quantité des lettres, &c.

D. A quoi doivent-ils se préparer quand on leur apprend l’orthographe ?

R. Ils doivent se préparer à repondre aux demandes qu’on leur fera sur ce sujet, par exemple, Comment s’écrivent tels & tels mots qu’on leur nomme.

D. Que peuvent-ils pratiquer pour apprendre l’orthographe ?

R. Ils transcrivent les leçons qu’ils doivent apprendre par cœur, comme celles du Catechisme du Diocese, ou de celui des Dimanches & des Fêtes, de la Conduite pour bien faire la première Communion, ou les passages de l’Ecriture sainte rapportés dans cet Ouvrage, touchant la sainteté à laquelle les enfans doivent travailler.

D. Qu’est-ce que les enfans font encore pour s’instruire de l’orthographe ?

R. Ils écrivent les choses qu’ils ont apprises par cœur, ou ce qu’ils ont retenu du Çatechisme auquel ils ont assisté, ou les choses qu’on leur dicte, qu’ils ont eux-mêmes copiées.

D. Qu’est-ce que les enfans peuvent encore faire pour apprendre l’orthographe par les exemples & par la pratique ?

R. ils copient des lettres, des contrats & autres pièces écrites à la main, surtout celles qu’il leur sera utile d’apprendre à faire, & dont ils pourront avoir besoin dans la suite, comme sont des promesses, des quittances, des marchés d’ouvriers, des procurations, des baux à louage & à ferme, &c.

D. Pourquoi est-il à propos qu’ils copient ces pièces d’écriture ?

R. Afin qu’ils puissent imprimer ces choses dans leur imagination, & apprendre par ce moyen à en faire de semblables ; ce qu’ils pourront après cela faire d’eux-mêmes sans minute.

D. Quelle est la seconde maniere d’apprendre l’orthographe ?

R. C’est de l’apprendre par principes & par regles, & pour cela on a recours aux livres qui ont été composés pour apprendre l’orthographe de cette maniere.

D. Qu’est-ce que les auteurs disent sur cela ?

R. Ils assurent qu’il est impossible de sçavoir bien l’orthographe, si l’on n’a appris les premiers principes de la langue, qui sont les declinaisons des noms & les conjugaisons des verbes. 2. Que quand on possede bien la variété des syllabes & des sons de tous les tems & des personnes des verbes, on sçait plus de la moitié de l’orthographe. 3. Qu’enfin on vient à bout d’écrire les autres mots quand on sçait bien épeller & bien prononcer les syllabes.

D. Qu’est-ce qu’ils recommandent particulièrement aux enfans pour apprendre l’orthographe ?

R. Ils leur recommandent d’apprendre dès leur plus tendre jeunesse les déclinaisons des noms & les conjugaisons des verbes, comme le plus court & le plus sûr moyen d’aprendre l’orthographe ; car ce n’est que par ce moyen, disent-ils, qu’on peut être assuré qu’on la sçait, & qu’on parle bien.

D. Enfin qu’est-ce que les enfans font pour s’instruire de l’orthographe ?

R. Ils disputent les uns contre les autres sur l’orthographe des mots.

D. Quel usage doit-on faire des lettres capitales ?

R. On les met au titre des ouvrages & à la première lettre du premier mot de chaque chapitre.

D. Où doit-on encore se servir de lettres capitales ou majuscules ?

R. On doit encore s’en servir dans la suite du discours : 1. au commencement de chaque période, c’est-à-dire, après un point. 2. Dans la poésie, au commencement de chaque vers. 3. Aux noms de Dieu, de Jesus-Christ, des Anges & des Saints. 4. Aux noms propres d’hommes & de femmes. 5. Aux noms de paiïs, de villes & de rivières. 6. Aux noms des sciences, des arts, des métiers, des fêtes, des jours, des mois, & autres choses qui sont le principal sujet du discours.

D. De quelles lettres se sert-on dans la suite du discours ?

R. On se sert de petites lettres.

XXXIV. INSTRUCTION.
De la Ponctuation.

D. Est-il à propos que les enfans apprennent la ponctuation ?

R. Oui, sans doute, afin de pouvoir apprendre à écrire d’une maniere sensée & intelligible, comme on doit parler.

D. Pourquoi faut-il observer la ponctuation en écrivant, afin d’écrire d’une maniere sensée & intelligible ?

R. Parce que l’écriture étant l’image de la parole, on doit écrire comme on parle : or comme personne ne parle sans faire diverses pauses, tant pour distinguer ses pensées, que pour reprendre haleine, & qu’on doit en parlant donner les tons de voix propres à chaque partie du discours, de même en écrivant on doit marquer dans le discours les caracteres qui sont établis pour faire observer ces choses par ceux qui doivent lire ces écrits.

D. Quels sont les figures qui servent à la prononciation & à l’intelligence de l’écriture, & qu’il faut marquer afin qu’elle soit correcte ?

R. II y en a plusieurs dont on a parlé dans les lnstructions XVII, XVIII, XIX & XX de cette première partie, dont les principaux sont le point (.), les deux points (:), le point & la virgule (;), & la virgule seule (,), le point interrogant (?), & le point admiratif (!).

D. Pour bien comprendre la signification de ces figures, que faut-il sçavoir ?

R. Il faut sçavoir ce que c’est qu’un discours & une période.

D. Qu’est-ce qu’un discours ?

R. C’est un enchaînement de périodes.

D. Qu’est-ce qu’une période ?

R. C’est une petite étendue de discours, qui contient plusieurs parties, lesquelles toutes ensemble rendent un sens parfait.

D. Comment ce sens parfait dans le discours se marque-t-il ?

R. Il se marque par un point seul, qui est interrogant, s’il y a dans la période une interrogation ; ou admiratif, si elle renferme quelque admiration ; ou un point simple, s’il n’y a ni interrogation ni admiration dans la période.

D. Comment un sens, moins aachevé que quand il y a un point seul, se marque-t-il ?

R. Il se marque par deux points.

D. Quand un sens est encore moins achevé qu’aux deux points, comment se marque-t-il ?

R. Il se marque par un point & une virgule.

D. Enfin quand un sens est moins achevé que tous les précedens, comment se marque-t-il ?

R. Il se marque par une virgule ; voici un exemple de tous ces differens sens marqués par ces differens caracteres tirés de l’Ecriture.

Comment les Prédicateurs leur prêcheront-ils, s’ils ne sont envoyés ? Selon ce qui est écrit : Que l’on aime à voir ceux qui annoncent la paix, ceux qui annoncent de bonnes nouvelles ! S. Paul aux Rom. 10, 15.

D. Qu’arrive-t-il quand on n’observe point la ponctuation dans l’écriture ?

R. Il arrive qu’en lisant on ne peut en entendre le sens qu’avec peine, ni le faire entendre aux auditeurs.

D. Qu’est-ce que les enfans font en lisant pour éviter ces inconveniens ?

R. Ils observent ce qui a été marqué dans la dix-huitiéme Instruction de cette première partie, c’est-à-dire, qu’ils font les pauses qui conviennent au point, aux deux points, au point & à la virgule, & à la virgule seule.


XXXV. INSTRUCTION.
Des Leçons que les Enfans doivent apprendre.

D. Combien y a-t-il de sortes de leçons que les enfans doivent apprendre dans le tems qu’ils vont à l’Ecole ?

R. Il y en a deux.

D. Quelle est la première ?

R. C’est celle qu’ils doivent lire à l’Ecole.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent observer à l’égard de cette leçon ?

R. Ils ne doivent jamais manquer de la préparer, avant que de la lire au maître ou à la maîtresse d’Ecole.

D. Quelle est la seconde leçon des enfans ?

R. C’est celle qu’ils doivent apprendre par cœur.

D. Est-il important aux enfants d’être fideles à cette leçon ?

R. Oui, car en cultivant ainsi leur mémoire, & en l’exerçant avec soin, 1. Ils la rendent de plus en plus meilleure & plus heureuse ; 2. Ils deviennent tous les jours plus sçavans.

D. Quelle est la leçon que les enfans doivent tous les jours apprendre par cœur ?

R. Cette leçon pour les plus petits enfans, consiste en une ou deux réponses de l’Abrégé de la Doctrine ou de la Morale Chrétienne.

D. Quelle doit être cette leçon pour les enfans plus avancés ?

R. Ce sont deux ou trois réponses du Catéchisme du Diocese, ou des Dimanches & des Fêtes, ou un nombre semblable de passages tirés de l’Ecriture sainte touchant la Morale Chrétienne rapportés dans la seconde partie de cet ouvrage, ou quelque acte de vertu de l’Exercice journalier du Chrétien, ou de ceux qu’on doit faire avant ou après la Confession ou la Communion.

D. Quelle est la leçon que les enfans ne doivent jamais manquer d’apprendre par cœur pendant la semaine ?

R. C’est la leçon que les Catechistes de leurs Paroisses leur auront marquée le Dimanche ou la Fête précedente, pour en entendre l’explication & la repeter le Dimanche ou la Fête suivante.

D. Où les enfans doivent-ils apprendre par cœur la leçon qu’on leur aura marquée ?

R. Ils peuvent l’apprendre à la maison ou à l’Ecole, avant ou après avoir satisfait au devoir de la maison ou de l’Ecole.

D. Ceux qui écrivent, & à qui on donne chaque jour pour exemple quelque maxime chrétienne, que doivent-il faire ?

R, Ils doivent l’apprendre par cœur chaque jour, & repeter toutes celles de la semaine le Samedi au soir.

D. Qu’est-ce que les enfans pourroient faire pour apprendre plus facilement par cœur leur leçon ?

R. C’est de l’apprendre deux à deux, ou plusieurs ensemble, & se la faire repeter les uns aux autres.

D. Quand les enfans sçavent la leçon qu’on leur a marquée, que font-ils ?

R. Ils la repetent dans l’Ecole ou dans l’Eglise ; l’un demandant et l’autre répondant.

D. De quelle maniere répetent-ils ce qu’ils ont appris ?

R. Ils le répetent d’une maniere claire, distincte, intelligible, articulée, et en même-tems animée, comme font les écoliers dans les Colleges, lorsqu’ils disputent ensemble.


XXXVI. INSTRUCTION.
Du chant des Pseaumes, des Hymnes & des Cantiques spirituels ; & des Cérémonies de l’Eglise.

D. De quoi les enfans doivent-ils se donner de garde dans le chant qu’ils aiment naturellement, surtout les filles ?

R. Ils doivent se donner de garde de souiller leurs yeux, leurs oreilles, & leurs langues par la lecture ou le chant des chansons profanes & impures.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent faire pour se préserver de ce malheur, qui a de si étranges suites ?

R. Ils doivent apprendre à chanter des Psaumes, des Hymnes, & des Cantiques spirituels.

D. Quel effet produit cet exercice ?

R. Il en produit un admirable ; car en leur donnant de la satisfaction & un saint plaisir, il les éleve en même-tems à Dieu, & les instruit de leur Religion.

D. Qu’est-ce qui peut encore animer les enfans à cet exercice & leur en donner du goût ?

R. Tout semble conspirer à animer les enfans à cet exercice. 1. Le Saint Esprit les y exhorte dans l’Ecriture sainte. 2. Les Pères de l’Eglise font la même chose par les éloges admirables qu’ils en font. 3. Les Saints, par l’exemple qu’ils en ont donné. 4. Les plus sçavans & les plus zelés personnages par la pratique qu’ils en ont faite & qu’ils en sont tous les jours. 5. Les plus grands Prélats de l’Eglise par l’approbation qu’ils ont donnée & qu’ils donnent à cet exercice, comme à un moyen aisé & agréable d’occuper, d’édifier & d’instruire les peuples.

D. Qu’est-ce que les enfans peuvent observer pour apprendre plus facilement à chanter des Cantiques spirituels ?

R. 1. Ils commencent à apprendre les airs les plus aisés, qu’ils répetent plusieurs fois jusqu’à ce qu’ils les sçachent. 2. Ils en chantent peu à la fois, comme un ou deux couplets d’un Cantique avant ou après l’Ecole ou le Catéchisme.

D. Quand les écoliers ont de la voix, de la disposition & du zele pour chanter les louanges de Dieu & pour les cérémonies de l’Eglise, qu’est-il à propos qu’ils fassent ?

R. Il seroit à propos qu’ils s’appliquassent 1. à apprendre le plein chant, afin de pouvoir chanter à l’Eglise. 2. A répondre posément & distinctement à la sainte Messe, & à y servir modestement & dévotement. 3. A porter la croix & les chandeliers, à encenser & à faire d’autres fonctions pour aider les Prêtres. 4. Enfin à faire décemment les cérémonies qui se pratiquent, & qui sont en usage dans la célébration des divins mysteres & des saints Offices, comme les genuflexions, les inclinations, &c.


XXXVII. INSTRUCTION.
Moyens dont on se sert dans les Ecoles Chrétiennes pour porter les Enfans à profiter de l’instruction & de l'éducation qu’on leur y donne.
1. §.
De la Correction.

D. Combien y a-t-il de moyens dont on se sert dans les Ecoles Chrétiennes pour porter les enfans à profiter de l’instruction & de l’éducation qu’on leur y donne ?

R. Il y en a trois. 1. La correction : 2. les pénitences : 3. les récompenses.

D. Pourquoi employe-t-on ces moyens dans l’insiruction & dans l’éducation des enfans ?

R. Parce qu’ils ne sont pas assez raisonables pour connoître le besoin qu’ils ont d’être instruits & élevés chrétiennement, ni assez zelés pour se porter d’eux-mêmes à recevoir & à profiter des secours qu’on leur donne dans les Ecoles, pour leur procurer ces deux avantages.

D. Quel est le premier moyen qu’on emploie dans les Ecoles pour engager les enfans à s’acquitter de leurs devoirs, & pour leur faire prendre la peine & embrasser le travail qu’ils y trouvent ?

R. C’est la correction ou le châtiment.

D. En combien de manieres la correction se fait-elle dans les Ecoles à l’égard des enfans ?

R. En deux manières ; 1. par ferules ; 2. par les verges.

D. Pourquoi emploie-t-on le châtiment à l’égard des enfans ?

R. Pour les porter & les obliger à se corriger de leurs fautes, & pour les punir de leur paresse.

D. Qu’est-ce que le Saint Esprit nous apprend dans l’Ecriture sainte touchant la correction & le châtiment des enfans ?

R. La verge & la correction donnent la sagesse, & l’enfant qui est abandonné à sa volonté, & à qui on souffre tout, couvrira sa mere de confusion ; c’est-à-dire, qu’il deshonorera sa famille, & qu’il fera la confusion de son pere & de sa mere par la vie déreglée qu’il menera. Prov. 29, 15.

Il ne faut point épargner la verge à l’enfant, & si on le frape avec la verge, il n’en mourra point, mais on délivrera son ame de l’enfer. là-même 23, 13 & 14.

La folie est liée au cœur de l’enfant, & la verge de la discipline l’en chassera. là-même 22,15.

Celui qui épargne la verge à son enfant, le hait ; au contraire celui qui l’aime, s’applique à le corriger. là-même 13, 24.

Corrigez, votre fils, & il vous consolera, & il deviendra les délices de votre ame. là-même 29, 17.

D. Qu’est-ce que les Peres de l’Eglise disent au sujet du châtiment des enfans ?

R. « Ecoutez ceci, dit S. Chrysostome, en parlant aux peres & aux meres, élevez vos enfans avec un grand soin dans la discipline & la correction du Seigneur. Ne leur pardonnez rien sous prétexte de leur enfance, conservez-les surtout dans une grande retenue, avertissez-les, corrigez-les, intimidez-les, menacez-les, & s’il est besoin, faites-leur ressentir les effets de ces menaces. »

D. Quelle est la raison de la severité de cette conduite à l’égard des enfans ?

R. C’est que la plupart sont incapables de raison & par conséquent de se porter à leur devoir par jugement & par amour.


XXXVIII. INSTRUCTION.
2. §.
Quels sont les Enfans qui doivent être corrigés.

D. Quels sont les enfans qui doivent être ordinairement corrigés ?

R. Les menteurs, les infâmes, les jureurs, les voleurs, les calomniateurs, les insolens, les agresseurs, les médisans, les rebelles, les mutins, les désobéïssans à leurs peres & à leurs meres, les libertins, &c.

D. Quelles sont les fautes qu’on ne pardonne point aux enfans dans les Ecoles Chrétiennes, & qu’on punit sans miséricorde avec les verges ?

R. Il y en a six principales : 1. La désobéïssance opiniâtre : 2. Le mensonge réitéré & soutenu. 3. L’irrevérence habituelle dans les Eglises. 4. L’impureté. 5. Le larcin. 6. Enfin tous les pechés considerables, comme de s’être absenté de l’Ecole sans raison & sans permission, &c.

D. Quels sont les sujets ordinaires pour lesquels on corrige les enfans dans les Ecoles par férules ou avec des verges sur les mains ?

R. Il y en a plusieurs, par exemple, 1. pour n'avoir point étudié, 2. pour n'avoir point écrit, 3. pour venir trop tard à l'école par paresse, 4. pour n'avoir point assisté au Catéchisme ou ne l'avoir pas bien écouté, 5. pour n'avoir pas bien prié Dieu dans l'Eglise & dans l'Ecole, 6. pour avoir causé ou badiné dans l'Eglise, etc.

D. Quelle doit être la conduite des enfans à l'égard de la correction qu'on est obligé de leur faire ?

R. Ils doivent 1. s'y soumettre comme à une chose juste et raisonnable, & qui leur est même avantageuse, quelque fâcheuse qu’elle leur paroisse. 2. La recevoir comme ils recevroient un châtiment dont Dieu les puniroit lui-même. 3. Ne dire pas un seul mot, ne pas crier & ne faire aucun bruit. 4. Ne s’en jamais plaindre à leurs parens, &c.

D. Que dites-vous des enfans qui refusent de se soumettre à la correction ?

R. Je dis que ce sont des indociles, des rebelles, qui se rendent plus coupables qu’ils n’étoient auparavant, qui doivent s’attendre à être rigoureusement punis de leur rebellion & de leur révolte, à proportion qu’elle durera & qu’elle éclatera.


XXXIX. INSTRUCTION.
Des Pénitences qu’on impose aux Enfans dans les Ecoles Chrétiennes.

D. Quest le second moyen dont on se sert dans les Ecoles Chrétiennes pour obliger les enfans à s’acquitter de leur devoir ?

R. Ce sont les pénitences qu’on leur impose.

D. Quelles qualités doivent avoir ces pénitences ?

R. Elles doivent être médicinales & proportionnées aux fautes des enfans.

D. Pourquoi ces pénitences doivent-elles être médicinales ?

R. Afin qu’elles soient un remede préservatif pour les empêcher d’y retomber dans la suite, & pour l'exemple des autres.

D. Pourquoi doivent-elles être proportionnées ?

R. Afin qu’elles leur fassent sentir la grandeur de leurs fautes, & qu’elles puissent leur servir à y satisfaire devant Dieu.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent faire quand on leur a imposé une pénitence ?

R. Ils doivent la recevoir avec respect, et l’exécuter avec fidelité, humilité, simplicité, & avec édification pour les autres.

D. Quelles sont les pénitences qu’on impose dans les Ecoles Chrétiennes ?

R. Il y en a plusieurs qu’on tâche de proportionner à leurs besoins et à leurs fautes.

D. Marquez-en quelques-unes en particulier ?

R. 1. Ceux qui font plusieurs fautes en lisant pour n'avoir pas étudié leur leçon, doivent s’attendre qu’on leur donnera pour pénitence d’apprendre par cœur quelque chose du catéchisme du diocèse, ou une partie de la leçon ou une partie de la leçon qu’ils n’ont pas étudiée, ou de lire une ou deux pages selon leur capacité, après que tous les autres auront lû, & ils subiront la correction, s’ils ne savent pas mieux leur leçon.

II. Ceux qui ne suivent pas dans la leçon ;

Auront pour pénitence de tenir leur livre devant leurs yeux quelque espace de tems sans jeter leur vûe dehors.

III. Ceux qui n’écrivent pas tout ce qu’ils doivent écrire, ou qui le font mal ;

Pour pénitence, ils écriront chez eux une page ou deux, & s’appliqueront à le bien faire, & ils apporteront le lendemain ou l’après-midi les lettres, ou les mots, ou les Sentences qu’on leur aura données à écrire.

IV. Ceux qui sont immodestes pendant les prieres de l’Ecole ou de l’Eglise ;

Seront obligés par pénitence d’avoir un ou plusieurs jours les mains jointes, les yeux modestement baissés pendant le tems de la priere de l’Ecole ou de l’Eglise, pendant la sainte messe & les divins Offices ; et s’ils tournent la tête, lèvent les yeux ou commettent quelque autre immodestie dans ces tems-là, ils seront corrigés.

V. Ceux qui tiennent des postures lâches et indécentes ;

Demeureront par pénitence quelque tems debout les mains jointes, les yeux baissés ou arrêtés sur le Crucifix.

VI. Ceux qui n’ont point retenu le Catéchisme du jour précédent, ou les Sentences qu’on leur a fait apprendre ;

Seront obligés d’apprendre ou de répeter la leçon de ce jour-là, sans y faire aucune faute, & celle du jour courant, & des Sentences ou Maximes tirées de l’Ecriture sainte selon leur capacité.

VII. Ceux qui ne sçavent point parfaitement la leçon du Catéchisme qu’ils devaient apprendre pendant la semaine ;

L’apprendront & la répeteront le Lundi et le Mardi, & seront obligés de la sçavoir parfaitement sans y faire aucune faute, sous peine d’une double correction, & de continuer à faire la même pénitence la semaine suivante.

VIII. Ceux qui ayant des charges ne se sont pas bien acquittés de leur office ;

Peuvent s’attendre d’en être déposés pendant quelques jours, & de recevoir quelque confusion qu’on leur fera.

IX. Ceux qui causent et badinent ;

Auront pour pénitence de se mettre à genoux pendant quelque tems tournés du côté du crucifix, & de baiser la terre.

X. Enfin ceux qui commettent quelques fautes contre la discipline de l’Ecole ;

Ne doivent pas trouver mauvais qu’on leur impose des pénitences plus ou moins grandes, selon que leurs fautes sont plus ou moins considérables ; surtout qu’on leur fasse réparer par la diligence à étudier, à apprendre par cœur, &c. les fautes qu’ils ont commises par leur paresse et par leur négligence : cette pénitence est la plus utile pour les enfans.


XL. INSTRUCTION.
Des récompenses qu’on donne aux enfans dans les Ecoles Chrétiennes.

D. Quel est le troisiéme moïen qu’on emploie dans les Ecoles Chrétiennes pour porter les enfans à s’acquitter de leur devoir ?

R. Ce sont des récompenses & des prix qu’on leur donne.

D. Quel sont ces récompenses & ces prix ?

R. Ce sont des images, ou de petits livres, ou des chapelets &c.

D. Pourquoi se sert-on de récompenses ou de prix dans les Ecoles Chrétiennes ?

R. C’est pour animer les enfans à bien faire, & les porter à s’avancer dans la science & dans la vertu.

D. Combien y a-t-il de sortes de récompenses ou de prix ?

R. Il y en a de trois sortes. 1. Des récompenses de piété. 2. Des récompenses de capacité. 3. Des récompenses d’assiduité.

D. Qui sont les enfans qui méritent des récompenses de piété ?

R. Ce sont ceux ou celles qui travaillent avec zele dans le tems qu’ils vont à l’Ecole à devenir de bons Chrétiens ou de bonnes Chrétiennes, en observant avec exactitude ce qui est marqué dans la seconde partie de cet Ouvrage pour le faire avec succès.

D. Marquez-nous plus en particulier qui sont ceux qui méritent des récompenses de piété ?

R. Ce sont 1. ceux qui sont fideles à bien prier Dieu le matin & le soir, avant & après le repas, & à l’Ecole. 2. Ceux qui entendent avec piété la sainte messe, & qui assistent avec religion aux Offices de l’Eglise. 3. Ceux qui sont sages & modestes dans l’Eglise. 4. Ceux qui craignent Dieu, qui l’aiment, & qui le servent fidèlement. 5. Ceux qui sont respectueux & obéïssans à leurs peres & à leurs meres. 6. Ceux qui sont doux & charitables envers leurs freres & leurs sœurs. 7. Enfin ceux qui sont honnêtes envers tout le monde.

D. Qui sont les enfans qui méritent des récompenses de capacité ?

R. Ce sont ceux qui après avoir bien étudié ce qui est contenu dans les trois parties de cet Ouvrages, sont en état de répondre sur les questions qu’on leur fera sur les différens sujets qu’elles renferment.

D. Dites-nous plus en détail qui sont ceux qui méritent les récompenses de capacité ?

R. Ce sont ceux qui sont instruits de leur Religion, c’est-à-dire, de la Doctrine & de la Morale Chrétienne, qui sçavent mieux le Catéchisme du Diocese, le Catéchisme historique, celui des Dimanches & Fêtes principales de l’année, la Conduite pour la Confession & la Communion ; ceux qui sont plus sçavans dans la théorie & dans la pratique des regles & de la Lecture, de l’Ecriture & de l’Arithmétique, &c.

D. Qui sont ceux qui peuvent esperer des récompenses d’assiduité ?

R. Ce sont 1. ceux qui ne manquent jamais à l’Ecole sans raison & sans permission : 2. ceux qui viennent ordinairement les premiers à l’Ecole : 3. ceux qui assistent toujours aux Catéchismes qui se sont à l’Eglise & à l’Ecole : 4. ceux qui aiment l’Ecole, & qui ont du zele pour la discipline qui y est en usage, qui l’observent avec exactitude, & qui animent les autres à s’y rendre fideles.

Fin de la première Partie.




TABLE

DES INSTRUCTIONS
Contenues dans ce Volume.


I. Instr. PRécautions que les enfans doivent prendre dans les Ecoles, pour y devenir de bons écoliers & de bonnes écolieres. Page 1

II. Instr. Quelques regles de discipline que les enfans doivent observer dans les Ecoles Chrétiennes. 5

III. INSTR. Ce que les enfans doivent observer après le tems de l'Ecole. 10

IV. INSTR. De l'Alphabet. 14.

V. INSTR. Du nombre des lettres de l'Alphabet. 17

VI. INSTR. De la qualité des lettres de l'Alphabet. 18

1. §. Des voyelles simples. là-même.

VII. INSTR. 2. §. Des voyelles doubles ou diphtongues. 21

VIII. INSTR. 3. §. Des consonnes. 24

IX. INSTR. De la figure ou caractere des lettres de l'Alphabet. 25.

X. INSTR. Methode pour apprendre à connoître les lettres. 29

XI. INSTR. Maniere d'apprendre à prononcer les lettres. 30

XII. INSTR. Ordre à observer pour apprendre aux enfans à connoître & à prononcer les lettres de l'Alphabet. 32

XIII INSTR. Méthode pour apprendre à appeler les lettres, ou à épeler & à syllaber. 33

XIV. INSTR. Quelques règles touchant la manière d'épeler. 37

XV. INSTR. Méthode pour apprendre à assembler les syllabes, & pour en faire des mots. 42

XVI. INSTR. Maniere de rendre attentifs les enfans qui lisent ensemble. 44

XVII. INSTR. Des figures qui se trouvent dans les livres, qui servent à la prononciation ou à l’intelligence de ce qu’on lit. 47

1. §. Des accens, des apostrophes & des cedilles. là-même.

XVIII. Instr. 2. §. De la virgule, du point avec la virgule, des deux points & du point simple. 51

XIX Instr. 3. §. Du point admiratif & interrogeant. 53

XX Instr. De la barre de liaison & de la parenthese. 55

XXI. Instr. Les enfans doivent commencer à apprendre à prier & à lire en leur langue naturelle. 57

XXII. Instr. Zele que les enfans doivent avoir en France pour apprendre à bien lire en François. 60

XXIII. Instr. Méthode pour apprendre aux enfans dans les Ecoles Chrétiennes à bien lire en François. 63

1 §. Remarques sur la prononciation des voyelles. là-même.

XXIV. Instr. Remarques sur la prononciation des diphtongues. 67

XXV. Instr. Remarques sur la prononciation des consonnes. 75

XVI Instr. Sur la prononciation des syllabes & des mots. 105

XXVII. Instr. Remarques sur la prononciation d'un Discours François suivi. 112

XXVIII. Instr. Principes de la langue Françoise dont les enfans doivent être instruits pour pouvoir se perfectionner dans la lecture Françoise & dans l’Ortographe. 119

1. §. De l’Article & du Nom. là-même.

2. §. Du Verbe 127

Conjugaison du Verbe de secours Avoir. 131

Conjugaison du Verbe de secours Etre. 134

Conjugaison du Verbe Actif Aimer. 137

Infinitifs des Verbes François. 141

Des Verbes en er. là-même.

Des Verbes en ir. 144

Des Verbes en oir. 146

Des Verbes en re. 148

Du Verbe irrégulier Aller. 157

3. §. De l’Adverbe. 159

4. §. De la Préposition. 161

5. §. De la Conjonction. 162

6. §. De l’Interjection. là-même.

§. Du Pronom. là-même.

XXIX. Instr. Remarques sur la lecture & sur la prononciation du Latin. 166

XXX. Instr. Regles generales à observer dans la lecture du Latin & du François. 168

XXXI. lnstr. De l’Ecriture. 171

XXXII. Instr. Continuation de l’Ecriture. 180

XXXIII. Instr. De l'Ortographe, & de l'usage qu’on doit faire en écrivant des lettres capitales & majuscules. 184

XXXIV. Instr. De la ponctuation. 190

XXXV. Instr. Des leçons que les enfans doivent apprendre. 194

XXXVI. Instr. Du chant des Pseaumes, des Hymnes & des Cantiques spirituels, & des Cérémonies de l’Eglise. 198

XXXVII. Instr. Moyens dont on se sert dans les Ecoles Chrétiennes pour porter les enfans à profiter de l’instruction & de l'éducation qu’on leur y donne. 202

l.§. De la Correction. là-même.

XXXVIII. Instr. 2. §. Quels sont les enfans qui doivent être corrigés. 206

XXXIX Instr. Des pénitences qu’on impose aux enfans dans les Ecoles Chrétiennes. 209

XL. Instr. Des recompenses qu’on donne aux enfans dans les Ecoles Chrétiennes. 214

Fin de la Table de la première Partie.



PRIVILEGE GENERAL.

LOUIS, par la Grace de Dieu, Roy de France et de Navarre : A nos amés & féaux Conseillers les Gens tenans nos Cours de Parlemens, Maîtres des Requêtes ordinaires de notre Hôtel, Grand-Conseil, Prévôt de Paris, Baillifs, Sénéchaux, leurs Lieutenans Civils ; & autres nos Justiciers qu’il appartiendra, Salut. Notre bien aimé Philippe-Nicolas Lottin Libraire & Imprimeur à Paris, Nous ayant fait remontrer qu’il lui auroit été mis en main un Essai d’une Ecole Chrétienne, ou Maniere d’instruire & d’élever chrétiennement les Enfans dans les Ecoles, qu’il souhaiteroit faire imprimer & donner au Public, s’il Nous plaisoit lui accorder nos Lettres de Privilège sur ce nécessaires ; A ces Causes, voulant traiter favorablement ledit Exposant, Nous lui avons permis & permettons par ces Presentes, de faire imprimer ledit Livre en tels volumes, forme, marge, caractere, conjointement ou separément, & autant de fois que bon lui semblera, & de le vendre, faire vendre, & débiter par tout notre Royaume, pendant le tems de huit années consecutives à compter du jour de la date desdites Presentes ; faisons défenses à toutes sortes de personnes de quelque qualité & condition qu’elles soient, d’en introduire d’impression étrangere, dans aucun lieu de notre obéïssance, comme aussi à tous Libraires, Imprimeurs & autres, d’imprimer, faire imprimer, vendre, faire vendre, débiter ni contrefaire ledit Livre ci-dessus, en tout ni en partie, ni d’en faire aucuns extraits, sous quelque prétexte que ce soit, d’augmentation, correction, changement de titre ou autrement, sans la permission expresse & par écrit dudit Exposant, ou de ceux qui auront droit de lui, à peine de confiscation des Exemplaires contrefaits, de quinze cens livres d’amende contre chacun des contrevenans, dont un tiers à Nous, un tiers à l’Hôrel-Dieu de Paris, l’autre tiers audit Exposant, & de tous dépens, dommages & interêts ; à la charge que ces Presentes seront enregistrées tout au long sur le Registre de la Communauté des Libraires & Imprimeurs de Paris, dans trois mois de la date d’icelles ; que l’impression de ce Livre sera faite dans notre Royaume & non ailleurs, en bon papier & en beaux caracteres conformément aux Reglemens de la Librairie, & qu’avant que de l’exposer en vente, le Manuscrit ou Imprimé qui aura servi de copie à l’impression dudit Livre sera remis dans le même état où l’approbation y aura été donnée, ès mains de notre très-cher & féal Chevalier Garde des Sceaux de France, le Sr Fleuriau d’Armenonville & qu’il en sera ensuite remis deux Exemplaires dans notre Bibliothèque publique, un dans celle de notre Château du Louvre, & un dans celle de notre très-cher & féal Chevalier Garde des Sceaux de France le Sr Fleuriau d’Armenonville, le tout à peine de nullité des Presentes ; du contenu desquelles vous mandons & enjoignons de faire jouïr l’Exposant ou ses ayans cause, pleinement & paisiblement, sans souffrir qu’il leur soit fait aucun trouble ni empêchement : Voulons que la copie desdites Presentes, qui sera imprimée tout au long au commencement ou à la fin dudit Livre, soit tenue pour dûement signifiée, & qu’aux copies collationnées par l’un de nos amés & féaux Conseillers & Secrétaires, foi soit ajoutée comme à l’Original : Commandons au premier notre Huissier ou Sergent de faire pour l’exécution d’icelles tous Actes requis & nécessaires, sans demander autre permission, & nonobstant clameur de Haro, Charte Normande, & Lettres à ce contraires ; Car tel est notre plaisir. Donné à Paris le vingt-troisiéme jour du mois de Novembre, l’an de grâce mil sept cent vingt-trois & de notre Regne le quatorzième. Par le Roi en son Conseil.

CARPOT.

Registré sur le Registre V de la Chambre Royale des Libraires & Imprimeurs de Paris, N°. 724., fol. 433, conformément aux anciens Reglemens confirmés par celui du 28 Février 1723. A Paris le 12 Juillet 1724.

Signé, BALLARD, Syndic.

Ajout Instruction pour les Vacances et Instruction pour l’entrée des Ecoles après les Vacances (exemplaire 1R 20 de la Bibliothèque Diderot ENS de Lyon)Modifier

INSTRUCTION.
Pour les Vacances.

D. Qu’est-ce que le tems des Vacances ?

R. C’est un tems qui est destiné pour prendre un peu de repos, à cause de l’application qu’on a eue pendant l’année dans les Ecoles.

D. Puisque le tems des vacances est accordé pour prendre quelque repos, n’est-il pas permis de n’employer tout ce tems qu’à se promener, à jouer & à se divertir ?

R. Non, car il n’est pas permis de passer plusieurs jours, ni même tout un jour à se divertir.

D. Que faut-il donc faire pour bien passer le tems des Vacances ?

R. Pour bien passer ce tems, il faut n’en pas perdre un seul moment, & en employer une partie à quelques exercices de piété, une autre partie à lire ou à écrire, & une autre partie à se récréer.

D. Peut-on passer les Dimanches & les Fêtes comme les autres jours ?

R. Non, il faut les Dimanches & les Fêtes employer le tems d’une maniere toute autre que les autres jours.

D. A quoi faut-il employer les Dimanches & les Fêtes pendant les Vacances ?

R. Il faut les employer à assister au Service divin, à la Messe de Paroisse, au Catéchisme, au Sermon, & à Vêpres, & le tems qui restera, à prier Dieu, à lire quelque bon Livre, & à s’entretenir de discours de piété.

D. A quoi faut-il employer les jours de travail pendant les Vacances ?

R. Il faut les employer aux sept choses suivantes. 1. Il faut se lever tous les jours à six heures du matin au plus tard, & faire aussi-tôt à genoux les Prieres du matin, avant que de sortir de sa chambre. 2. Il faut entendre tous les jours la sainte Messe avec attention & dévotion. 3. Etudier son Catéchisme & les Livres de sa leçon, les répéter devant quelqu’un. 4. Ecrire, si on écrivoit, afin de ne pas oublier ce qu’on aura appris, & dire tous les jours son Chapelet, sans y manquer. 5. Visiter le Très-Saint Sacrement au moins un quart d’heure chaque jour. 6. Lire tous les jours quelques bons Livres, & la Vie du Saint du jour, si on l’a chez soi. 7. S’occuper dans la maison à faire ce qui aura été commandé par ses parens.

D. Quand on trouve chez soi quelques livres mauvais, qu’en doit-on faire ?

R. Il n’est pas permis de les lire, mais il les faut brûler, comme faisoient les premiers Chrétiens aussi-tôt qu’ils s’étoient convertis à Dieu.

D. Quand & combien de tems peut-on jouer & se promener pendant les Vacances ?

R. On peut jouer & se promener quelques heures après midi, excepté les Dimanches & Fêtes, après avoir demandé & obtenu la permission de ses parens.

D. A quel jeux peut-on jouer ?

R. On peut jouer à quelques jeux innocens & honnêtes ; mais jamais à des jeux de hazard ou qui portent au péché.

D. Avec qui peut-on jouer ou se promener ?

R. Quand en veut jouer, on doit choisir des compagnons sages, & qui ne soient pas libertins, & sur tout ne jamais jouer avec des personnes de différent sexe.

D. Peut-on jouer pour de l’argent ?

R. Il est bien mal séant de le faire, parce qu’il n’y a rien qui anime tant les passions, & qui excite tant à offenser Dieu dans le jeu, & c’est même un péché de perdre beaucoup d’argent au jeu.

D. De quoi doit-on parler dans la conversation lorsqu’on va se promener?

R. Il faut parler de quelque chose qui soit utile, & quelquefois de discours de piété ; mais ne jamais parler mal du prochain ni de choses deshonnêtes ou messéantes.


INSTRUCTION.
Pour l’entrée des Ecoles après les Vacances.

D. Pourquoi vient-on aux Ecoles Chrétiennes ?

R. On vient aux Ecoles Chrétiennes pour apprendre à connoître, à aimer, à servir Dieu & notre Seigneur J.C. & tout ce qui est nécessaire pour faire ton salut.

D. Comment est-ce qu’on apprend aux Ecoles Chrétiennes à connoître, aimer & servir Dieu ?

R. C’est par les Catéchismes qu’on y fait tous les jours.

D. Qu’est-ce que le Catéchisme ?

R. C’est une instruction familiere de la doctrine chrétienne, que le Fils de Dieu est venu enseigner aux hommes.

D. Est-il absolument nécessaire de venir à l’Ecole & au Catéchisme ?

R. Oui, si nous voulons être sauvés.

D. Que faut-il faire pour connoître Dieu ?

R. Il faut s’appliquer à bien apprendre son Catéchisme, & principalement les principaux Mysteres de notre sainte Religion, qui sont dans les dix articles de la Profession de Foi.

D. Que faut-il faire pour bien aimer Dieu ?

R. Il faut attacher son cœur à Dieu, l’aimer plus que tout ce qui est au monde, & etre dans la résolution de plutôt mourir que de l’offenser.

D. Que faut-il faire pour bien servir Dieu ?

R. Il faut observer fidélement tous les Commandemens de Dieu & de ceux de son Eglise, & obéir à toutes ses saintes volontés.

D. Pourquoi vient-on encore aux Ecoles Chrétiennes ?

R. Pour deux raisons. La 1. pour y apprendre à bien prier Dieu, & à recevoir dignement les sacremens. 2. Pour y apprendre à lire, à écrire, & tout ce qui est nécessaire pour bien s’acquitter dans la suite des obligations de son état & de sa profession.

D. Que faut-il faire pour bien profiter dans l’Ecole pendant toute l’année ?

R. 1. Une faut point s’en absenter que pour de bonnes raisons, avec permission, & s’y trouver de bonne heure.

2. En entrant dans la Classe se mettre à genoux pour adorer Dieu présent, & reciter dévotement le Pater & l’Ave.

3. Ne point parler à ses Compagnons durant tout le tems de l’Ecole, toujours étudier & suivre dans sa leçon.

4. Avoir une grande piété dans l’Eglise & dans les prieres.

D. Quelle sera la récompense des Enfans qui seront exacts à bien faire leurs devoirs ?

R. Dieu les comblera de ses bénédictions en ce monde, eux & leurs parens, & il les fera entrer dans le Ciel après leur mort.

D. Quelle sera la punition des enfans qui n’auront pas été assidus à l’Ecole, & qui auront vécu dans le libertinage ?

R. Ils seront malheureux tout le tems de leur vie. Dieu les haïra, leur bon Ange les abandonnera, & les Démons les accompagneront toujours pour les précipiter dans les Enfers après leur mort, pour y brûler pendant toute l’éternité.


Anonyme
Essai d’une école chrétienne, dans laquelle on enseigne aux Enfans la maniere de devenir de bons Chrétiens, ou de bonnes Chrétiennes
1730

ESSAI

D’UNE

ECOLE

CHRÉTIENNE,

DANS LAQUELLE

On enseigne aux Enfans la maniere de devenir de bons Chrétiens, ou de bonnes Chrétiennes.

Travaillez à acquérir la sagesse, & ne vous en détournez point, c’en est le commencement ; elle deviendra votre gloire, lorsque vous l’aurez embrassée. Prov. 4. 5.7.

A PARIS,

Chez Ph. Nic. Lottin, rue S. Jacques,

proche de S. Yves, à la Vérité.

M. DCC. XXX.

Priere avant le Catechisme.

Au nom du Pere † , & du Fils, & du Saint Esprit. Ainsi soit-il.

0 Jesus ! Maitre des Anges & des hommes, qui êtes venu au monde, pour éclairer ceux qui sont ensevelis dans les ténèbres de l’ignorance & du péché, ouvrez-moi l’esprit, & rendez mon cœur docile, afin que je reçoive avec fruit les vérités ineffables de votre divine doctrine, enseignez-moi à faire votre volonté ; car vous êtes mon Dieu : & faites-moi la grâce d’écouter votre divine parole avec attention & avec respect, afin que j’apprenne à vous connoître, à vous aimer, à vous servir, & à me sanctifier moi-même. Ainsi soit-il.

Priere après le Catechisme.

Au nom du Pere, &c.

Je vous remercie, ô mon Dieu, de toutes les saintes instructions, qu’il vous a plû de me donner. Je vous demande pardon des fautes, que j’ai commises en les entendant. Faites, Seigneur, qu’elles ne s’effacent jamais de ma mémoire, & qu’elles servent avec le secours de votre grâce, à me rendre plus sage dans ma jeunesse, plus zelé dans votre service, plus fervent dans votre amour, plus fidele à mes devoirs ; & qu’à l’exemple de Jesus enfant je croisse en sagesse & en sainteté, à mesure que j’avancerai en âge. Ainsi soit-il.

ECOLE CHRETIENNE,

Dans laquelle on enseigne aux Enfans la maniere de devenir de bons Chrétiens & de bonnes Chrétiennes.

INSTRUCTIONS PRELIMINAIRES,

Où l'on donne aux Enfans l’idée, & on leur inspire les sentimens qu’ils doivent avoir des Ecoles Chrétiennes pour y devenir de bons Chrétiens ou de bonnes Chrétiennes.


PREMIERE INSTRUCTION.
Idée que les Enfans doivent se former, des Ecoles Chrétiennes.

D. Quelle idée les Enfans doivent-ils se former des Ecoles Chrétiennes ?

R. Ils ne peuvent s’en former une idée trop avantageuse, tant les Ecoles Chrétiennes sont quelque chose de grand, de noble, d’excellent, d’utile, d’important, & de nécessaire pour l’Eglise, pour l’Etat, pour eux-mêmes, & pour leur famille.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent sçavoir des Ecoles Chrétiennes, pour s’en former une juste idée ?

R. Ils doivent connoître. 1. Qui les a établies & autorisées. 2. Ce qu’elles sont en elles-mêmes. 3. La fin pour laquelle elles sont établies.

D. Qui est-ce qui a établi les Ecoles Chrétiennes ?

R. C’est l’Eglise, qui comme une bonne mere, après avoir procuré à ses enfans une naissance surnaturelle par le saint Batême, a eu le soin dans tous les tems de leur donner le moyen de perfectionner leur enfance spirituelle parles Ecoles Chrétiennes qu’elle a établies pour cette fin.

D. Qu’est-ce qui a autorisé l’établissement des Ecoles Chrétiennes fait par l’Eglise ?

R. Les Empereurs, les Rois, les Souverains, qui connoissant l’importance & la nécessité des Ecoles Chrétiennes, pour rendre leurs Etats heureux & florissants, ont toujours employé leur autorité, ou pour en soutenir les établissemens déjà faits, ou pour en faciliter de nouveaux dans tous les lieux de leur dépendance.

D. Qu’est-ce que les Ecoles ?

R. Ce sont des lieux où l’on apprend aux enfans à lire & à écrire. &c.

D. Qu’est-ce que les Ecoles Chrétiennes ?

R. Ce sont des lieux, où en enseignant aux enfans à lire & à écrire, on les instruit de la Religion Chrétienne, & on leur apprend à vivre chrétiennement.

D. Quelle est la fin principale des Ecoles Chrétiennes ?

R. C’est l’instruction & l’éducation Chrétienne que l’on donne aux enfans qui y sont élevés.

II INSTRUCTION.
Sentimens que les Enfans doivent
avoir des Ecoles Chrétiennes.
1
Estime que les Enfans doivent avoir
pour les Ecoles Chrétiennes.

D. QUels sentimens les Enfans doivent-ils avoir des Ecoles Chrétiennes ?

R. Ils doivent avoir pour ces Ecoles des sentimens d’estime, d’amour & de zele.

D. Pourquoi les enfans doivent-ils estimer les Ecoles Chrétiennes ?

R. A cause de leur excellence.

D. Qu’est-ce qui fait connoître l’excellence des Ecoles Chrétiennes ?

R. C’est. 1. Ce qu’elles sont en elles-mêmes. 2. Ce qu’elles sont par rapport à l’Eglise & à l’Etat. 3. Ce qu’elles sont par rapport aux enfans.

D. Qu’est-ce que les Ecoles Chrétiennes sont en elles-mêmes ?

R. Elles sont le noviciat du Christianisme, où l’on forme les enfans à la Religion Chrétienne, comme on forme les Religieux dans leur noviciat à la Religion dans laquelle ils doivent faire profession.

D. Qu’est-ce que les Ecoles Chrétiennes par rapport à l’Eglise & à l’Etat ?

R. Elles en sont les Séminaires ou les pépinières, dans lesquelles les enfans, comme de jeunes plantes, sont élevés & cultivés, pour être ensuite transplantés dans differentes conditions de l’un & de l’autre sexe, & porter leur fruit dans leur tems pour le bien de l’Eglise & de l’Etat.

D. Qu’est-ce que les Ecoles Chrétiennes sont par rapport aux enfans ?

R. Elles sont pour eux 1. Des aziles contre la corruption du siécle. 2. Des lieux de sûreté pour mettre leur innocence à couvert, & pour conserver le tresor inestimable de la grace baptismale. 3. Des refuges pour ceux qui ont déjà commencé à se perdre au milieu du monde.

D. Qu’est-ce que les Ecoles Chrétiennes sont encore par rapport aux enfans ?

R. Elles font. 1. Des exercices publics pour leur apprendre la science des Saints & du salut. 2.Des Academies saintes pour les préparer à la guerre spirituelle qu’ils auront pendant toute leur vie, ou à faire ou à soutenir contre les ennemis de leur salut, & où on leur enseigne les moyens, & on leur donne les armes nécessaires, pour sortir toujours victorieux de ces sortes de combats.

D. Enfin qu’est-ce que les Ecoles Chrétiennes sont encore par rapport aux enfans ?

R. Elles sont comme des Eglises, où ils apprennent à connoître, à aimer, à prier, à adorer & à servir Dieu, à chanter ses louanges, & à recevoir dignement les sacremens, &c.

III INSTRUCTION.
2 §.
Amour que les enfans doivent avoir
pour les Ecoles Chrétiennes.

D. QUel est le second sentiment que les enfans doivent avoir pour les Ecoles Chrétiennes ?

R. C’est un sentiment d’amour.

D. Pourquoi les enfans doivent-ils aimer les Ecoles Chrétiennes ?

R. A cause de leur utilité, & des avantages qu’ils en retirent.

D. De quelle utilité sont les Ecoles Chrétiennes ?

R. Elles sont, comme la Piété, utiles à tout, & avantageuses à toutes sortes d’enfans.

D. Comment les Ecoles sont elles utiles à toutes sortes d’enfans ?

R. Parce que c’est dans les Ecoles que commencent à se former les saints Ecclesiastiques, les saints Religieux, les saints Magistrats, les bons Peres de famille, les bons Ouvriers, &c.

D. Quels sont les avantages que les enfans retirent des Ecoles ?

R. C’est dans ces lieux que la verge de la discipline chasse la folie du cœur des enfans, & délivre leur ame de la mort, & que la correction leur donne la sagesse. Prov. 22, 25, & 29, 25.

D. Quel est le principal & le plus important avantage que les enfans retirent des Ecoles Chrétiennes ?

R. C’est l’éducation chrétienne qu’on y donne aux enfans.

D. En quoi consiste cette éducation chrétienne qu’on donne aux enfans dans les Ecoles ?

R. Elle consiste. 1. A cultiver leur esprit. 2. A former leur cœur. 3. A regler leur conduite.

D. Comment cultive-t-on I’esprit des enfans dans les Ecoles Chrétiennes ?

R. En les instruisant des vérités du Christianisme.

D. Comment forme-t-on leur cœur ?

R. En leur inspirant des sentimens dignes de la Religion dont ils font profession.

D. Comment regle-t-on leur conduite ?

R. En les portant à mener une vie digne de leur vocation, c’est-à-dire, conforme aux maximes & aux principes de la morale chrétienne, & en tâchant de faire en sorte qu’ils vivent chrétiennement pendant tout le tems qu’ils vont à l’Ecole.

IV INSTRUCTION.
3 §.
Zele que les enfans doivent avoir pour
les Ecoles Chrétiennes.

D. COmment les enfans doivent-ils faire connoître l’estime & l’amour qu’ils ont pour les Ecoles Chrétiennes ?

R. Par le zele qu’ils doivent avoir pour ces lieux, & pour les exercices qui s’y pratiquent.

D. Pourquoi les enfans doivent-ils avoir du zele pour les Ecoles Chrétiennes ?

R. Parce que de ce zele dépend le progrès qu’ils y feront, soit dans la science, soit dans la piété.

D. Qui est-ce qui peut animer le zele des enfans pour les Ecoles ?

R. C’est. 1. La necessité & le besoin qu’ils en ont. 2. L’importance de ce secours dans le monde.

D- Quelle est la necessité des Ecoles pour les enfans, & quel est le besoin qu’ils en ont ?

R. Cette necessité des Ecoles est extrême pour les enfans ; & le besoin qu’ils en ont est plus grand qu’on ne peut le dire ni le penser.

D. A quoi faut-il faire attention pour bien comprendre la necessité des Ecoles pour les enfans, & le besoin qu’ils en ont ?

R. Il faut faire attention à ce que les enfans sont dans les Ecoles, & à ce qu’on y fait pour eux.

D. Qu'est-ce que les enfans sont dans les Ecoles, & qu’y fait-on pour eux ?

R. Les enfans sont dans les Ecoles des terres en friche qu’on y cultive avec beaucoup de peine, & de jeunes plantes infructueuses qu’on y éleve avec un extrême soin pour produire du fruit dans leur tems.

D. De quelle importance est dans le monde le secours des Ecoles Chrétiennes ?

R. Il est de la derniere importance pour l’Eglise, pour l’Etat, pour les familles & surtout pour les enfans.

D. Comment le secours des Ecoles Chrétiennes est-il si important à l’Eglise, à l’Etat, aux familles, & aux enfans ?

R. Parce que c’est des Ecoles Chrétiennes bien gouvernées comme de la première source que viennent la gloire de l’Eglise, le repos & la tranquillité de l’Etat, le bonheur des familles, & le salut des enfans.

D. De quelle maniere de si grands avantages & des biens si importans sont-ils des fruits ordinaires des Ecoles Chrétiennes, où les enfans sont bien instruits & élevés ?

R. Parce que comme la santé du corps humain dépend de sa première formation & nourriture, le succés d’une affaire de son bon commencement, la perfection d’un Religieux de l’éducation sainte & retigieuse qu’on lui a donnée dans son noviciat : de même la vie sainte d’un Chrétien & son exactitude à remplir ses devoirs par rapport à l’Eglise, à l’Etat, à lui-même & à son prochain, sont d’ordinaire le fruit de la bonne éducation qu’on lui a donnée dans l’Ecole où il a été élevé dans sa jeunesse.

D. Quels sont les enfans lorsqu’ils ont été bien élevés dans les Écoles ?

R. Ils sont ordinairement pieux envers Dieu, soumis & obéïssans aux puissances spirituelles & temporelles, respectueux envers leurs peres & leurs meres, paisibles dans leurs familles, civils & obligeans envers tout le monde, & enfin reglés dans toute leur conduite.

D. Que dites-vous des enfans qui sont privés du secours des Ecoles, ou qui y sont mal élevés ?

R. Il vivent ordinairement dans l’ignorance, dans le libertinage & dans le déreglement. 2. S’ils se marient, ils remplissent l’Eglise & leurs familles d’enfans qui les couvriront un jour de confusion ; l’Etat de sujets qui en seront les fléaux, & l’enfer de reprouvés. 3. Ils ont coutume de faire eux-mêmes une fin malheureuse.

D. Ne sont-ce pas là des motifs bien capables de porter les enfans à avoir du zele pour les Ecoles Chrétiennes ?

R. Oui sans doute, pour peu de reflexions qu’ils y fassent, & qu’ils soient sensibles aux interêts de l'Eglise & de l'Etat, à leur propre bien, & à l’avantage de leurs familles.

D. En quoi les enfans doivent-ils faire paroître leur zele pour les Ecoles Chrétiennes ?

R. 1. Par la fidelité à y aller assidûment. 2. Par l’exactitude à en sçavoir & à en observer la discipline. 3. Par leur progrès dans la science & dans la piété.

D. A quoi tend tout ce qui s’observe dans les Ecoles ?

R. Il tend à rendre les enfans, 1. Bons Chrétiens, ou bonnes Chrétiennes, 2. Bons Ecoliers ou bonnes Ecolieres.

SECONDE PARTIE.

Conduite des enfans dans les Ecoles Chrétiennes pour y devenir de bons Chrétiens ou de bonnes Chrétiennes.

I. INSTRUCTION.
Les enfans des Ecoles Chrétiennes
doivent imiter Jesus-Christ dans
sa jeunesse.

D. QUelle est la grande & la principale obligation des enfans les Ecoles Chrétiennes ?

R. C’est de s’appliquer à devenir de bons chrétiens ou de bonnes chrétiennes, & de se perfectionner par rapport à cette qualité dont ils sont honorés.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent faire pour devenir de bons chrétiens ou de bonnes chrétiennes ?

R. Ils doivent imiter Jesus-Christ dans sa jeunesse.

D. Quelle a été la vie de Jesus-Christ dans sa jeunesse ?

R. L’Evangile en rapporte trois circonstances ; qui renferment un abregé de la vie des enfans dans les Ecoles Chrétiennes.

D. Quelle est la première circonstance de la vie de Jesus-Christ ?

R. L’Evangile dit qu’il alloit au Temple aux fêtes solemnelles, & y assistoit aux instructions qui s’y faisoient, & aux sacrifices qui s’y offroient.

D. Qu’est-ce que cette conduite de Jesus-Christ apprend aux enfans des Ecoles Chrétiennes ?

R- Elle leur apprend, 1. L’esprit de religion qu’ils doivent avoir envers Dieu ; 2. Le zele & la fidelité à remplir les devoirs de la piété Chrétienne, comme sont la priere, la sainte Messe, l’assistance aux divins offices &c. 3 L’exactitude à entendre la parole de Dieu, & à recevoir l’instruction de la bouche des sages & des personnes que Dieu leur a données pour les enseigner, & à tâcher d’en profiter.

D. Quelle est la seconde circonstance de la vie de Jesus-Christ rapportée dans l’Evangile ?

R. L’Evangile assure qu’il étoit soumis à la sainte Vierge & à saint Joseph.

D. Qu’est-ce que Jesus-Christ apprend par cette conduite aux enfans des Ecoles Chrétiennes ?

R. Il leur apprend qu’ils doivent respecter leurs peres & leurs meres, leurs Maîtres & leurs Maîtresses d’écoles, & leur obéïr dans tout ce qui regarde le bon ordre de l’Ecole, l’instruction & l’éducation des enfans dont ils ont charge, & dont ils doivent repondre à Dieu & aux hommes.

D. Quelle est la troisiéme circonstance de la vie de Jesus-Christ rapportée dans l’Evangile ?

R. Il nous enseigne qu’il donnoit toujours de nouvelles marques de sagesse & de sainteté à mesure qu’il avançoit en âge.

D. Qu’est-ce que Jesus-Christ apprend par là aux enfans des Ecoles Chrétiennes ?

R. Il leur apprend qu’ils doivent travailler, 1. à acquérir la sagesse & la sainteté ; 2.à croître dans ces deux vertus à mesure qu’ils avancent en âge.

II INSTRUCTION.

Les enfans des Ecoles Chrétiennes doivent s’appliquer à acquérir la sagesse, & à croître en cette vertu à mesure qu’ils avancent en âge.

D. POurquoi les enfans doivent- ils travailler à acquérir la sagesse ?

R. Parce que 1. Dieu le leur commande. 2. Cette vertu le mérite. 3. Leur intérêt le demande.

D. Rapportez quelqu’un des Commandemens que Dieu fait aux enfans de travailler à acquérir la sagesse ?

R. Travaillez à acquérir la sagesse, dit le saint Esprit dans les Prov. Travaillez à acquérir la prudence aux dépens de ce que vous pouvez, posseder. Prov. 4, 7.

N’abandonnez point la sagesse, & elle vous gardera ; aimez-la, & elle vous conservera, là même, v. 6.

D. Pourquoi dites-vous que la sagesse merite qu’on travaille à l’acquérir ?

R. A cause de son excellence & de ses avantages.

D. Quelle est l’excellence de la sagesse ?

R. L’homme, dit le saint Esprit, ne connoit point le prix de la sagesse.

La sagesse vaut mieux que toutes les richesses les plus précieuses ; & tout ce qu’on peut desirer ne peut entrer en comparaison avec elle. Prov. 8, II.

Tout l’or au prix de la sagesse n'est qu’un peu de sable, & l'argent devant elle est comme de la boue. Sag. 7, 9.

C’est la sagesse, qui enseigne la tempérance, la prudence, la justice & la force, qui sont les choses du monde les plus utiles à l’homme dans cette vie. Sag. 8, 3. &c.

La Sagesse est meilleure que l’or, & plus précieuse que l’argent ; & il vaut mieux travailler a acquérir la sagesse, que de trafiquer en or & en argent.

La sagesse est illustre & ne perd jamais son éclat. Prov. 3.

D. Quels sont les avantages de la sagesse ?

R. Ils sont ineffables, Tous les biens, dit Salomon, me sont venus avec la sagesse, & j'ai reçû de ses mains des richesses innombrables ; car elle est un tresor infini pour les hommes ; & ceux qui en ont usé, sont devenus les amis de Dieu, & se sont rendus recommandables par les dons de la science. Sag. 7, 11 & 14.

D. Pourquoi dites-vous que l’intérêt des enfans demande qu’ils travaillent à acquérir la sagesse ?

R. A cause du besoin infini qu’ils ont de cette vertu, & qu'elle leur est absolument necessaire pour la conduite de leur vie, dont elle doit être l’ame & la regle.

III INSTRUCTION.
Moyens dont les enfans doivent se servir
pour acquérir la sagesse.

D. QU’est-ce que les enfans doivent faire pour acquerir la sagesse ?

R. Ils doivent faire trois choses.

D. Quelle est la première ?

R. La desirer avec ardeur : J'ai desiré l’intelligence, dit le Sage, & elle ma été donnée. Sag. 7, 7.

D. Quelle est la seconde ?

R. La demander à Dieu avec instance. Si quelqu’un manque de sagesse, dit S. Jacques, qu'il la demande à Dieu, & elle lui sera donnée. S. Jacq. 1, 5. J'ai invoqué je Seigneur dit le Sage, & l’Esprit de sagesse est venu en moi. Sag. 7, 7. Faire souvent cette prière.

PRIERE.

SEigneur, envoyez-moi la sagesse du Ciel votre sanctuaire, & du Trône de votre grandeur, afin quelle demeu- re, & qu’elle travaille avec moi, & afin que je sçache ce qui vous est agréable. Sag. 9, 10.

D. Quelle est la troisiéme chose que les enfans doivent faire pour acquérir la sagesse ?

R. Ils doivent s’appliquer avec zele à s'instruire de la vraie sagesse, qui est, dit le Saint Esprit, la science des Saints & du salut.

D. Qu’est-ce que la vraie sagesse enseigne ?

R. Elle enseigne la connoissance, 1. de Dieu, & de ses perfections ; 2. de Jesus-Christ & de ses Mysteres ; 3. de soi-même & de ses obligations.

D. Où est contenu cette science admirable que la vraie sagesse enseigne, & que les Saints ont apprise avec tant de zele ?

R. Dans l’Ecriture sainte, dans la Tradition, & dans les décisions de l’Eglise.

D. Comment appelle-t-on cette science de Dieu, des Saints & du Salut, que nous devons étudier avec tant de soin ?

R. On l’appelle la Doctrine & la Morale Chrétienne.

D. Qu’est-ce que la Doctrine & la Morale Chrétienne ?

R. Ce sont toutes les vérités Chrétiennes que l’Eglise nous enseigne, & qu’elle nous commande de la part de Dieu, ou de croire ou de pratiquer.

D. Est-il necessaire de sçavoir & de croire cette Doctrine, & de pratiquer cette Morale Chrétienne ?

R. Oui, c’est tout le devoir de l’homme en cette vie, & l’unique necessaire d’un Chrétien pour être sauvé.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent observer, pour s’instruire de la Doctrine & de la Morale Chrétienne ?

R. Il doivent faire deux choses.

D. Quelle est est la première ?

R. Ecouter avec attention & avec docilité les leçons qu’on leur fait sur ces sujets, ou dans les Eglises, ou dans les Ecoles : tâcher de les retenir & de ne pas oublier ces vérités qu’on leur y enseigne.

D. Quelle est la seconde ?

R. Faire une étude particulière de cette Doctrine & de cette Morale dans les livres, où l’une & l’autre de ces sciences est contenue ; comme sont les recueils qu’on a faits des Maximes de la Doctrine & de la Morale Chrétienne tirées de l’Ecriture sainte. Le Catechisme Historique de l’ancien & du nouveau Testament, celui du Diocese, celui des Dimanches & des Fêtes, &c. Enfin se faire un plaisir & un honneur de répeter à l’Eglise & à l’Ecole ce qu’on y a appris.

D. Suffit-il aux enfans d’être instruits de la Doctrine & de la Morale Chrétienne ?

R. Non, ils doivent encore croire fermement cette Doctrine, & pratiquer exactement cette Morale.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent observer, pour s’exciter & s’animer à s’acquitter de ces devoirs ?

R. Ils doivent, 1. reflechir souvent sur les grandes vérités de la Doctrine & de la Morale Chrétienne ; 2. entrer dans des sentimens d’estime, d’amour, & de zele pour ces vérités ; 3 .prendre une forte resolution de croire cette Doctrine, & de pratiquer cette Morale ; 4. enfin ne pas manquer de remplir ces obligations avec une fidelité inviolable.

Ce qui va être exposé de la sainteté, à laquelle les enfans sont obligés de travailler, pourra servir à les instruire de la Morale Chrétienne, & être en même-tems le sujet des reflexions qu'ils doivent faire sur cette importante matiere.

IV INSTRUCTION.
Les enfans des Ecoles Chrétiennes doivent
travailler à acquérir la sainteté,
& à croître en vertu.

D. POurquoi les enfans des Ecoles Chrétiennes sont-ils obligés de travailler à acquérir la sainteté ?

R. Pour quatre raisons principales.

D. Quelle est la première ?

R. Parce que Dieu le veut & les y oblige dans l’ancien & dans le nouveau Testament, comme il paroît dans les passages suivans.

Je suis le Seigneur votre Dieu, soyez saint, parce que je suis saint. Levit. II, 44.

Sanctifiez-vous & soyez saints, parce que moi qui suis le Seigneur votre Dieu, je suis saint. Levit. 20, 7.

Soyez parfaits comme votre Pere celeste est parfait, dit Jesus-Christ. S. Math. 5, 4, 48.

Vous serez parfait & sans tache avec le Seigneur votre Dieu. Deut. 18, 13.

Marchez en ma presence & soyez parfait, travaillez à devenir parfait. Gen. 7, 1.

La volonté de Dieu est que vous soyez saints & purs ; car Dieu ne nous a point appellés pour être impurs ; mais pour être saints. 2. Thess. 14, 38.

Travaillez à acquérir la sainteté, sans laquelle nul ne verra Dieu, Heb. 12, 14.

Soyez, saints dans toute la conduite de votre vie, comme celui qui vous a appellés est saint. 1 de S. Pier. 1. I5.

D. Quelle est la seconde raison de l’obligation des enfans à la sainteté ?

R. C’est qu’ils s’y sont engagés eux-mêmes par les promesses & la profession qu’ils en ont faites au Batême.

D. Comment les Peres de l’Eglise appellent-ils ces promesses & cette profession ?

R. Ils les appellent des vœux & des sermens qu’on a faits de travailler à acquérir la sainteté.

D. Quelle est la troisiéme raison ?

R. Parce que la Religion Chrétienne étant sainte en elle-même & dans tout ce qu’elle a, dans sa Doctrine, dans sa Morale, dans ses maximes, dans ses conseils, dans ses Sacremens, elle demande que la vie de ceux qui en font profession soit sainte.

D. Quelle est la quatrième raison de cette obligation ?

R. Parce que ce n’est qu’à cette condition que Dieu les a reçûs dans le Batême au nombre de ses enfans ; Jesus-Christ dans sa Religion, & l’Eglise dans son sein.

P R I E R E.

SAnctifiez-moi, ô mon Dieu, par votre grace, & faites que je travaille à me sanctifier moi-même, en cooperant à votre grace. Ainsi soit-il.

D. Les enfans sont-ils obligés de croître en sainteté à mesure qu’ils avancent en âge ?

R. Oui, Que celui qui est juste, dit le S. Esprit, devienne encore plus juste ; que celui qui est saint, se sanctifie encore davantage. Apoc. 22, II.

Ne cessez point de vous avancer dans la justice jusqu’à la mort, parce que la recompense de Dieu demeure éternellement. Éccli. 18, 22.

Ne pas avancer dans la vertu, dit S. Bernard, c’est reculer.

P R I E R E.

FAites, ô mon Dieu, que ma vie soit comme une lumière brillante, qui s’avance & qui croît jusqu'au jour parfait. Prov. 4.

D. En quoi consiste la sainteté à laquelle les enfans sont obligés, & dans laquelle ils doivent croître ?

R. Elle consiste, 1. à éviter le péché, 2. à pratiquer la vertu ; Détournez-vous du mal, dit le S. Esprit, c’est-à-dire du péché, & faites le bien, c’est-à-dire, pratiquez la vertu , & vous aurez une demeure éternelle. Ps. 36, 28.

Si quelqu’un aime la vie, & desire que ses jours soient heureux, qu'il se détourne du mal & qu’il fasse le bien. 1. de S. Pierre 3, 10.

Ayez le mal en horreur, & attachez-vous fortement au bien, aux Rom. 12, 9.

P R I E R E.

FAites, ô mon Dieu, que j'accomplisse toute justice en évitant le mal, & en faisant le bien que vous demandez de moi dans mon état : c’est ce que j’espere de faire avec le secours de votre sainte grâce, que je vous prie de m'accorder. Ainsi soit-il.

V INSTRUCTION.
Obligation ou sont les enfans des Ecoles
Chrétiennes d’éviter le péché
.
I §.
De la fuite du péché en general.

D. QUelle est la première obligation des enfans qui veulent travailler à acquérir la sainteté ?

R. C’est 1. de fuir le péché ; 2. de combattre les ennemis qui peuvent les y porter ; 3. d’en éviter les occasions.

D. Rapportez-nous quelques passages de l’Ecriture sainte, qui fassent connoître cette obligation de ne point commettre le péché ?

R. Mon fils, prenez garde de ne consentir jamais au péché, & de ne violer jamais les préceptes de la Loi du Seigneur notre Dieu. Tobie. 4, 6.

Ceux qui commettent le péché & l’iniquité sont ennemis de leur ame. Tob. 12, II.

Celui qui aime l’iniquité hait son ame Ps.10, 6.

Dieu a également en horreur l’impie & son iniquité Sag. 15, 10.

Le Très-Haut hait les pécheurs, & exerce sa vengeance contre les impies. Eccli. 12, 7.

Le péché rend les peuples miserables. Prov. 14, 34.

S’abstenir du mal, c’est ce qui plaît au Seigneur. Eccli. 35, 5.

Celui qui commet le péché, est enfant du Démon. 1 de S. Jean 3, 8.

Ne souillez point vos ames. Levit II, 43.

Ayez le mal en horreur. Rom. 12, 2.

Vous qui aimez le Seigneur, haïssez le mal. Ps 96, II.

Détournez-vous du mal. Ps. 36, 27.

Fuyez le péché comme un serpent ; car si vous en approchez, il se saisira de vous : ses dents sont des dents de Lion, qui tuent les âmes des hommes ; tout péché est comme une épée à deux tranchans, & la plaie qu’il fait est incurable. Eccli. 22, 2.

Justes, tenez-vous dans la vigilance, & gardez-vous du péché. I aux Corinth. 15, 24.

Mon fils, ménagez le tems, & gardez-vous du mal, Eccli. 4, 23.

Abstenez-vous de tout ce qui a quelque apparence du mal. I aux Thess. 5, 22.

Celui qui craint Dieu, ne néglige rien ; mais celui qui méprise les petites choses, tombera peu à peu. Eccli. 19, 1. Eccle 7. 19.

P R I E R E.

FAites-moi la grâce, ô mon Dieu, de fuir le péché comme un serpent qui tue les âmes des hommes. Eccli. 22, 3. Je hais le péché, & j’ai en horreur l’iniquité, ô mon Dieu. Ps. 118. Délivrez.-moi, Seigneur, de toutes mes iniquités, & pardonnez-moi tous mes péchés, ceux mêmes qui paroissent les plus légers. Ps. 38 & 24.

VI INSTRUCTION.
Obligation qu'ont les enfans de combattre
les ennemis qui les
portent au peché.
1 §.

De la chair, premier ennemi qui porte les enfans au péché, & qu’ils doivent combattre.

D. Qu'est-ce que les enfans doivent faire pour ne point tomber dans le péché ?

R. Ils doivent prendre toutes les armes de Dieu, & combattre les ennemis qui pourroient les y porter.

D. Quels sont les ennemis, qui portent les enfans au péché, & qu’ils doivent combattre ?

R. La chair, le Démon, & le monde.

D. Qu’est-ce que la chair, qu’il faut combattre ?

R. C’est l’inclination que nous avons pour le mal, depuis le peché d’Adam notre premier pere.

D. Qu’est-ce que l’Ecriture sainte dit, pour porter à ce combat ?

R. La chair, dit S. Paul, a des desirs qui sont contre l’esprit, & l’esprit en a qui sont contre la chair, & ils se font la guerre l’un à l’autre, aux Galat. 5, 17.

Ne vous abandonnez pas aux mauvais desirs de votre cœur. Eccli. 5, 2.

Ne vous laissez point aller à vos mauvais desirs, & détournez-vous de votre propre volonté. Eccli. 18, 30.

Si vous contentez votre ame, dans ses desirs déreglés, elle vous rendra la joie de vos ennemis. même 31.

Ceux qui appartiennent à Jesus-Christ, ont crucifié leur chair avec ses passions & ses desirs déreglés. aux Galat. 5, 24.

Dépouillez-vous du vieil homme avec ses œuvres, & revêtez-vous du nouveau. Aux Coloss. 3, 9.

Faites mourir les membres de l’homme terrestre qui est en vous, l’impureté, la passion du plaisir, les desirs déreglés, &c. car ce sont ces excès qui attirent la colere de Dieu sur ceux qui sont rebelles à la verité. Aux Coloss. 3, 5.

Fuyez les vains desirs & les passions des jeunes-gens. 2 à Timoth. 2, 22.

Marchez selon l’esprit, & vous n’accomplirez point les desirs de la chair. Aux Galat. 5, 16.

Chacun est tenté par sa propre concupiscence, qui l’emporte & l’attire au mal : ensuite quand la concupiscence a conçu, elle enfante le péché ; & le péché étant accompli, engendre la mort. S. Jacques 1, 14 & 15.

PRIERE.

Je sens dans les membres de mon corps, une autre loi qui combat contre la loi de mon esprit : malheureux que je suis, qui me délivrera de ce corps qui est pour moi une source de péché & de mort, & qui me rendra victorieux dans cette guerre domestique ? votre grâce, o mon Dieu ; je vous la demande par Jesus-Christ. Aux Rom. 7, 23 & 24.

VII INSTRUCTION.
2§.
Du Démon, second ennemi qui porte
les enfans au péché, & qu'ils
doivent combattre.

D. QUel est le second ennemi qui porte les enfans au péché, & qu’ils doivent combattre ?

R. C’est le Démon, c’est-à-dire, les mauvais Anges qui se sont révoltés contre Dieu, & qu’il a précipités dans les enfers.

D. A quoi sont-ils occupés ?

R. A tenter les hommes & à les porter au péché.

D. Qu’est-ce que l’Ecriture Sainte dit de cet ennemi pour nous exciter & nous enseigner à le combattre ?

R. Nous avons, dit S. Paul, à combattre contre les principautés, contre les puissances, contre les princes du monde, contre les malins esprits qui sont en l’air. Aux Ephes. 6, 12.

C’est pourquoi prenez toutes les armes de Dieu pour pouvoir resister au jour mauvais & demeurer fermes, n’ayant rien omis pour vous bien défendre. Là même v. 15.

Mes freres, fortifiez-vous dans le Seigneur, & en sa vertu toute puissante. Là même v. 10.

Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, pour pouvoir vous défendre des embuches & des artifices du Démon. La même v. 11.

Ne donnez point lieu au Démon. Aux Ephes. 4, 27.

Soyez sobres, & veillez ; car le Démon votre ennemi semblable à un lion rugissant, tourne de.tous côtés, cherchant qui il pourra devorer, resistez-lui, & mettez toute votre force dans la foi. I de Saint Pierre 5, 8 & 9.

Resistez au Démon & il s’enfuira de vous. S. Jacques 4, 7.

PRIERE.

Sauvez-moi, Seigneur mon Dieu, de tous ceux qui me persecutent, & delivrez-moi, de peur que mon ennemi ne me ravisse mon ame comme un lion, & qu’il ne me déchire sans qu’il y ait personne pour me tirer d’entre ses mains, & qui me sauve. Ps. 7, 2 & 3.

VIII INSTRUCTION.
3 §.
Du monde, troisiéme ennemi qui porte
les enfans au péché, & qu’ils
doivent combattre.

D. QUel est le troisiéme ennemi qui porte les enfans au peché, & qu’ils doivent combattre ?

R. C’est le monde.

D. Qu’est-ce que le monde qui nous porte au péché & qu’il faut combattre ?

R. Ce sont les pécheurs, les mauvaises compagnies, le faux brillant, & l’éclat trompeur des honneurs, des plaisirs, & des richesses du monde, les spectacles profanes, comme la Comedie, l’Opéra, le Bal, les Danses, les lieux de débauches, &c.

D. Qu’est-ce que l’Ecriture Sainte dit du monde pour nous porter à le combattre ?

R. Tout le monde, dit S. Jean, est plongé dans le mal. S. Jean, 5, 19.

Evitez la corruption du monde, qui vient de la concupiscence. I de S. Pierre 14.

Fuyez du milieu de Babylone, de peur que vous n’ayez part à ses pechés, & que vous ne soyez envelopé dans ses plaies. Apoc. 18, 4.

Si quelqu’un aime le monde, il n’a point d’amour pour le Pere ; car tout ce qu’il y a dans le monde, est la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, & l’orgueil de la vie qui ne vient point du Pere, mais du monde. Là même v. 26.

La Religion & la piété pure & sans tache aux yeux de Dieu notre Pere, consiste à se conserver pur de la corruption du siecle. S. Jacques 1, 27.

Malheur au monde à cause des sujets de scandale qui s’y rencontrent. S. Matth. 18,7.

Le monde est mort & crucifié pour moi, comme je suis mort & crucifié pour le monde, dit Saint Paul aux Galat. 6, 24.

L’amour de ce monde est une inimitié contre Dieu, & par consequent quiconque voudra être ami de ce monde se rend ennemi de Dieu. S. Jacques 4, 4.

Fuyez la corruption de la concupiscence qui regne dans le monde par le déreglement des passions. 2 de S. Pierre 1, 4.

Tous ceux qui sont nés de Dieu sont victorieux du monde, & cette victoire par laquelle le monde est vaincu, est l’effet de notre foi. 1 de S. Jean 5, 4, 5.

P R I E R E.

FAites, ô mon Dieu, que je n'aime point le monde ni les choses qui sont dans le monde, que je ne me conforme point au siecle, & que je ne suive point ses exemples ni ses maximes, puisque je ne suis point du monde, & que Jesus-Christ votre Fils m’en a separé. 1 de S. Jean. 2 aux Rom. 1, 2. S. Jean 15. Seigneur brisez Satan sous mes pieds, faites-moi remporter une victoire entière contre le Démon, le monde & la chair, afin qu'ayant bien combattu, je sois digne de recevoir la Couronne de justice que vous reservez à ceux qui vous aiment. Aux Rom. 16. 2 à Timoth. 4.

IX INSTRUCTION.
Obligation que les enfans ont d’éviter
les occasions du péché.

D. LEs enfans sont-ils obligés d’éviter les occasions du péché ?

R. Oui, ils y sont obligés. Celui qui aime le péril, y périra, dit le S. Esprit. Eccli. 3, 27.

N’ayez point de liaison avec les gens déreglés. Eccli. 7, 17.

Celui qui a commerce avec les méchans, deviendra méchant & perdra toute honte. Eccli. 19, 3.

Mon fils, gardez-vous de manger & de boire avec des gens de mauvaise vie. Tobie 4, 28.

Nous vous ordonnons au nom de notre Seigneur Jesus-Christ, que vous ayez à vous separer de qui que ce soit d’entre vos freres qui a une conduite déreglée. 2 aux Thess. 3, 6.

Si quelqu’un de vos freres est ou impudique, ou medisant, ou yvrogne, ou ravisseur du bien d’autrui, je vous ai déjà écrit de n’avoir point de commerce avec lui, & de ne manger pas même avec lui. 1 aux Connth. 5, 11. Aux Ephes. 5, 6.

Un homme peut-il cacher le feu dans son sein, sans que ses habits en soient consumés ? ou peut-il marcher sur des charbons, sans se brûler la plante des pieds ? Proverbes 6, 2.

Celui qui touche la poix en sera gâté : & celui qui se joint aux superbes deviendra superbe. Eccli. 13, 1.

Si votre œil droit vous est un sujet de scandale & de chute, arrachez-le & le jettez loin de vous, car il vaut mieux pour vous qu’une partie de votre corps périsse, que non pas que tout votre corps soit jetté dans l’enfer. Mat. 5, 30.

P r i e r e.

O Mon Dieu, veillez, à la garde de mon ame, & la délivrez, preservez mes pieds de toute occasion de chute. Ps. 68, 9.

Seigneur, éloignez de moi la voie de l'iniquité. Ps. 118, 29.

X INSTRUCTION.
Les enfans ne doivent point scandaliser
les autres enfans.

D. POurquoi les enfans des Ecoles Chrétiennes ne doivent-ils point scandaliser les autres enfans, c’est-à-dire, leur être une occasion de péché ?

R. Parce que Dieu le leur défend, & que la charité qu’ils doivent avoir pour eux les y oblige.

Que si quelqu’un, dit Jesus-Christ, est un sujet de chute & de scandale à un de ces petits qui croient en moi, il vaudroit mieux pour lui, qu’on lui attachât au cou une meule de moulin, & qu’on le jettât au fond de la mer. S. Mat. 18, 6.

Malheur à l’homme par qui le scandale arrive, dit encore Jesus-Christ. Là même v. 5.

Jugez & persuadez-vous que vous ne devez jamais donner à votre frere une occasion de chute & de scandale. Aux Rom. 14, 13.

Ne faites rien de ce qui est à votre frere une occasion de chute & de scandale, ou qui le blesse, parce qu’il est foible. La même v, 21.

P R I E R E.

NE permettez pas, ô mon Dieu, que je sois à mon prochain un sujet de scandale & une pierre d’achoppement, c'est-a-dire, une occasion de péché par aucune parole ni par aucune action déreglée. Ainsi soit-il.

XI INSTRUCTION.
De la fuite du peché en particulier.
I. De l’Orgueil.

D. QUelle doit être la conduite des enfans à l’égard de tous les péchés ?

R. C’est de s’en abstenir, comme le saint homme Tobie avoit appris à son fils à le faire dès son enfance : il lui apprit, dit le Texte Sacré, à craindre Dieu & à s’abstenir de tout péché. Tobie 1, 10.

D. Qu’est-ce que l’Ecriture dit de l’orgueil ?

R. Mon fils, ne souffrez jamais que l’orgueil domine ou dans vos pensées, ou dans vos desirs, ou dans vos paroles, ou dans vos actions ; car c’est par l’orgueil que tous les maux ont commencé. Tob. 4, 15.

Le principe de tout péché est l’orgueil. Eccli. 10, 15.

Je deteste l’insolence & l’orgueil dit Dieu dans les Proverbes, IO, 13.

L’orgueil est haï de Dieu & des hommes. Eccli. 10, 7.

L’orgueil précede la ruine de l'ame, & l’esprit s’élève avant la ruine. Prov. 16, 18.

Ne nous laissons point aller à la vaine gloire, nous piquant les uns les autres. Aux Galat. 5, 26.

Ne vous élevez point en faisant votre œuvre. Eccli. 10, 29.

P R I E R E.

SEigneur, bannissez l’orgueil de mon esprit & de mon cœur, & ne permettez, pas que l’orgueil domine dans mes pensées, dans mes desirs, dans mes paroles & dans mes actions ; faites-moi la grace que mon cœur ne soit point enflé d’orgueil, & que mes yeux ne soient point élevés. Ps. 130.

II. De l’Avarice.

D. QU’est-ce que l’Ecriture Sainte dit de l’avarice ?

R. Qu’on n’entende point parler d’avarice parmi vous. Aux Ephes. 5, 3.

Rien n’est plus détestable que l’avarice. Eccli. 10, 9.

L’amour des richesses est la racine de tous les maux. 1 à Timoth. 6, 20.

Ayez soin de vous garder de toute avarice. S. Luc 12.

Que votre vie soit exempte d’avarice, soyez content de ce que vous avez. Aux Heb. 23, 5.

Ne dérobez point. Exod. 20, 15.

Tel paroît pauvre qui est fort riche. Prov. 13.

Si vous avez des richesses en abondance, que votre cœur ne s’y attache point. Ps. 61.

Ayant de quoi nous nourrir & de quoi nous couvrir, nous devons être contens. 1 à Tim. 6.

P R I E R E.

SEigneur, portez mon cœur à l'observance de vos commandemens, & non à l’avarice. Ps. 118, 36.

III. De l’Impurete.

D. QU’est-ce que l’Ecriture Sainte dit du vice infame de l’impureté ?

R. Vous ne commettrez point de fornication, ce qui renferme toutes sortes d’impuretés. Exod. 20, 14.

Vous apprendrez aux enfans d’Israël à éviter avec soin l’impureté, afin qu’ils ne meurent point dans leurs corruptions. Levit. 25, 31.

Veillez sur vous-même, mon fils, & abstenez-vous de toute sorte d’impureté. Tobie 4, 13.

Malheur à vous qui commettez des impuretés, & qui faites le mal dès le matin. Michée 21.

Ceux qui ont le cœur corrompu, se corrigent difficilement. Eccli. 1, 15.

Celui qui a le cœur corrompu, ne trouvera pas le bien. Prov. 17, 20.

Le partage des impudiques sera d’être dans un étang brûlant de feu & de soufre, c’est la seconde mort. Apoc. 21, 8.

Le Seigneur sçait reserver les mechans au jour du Jugement, pour les punir, & principalement les impudiques, qui pour satisfaire les desirs déreglés, suivent les mouvemens de la chair. S. Pierre 2, 10.

Ne vous y trompez pas, ni les fornicateurs, ni les adulteres, ni les impudiques, ne seront point heritiers du royaume de Dieu. I aux Corinth. 6, 10.

Je vous déclare que ceux qui Commettent les crimes de l’impureté, de l’impudicité, ne seront point heritiers du royaume de Dieu. Galat. 5, 21.

Ne touchez rien d’impur. Isaie 52, 11.

Qu’on n’entende point parmi vous de paroles deshonnêtes. Aux Eph. 5, 4.

Faites mourir en vous les mauvais desirs. Aux Coloss. 3, 5.

N’arrêtez point vos regards sur une fille, de peur que la beauté ne vous devienne un sujet de chute. Eccli. 9, 5.

PRIERE.

Mon Dieu que la passion d’impureté ne s'empare point de moi ; ne m'abandonnez pas aux excès d’une ame qui n’a plus de honte ni de retenue. Eccli. 23.

J’ai fait un pacte avec mes yeux, afin que la vûe d’une fille ne me donne aucune mauvaise pensée. Job 31, 1.

IV. De l’Envie.

D. Qu’est-ce que le Saint-Esprit dit de l’envie ?

R. La mort est entrée dans le monde par l’envie du Démon ; & ceux qui se rangent de son parti, deviennent ses imitateurs. Sag. 2, 14.

Dépouillez-vous de toute sorte d’envie. 1 de S. Pierre 2 , 1.

Ne vous portez point envie les uns aux autres. Aux Galat. 5, 26.

Tout envieux aura pour partage la honte & l’ignominie. Eccli. 6, 1.

Lœil de l’envieux est malin. Eccli. 14. 8.

La charité n’est point envieuse. 1 aux Corinth. 13, 4.

L’envieux n’aura point de part à la sagesse. Sag. 6, 25.

Ceux qui tombent dans les envies & les jalousies ne seront point heritiers du royaume de Dieu. Aux Galat. 5, 20.

P R I E R E.

DOnnez-moi, ô mon Dieu, cette charité qui n'est point envieuse. 1 aux Corinth. 13.

V. De la Gourmandise.

D. MArquez-nous quelque chose de la gourmandise rapportée dans l’Ecriture ?

R. N’excedez point dans le manger, de peur de tomber en faute. Eccli. 31, 21.

L’excès des viandes cause des maladies. Eccli. 27, 33.

L’intemperance en a tué plusieurs. Là même 34.

Il faut manger pour vivre, & non pas pour satisfaire sa sensualité. Eccli. 10, 2.

Ils font leur Dieu de leur ventre. Aux Philip. 3, 19.

Le vin & l’yvresse font perdre le sens. Osée 4, 11.

N’excitez point à boire ceux qui aiment le vin ; car le vin en a perdu plusieurs. Eccli. 31, 30.

Le vin bû avec excès produit la colere & l’emportement, & il est la cause de grandes ruines. Eccli. 30, 38.

Le vin & l'yvrognerie corrompent le cœur. Osée 4, 1.

Ne vous laissez point aller aux débauches, aux yvrogneries, aux excès du vin ; d’où naissent les dissolutions & les impuretés. Aux Rom. 13, 13. Aux Ephes. 5, 18.

Ne cherchez point à contenter votre sensualité en satisfaisant à vos desirs déreglés. Aux Rom. 13, I4.

Celui qui aime le vin & la bonne chere ne s’enrichira point. Prov. 21, 17.

Ceux qui se laissent aller aux yvrogneries & aux débauches, ne seront point heritiers du royaume de Dieu. Aux Galat. 5, 21.

P R I E R E.

SEigneur, détournez de moi tous les desirs déreglés, éloignez de moi l’intempérance de la bouche. Eccli. 23, 5 & 6.

VI De la Colere.

D. RApportez-nous quelques Passages de l’Ecriture touchant la colere ?

R. Ne vous mettez point en colere contre votre prochain. Eccli.28, 8.

Eloignez & bannissez la colere de votre cœur. Eccli. 11, 10.

Quittez la colere & l’aigreur. Aux Coloss. 3, 8.

Que toute aigreur, tout emportement, toute colere, toute crierie, soit bannie du milieu de vous. Aux Ephes. 4, 21.

N’ayez point d’aigreur les uns contre les autres, de peur que vous ne soyez condamnés. S.Jacq. 5, 9.

L’homme colere excite des querelles. Prov. 25, 18.

L’homme colere est pour allumer les disputes, ce que le charbon est à la braise, & le bois au feu. Prov. 26, 21.

Ne dites point de paroles injurieuses à votre prochain. Eccli. 31, 42.

Ne rendez point le mal pour le mal, ni outrage pour outrage. 1 de S. Pierre 3, 9.

Ceux qui tombent dans des inimitiés, des querelles, des dissentions, des animosités, des divisions, ne seront point heritiers du royaume de Dieu. Aux Galat. 5, 20.

Evitez les disputes & vous diminuerez les péchés. Eccli. 28, 10.

Qui pourra soutenir un esprit qui se laisse emporter aisément par la colere. Prov. 28, 14.

P R I E R E.

DOnnez-moi la grâce, ô mon Dieu, de quitter entièrement la colere & l’aigreur. Aux Coloss. 3.

VII. De la Paresse.

D. QU’est -ce que l’Ecriture Sainte dit de la paresse ?

Ne soyez point lâche & négligent dans vos oeuvres. Eccli. 4, 34.

Ne soyez point lâche & paresseux dans votre devoir. Aux Rom. 12, 11.

L’homme est né pour le travail, comme l’oiseau pour voler. Job. 5, 3.

Mon fils, conservez & ménagez le tems, n’en perdez point, & évitez le mal. Eccli. 4, 23.

Celui qui néglige & évite d’apprendre, tombera dans le mal. Prov. 17, 16.

Celui qui méprise la sagesse & l’instruction, sera malheureux. Sag. 3, 11.

L’oisiveté apprend beaucoup de mal. Eccli. 33, 29.

Le paresseux est toujours dans la pauvreté & dans l’indigence. Prov. 21, 5.

Rachetez le tems, parce que les jours sont mauvais. Aux Ephes. 5, 16.

L’ame lâche & paresseuse languira de faim. Prov. 19, 15.

Comment trouverez-vous dans votre vieillesse ce que vous n’aurez pas amassé dans votre jeunesse. Eccli. 25, 5.

P R I E R E.

FAites, ô mon Dieu, que je ne sois point lâche ni paresseux dans mon devoir, mais que je m'en acquite avec zele & avec ferveur. Aux Rom. 22.

XII INSTRUCTION.
De plusieurs sortes de peches.
I. Des peches de pensees.

D. N’Y a-t-il point des pechés ausquels on fait moins d’attention, & qu’on commet plus facilement & plus communément ?

R. Oui, il y en a plusieurs, comme sont les péchés de pensées, de desirs & de paroles.

D. L’Ecriture Sainte s’explique-t-elle sur ces sortes de pechés ?

R. Oui, comme on peut le voir dans les passages suivans.

On demandera à l’impie compte de ses pensées. Sag.3, 11.

Les méchans seront punis selon l’iniquité de leurs pensées. Sag. 3, 11.

Malheur à vous qui roulez dans votre esprit des pensées vaines & mauvaises. Mich. 2, 1.

Les pensées mauvaises & corrompues separent de Dieu, quand on on y prend plaisir, & qu’on y consent. Sag, 1, 3.

Les mauvaises pensées, si elles sont volontaires, sont en abomination au Seigneur. Prov. 15, 26.

P R I E R E.

J'Ai fait un pacte avec mes yeux, afin que la vue d'une fille ne me donnât aucune mauvaise pensée ; car si je commettais ce mal, quel partage aurois-je à attendre de Dieu, & quel héritage pourrois-je esperer du Très-Haut ? Job 31 , 1 & 2.

II Des pechés de désirs.

LE Seigneur a en abomination le cœur corrompu. Pr. 11, 20.

Celui qui a le cœur corrompu ne trouvera pas le bien. Prov. 1, 20.

Vous n’aurez point de mauvais desirs. Aux Rom. 7, 7.

Faites mourir en vous les mauvais desirs. Aux Coloss. 3, 5.

Ne vous laissez point aller aux mauvais desirs, & detournez-vous de voire propre volonté. Eccli. 18.

Quiconque regarde une femme avec un mauvais desir, a déjà commis l’adultere dans le cœur. S. Math. 5, 28.

Je vous conjure de vous abstenir des desirs déreglés de la chair qui combattent contre l’ame. 1 de S. Pierre 2, 11.

Si vous contentez votre ame dans ses desirs déreglés, elle vous rendra la joie de vos ennemis. Eccli. 18, 31.

PRIERE.

Detournez de moi, Seigneur, toute cupidité, c'est-à-dire, tous desirs déreglés. Eccli. 23, 4.

III. Des pechés de paroles.

Soyez attentif à vos paroles, de peur que vous ne tombiez & ne deshonoriez votre ame. Eccli. 2, 38.

Ne soyez point prompt à parler. Eccli. 4, 34.

Bouchez avec soin vos oreilles & n’écoutez point les méchantes langues. Eccli. 28, 29.

Que nul mauvais discours ne sorte de votre bouche. Aux Ephes. 4, 29.

Celui qui prononce des paroles d’iniquité, ne peut se cacher au Seigneur ; & il n’échapera point au jour du Jugement qui doit tout punir. Sag. 1, 8.

Les discours de l’impie iront jusqu’à Dieu qui les entendra pour punir son iniquité. Là même v. 9.

Evitez & n’écoutez pas les discours vains & profanes, car ceux qui les tiennent, croîtront de plus en plus dans l’impiété. 2 Timoth. 2, 16.

Les mauvais discours corrompent les bonnes mœurs. 1 aux Corinth. 15, 33.

Que votre bouche ne s’accoutume point à des paroles indiscretes & déreglées, parce qu’il en naît beaucoup de pechés. Eccli. 23, 17.

Priere.

J'ai dit, j’observerai avec soin mes voies, je m’observerai en toutes choses, & je veillerai sur moi, afin que je ne peche point par ma langue. Ps. 38, 1.

XIII INSTRUCTION.
Des principaux péchés de paroles.
I. De la Médisance.

Ne souillez point votre langue par la médisance, car la médisance la plus secrete ne sera point impunie. Sag. 1, 11.

Mon fils n’ayez point de commerce avec les médisans, car leur ruine viendra tout d’un coup. Prov. 24, 21.

Eloignez de vous la langue maligne, & que les levres médisantes soient loin de vous. Prov. 4, 24.

Quittez toute médisance. 1 de S. Pierre 22, 10

Que toute médisance soit bannie d’entre vous. Aux Ephes. 4, 31.

Le médisant est l’abomination des hommes. Prov. 24, 9.

Mes freres, ne parlez point mal les uns des autres ; celui qui médit de son frere, parle contre la Loi. S. Jacques 4, 11.

Si quelqu’un aime la vie & desire que ses jours soient heureux, qu’il empêche sa langue de médire, & que ses levres ne prononcent point de paroles trompeuses. 1 de S. Pierre 3, 10.

Le médisant secret est maudit. Eccli. 28, 11.

Dieu ne laissera point impunies les levres du médisant, parce qu’il entend les paroles de sa langue. Sag. 1, 6.

Celui qui médit en secret, est comme un serpent qui mord sans faire de bruit. Eccli. 10, 11.

Les médisans ne sont point les heritiers du royaume de Dieu. 1 aux Corinth. 6 ,10.

N’écoutez point la méchante langue. Eccli. 28, 28.

Priere.

Je veillerai sur moi en toutes choses pour ne point pecher par ma langue, je mettrai un frein à ma langue, Ps. 38.

II. Des Rapports.

Ne soyez point un semeur de rapports. Eccli. 5, 17.

Avez-vous entendu dire quelque chose contre votre prochain, faites-le mourir en vous. Eccli. 19, 10.

Celui qui fait de faux rapports, souillera son ame, & en quelque lieu qu’il demeure il sera haï ; & celui qui demeure avec lui, sera odieux. Eccli. 21, 31.

Ne rapportez point ce que vous avez entendu dire de mal des autres, & ne recherchez point ce qui est secret, & vous trouverez grace devant les hommes. Eccli. 42, 1.

Celui qui fait des rapports, separe ceux qui étoient unis. Prov. 27, 9.

Ne rapportez point une parole maligne & offensante, & vous ne souffrirez point de mal. Eccli. 19, 7.

On fait souvent de faux rapports, ne croyez point tout ce que l’on dit. Eccli. 19, 15.

Le feu s’éteindra lorsqu’il n’y aura plus de bois : de même quand il n’y aura plus de semeurs de rapports, les querelles cesseront. Prov. 26, 20.

Priere.

Seigneur, ne m’abandonnez, point à la legereté indiscrete de ma langue, & ne permettez pas qu’elle me fasse tomber dans la médisance & dans les rapports. Eccli. v. 3.

III. Du Jurement.

Je vous dis de ne point jurer du tout ; mais contentez-vous de dire, cela est ou cela n’est pas. Car ce qui est de plus, vient du mal. S. Math. 5, 34 & 35.

Ne vous accoutumez pas à jurer, car en jurant on fait beaucoup de fautes. Eccli. 23, 9.

Celui qui jure souvent, sera rempli d’iniquité, & la plaie ne sortira point de sa maison. Eccli. 23, 12.

Celui qui jure en vain, n’aura point d’excuse qui le justifie devant Dieu, & la maison sera remplie des peines qu’il en souffrira. Eccli. 23, 13.

Vous ne jurerez point faussement en mon nom,& vous ne souillerez point le nom de votre Dieu. Levit. 19, 12.

Il y a une autre parole, sçavoir, le blasphême, qui est une parole de mort : qu’elle ne se trouve plus dans l’heritage de Jacob ; car ceux qui servent Dieu, sont éloignés de ces vices, & ils ne tombent point dans ces excès. Eccli. 23, 14, 15 & 16.

Priere.

Puisque pour être digne de monter sur votre montagne, ô mon Dieu, il ne faut point jurer en vain ni faire de sermens faux & trompeurs à son prochain, faites-moi la grâce, Seigneur, d’éviter soigneusement ces péchés. Ps. 23.

IV. Du Mensonge.

Vous fuirez le mensonge. Ex. 23, 7.

N’usez point de mensonge les uns envers les autres. Aux Coloss. 3, 9.

Les levres menteuses sont en abomination devant le Seigneur ; mais ceux qui agissent de bonne foi, lui sont agréables. Prov. 22, 12.

Le faux témoin ne sera point impuni ; & celui qui dit des mensonges, périra. Prov. 19, 9.

Donnez-vous de garde de faire des mensonges , car l’habitude de mentir est très mauvaise. Eccli. 7, 14.

Le mensonge est une tache honteuse, & il se trouve toujours dans la bouche des gens déreglés. Eccli. 20, 26.

Les menteurs sont sans honneur, & la confusion les suit partout. Là même v. 28.

Un voleur vaut mieux qu’un homme qui est accoutumé à mentir, mais la perdition sera le partage de l’un & de l’autre. Eccli. 20, 27.

Ceux qui comettent le mensonge, n’entreront point dans le ciel, & on en chassera quiconque aime & fait le mensonge. Apoc. 21 ,27.

Seigneur, vous perdrez toutes les personnes qui profèrent le mensonge. Ps. 5, 7.

Ne vous laissez point aller au mensonge aux depens de votre ame. Prov. 4, 26.

Priere

Eloignez de moi, Seigneur, les paroles de mensonge. Prov. 30.

V. DES PAROLES DESHONNESTES.

Qu’on n’entende point parmi vous de paroles deshonnêtes, ni folles, ni boufonnes, ce qui ne convient point à votre vocation. Aux Ephes. 5, 4.

Que les paroles deshonnêtes soient bannies de votre bouche. Aux Coloss. 3, 8.

Une parole deshonnête corrompra le cœur. Eccli. 37, 21.

PRIERE.

Mettez. une garde à ma bouche , ô mon Dieu, afin que je ne dise jamais rien qui puisse blesser la pudeur. Ps. 38, 20.

VI. DES DISPUTES & DES QUERELLES.

Fuyez les disputes, & les contentions. A Tite 3, 9.

Evitez les disputes & vous diminuerez les péchés. Eccli. 28, 10.

La promptitude & la facilité à disputer, allume le feu de la dissention & de la colere. Là même v. 5. 1 Les querelleurs ne seront point heritiers du royaume de Dieu. Aux Galat. 5, 20.

Le méchant cherche toujours les querelles, l’Ange cruel sera envoyé contre lui. Prov. 27, 21.

Le méchant cherche des querelles en tout tems, sa ruine viendra fondre sur lui. Prov. 6, 14.

Faites toutes choses sans murmure & sans dispute. Aux Philip. 2, 14.

Les superbes ont des contestations entre eux. Prov. 13, 10.

Ne vous laissez point aller aux contestations. Aux Rom. 13, 13.

PRIERE.

Seigneur, mettez un frein à ma langue, tenez ma bouche fermée, afin qu'il n’en sorte jamais de paroles de querelles & de disputes, & faites-moi la grâce de rechercher en tout la paix avec tout le monde. Ps. 140. Aux Heb. 12.


XIV INSTRUCTION.
Obligation où les enfans des Ecoles
Chrétiennes sont de pratiquer
la vertu.
i §•

Pratique de la vertu en général.

D. Suffit-il d’éviter le péché pour être sauvé ?

R. Non, il faut encore pratiquer la vertu.

D. Prouvez cette vérité par l’Ecriture Sainte ?

R. Faites le bien, c’est-à-dire, pratiquez la vertu, afin que vous viviez éternellement avec Dieu. Ps. 36, 28.

Si vous desirez la vie & si vous desirez que vos jours soient heureux, faites le bien, 1 de S. Pierre 13, 10. & Ps 33, 14.

Attachez-vous fortement au bien. Aux Rom. 12, 9.

Tout homme qui ne fait point les œuvres de justice, n’est point de Dieu, 1 de S. Jean 3, 3O.

Celui qui fait le bien, est de Dieu. 3 de S. Jean 11.

Tout arbre qui ne porte point de fruit, sera coupé & jetté au feu. S. Math. 3, 10.

La gloire, l’honneur, & la paix seront le partage de tout homme qui fait le bien. Aux Rom. 2, 10.

Efforcez vous d’affermir votre vocation & votre élection par les bonnes œuvres. 2 de S. Pierre 1, 10.

Il faut que nous accomplissions toute justice. S. Math. 3, 15.

Que l’homme de Dieu soit parfait & parfaitement disposé à toutes sortes de bonnes œuvres. 2 à Tim. 3, 17.

Je vous exhorte, mes freres, à vous avancer de plus en plus dans la vertu. 1 aux Thess. 4, 10.

PRIERE.

Seigneur, affermissez mon cœur, & me rendez irreprochable par la sainteté de ma conduite, & donnez- moi la grâce de vous servir dans la justice & dans la sainteté tous les jours de ma vie, 1 aux Thess. 3. Luc 1.

XV INSTRUCTION.
2 §.
Pratique de la vertu en particulier.
Des Vertus Théologales.

D. Quelles vertus les enfans doivent-ils pratiquer avant toutes les autres ?

R. Celles qui se rapportent immediatement à Dieu & qui le regardent directement.

D. Quelles sont ces vertus ?

R. La foi, l’esperance, la charité, qu’on appelle pour cela Vertus Théologales.

D. Pourriez-vous prouver par l’Ecriture Sainte la necessité & la pratique de ces Vertus ?

R. Rien n’est plus repeté ni plus positivement marqué dans les Saintes Ecritures, que la necessité & la pratique de ces Vertus, comme il est facile de voir par les Passages qui vont être cités.

Vous qui craignez le Seigneur, croyez en lui, esperez en lui, aimez-le. Eccli. 2, 8, 9 & 10.

D. Est-on obligé de produire les Actes de ces Vertus ?

R. Oui, sans doute, il n’y a point de Catholique qui ne convienne de cette obligation.

D. Mais dans quel tems est-on obligé de produire les Actes de ces Vertus ?

R. 1. Le plutôt qu’il est possible après avoir atteint l’usage de raison. 2. Quand on est violemment tenté contre ces Vertus. 3. Quand on est à l’article de la mort ou en danger de mourir. 4. De tems en tems dans la vie & pour une plus grande sûreté & utilité, il est à propos de produire les Actes de ces Vertus tous les jours à la Priere du Matin & du Soir.

I. De La Foi.

Sans la Foi il est impossible de de plaire à Dieu. Aux Hébreux 11, 6.

Ayez de la Foi en Dieu. S. Marc 11, 22.

Vous croyez en Dieu, dit J. C. croyez aussi en moi. Jean 14, 1.

Celui qui croit au Fils de Dieu, a la vie éternelle ; celui qui ne croit pas au Fils de Dieu, ne verra point la vie, mais la colere de Dieu demeure sur lui. S. Jean 3, 36.

Le juste vit de la Foi, par la Foi, & selon la Foi. Rom. 1, 7.

Celui qui croit en Dieu, considere attentivement les Commandemens de Dieu pour les observer. Eccli. 32, 28.

L’homme sage croit & se soumet à la Loi de Dieu, & la Loi lui est fidéle. Là même 33, 3.

Celui qui ne croira point, sera condamné, S. Marc 16, 16.

La Foi sans les œuvres est morte en elle-même, comme le corps est mort, lorsqu’il est sans ame ; ainsi la Foi est morte lorsqu’elle est sans œuvres. 1 Jacq. 2, 14, 17.

Demeurez fermes dans la Foi. I aux Corinth. 16, 13.

PRIERE.

Je croi, Seigneur, fortifiez mon peu de Foi. S. Marc 9, 23.

II. De l’Esperance.
De la confiance en Dieu.

Mettez votre esperance dans le Seigneur & faites le bien. Ps 36, 3.

Le Seigneur aime ceux qui esperent en sa misericorde. Ps. 146, 11.

L’esperance sert à notre ame comme d’une ancre ferme & assûrée. Hebr. 6, 19.

Heureux l’homme qui met sa confiance en Dieu, & dont le Seigneur est l’esperance & l’unique appui. Jerem. 17, 5.

Celui qui met sa confiance dans le Seigneur, ne tombera dans aucun mal. Eccli. 32, 23.

Le Seigneur est bon à ceux qui esperent en lui, à l’ame qui le cherche sincerement Jerem. Lament. 3, 25.

Jettez dans le sein de Dieu toutes vos inquiétudes, parce qu’il a soin de vous. 1 de S. Pierre 5, 7.

Découvrez au Seigneur votre voie & esperez en lui, & il fera lui-même le reste. Ps. 36, 5.

PRIERE.

Seigneur, j’ai mis mon esperance en vous, j’ai dit ; vous êtes mon Dieu, tous les évenemens de ma vie sont entre vos mains, sauvez-moi par votre bonté. Ps. 30, 15.

III. De la crainte de Dieu.

Ayez toujours la crainte de Dieu devant les yeux.Eccli. 28, 8.

Craignez Dieu & observez ses Commandemens : c’est le tout de l’homme. Eccles. 12, 13.

La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse. Prov. 1, 7.

Conservez la crainte du Seigneur & vieillissez-y. Eccli. 2, 6.

Celui qui craint le Seigneur sera heureux au jour de sa mort. Eccli. 1, 19.

Dieu bénit ceux qui le craignent, soit grands, soit petits. Ps. 112, 22.

Ceux qui craignent le Seigneur, gardent les Commandemens, & recherchent ce qui lui est agréable. Eccli. 2, 19, 21.

Quand on craint le Seigneur, on hait le mal & on l’évite. Prov. 8, 13.

Mettez votre gloire à craindre Dieu. Eccli. 9, 22.

Celui qui craint Dieu, ne sera surpris d’aucun mal ; mais Dieu le conservera dans la tentation, & le délivrera de tous les maux. Eccli. 33, 1.

Vous qui craignez le Seigneur, aimez le, & vos cœurs seront remplis de lumière Eccli. 2, 10.

Qui ne vous craindra pas, Seigneur ? Car vous seul êtes saint, & vous faites éclater vos jugemens. Apoc. 15.

Priere.


PErcez ma chair de votre crainte, car je suis saisi de frayeur dans la vûe de vos jugemens
. Ps. 118, 20.

IV. De la Charité.


AImez Dieu toute votre vie, afin qu’il soit votre salut. Eccli. 13, 28.

Aimez le Seigneur, vous tous qui êtes ses Saints. Ps. 30, 24.

Qu’est-ce que votre Seigneur & votre Dieu demande de vous, sinon que vous l’aimiez de tout votre cœur & de toute votre ame ? Deut. 10, 13.

Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre ame, & de toutes vos forces. Deut. 6, 5.

Jesus-Christ a renouvellé ce comman- dement de Dieu en disant : Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre ame, & de tout votre esprit ; c’est là, ajoute-t-il, le plus grand & le premier de tous les Commandemens. S. Matth. 22, 37.

Si quelqu’un aime Dieu, il est connu & aimé de Dieu. 1 aux Cor. 8, 3.

Si quelqu’un n’aime point notre Seigneur Jesus-Christ, qu’il soit anathême, c’est-à-dire, qu’il soit maudit de Dieu & qu’il périsse éternellement. 1 aux Corinth. 16, 22.

L’amour que nous avons pour Dieu consiste à garder ses Commandemens, & les Commandemens ne sont point pénibles. Saint Jean 5, 3.

Vous serez mes amis, dit Jesus-Christ, si vous faites ce que je vous commande. S. Jean 15, 14.

Si vous m’aimez, gardez mes commandemens. S. Jean 14 & 15.

Si quelqu’un m’aime il gardera ma parole ; au contraire celui qui ne m’aime point, ne garde point ma parole. S. Jean 14, 23.

Surtout revêtez-vous de la Charité qui est le lien de la perfection. Aux Coloss. 3, 14.

Aimons Dieu, puisque c’est lui qui nous a aimés le premier. 1 de Jean 4, 19.

L’œil n’a point vû, l’oreille n’a point entendu, & l’esprit de l’homme n’a point conçu les biens ineffables que Dieu a préparés à ceux qui l’aiment. 1 aux Corinth. 2, 9.

Faites avec amour & charité ce que vous faites. 1 aux Cor. 16. 14.

Soyez les imitateurs de Dieu comme étant ses enfans bien-aimés, & marchez dans l’amour & dans la charité à l’exemple de Jesus-Christ qui nous a aimés. Aux Ephes. 5, 1.

Mon fils, donnez-moi votre cœur, & que vos yeux s’attachent à mes voies. Proverbes 23, 26.

Ayez Dieu dans l’esprit tous les jours de votre vie. Tob. 4, 6.

Benissez Dieu en tout tems. même 20.

Invoquez Dieu, afin qu’il soit votre salut. Eccli. 13, 18.

Priez, adorez, & invoquez Dieu en esprit & en tout tems. Aux Ephes. 6, 18.

Demandez à Dieu qu’il conduise & rende droites vos voies & tous vos desseins heureux. Tobie 4, 20.

Ne négligez point de prier, que rien ne vous empêche de prier toujours. Eccli. 7, 10.

Préparez votre ame avant la Priere, & ne soyez point comme un homme qui tente Dieu. Eccli. 28, 22.

Servez le Seigneur avec un cœur parfait & sincere. Josué 24 & 14.

Servez le Seigneur avec joie. Ps. 99. 1.

Servez le Seigneur avec une crainte respectueuse. Ps. 2 , 11.

Servez le Seigneur dans la vérité, & ayez soin de faire ce qui lui est agréable, & servez-le en tout tems, dans la vérité & de toutes vos forces. Tob. 14, 10 & 11.

Conduisez-vous d’une maniere digne de Dieu, tâchant de lui plaire en toutes choses. Aux Coloss. 1, 10.

Rapportez toutes vos actions à la gloire de Dieu, & faites-les au nom de notre Seigneur Jesus-Christ. I aux Corinth. 1, 31.

Pensez à Dieu dans toutes vos voies, & il conduira vos pas. Prov. 3, 6.

Pensez serieusement à ce que Dieu vous ordonne, & méditez sans cesse ses Commandemens, il affermira lui-même votre cœur, & il vous donnera la sagesse que vous desirez. Eccli. 6, 37.

Heureux ceux qui écoutent la parole de Dieu & qui la pratiquent. S. Luc 11, 28.

Je vous exhorte à ne recevoir pas en vain la grâce de Dieu. 2 Corinth. 6, 7.

PRIERE.

Je vous aimerai, Seigneur, qui êtes ma force ; le Seigneur est mon appui mon refuge & mon liberateur ; mon Dieu, vous êtes mon soutien, mon protecteur & la force qui me sauve. Ps. 17.

Oui, mon Dieu, j’ose vous le dire, que je vous aime, je suis resolu de vous donner des marques de cet amour, en observant vos Commandement avec une fidelité inviolable.

XVI. INSTRUCTION.
De l'amour du Prochain.

D. Quel est le second Commandement semblable à celui d’aimer Dieu, & que les enfans des Ecoles Chrétiennes doivent observer avec beaucoup de fidelité ?

R- C’est le Commandement de l’amour du prochain, que Jesus-Christ assure être semblable à celui de l’amour de Dieu.

D. Trouve-t-on dans l’Ecriture Sainte des preuves de l’obligation que nous avons d’aimer notre prochain ?

R. Nous en avons un grand nombre, comme il paroît dans les textes suivans.

Je vous donne, dit Jesus-christ, un Commandement nouveau qui est de vous aimer les uns les autres. S. Jean 13, 34.

C’est en cela que tous connoîtront que vous êtes mes Disciples, si vous avez de la charité les uns pour les autres. Là même 35.

Que chacun ait pour son prochain une affection & une charité vraiment fraternelle. Aux Rom. 12. 10.

Vous aimerez votre prochain comme vous-même, dit encore Jesus-Christ, S. Matth. 22, 25.

Prenez garde, dit le Saint Esprit, de ne faire jamais à un autre ce que vous seriez fâché qu’on vous fit. Tobie 4, 16.

Agissez vous même envers les hommes & traitez-les, comme vous voudriez qu’ils agissent envers vous & qu’ils vous traitassent, c’est-là toute la Loi & les Prophètes. S.Matt. 7, 12.

Mes petits enfans, n’aimons point nos freres de paroles ni de la langue, mais par des œuvres & en vérité. 1 de Saint Jean 3, 28.

L’amour qu’on a pour le prochain ne souffre pas qu’on lui fasse aucun mal. Aux Rom. 13, 10.

La Charité ne juge point temerairement. 1 aux Corinth. 13 , 4.

Ne nous jugeons point les uns les autres. Aux Rom. 14, 13.

Rendez-vous service les uns aux autres par un esprit de Charité. Aux Gal. 5, 13.

Soyez charitable pour soulager les Saints dans leurs besoins. Aux Rom. 12, 13.

Faites du bien à votre prochain avant la mort, & donnez l’aumône selon votre pouvoir. Eccli. 14, 13.

Celui qui ferme l’oreille au cri du pauvre, criera lui-même, & il ne sera point écouté. Prov. 21, 13.

Prêtez à votre prochain dans le tems de la necessité. Eccli. 29, 2.

Consolez-vous mutuellement & édifiez-vous les uns les autres. 1 aux Thess. 5, 11.

Reprenez ceux qui sont déreglés, consolez ceux qui ont l’esprit abbatu, supportez les foibles, soyez patiens envers tous. 1 aux Thess. 5, 14.

Surtout ayez une Charité perseverante les uns pour les autres, car la Charité couvre beaucoup de péchés. 1 de S. Pierre 4, 8.

Portez les fardeaux les uns des autres, & vous accomplirez ainsi la Loi de Jesus-Christ. Aux Galat. 6, 2.

Supportez-vous les uns les autres avec Charité. Aux Ephes, 4, 2.

Vivez en paix, & le Dieu d’amour & de paix sera avec vous. 2 aux Corinth. 13, 11.

Vivez en paix, si cela se peut ; & autant qu’il est en vous, avec toutes sortes de personnes. Aux Rom, 12, 18.

Oubliez toutes les injures que vous avez reçues de votre prochain, & ne faites rien pour vous en venger. Eccli. 10, 6.

Si vous pardonnez aux hommes les fautes qu’ils font contre vous, votre Pere celeste vous pardonnera aussi. S. Matth. 6, 14.

Celui qui méprise son prochain, peche. Prov. 14, 21.

Rendez l’honneur à tous ceux à qui il est dû. 1 de S. Pierre 2, 17.

Vous ne déroberez point, vous vous ne mentirez point, & que personne ne trompe son prochain. Levit. 19, 11.

Ne méprisez pas un homme dans sa vieillesse ; car ceux qui vieillissent, ont été comme vous. Eccli. 8, 7.

Rendez-vous l’exemple & le modèle des fidèles dans les entreties, dans la manière d’agir avec le prochain, dans la charité, dans la foi, dans la chasteté, dans l’intégrité de votre vie. 1 Tim. 4, 12.

PRIERE.

Vous le voulez, Seigneur, vous me le commandez, d’aimer mon prochain comme moi-même ; c est ce que je suis résolu de faire avec le secours de votre grace que je vous prie de m’accorder pour cela.

XVII INSTRUCTION.
Devoirs des Enfans des Ecoles Chrétiennes
envers leurs Peres & leurs
Meres, & leurs Supérieurs légitimes.

Enfans, obéïssez à vos peres & à vos meres, en ce qui est selon le Seigneur , car cela est juste. Ephes. 6, 1.

Enfans, obéïssez en tout à vos peres & à vos meres ; car cela est agréable au Seigneur. Col. 7, 20.

Dieu, dit Jesus-Christ, a fait ce commandement ; Honorez votre pere & votre mere. Matt. 15, 3.

Celui qui honore sa mere, est comme un homme qui amasse un trésor ; & celui qui honore son pere, jouïra d’une longue vie. Eccli. 3, 5 & 7.

Maudit est celui qui n’honore pas son pere & sa mere. Deuteron. 27, 16.

Que chacun ait pour son pere & pour sa mere une crainte respectueuse. Levit. 19, 3.

Dieu vous récompensera pour avoir supporté les défauts de votre mere. Eccli. 3, 16.

Celui qui outragera son pere & sa mere est digne de mort, & il est maudit de Dieu. Exod. 21, 17. Matt. 15, 4.

Celui qui aura frappé son pere & sa mere, mérite la mort. Exod. 21, 15.

Celui qui maltraite son pere & qui met en fuite sa mere, est un infâme & un malheureux. Prov. 19, 26.

Mon fils, soulagez votre pere dans sa vieillesse & ne l’attristez pas pendant sa vie. Eccli. 3. 14.

Que si l’esprit de votre pere s’affoiblit, supportez-le, & ne le méprisez pas à cause de l’avantage que vous avez au dessus de lui ; car la charité dont vous aurez usé envers votre pere, ne sera point mise en oubli devant Dieu. Là-même 15.

Honorez votre pere de tout votre coeur, & n’oubliez point les douleurs de votre mere ; souvenez-vous que vous ne seriez pas né sans eux ; & faites tout pour eux, comme ils ont tout fait pour vous. Eccli. 7, 29 & 30.

Celui qui honore son pere, trouvera sa joie dans ses enfans, & il sera exaucé au jour de sa priere. Eccli. 3, 6 & 7.

Combien est infâme celui qui abandonne son pere & combien est maudit de Dieu celui qui aigrit l’esprit de sa mere ! Eccli. 3, 18.

Honorez votre pere par vos actions, par vos paroles, & par toute sorte de patience, afin qu’il vous benisse & que sa bénédiction demeure sur vous jusqu’à la fin. Eccli. 3, 10 & 11.

Obéïssez à ceux qui sont établis pour vous gouverner, & ayez de la soumission pour eux ; parce qu’ils veillent comme ayant à rendre compte de vos ames. Heb. 13, 17.

Celui qui vous écoute, m’écoute ; celui qui vous méprise, me méprise, dit Jesus-Christ à ses apôtres, & en leurs personnes à tous les Supérieurs, Luc 10, 16

Que toute personne soit soumise aux Puissances superieures ; car il n’y a point de Puissance qui ne vienne de Dieu, & c’est lui qui a ordonné celles qui sont sur la terre. C’est pourquoi celui qui s’oppose aux Puissances, resiste à l’ordre de Dieu ; & ceux qui y résistent, attirent la condamnation sur eux-mêmes. Rom. 13, 1 & 2.

Soyez soumis pour l’amour de Dieu à tout homme qui a du pouvoir sur vous. 1 Pier. 2, 13.

Rendez l’honneur à tous ceux à qui il est du ; honorez le Roi. Là-même.

Soumettez-vous aux Prêtres. I Pierre 5, 5.

Vous ferez tout ce qu’auront dit les Prêtres qui président au lieu que le Seigneur aura choisi. Deut. 17, 10.

Celui qui aime la correction, aime la science ; mais celui qui haie les réprimandes, est un insensé. Prov. 14, 1.

Celui qui hait les réprimandes, mourra. Là-même, 15, 10.

L’homme corrompu n’aime pas celui qui le reprend, & il ne va pas trouver les sages. Là-même, 12.

Celui qui rejette la correction, méprise son ami ; mais celui qui se rend aux réprimandes, possede & sauve son cœur. Là-même, 32.

Que c’est un grand bien quand on est repris, de témoigner son repentir, puisque vous évitez ainsi le péché volontaire ! Eccli. 20, 4.

PRIERE.

Faites-moi la grace, Seigneur, de rendre tous les devoirs de respect & de soumission aux Puissances que vous avez établies sur nos têtes & revêtues de votre autorité. Seigneur rendez-moi docile aux avertissemens qu’on me donne ; faites que je reçoive de bon cœur les corrections & les réprimandes qu’on me fait, afin que je me corrige de mes défauts & de mes péchés, & que j’ai la vraie vie.

XVIII INSTRUCTION.
Des Vertus Cardinales.

D. Quelles sont les vertus que les enfans doivent encore pratiquer après les vertus théologales ?

R. Ce sont les vertus cardinales.

D. Pourquoi appelle-t-on ces vertus Cardinales ?

R. Parce qu’elles sont la baze & le fondement des vertus morales.

D. Combien y a-t-il de vertus cardinales ?

R. Il y en a quatre ; la Prudence, la Tempérance, la Force & la Justice.

D. Le Saint Esprit releve-t-il l’excellence, & recommande-t-il la pratique de ces vertus cardinales ?

R. Oui, comme on peut le remarquer dans ce qui va être rapporté.

La Tempérance, la Prudence, la Justice & la Force sont les choses du monde les plus utiles à l’homme dans cette vie. Sag. 8, 7.

De la Temperance.

La tempérance dans le boire & dans le manger est la santé de l’ame & du corps. Eccli. 31, 37.

Soyez temperans & vigilans dans la priere, 1 Pier. 4, 7.

Soyez sobres & veillez. Là-même 5, 8.

Exhortez les jeunes-gens à être sobres & temperans. Tite 2, 26.

La grâce de Dieu notre Sauveur nous a appris que nous devons vivre dans le siècle présent avec tempérance. Tite 2, 12.

Usez comme un homme tempérant, de ce qui vous est servi (à table). Eccli. 31, 19.

La sagesse qui vient d’en-haut est modérée. S. Jacques 3, 27.

L’homme intérieur consiste dans la parfaite pureté d’un esprit plein de douceur & de paix, lequel est d’un grand prix devant Dieu. 1 Pier. 3, 4.

Que votre modération soit connue de tous les hommes : le Seigneur est proche. Philipp. 4, 5.

PRIERE.

Vous m’avez appris, ô divin Sauveur, à vivre avec temperance, faites que je profite de cette admirable leçon, & que je pratique cette vertu par la modération à user des biens temporels uniquement pour satisfaire à la necessité, aux besoins de la vie, & à l’utilité du prochain.

De la Prudence.

L’Homme sage fait tout avec prudence. Prov. 13, 16.

Le cœur de l’homme prudent acquiert la science : l’oreille des sages cherche la doctrine. Prov. 18, 15.

La prudence est la science des Saints. Prov. 9.

L’homme sage sera toujours dans la crainte. Eccli. 28, 27.

Mon fils, dès votre enfance aimez à être instruit, & vous acquererez la sagesse, qui ne vous quittera pas dans la vieillesse. Eccli, 6. 8.

C’est la sagesse qui apprend à craindre Dieu & à le servir ; elle consiste toute à exécuter ses loix. Eccli. 19, 8.

Ayez soin de vous conduire avec une grande circonspection & avec sagesse. Eph. 5, 15.

Tout homme sage appréhende & évite autant qu’il peut ce qui est mal. Prov. 14.

Celui-là est malheureux qui rejette la sagesse & l’instruction. Sag. 3, 11.

Celui qui est sage de cœur recevra & observera les commandemens. Prov. 10.

Celui qui est sage, écoute les conseils qu’on lui donne. Prov. 12.

Qu’un conseil stable regle tout ce que vous faites. Eccli. 30, 20.

La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse. Eccli. 1.

Mon fils, si vous desirez la sagesse, gardez la justice, & Dieu vous l’accordera. Eccli. 1.

Ceux qui font tout avec conseil, sont conduits par la sagesse. Prov. 13 & 20.

Mon fils, ne faites rien sans conseil, & vous ne vous repentirez point de ce que vous aurez fait. Eccli. 32, 24.

Demandez toujours conseil à un homme sage. Tob. 4, 19.

Prenez conseil de ceux qui sont sages & prudens. Eccli. 9, 21.

PRIERE.

Seigneur, donnez-moi la sagesse, afin qu’elle soit & quelle travaille avec moi. Sag. 9, 10.

De la Justice.

Suivez en tout la justice. 1 Tim. 6, 11.

Gardez les regles de l’équité, & agissez selon la justice. Isaie 56. 1.

Faites également la justice aux petits & aux grands. Eccli. 5, 18.

La grâce de Dieu notre Sauveur nous a appris à vivre dans le siécle présent avec justice. Tit. 2, 11.

Celui qui exerce la justice & la miséricorde trouvera la vie, la justice, & la gloire. Prov. 21, 21.

Rendez à chacun ce qui lui est du. Rom. 13, 7.

Rendez à Cesar ce qui est à Cesar, & à Dieu ce qui appartient à Dieu. Matt. 22, 21.

Dieu a en horreur toute injustice. Deut. 25, 16.

PRIERE.

Seigneur, donnez-moi de la haine de tout ce qui est contre la justice. Ps. 118.5. Seigneur faites-moi aimer la justice, & garder en tout les régles de l’équité. Faites-moi marcher dans votre justice, ô mon Dieu. Ps, 5.

De la Force.

Ayez bon courage, & Dieu fortifiera votre cœur. Ps. 3, 35.

Soyez fermes dans la voie du Seigneur, dans la vérité de vos sentimens & dans votre science. Eccli. 4, 12.

Agissez courageusement, & soyez pleins de force, & faites avec plaisir & avec charité tout ce que vous faites. 1 Cor. 16, 13 & 14.

Mes freres, demeurez fermes & inébranlables. 1 Cor. 15, 5.

Fortifiez-vous dans le Seigneur, & en sa vertu toute-puissante. Eph. 6, 10.

La main des forts acquiert des richesses. Prov. 10, 4.

Le Royaume des cieux se prend par la force, & ceux qui emploient

la force, l’emportent. Matt. 11, 12.
Priere.

O mon ame, attens le Seigneur, demeure ferme & confiante, & il fortifiera ton cœur ; attens le Seigneur.

Ps. 26.


XIX INSTRUCTION.
Des Vertus Morales.

D. Enfin après les vertus théologales & cardinales, quelles sont les vertus que les enfans doivent pratiquer avec une grande fidélité ?

R. Ce sont les vertus morales.

D. Pourquoi appelle-t-on ces vertus Morales ?

R. Parce qu’elles tendent à régler & à perfectionner les mœurs.

D. Combien y a-t-il de vertus morales ?

R. Il y en a un grand nombre & elles sont opposées aux pechés capitaux.

D. La Sainte Ecriture parle-t-elle de ces vertus, & ordonne-t-elle de les pratiquer ?

R. Oui, elle fait en plusieurs endroits, comme on va le voir dans les passages suivans.

I. De l’Humilité.

Humiliez-vous en toutes choses, & vous trouverez grace devant Dieu. Eccli. 3, 20.

Conduisez-vous avec toute sorte l’humilité. Eph. 4, 2.

Humiliez-vous devant Dieu & attendez que sa main agisse. Eccli. 13, 9.

Tâchez de vous inspirer tous l’humilité les uns aux autres. 1 Pier. 5, 5.

Le Seigneur conduit les humbles dans les sentiers de la justice, & il enseigne sa voie aux humbles. Ps. 24, 10.

Celui qui s’abaisse, sera élevé. S. Matt 23, 12.

Humiliez-vous sous la main toute- puissante de Dieu, afin qu’il vous éleve dans le tems de sa visite. 1 Pier. 5, 5 & 6.

Dieu donne la grâce aux humbles. Jacq. 4, 6.

Seigneur, vous sauverez le peuple qui est humble. Ps. 17.

Apprenez de moi que je suis doux & humble de cœur, dit Jesus-Christ Matt. 11, 29.

PRIERE

Faites, ô mon Sauveur, qu’à votre exemple, je sois doux & humble de cœur ; donnez-moi cette humilité véritable, qui vous est si agréable, & qui m’est si nécessaire pour recevoir votre grace dans le tems, pour jouïr de votre gloire dans l’éternité.

Seigneur, je suis dans une pauvreté & dans une misere extrême, je le reconnois ; Secourez-moi, s’il vous plaît, par votre bonté. Ps. 69.

II. De la Pauvreté.

Bienheureux les pauvres d’esprit, parce que le royaume du ciel est à eux. Matt. 5.

Quiconque ne renonce pas à tout ce qu’il a, ne peut être mon disciple. Luc 14.

Cherchez premièrement le royaume de Dieu, & toutes ces choses vous seront données comme par surcroit. Matt. 6.

Tel paroît riche, & il n’a rien ; & tel paroît pauvre, & il est fort riche. Prov. 13.

Si vous avez des richesses en abondance, que votre cœur ne s’y attache point. Ps 61.

Pour moi je suis pauvre & dans l’indigence, & le Seigneur prend soin de moi. Ps 39.

La pauvreté & les richesses viennent de Dieu. Eccli. 11, 14.

Le Seigneur s’est rendu le refuge du pauvre, & il vient à son secours lorsqu’il en a besoin & qu’il est dans l’affliction. Ps. 9, 10.

Les yeux du Seigneur sont attentifs à regarder le pauvre. Ps 10, 5.

Le Seigneur a exaucé les desirs des pauvres ; votre oreille, ô mon Dieu, a entendu la préparation de leur cœur. Ps. 9, 17.

Dieu aura compassion de celui qui est pauvre & dans l’indigence, & il sauvera les âmes des pauvres. Ps. 71, 13.

PRIERE.

O Jesus, qui étant très-riche, vous êtes fait pauvre pour moi, pour m’enrichir par votre pauvreté, faites que je renonce au moins de cœur à tout ce que je possede, afin d’être votre disciple. 1 Cor. 8. Luc 14.

III. De la Pureté.

La parfaite pureté fait que l’homme est proche de Dieu. Sag. 6. 20.

Tout l’or n’est rien au prix d’une ame vraiment chaste. Ecci. 26, 2O.

Conservez-vous chaste, & conduisez-vous avec toute sorte de pureté. 1 Tim. 5, 22.

Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, parce qu’ils verront Dieu Matt. 5, 8.

La volonté de Dieu est que vous soyez saints & purs. 2 Tess. 4, 3.

Les fruits de l’Esprit sont la continence, la chasteté. Gal. 5, 2 3.

PRIERE.

J’ai appris que la chasteté étoit un don de Dieu seul : c’est pourquoi je me suis adressé au Seigneur pour la lui demander. Je vous prie, ô mon Dieu, de me l’accorder. Sag. 8, 21.

Mon Dieu, créez un cœur pur en moi. Ps. 50.

Faites, ô mon Dieu, que je conserve mon esprit, mon cœur & mon corps purs & sans tache jusqu’à l’avenement de Jesus-Christ votre Fils. 1 Thess. 5, 23.

IV. De la Charité.

La charité n’est point envieuse, elle ne se réjouït point du mal, elle tolere tout, elle croit tout, elle espere tout, elle souffre tout, 1 Cor. 13, 4 & 5.

La charité ne se pique point, elle ne s’aigrit de rien, elle n’a point de mauvais soupçons. Là-même.

Qui est affligé, sans que je m’afflige ? 2 Cor. 11, 29.

Qui fait un faux pas, sans que j’en aie une grande douleur ? Là même.

Soyez dans la joie avec ceux qui sont dans la joie, & pleurez avec ceux qui pleurent. Rom. 12, 15.

PRIERE.

Donnez-moi, ô mon Dieu, cette charité pour mon prochain qui n’est point envieuse, mais qui me porte à prendre part à son mal, pour m’en affliger avec lui, à son bien, pour m’en réjouïr avec lui. Je suis résolu, avec le secours de votre grâce, de vivre & de mourir dans ces sentimens à son égard. Ainsi soit-il.

V. De la Sobriété.

La sagesse enseigne la sobriété. Sag. 8, 7.

Le vin pris avec tempérance est une seconde vie ; si vous en prenez moderément, vous serez sobre. Eccli. 32, 31.

Cessez le premier de manger par modestie, & n’y excedez point, de peur de tomber en faute. Eccli. 31, 20.

Un peu de vin n’est-il pas plus que suffisant à un homme reglé ?

Vous n’aurez point ainsi d’inquiétude pendant le sommeil, & vous ne sentirez point de douleur. - même 22.

L’homme sobre prolonge ses jours. Eccli. 37, 34.

PRIERE.

Faites-moi la grace, ô mon Dieu, de mortifier mon appétit & mon intempérance ; & afin que je puisse le faire, rendez-moi le maître de mon ame, & victorieux de mes passions. Prov. 23.

VI. De la Douceur.

conduisez-vous avec toute sorte de douceur. Eph. 4, 2.

Suivez en tout la douceur. 1 Tim. 6, 11.

Témoignez toute la douceur possible à l’égard de tous les hommes. Tite 3, 2.

Bienheureux ceux qui sont doux, parce qu’ils possederont la terre. Matt. 5, 4.

Le Seigneur sauve & glorifie ceux qui sont doux. Ps. 149, 4.

Mon fils, conservez votre cœur dans la douceur. Eccli. 15, 31.

Que votre entretien soit toujours accompagné d’une douceur édifiante. Coloss. 4, 6.

Mon fils, agissez avec douceur, & vous attirerez non seulement l’estime, mais l’amour des hommes. Eccli. 3, 19.

Pratiquez en toutes choses la patience. Eph. 4, 2.

Soyez patiens envers tous 1 Thess. 5, 14.

C’est par votre patience que vous possederez & sauverez vos ames. Luc 21, 19.

Revêtez-vous comme élus de Dieu, saints & bien-aimés, de patience. Coloss. 3, 12.

PRIERE.

Faites, Seigneur Jesus, que j'apprenne de vous à être doux, donnez- moi cette douceur & cette patience que vous recommandez avec tant de soin, Ps. 75. Matt. 11.

VII. De l’amour du Travail
& de la Ferveur &c.

Soyez prompt dans toutes vos actions, & appliquez-vous à les bien faire. Eccli. 31, 27.

Conservez-vous dans la ferveur de l’esprit : souvenez-vous que c’est le Seigneur que vous servez. Rom. 12, 11.

Mon fils, ménagez le tems, & évitez le mal. Eccli. 4, 24.

Vieillissez dans la pratique de ce que Dieu vous a commandé. Eccli. 11, 22.

Celui qui garde la discipline est dans le chemin de la vie. Prov. 10, 7.

L’homme est né pour le travail comme l’oiseau pour voler. Job. 5, 7.

Purifiez-vous par le travail de vos mains. Eccli. 7. 33.

Celui qui ne veut point travailler, ne doit point manger, 1 Tess, 3, 10.

Ne vous lassez point de faire le bien. Là-même, 13.

Ne nous lassons point de faire le bien ; puisque si nous ne perdons point courage, nous en recueillerons le fruit en son tems. Gal. 6, 9.

Soyez fidele jusqu’à la mort, & je vous donnerai la couronne de vie. Apoc. 10.

Celui qui perseverera jusqu’à la fin, sera sauvé. Matt. 10, 22.

PRIERE.

Seigneur, affermissez mes pas dans vos sentiers, afin que mes pieds ne chancellent point. Ps. 16.

XX INSTRUCTION.

Pratique des Exercices spirituels de la vie chrétienne nécessaires aux enfans pour acquérir la sagesse & la sainteté, & pour y croître.

D. Qu’est-ce que les enfans des Ecoles chrétiennes doivent faire pour acquérir la sagesse & la sainteté, & pour y croître ?

R. Ils doivent s’instruire, se former & se perfectionner dans la pratique des exercices spirituels de la vie chrétienne.

D. Quels sont ces exercices spirituels de la vie chrétienne ?

R. Il y en a un grand nombre, mais les principaux sont

1. L’Exercice journalier du Chrétien, c’est-à-dire, la pratique exacte de ce qu’il faut faire pour commencer, pour continuer, & pour finir chrétiennement la journée.

2. La sainte Messe.

3. Les Offices publics de l’Eglise.

4. La fréquentation des Sacremens de la Pénitence & de l’Eucharistie.

5. La sanctification des Dimanches & des Fétes de l’année, de son Patron, de l’anniversaire de son Baptême, &c.

6. L’exercice de la priere mentale & vocale.

7. La lecture spirituelle.

8. L’examen de conscience géneral & particulier.

9. L’assistance aux instructions qui se font dans les Paroisses.

10. L’exercice de la préparation à la mort tous les mois.

11. Une retraite de quelques jours tous les ans.

D. Est-il important aux enfans de s’instruire, de se former & de se perfectionner dans la pratique des exercices de la vie spirituelle ?

R. Oui, parce qu’ils sont d’admirables dispositions à la grace nécessaire pour acquérir la sagesse & la sainteté, & pour y croître ; & qu’ils sont comme les canaux par lesquels Dieu la communique, quand on s’en acquitte dignement.

D. Qu’est-ce que les enfans doivent faire pour s’instruire de ces exercices spirituels de la vie chrétienne ?

R. Ils doivent avoir recours aux livres qui enseignent la maniere de les bien faire, comme sont la Conduite pour bien faire la première Communion, le Cathechisme des Dimanches & des Fêtes, l’Anniversaire du Baptême, &c. livres qui se vendent chez le même Libraire que celui-ci.

R. Quand les enfans ont appris parfaitement la maniere de bien faire les exercices spirituels de la vie chrétienne, que doivent-ils observer ?

R. Ils doivent s’appliquer avec un grand zele à se former & à se perfectionner dans la pratique de ces exercices.

D. Qu’est-ce qu’ils doivent faire pour se former dans la pratique de ces exercices ?

R. Ils doivent d’abord suivre l’ordre & observer la méthode qu’ils ont appris, & ne s’en point écarter dans le commencement.

D. Comment doivent-ils se perfectionner dans ces exercices ?

R. En n’épargnant rien pour s’en acquiter en esprit & en vérité, c’est-à-dire, avec les dispositions interieures nécessaires pour les faire parfaitement.

D. Qu’arrivera-t-il aux enfans de cette exactitude & de cette fidélité à ces exercices spirituels ?

R. Ils en contracteront par ce moyen une sainte & heureuse habitude, qu’ils conserveront jusqu’à la mort. Car les jeunes-gens, dit le S. Esprit, suivent leur premiere voie, & ils ne la quittent point, même dans leur vieillesse. Prov. 22, 6.

D. L’experience fait-elle connoître cette vérité ?

R. Oui, on voit un grand nombre de chrétiens qui font tous ces exercices spirituels, comme ils l’ont appris & pratiqué dans leur jeunesse, & avec un extrême édification pour le prochain, & un fruit admirable pour eux.

D. Au contraire que remarque-t-on dans ceux qui n’ont point été instruits de ces exercices, & qui n’y ont point été formés dès leur jeunesse ?

R. On les voit avec douleur dans Une ignorance affreuse de ces exercices ; & s’ils les font, c’est sans l’esprit qui doit les animer, & la vérité qui doit les accompagner.

D. Quand les enfans ont été instruits dans les Ecoles de ce qu’ils doivent faire pour devenir de bons Chrétiens ou de bonnes Chrétiennes, & qu’ils ont été formés dans ce qui peut contribuer à leur perfection, que doivent-ils faire après leur sortie des Ecoles ?

R. Ils doivent 1. faire souvent cette priere : Rendez ferme, Seigneur, & fortifiez ce que vous avez fait en moi dans les écoles ou j’ai été élevé : faites-moi la grace de perseverer jusqu’à la fin dans les pratiques de piété qu’on m’y a enseignées, afin que je sois sauvé. Ainsi soit-il.

2. Conserver avec soin leurs livres de piété, comme leur Catéchisme du Diocése, leur Conduite pour la premiere Communion, leur Catéchisme des Dimanches & des Fêtes, leur Ecole Chrétienne, &c. pour les relire de tems en tems, afin de ne pas oublier ce qu’on leur a enseigné, & ce qu’ils ont appris.

3. Etre fideles à pratiquer ce qu’on leur y a appris pour se perfectionner de plus en plus dans la vie chrétienne.

4. Enfin se conduire en toutes choses, & vivre d’une maniere digne de Dieu, de Jesus-Christ, de l’Evangile & de leur vocation. C’est la grace qu’ils doivent sans cesse demander à Dieu par Jesus-Christ qui la leur a méritée, par l’intercession de la sainte Vierge, de leur Patron, de tous les Anges, & de tous les SS. du Paradis.

D. Qu’est-ce qu’un enfant doit faire pour conserver le fruit qu’il a dû remporter de l’Ecole, où il a été instruit & élevé ?

R. Il doit mener une vie saintement occupée & prudemment reglée.

XXI. INSTRUCTION.
Vie occupée d’un Chrétien dans le
monde.

Afin que la vie d’un Chrétien soit saintement occupée, il faut qu’il l’emploie dans l’accomplissement de ses devoirs 1. A l’égard de Dieu. 2. A l’égard de l’Eglise. 3. A l’égard du prochain. 4. A l’égard de lui-même.

Devoirs d’un Chrétien à l’égard de
Dieu.

1. S’appliquer à le connoître de plus en plus, à l’aimer, à le servir, & à l’honorer par l’exercice de la Foi, de l’Esperance, de la Charité, & de la Religion.

2. A ne l’offenser jamais par aucun péché, même veniel, de propos délibéré.

3. A faire tout le bien qu’il demande de lui dans son état.

4. A le craindre, & à observer ses Commandemens.

5. A s’instruire de ses Mysteres.

6. A lire, à entendre, à méditer sa divine parole, à vaquer à la prière, &c.

Devoirs d’un Chrétien envers l’Eglise.

1. L’aimer tendrement comme sa mere, la respecter comme l’Epouse de Jesus-Christ, lui obéir & se soumettre à ses loix, à ses usages, à ses décisions, à sa discipline, comme à l’organe du Saint Esprit.

2. S’affectionner à son Eglise paticuliere qui est sa Paroisse, la protéger, l’assister dans ses besoins, la frequenter, y recevoir les Sacremens, y assister les Dimanches & les Fêtes principales, à la Messe, aux Prônes, aux instructions qui s’y font, & aux Offices publics qui s’y celebrent, &c.

Devoirs d’un Chrétien envers le
Prochain.

1. L’aimer sincerement.

2. Exercer envers lui les œuvres de misericorde spirituelle & corporelle, s’il en a besoin, & qu’il le puisse.

5. L’édifier par une vie exemplaire.

4. Fuir les méchans & frequenter les gens de bien.

5. Rendre à ses Superieurs, à ses égaux & à ses inferieurs, ce que la justice, la charité & l’honnêteté demandent de lui.

6. Quand il traite de quelque affaire avec le prochain, s’y conduire avec beaucoup de prudence, de douceur & de charité, &c.

Devoir d’un Chrétien envers lui-même.

S’aimer d’un amour reglé, c’est-a-dire, par rapport à Dieu, à son salut, ce qui consiste premièrement ; A chercher son bonheur en lui & à tendre à lui uniquement. 2. A estimer beaucoup son ame, à l’aimer sincerement, à la garder soigneusement, à avoir pitié d’elle quand elle est dans le péché, & à la retirer sans delai de cet abîme par une véritable pénitence : veiller sur elle en tout tems, mais particulièrement dans les occasions du peché, si par malheur il s’y trouve engagé ; enfin ne rien épargner pour la sauver, prenant les moyens nécessaires pour le faire sûrement, dont les principaux sont :

1. Éviter le péché & toutes les occasions qui y conduisent, travailler à détruire ses mauvaises habitudes, surmonter ses méchantes inclinations, mortifier ses passions, & resister courageusement aux tentations du démon, du monde & de la chair.

2. Pratiquer les vertus nécessaires à un chrétien, & propres à son état.

3. S’avancer de plus en plus dans les voies de la perfection, & devenir plus vertueux de jour en jour.

4. S’appliquer avec beaucoup de fidélité aux exercices de piété qui peuvent y contribuer, comme à la fréquentation des Sacremens, à la priere mentale & vocale, à lire ou ou à entendre la parole de Dieu.

5. Remplir avec soin les obligations de son état & de sa condition, de pere, de mere, de mari, de femme, de maître, de maîtresse, de marchand, d’enfant, d’écolier & de domestique ; s’occuper si assidument dans l’accomplissement de ses devoirs & dans le travail convenable à son état, que le démon ne le trouve jamais oisif, & qu’il n’y ait aucun vide dans sa vie, mais que ses jours se trouvent pleins. Faites cela, & vous vivrez. Luc. 10, 28.

XXII INSTRUCTION.
Vie reglée d’un Chrétien dans le monde.

Afin que la vie d’un Chrétien soit prudemment reglée, il doit observer un certain ordre dans l’accomplissement de ses devoirs, eu égard à son état, à sa condition, à ses dispositions, à ses emplois : c’est ce qu’on appelle Reglement de vie, qu’il doit garder avec une grande fidélité dans sa conduite ordinaire : & pour cela il doit d’abord regler la nature de ses devoirs, la maniere de s’en acquitter, & le tems dans lequel il doit les remplir.

Les principaux points du reglement de vie d’un Chrétien dans le monde peuvent se réduire à certains devoirs propres à chaque année, à chaque mois, à chaque semaine & à chaque jour.

Reglement de vie d’un Chrétien
pour chaque année.

1. Faire la Confession annuelle.

1. La Communion paschale.

3. Célébrer la Fête de son Patron & de son Batême.

4. Faire une petite retraite pour se renouveller dans l’esprit de la Religion & de son état.

Reglement de vie d’un Chrétien
pour chaque mois.

1. Se confesser & communier selon l’avis de son Confesseur.

2. Prendre quelque tems chaque mois pour examiner s’il est fidele à ses résolutions, s’il est exact à s’acquitter de ses devoirs, de ses emplois, de ses exercices, & comment il s’en acquitte.

3. Se préparer à la mort.

4. Relire son reglement de vie.

Reglement de vie d’un Chrétien
pour chaque semaine.

1. Santifier les jours des Dimanches & des Fêtes tout entiers, & pour cela s’occuper entièrement dans ces jours au service de Dieu & de l’affaire de son salut, assister à la Messe de Paroisse, aux Offices publics de l’Eglise, au Sermon, aux instructions & aux Catéchismes qui se font dans sa Paroisse, s’appliquant encore aux oeuvres de piété, comme à la lecture des Livres de piété, à la visite du Saint Sacrement, à l’exercice des œuvres de misericorde, selon son pouvoir, & selon les besoins du prochain.

Se donner de garde de profaner ces saints jours par aucune oeuvre servile, criminelle ou scandaleuse.

2. Faire ou souffrir quelque chose chaque semaine en esprit de pénitence.

Règlement de vie d’un Chrétien
pour chaque jour.

1. Prier Dieu le matin.

2. Faire une lecture de piété avec quelque réflexion.

3. Entendre la sainte Messe, s’il le peut.

4. S’appliquer pendant la journée à bien faire ses actions, & profiter pour son salut de quelques occasions qui s’y rencontrent, comme de la tentation, de l’affliction, de la pauvreté, de la maladie, &c. Enfin ménager certains tems pour élever son esprit & son cœur vers Dieu, & refléchir sur soi-même.

5. S’occuper toujours utilement, & n’être jamais oisif.

6. Etre fidele à la visite du saint Sacrement, si on le peut, ou la faire au moins en esprit.

7. Ne manquer jamais à la priere du soir, & à l’examen de conscience, & à se mettre dans l’état où l’on voudroit mourir.

XXIII INSTRUCTION.
Exercice Journalier d’un Chrétien.
1 §.
Exercice d’un Chrétien pour le Matin.

Un bon Chrétien le matin aussitôt qu’il est éveillé, a soin de donner à Dieu sa première pensée, sa première parole & sa première action.

1. Il donne sa première pensée à Dieu, en élevant son esprit & son cœur vers lui.

2. Il donne à Dieu sa première parole, en disant : Mon Dieu, je vous donne mon cœur pour jamais.

3. Il donne à Dieu sa première action en faisant le signe de la Croix en se levant, & offrant à Dieu ce premier sacrifice de l’inclination, que la nature a toujours pour le repos au delà même du necessaire.

Un Chrétien bien reglé par rapport au tems de son lever, se lève à une heure reglée, ayant égard à son état, à ses affaires, à ses forces & à sa santé.

Quand l’heure du lever est arrivée, il se leve promptement, modestement, & en silence.

Il se leve promptement,c’est-à-dire, qu’il ne differe point, & qu’il ne se laisse point aller à la paresse.

Il se leve modestement, c’est-à-dire qu’il ne se regarde point, & qu’il ne se laisse voir à personne qu’en un état décent & modeste.

Il se leve en silence, c’est-à-dire, qu’il ne parle à personne, s’il est possible ; mais qu’il s’entretient dans quelque bonne pensée, ou qu’il fait quelque priere.

Après qu’il est levé & habillé, il prend de l’eau benîte, il se met à genoux devant quelque image de Jesus-Christ ou des Saints, & fait la Prière du matin.

2 §.
Priere du matin.

Au nom du Pere, & du Fils, & du Saint Esprit. Ainsi soit-il.

Invocation du secours du Saint Esprit.

Esprit saint, venez en moi, éclairez mon esprit de vos divines lumières, & embrasez mon cœur du feu de votre saint amour, afin que je puisse faire ma priere avec l’attention, la dévotion & le respect que je dois avoir.

Acte de Foi.

Je croi en general tout ce que l’Eglise croit ; & en particulier, je croi, mon Dieu, que vous êtes ici present, que vous me voyez & que vous m’entendez, & que c’est à vous que je parle, ô majesté souveraine.

Acte d’Adoration.

Grand Dieu, prosterné devant vous, je vous reconnois pour mon Créateur & mon souverain Seigneur ; je vous fais hommage de mon mon être & de ma vie, je me soumets à votre conduite, & je me dévoue pour jamais à votre service.

Acte d’Esperance.

Qu’y a-t-ii pour moi dans le Ciel, & que desiré-je sur la terre, sinon vous, ô mon Dieu, qui êtes le Dieu de mon cœur, & mon partage pour toute l’éternité ? J’espere vous posseder un jour, & recevoir de votre bonté les moyens nécessaires pour arriver à ce bonheur.

Acte de Charité.

Vous le sçavez, Seigneur, que je vous aime : Oui, mon Dieu, je vous aime de tout mon coeur, de toute mon ame & de toutes mes forces, parce que vous êtes infiniment bon, infiniment aimable ; j’aime aussi mon prochain comme moi-même pour l’amour de vous.

Acte de remerciment.

Je vous remercie, mon Dieu, de m'avoir mis au monde & fait Chrétien, & de tous les biens que j’ai reçûs de vous pour l’ame & le corps, cette nuit & pendant toute ma vie.

Acte de Contrition.

J’ai un grand regret, ô mon Dieu, de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon, & que le péché vous déplait infiniment : je fais une ferme résolution, moyennant votre sainte grâce, de n’en point commettre pendant ce jour, d’en éviter les occasions, de mortifier mes passions, & de resister aux tentations du démon, du monde & de la chair, qui pourroient m’y faire tomber. Ainsi soit-il.

Acte d’Offrande.

Je suis à vous, ô mon Dieu, mais je m’y consacre de nouveau au commencement de cette journée. Je vous offre mon cœur, mon ame, mon corps & ma vie : Je rapporte à votre gloire & à mon salut, toutes mes pensées, mes desirs, mes paroles & mes actions de ce jour. Je veux souffrir pour l’amour de vous & pour la remission de mes péchés, toutes les peines que j’aurai, & tout le mal que j’endurerai aujourd’hui. Ainsi soit-il.

Acte de Demande.

Vous connoissez mes besoins, ô mon Dieu, & ceux de votre Eglise : je vous demande pour moi la grace de ne vous point offenser pendant ce jour, & de le passer dans votre amour & dans votre service. Je vous prie aussi pour toute l’Eglise, accordez à chacun de ses enfans ce que vous sçavez qui lui convient & qui lui est nécessaire.

Promesses du Batême.

Je ratifie, ô mon Dieu, les promesses, & je renouvelle la profession que mon Parain & ma Maraine ont faites pour moi sur les fonts du saint Batême.

1. Oui, Seigneur, je renonce de tout mon cœur à Satan, j’abandonne cet ennemi mortel de votre gloire & de mon salut, & je quitte son parti pour jamais ; je ne veux plus avoir de liaison ni de commerce avec lui, ni avec ses ministres.

Je renonce au monde & à toutes ses pompes, à l’éclat trompeur, & au faux brillant de ses honneurs, de ses plaisirs & de ses richesses, à ses vanités, à ses coutumes pernicieuses & à ses maximes corrompues.

Je renonce au démon & à toutes ses œuvres, au mensonge dont il est le pere, à l’orgueil, à la haine, à l’envie, à l’impureté, à l’intemperance, à la médisance & à toutes sortes de péchés, & à ce qui peut m’y porter, comme à la malignité & à la corruption de mon cœur, aux mauvaises compagnies, & aux occasions dangereuses.

Profession du Christianisme.

1. C’est à vous, très-sainte & adorable Trinité, Pere, Fils, & Saint Esprit, un seul Dieu en trois personnes, que je me dévoue & me consacre comme à mon créateur & à mon souverain Seigneur.

Pere céleste, je suis votre enfant, je veux donc vous rendre le respect, l’amour, l’obéïssance & le service que je vous dois, & que vous demandez de moi.

2. O Jesus, qui êtes la voie, la vérité & la vie, je m’attache à vous, je suis résolu d’imiter vos exemples, de suivre vos maximes, & de garder vos commandemens.

4. Esprit Saint, je me donne à vous, & je me soumets à votre conduite, vivez & régnez dans mon cœur.

Faites-moi la grâce, ô mon Dieu, d’être fidele à ces promesses, & de vivre d’une maniere conforme à cette profession & digne de la qualité de Chrétien dont je suis honoré. Ainsi soit-il.

L’oraison Dominicale, Notre Pere, &c.

La Salutation Angélique, Je vous salue, Marie, &c.

Le Symbole des Apôtres, Je croi en Dieu, &c.

La Confession des péchés, Je me confesse à Dieu, &c.

Les Commandemens de Dieu.

1. Un seul Dieu tu adoreras, et aimeras parfaitement.

2. Dieu en vain tu ne jureras, ni autre chose pareillement.

3. Les Dimanches tu garderas en servant Dieu dévotement.

4. Tes pere & mere honoreras. afin que tu vives longuement.

5. Homicide point ne feras de fait, ni volontairement.

6. Impudique point ne seras de corps, ni de consentement.

7. Le bien d’autrui tu ne prendras, ni retiendras à ton escient.

8. Faux témoignage ne diras, ni mentiras aucunement.

9. L’œuvre de chair ne desireras, qu’en mariage seulement.

10. Biens d’autrui ne convoiteras, pour les avoir injustement.

Les Commandemens de l’Eglise.

1. Les Fêtes tu santifieras qui te sont de commandement.

2. Les Dimanches Messe ouïras, et les Fêtes pareillement.

3. Tous tes péchés confesseras, a tout le moins une fois l’an.

4. Ton Créateur tu recevras, au moins à Pâque humblement.

5. Quatre-tems, Vigiles jeûneras, et le Carême entièrement.

6. Vendredi chair ne mangeras, ni le samedi mêmement.

Oraison à son Ange Gardien.

Ange de Dieu, mon fidèle Gardien, c’est à vos charitables soins que la misericorde divine m’a confié. Eclairez-moi donc aujourd’hui, gardez-moi, conduisez-moi, aidez-moi dans tous mes besoins. Ainsi soit-il.

Oraison à son Patron.

O glorieux Saint.... aidez-moi dans mes besoins, soyez mon protecteur auprès de Dieu, & obtenez-moi les grâces qui me sont nécessaires pour imiter vos vertus & votre sainte vie.

Oraison à tous les Saints.

Saints & Saintes du Paradis, intercedez pour moi auprès de notre Seigneur, afin que je puisse avec vous après ma mort le louer & le glorifier pendant toute l’éternité, Ainsi soit-il.

Un Chrétien qui a son salut à cœur, donne ensuite quelque tems à la méditation ou à la réflexion sur le sujet de piété dont il a fait ou entendu la lecture le soir précedent, qu’il relit encore, ou dont il entend la lecture.

Il termine l’exercice du matin par l’examen de prévoyance de toute la journée, surtout des occasions qui le sont le plus ordinairement tomber dans le péché ; ensuite il prend une résolution particulière de les éviter, & de ne point commettre le péché, auquel il est le plus sujet.

PAUSE.

Vous connoissez ma foiblesse, mon Dieu, & le penchant que j’ai à vous offenser ; éloignez donc de moi toutes les occasions du péché ; vous sçavez celles où je succombe le plus ordinairement, qui sont. ... &... Fortifiez-moi, & ne permettez pas que je retombe davantage dans les fautes dont je vous ai tant de fois demandé pardon, surtout dans le péché....

Il demande ensuite à Dieu la grace de pratiquer la vertu opposée à son vice dominant, comme il suit :

Mon Dieu, je suis négligent, donnez-moi la ferveur. Faites, Seigneur, que je pratique aujourd’hui, &c. ou bien, Je suis impatient & emporté, donnez-moi la douceur & la patience.

Faites, Seigneur, &c. ou bien. Je suis plein d’amour propre, donnez-moi l’esprit de mortification. Faites Seigneur, &c.

Je fuis vain & orgueilleux, donnez-moi l’humilité. Faites, Seigneur, &c. ou bien Je suis dans les peines, soyez toujours ma consolation, ou bien Je suis porté au mal, à l’impureté, à l’oisiveté, ne permettez pas que je commette ce mal, ni ces péchés. Faites, Seigneur, que je pratique aujourd’hui 1. le bien que vous demandez de moi dans mon état. 2. Que j’aie la pureté d’esprit, de cœur de de corps. 3. Que j’emploie utilement mon tems pendant ce jour, &c.

3 §.
De l’Exercice du Chrétien pendant la
journée.

Un bon Chrétien avant ses principales actions, fait le signe de la Croix, & dit :

Mon Dieu, je vous offre cette action, ou mon travail, donnez-y votre sainte bénédiction. Au nom du Pere †, & du Fils, & du Saint Esprit. Ainsi soit-il, ou bien

Je veux faire cette action pour votre gloire & pour mon salut, ou bien, pour vous, mon Dieu, & pour la remission de mes péchés.

Lorsqu’un Chrétien est tenté, il dit : Venez, à mon aide, ô mon Dieu, hâtez-vous, Seigneur de me secourir. ou bien.

Sauvez-moi, Seigneur, car je suis prêt de faire naufrage. ou bien ; Je renonce de tout mon cœur à cette tentation ; ne permettez pas, mon Dieu, que j’y succombe.

Quand il est tombé dans quelque péché, il dit :

Mon Dieu, faites-moi miséricorde ; j’ai péché, je vous en demande pardon, ou bien, Mon Dieu, je suis un pecheur, faites-moi miséricorde.

Quand il est dans l'affliction ; qu’il endure quelque mal, ou qu’il est réduit dans la pauvreté, il dit :

Soutenez-moi, mon Dieu, dans cette affliction, ou bien :

Fortifiez-moi, mon Dieu, dans cette peine, ou bien :

Je veux souffrir ce mal que j’endure, ou la pauvreté à laquelle je suis réduit, pour l’amour de Dieu, & pour la remission de mes péchés, ou bien :

Vous êtes mon refuge, ô mon Dieu, dans les maux qui m’environnent, c’est de vous seul que j’attens du soulagement, ou bien :

Seigneur, ayez la bonté de me soulager : Ah ! s’il vous plaisoit de me tirer de ma misere, ou bien :

Mon Dieu, que votre volonté soit faite, & que votre saint nom soit béni à jamais.

Quand quelqu’un l’a offensé, il dit :

Mon Dieu,je pardonne à ... qui m’a offensé, je veux l’aimer du fond de mon cœur pour l’amour de vous ; Seigneur, faites-lui misericorde, & à moi aussi.

Quand il voit quelqu’un qui offense Dieu, il dit :

Mon Dieu, je vous demande pardon pour cette personne, je vous prie de lui faire la grace de se reconnoître, & à moi de ne point vous offenser.

Quand l’heure ou la cloche sonne il dit :

Faites moi la grâce, ô mon Dieu, de bien vivre & de bien mourir, ou bien,

Je vous aime & je vous aimerai, Seigneur, vous qui êtes ma force : ou bien,

J'espere en votre misericorde : ou bien,

Mon Dieu & mon tout : ou bien

Dieu de mon cœur & mon partage pour toute l’éternité.

Qui me separera de Jesus-Christ ? qui m’empêchera de l’aimer ? ou bien, Vous êtes mon Dieu : mon sort est entre vos mains : ou bien,

Seigneur, ayez pitié de moi selon votre grande misericorde : ou bien,

Mon Dieu, plutôt mourir que de vous offenser, ou bien,

Mon Dieu, quand serai-je assez heureux pour vous posseder dans le Ciel ? ou bien,

Ayez pitié de moi, parce que je suis foible.

Quand il entend sonner pour un mort, ou qu’on le porte en terre, il dit :

Mon Dieu, faites misericorde à cette personne, par les merites de Jesus-Christ. Il faut dire ensuite un De profundis, ou un Pater & un Ave pour le repos de son ame.

Quand il passe devant une Croix, il dit :

Mon Dieu, delivrez-moi des ennemis de mon salut par le signe de la Croix, & les mérites de J. C. Au nom du Pere † & du Fils, & du Saint Esprit. Ainsi soit-il.

En passant devant les images des Saints, il dit :

Saints & Saintes qui régnez avec Jesus-Christ dans le Ciel, priez pour moi.

Exercice du Chrétien pour le soir.
3 §.
Prières du Soir.

Au nom du Pere †, & du Fils, & du Saint Esprit. Ainsi soit-il.

Invocation du S. Esprit.

Esprit Saint, venez en moi, éclairez mon esprit de vos divines lumieres, & embrasez mon cœur du feu de votre saint amour, afin que je puisse faire ma priere avec l’attention, la dévotion & le respect que je dois avoir.

Acte de Foi.

Je croi en géneral tout ce que l’Eglise croit ; & en particulier, je croi, mon Dieu, que vous êtes ici présent, que vous me voyez & que vous m’entendez, & que c’est à vous que je parle, ô Majesté souveraine.

Acte d’Adoration.

Grand Dieu, prosterné devant vous, je vous reconnois pour mon Créateur & mon souverain Seigneur : je vous fais hommage de mon être & de ma vie, je me soumets à votre conduite, & je me dévoue pour jamais à votre service.

Acte d’Esperance.

Qu’y a-t-il pour moi dans le ciel, & que désiré-je sur la terre, sinon vous, ô mon Dieu, qui êtes le Dieu de mon cœur, & mon partage pour toute l’éternité ? J’espere vous posseder un jour, & recevoir de votre bonté les moyens necessaires pour arriver à ce bonheur.

Acte de Charité.

Vous le sçavez, Seigneur, que je vous aime : Oui, mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur, de toute mon ame & de toutes mes forces, parce que vous êtes infiniment bon & infiniment aimable ; j’aime aussi mon prochain comme moi-même pour l’amour de vous.

Acte de Remerciment.

Je vous remercie, mon Dieu, de m’avoir mis au monde & fait Chrétien, & de tous les biens que j’ai reçus de vous, en pour l’ame & pour le corps, & ce jour & pendant toute ma vie.

Acte de Demande.

Je vous supplie, mon Dieu, de m’accorder & vos lumières pour connoître les péchés que j’ai commis en ce jour, & la douleur necessaire pour les détester.

Il examine ensuite sa conscience, & il voit en quoi il a offensé Dieu pendant la journée, par pensées, par desirs, par paroles, par actions, & par omissions, s’arrêtant particulièrement aux péchés ausquels il est le plus sujet ; ce qu’il peut faire comme il suit.

A quoi ai-je pensé ?.. En quels sentimens me suis-je entretenu ?.. Qu’ai-je souhaité ? Où ai-je été ? .. Qu’ai-je dit ?... Qu’ai-je fait ? & qu’ai-je manqué de faire ?.. Quels sont mes péchés d’habitude ? Combien de fois y suis-je tombé ? Quelles personnes ai-je fréquentées ?

P A U S E.
Acte de Contrition.

Je vous demande pardon, ô mon Dieu, de tous les péchés que j’ai commis en ce jour, & pendant toute ma vie, je les déteste pour l’amour de vous, & parce qu’ils vous déplaisent, je me repens de les avoir commis ; je vous promets avec le secours de votre grace de m’en corriger, d’en faire pénitence, & de ne les plus commettre.

Acte d’Offrande.

Je vous offre, ô mon Dieu, le repos que je vais prendre, je ne desire de le prendre que pour votre gloire ; accordez-moi la grace de ne vous point offenser pendant cette nuit, préservez-moi de tout péché, & de la mort subite, & faites que mon cœur ne respire & ne vive que pour vous.

Il dit après cela, Notre Pere, Je vous salue Marie : Je croi en Dieu : Je confesse à Dieu : les Litanies de la sainte Vierge, & un De profundis pour les Fidèles trépassés.

Priere à son Ange gardien, à son Patron,
& à tous les Saints & Saintes
du Paradis.

Mon saint Ange gardien, mon saint Patron, tous les Saints & Saintes du Paradis, priez & intercédez auprès de Dieu pour moi ; obtenez-moi qu’il me fasse misericorde, avec la grace de reposer en paix, & d’être préservé de tout péché & d’une mort subite. Ainsi soit-il.

Mon Dieu, faites misericorde aux pécheurs, accordez le repos aux ames des Fidéles trépassés, & à tous ceux de cette maison la grâce de vivre en paix, en union & en concorde. Ainsi soit-il.

Il considere ensuite qu’il peut mourir la nuit, & il examine s’il est prêt à paroître devant Dieu, & il tâche de se mettre dans l’état auquel il désireroit d’être trouvé à l’heure de la mort.

PAUSE.
Préparation à la mort.

Mon Dieu, je sçai que je mourrai, & peut-être que je n’ai plus que quelques momens à vivre : peut-être que je ne sortirai point du lit où je vais me coucher ; aussi m’avertissez-vous d’y entrer comme dans mon tombeau. Ah ! que je voudrois à l’heure de ma mort avoir toujours vécu sans peché, & vous avoir toujours aimé !

Mettez-moi dès-à-présent dans ces saintes dispositions : Oui, mon Dieu, je déteste le péché ; je vous aime ; je veux vivre & mourir dans votre saint amour. Que le Seigneur tout-puissant & tout misericordieux, le Pere, † le Fils, & le Saint Esprit, nous donne une nuit tranquille & une heureuse fin, qu’il nous benisse & nous conserve en paix. Ainsi soit-il.

Enfin il fait ou entend une lecture de pieté sur laquelle il doit méditer. ou refléchir le lendemain matin.

4 §.
Conduite pour se coucher
chrétiennement.

Un bon Chrétien se couche en silence, il garde la même retenue & la même modestie qu’en se levant, & il prend de l’eau benite.

Quand il est couché, il consacre à Dieu sa derniere pensée, ses dernieres paroles, & sa derniere action.

Il consacre à Dieu sa derniere pensée, en élevant son esprit & son cœur à Dieu ; & s’endormant dans quelque bonne pensée.

Il consacre à Dieu ses dernieres paroles en disant : Mon Dieu, je remets mon ame entre vos mains, accordez-moi la grâce de bien mourir.

Il consacre à Dieu sa derniere action, en faisant le signe de la Croix.

Lorsqu’il s’éveille pendant la nuit, il éleve son esprit à Dieu, & il s’unit de cœur à ceux qui le louent, & qui le benissent dans ce tems-là.

XXIV INSTRUCTION.
MOYENS PARTICULIERS
qu’il faut employer pour mener
une vie vraiment chrétienne.


Premier Moyen particulier.


Consideration des fins dernières
de l’homme.

D. Quels sont les moyens particuliers dont il faut se servir pour mener une vie vraiment chrétienne ?

R. Il y en a huit.

D. Quel est le premier ?

R. Le souvenir des fins dernieres de l’homme, & la réflexion serieuse qu’on y fait.

D. Combien y a-t-il de fins dernières de l’homme ?

R. Il y en a quatre, qui sont la mort, le jugement, le paradis & l’enfer.

D. Pourquoi appelle-t-on ces choses les quatre fins dernieres de l’homme ?

R. Parce que 1. La mort est le dernier terme de cette vie. 2. Le jugement, la derniere sentence que tous les hommes, soit bons, soit mauvais, recevront après la mort. 3. Le paradis, la derniere récompense des bons. 4. L’enfer est le dernier châtiment des méchans après le jugement.

D. Que dit le saint Esprit dans l’Ecriture de ces fins dernieres de l’homme ?

R. Souvenez-vous de votre fin derniere, & ne l’oubliez pas : car après cela il n’y a plus de retour. Eccli. 38, 21.

Souvenez-vous de votre fin derniere.... car la corruption & la mort sont prêtes de fondre sur ceux qui violent les commandemens du Seigneur. Eccli 28, 6, 7.

Souvenez-vous dans toutes vos actions de vos fins dernières, & vous ne pecherez jamais. Eccli. 7. 40.

Dieu se plaint par Isaie de ce qu’on vit dans l’oubli de ces grandes vérités.

Vous n’avez point fait de reflexion sur tout ceci, & vous ne vous êtes point représenté ce qui vous doit arriver un jour. Isaie 47, 7.

PRIERE.

Faites, ô mon Dieu, que je pense souvent à mes fins dernieres, & que j’y fasse de serieuses réflexions pour m’animer à faire le bien que vous demandez de moi, & à éviter le péché, & à en fuir les occasions.

XXV INSTRUCTION.
De la Mort.

D. Qu’est-ce que la mort ?

R. C’est la séparation de l’ame d’avec le corps.

D. Qu’est-ce que l’Ecriture sainte dit de la mort ?

R. Que vous êtes poudre, & vous retournerez en poudre. Gen. 3, 19.

Quel est l’homme qui pourra vivre sans voir la mort ? Ps. 88.

Il est arrêté que les hommes meurent une fois. Aux Hebr. 9, 27.

Il n’y a personne qui doive vivre toujours, & même qui ose l’esperer. Eccli. 9. 4.

Souvenez-vous que la mort est proche, parce que vous marchez au milieu des pieges, & au travers des armes d’ennemis pleins de colere. Eccli. 9. 20.

Souvenez-vous que la mort avance toujours sans s’arrêter, & que l’arrêt de la mort est certain, & s’exécutera infailliblement : car voici la sentence que Dieu a prononcée contre tout homme, sçavoir, qu’il mourra très certainement. Eccli. 14. 12.

Souvenez-vous de la mort qui ne tarde pas longtems à venir. Eccli, 14.

Vous courez avec vîtesse à la mort & au tombeau. Eccli. 9. 18.

La mort des pecheurs est très funeste. Ps. 33.

La mort des Saints est précieuse devant le Seigneur. Ps. 113.

Heureux sont les morts qui meurent dans le Seigneur. Apocalip. 14.

A la mort de l’homme toutes ses œuvres seront découvertes. Eccli. 11.

Veillez parce que vous ne sçavez ni le jour ni l’heure de votre mort. Math. 25.

Soyez toujours prêts, parce que le Fils de l’homme viendra à l’heure que vous n’y pensez pas. Luc. 12.

Si vous ne veillez pas, je viendrai à vous comme un voleur, & vous ne sçaurez à quelle heure je viendrai. Apoc. 3.

Priere.

Je sçai, mon Dieu que je mourrai, mais je ne sçai pas le tems ni la maniere dont je mourrai ; aussi je ne desire pas de le connoître, mais de faire ce qui est nécessaire pour bien mourir, qui est de vous prier de m’accorder cette grace qui couronne toutes les autres, & de la mériter par une bonne vie. Ah ! Seigneur, que je meure de la mort des justes, & que la fin de ma vie ressemble à la leur ; mais afin que j’aie ce bonheur, faites-moi la grâce d’imiter la foi, la piété & la sainteté de ceux dont la mort me fait envie. Ps. 141. & Nombr. 23.

XXVI INSTRUCTION.
Du Jugement particulier.

D. Qu’est-ce que le jugement ?

R. C’est l’arrêt définitif & irrevocable que Jesus-Christ prononce contre les méchans ou en faveur des bons.

D. Combien y a-t-il de jugemens ?

R. Il y en a deux, le jugement particulier & le jugement géneral.

D. Qu’est-ce que le jugement particulier ?

R. C’est celui qui se rend immédiatement aprés la mort.

D. Que dit l’Ecriture sainte du jugement particulier ?

R. Il est arrêté que les hommes meurent une fois, & qu’ensuite ils soient jugés. Aux Heb. 9. 27.

Dieu fera rendre compte en son jugement de toutes les fautes, de tout le bien & le mal qu’on aura fait. Eccl. 12.

Il est aisé à Dieu de rendre à chacun au jour de sa mort selon ses voies. Eccli. 11.

A la mort de l’homme toutes ses œuvres seront découvertes. La même, 11.

Je les traiterai selon leurs mérites, & selon les œuvres de leurs mains. Jerem. 25.

Je jugerai chacun selon ses propres voies. Ezech. 33.

Rendez-moi compte de votre administration. Luc. 16.

Il rendra à chacun selon ses œuvres. La même 6.

Je vous dis que les hommes rendront compte au jour du jugement de toutes les paroles inutiles qu’ils auront dites. Math. 12.

Si nous nous jugions nons-mêmes, nous ne serions pas jugés de Dieu. I. Aux Corinth. 4. 11.

Je jugerai les justices, lorsque le tems sera venu. Ps. 74. 2.

Que ferai-je quand Dieu s’élevera pour me juger ? Job. 31.

P R I E R E.

O Jesus, vous me ferez rendre compte à l’heure de ma mort de toutes les fautes, de tout le bien ou le mal que j’aurai fait pendant ma vie, & vous me traiterez selon mes mérites & selon les œuvres de mes mains. Que ferai-je, que répondrai-je dans ce moment formidable, auquel je paroîtrai devant votre tribunal ? De mille accusations, il n’y en aura pas une sur quoi je puisse vous répondre. Faites, ô mon Dieu, que je me prépare à ce jugement de Jesus-Christ votre Fils, & qu’en renonçant à l’impiété & aux passions mondaines, je vive dans le siecle présent avec tempérance, avec justice, avec piété dans l’attente de son avenement ineffable pour me juger. Eccli. II. Jerem. 25. Job. 5. S. Paul à Tit. 2.

Santifiez-moi, ô Dieu de paix, & me rendez parfait en toutes choses, afin que tout ce qui est en moi, mon esprit, mon ame, & mon corps, se conservent purs & sans tache pour le jour duquel Jesus-Christ viendra pour me juger. L. 1. aux Thess. 5. 23.

XXVII INSTRUCTION.
Du Jugement général.

D. Qu’est-ce que le Jugement général ?

R. C’est celui qui se fera à la fin du monde.

D. Que dit l’Ecriture du jugement dernier ?

R. Le jour du Seigneur est grand & terrible, il n’y en a jamais eu, & il n’y en aura jamais de semblable dans tous les siecles : Et qui en pourra soutenir l’éclat. Joël. 2. 11.

Ce sera un jour de colere, un jour de tristesse & de serrement de cœur, un jour d’affliction & de misere, un jour de ténèbres & d’obscurité, un jour de nuages & de tempêtes. Soph. 1. 15.

Voici le jour du Seigneur qui va venir, ce jour cruel, plein d’indignation, de colere, & de fureur, pour rendre la terre déserte & pour réduire en poudre tous les méchans. Isaie 13. 9.

Il y aura des signes dans le soleil, dans la lune & dans les étoiles.... Le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière, les étoiles tomberont du ciel, & les Puissances des cieux seront ébranlées. Luc. 25. Matth. 24.

La mer fera un bruit effroyable par l’agitation de ses flots. Luc. 21. 26.

Toute la terre sera dévorée par le feu de ma colere & de ma vengeance. Soph. 3.

En un moment, en un clin d’œil, au son de la derniere trompette, car la trompette sonnera.

Elle fera entendre, dit saint Jerôme. ces terribles paroles. Levez-vous, morts, venez au jugement de Dieu. Et pour lors les morts ressusciteront incorruptibles ; & nous serons changés 1. Aux Corinth. 15, 52.

J’assemblerai tous les peuples, & je les amenerai dans la valée de Josaphat, où j’entrerai en jugement avec eux. Joël. 3.2.

Nous devons tous paroître devant le tribunal de Jesus-Christ, afin que chacun reçoive la récompense du bien ou du mal qu’il aura fait, pendant qu’il étoit revêtu de son corps. 2. Aux Corinth. 5.

Alors le signe du Fils de l’homme paroîtra dans le ciel, & tous les peuples de la terre déploreront leur misere, ils verront le Fils de l’homme qui viendra sur les nuées avec une grande puissance & une grande majesté. Math. 24. 30.

Il descendra du ciel avec les Anges, qui sont les ministres de sa puissance, & au milieu des flammes. 2. Thess. 1. 7.

Le Fils de l’homme sera assis sur le trône de sa gloire, & toutes les nations de la terre étant assemblées devant lui, il separera les hommes les uns des autres, comme un berger separe les brebis d’avec les boucs, & il mettra les brebis à sa main droite, & les boucs à sa gauche. Math. 25. 31.

A la fin des siecles les Anges viendront & sépareront les méchans du milieu des justes. Math. 13.

Le Seigneur fera paroître ce qui est caché dans les ténèbres, & découvrira les pensées des cœurs, 1. Aux Corinth. 5.

Leur propre conscience tiendra lieu de témoin à leur égard, & leurs reflexions les accusant ou les défendant alternativement les unes contre les antres. Aux Rom. 2, 15.

Dieu s’élevera, enfin il rendra à chacun la récompense qu’il aura méritée, & il précipitera les méchans jusqu’au fond de la terre. Eccli. 17. 19.

Alors il dira à ceux qui seront à sa droite : Venez vous qui êtes bénis de mon pere, possedez le royaume qui vous à été préparé dès le commencement du monde ; car j’ai eu faim, & vous m’avez donné à manger ; J’ai eu soif, & vous m’avez donné à boire : J’ai eu besoin de logement, & vous m’avez logé : J’ai été sans habits, & vous m’avez revêtu : J’ai été malade, & vous m’avez visité : J’ai été en prison, & vous êtes venu me voir. Math. 25. 34.

Alors il dira aux méchans qui seront à sa gauche : Retirez-vous de moi, maudits, & allez au feu éternel qui a été préparé pour le Démon & pour ses Anges : car j’ai eu faim, & vous ne m’avez pas donné à manger : J’ai eu soif, & vous ne m’avez pas donné à boire : J’ai eu besoin de logement, & vous ne m’avez pas logé : J’ai été sans habits, & vous ne m’avez pas revêtu : J’ai été malade & en prison, & vous ne m’avez pas visité. Math. 25. 41.

Alors les méchans iront dans le supplice éternel, & les justes dans la vie éternelle. Math. 25. 47.

PRIERE.

O Jesus, je paroitrai à la fin du monde devant votre tribunal, pour entendre le dernier arrêt que vous prononcerez, contre moi, ou en ma faveur, & ensuite j’irai dans la maison de mon éternité. Mais de quelle éternité ou bienheureuse ou malheureuse ? je n’en sçai rien. O étrange incertitude ! J’espere que vous me donnerez entrée dans la bienheureuse, & que vous mettrez par-là le comble à vos misericordes à mon égard. C’est la grace que je vous demande, & celle de prendre le chemin étroit qui conduit à ce bonheur, & d’y marcher jusqu’au dernier soupir de ma vie, pour pouvoir enfin y arriver. Ainsi soit-il.

XXVIII INSTRUCTION.
De l’Enfer.

D. Qu’est-ce que l’Enfer ?

R. C’est un lieu horrible, où étant privé pour jamais de la vûe & de l’amour de Dieu, on souffre dans le feu des tourmens éternels.

D. Que dit l’Ecriture de l’enfer ?

R. C’est un grand lac rempli de la colere de Dieu, & un étang de feu. Apoc. 14. 20.

C’est cette terre de miseres & de ténèbres, où habite l’ombre de la mort, où tout est sans ordre & dans une éternelle horreur. Job. 10.

Le partage des pecheurs sera l’étang brûlant de feu & de souphre. Apoc. 21. 8.

Ils seront tourmentés jour & nuit dans les siecles des siecles. Apoc. 20. 1O.

Les douleurs les accableront de toutes parts. Job. 20.

Le feu les dévorera. Ps. 20.

Ils boiront de la main du Seigneur le calice de sa colere. Isaie 24.

Craignez celui qui peut précipiter dans l’enfer & l’ame & le corps. Math. 3. 10.

Les enfans du royaume seront jettés dehors, dans les ténèbres ; c’est-là que l’on pleurera, & que l’on grincera les dents. Math. 8.

Ils encourront la peine d’une mort éternelle. 2. Aux Thess. 1.

Ils furent jettés dans l’étang de feu brûlant : leur partage fut dans l’étang du feu. Apoc. 20.

Un grand amas de feu & de bois doit servir de nourriture à l’enfer, & le soufle du Seigneur est comme un torrent de souphre qui l’embrase & qui l’allume. Isa. 31. 33.

Multipliez ses douleurs & ses supplices à proportion qu’elle s’est plongée dans les délices. Apoc. 18.

Le ver qui les ronge dans l’enfer, ne meurt point. Marc. 9. 43.

Ce feu brûle éternellement, & ne s’éteint jamais. La même 45.

Qui de vous pourra demeurer dans un feu dévorant ? Qui d’entre vous pourra subsister dans des flammes éternelles ? Isaie 51.

PRIERE.

O Dieu, ne perdez, pas mon ame avec celle des méchans, ni ma vie avec celle des hommes de sang. Ps. 25. Mon Dieu, ne me précipitez pas dans le puits de l’abîme. Ps. 54. & 27. Prenez-moi pour vous, mon Dieu, & délivrez-moi de la puissance de l’enfer ; empêchez-moi d’y tomber. Ps. 48. Si vous ne m’aviez secouru, Seigneur, mon ame seroit tombée dans l’enfer. Ps. 93.

XXIX INSTRUCTION.
Du Paradis.

D. Qu’est-ce que le Paradis ?

R. C’est un lieu de délices, où en voyant Dieu comme il est, & en l’aimant parfaitement, on jouït d’un bonheur éternel.

D. Que dit l’Ecriture du Paradis ?

R. L’œil n’a point vû, l’oreille n’a point entendu, & le cœur de l’homme n’a jamais conçu les biens que Dieu a préparés pour ceux qui l’aiment. 1 Aux Corinth. 2. 9.

Dieu y est tout en tous. Là même 15. 28.

Le Seigneur en bannira la mort pour toujours. Isaie 25. 7.

On y verra partout la joie & l’allegresse, & on y entendra les actions de graces & les Cantiques de louanges. Isaïe 51. 3.

Nous verrons Dieu face à face. 1. Aux Corinth. 13. 12.

Ils seront dans la joye & dans le ravissement. Isaïe 51. 11.

Et qui pourra se rassasier, en voyant sa gloire ? Eccli 42. 26.

Il n’y entrera rien de souillé ni aucun de ceux qui commettent l’abomination ou le mensonge ; mais ceux-là seulement y entreront qui sont écrits dans le Livre de vie de l’Agneau. Apoc. 21. 27.

Qui montera sur la montagne du Seigneur, ou qui demeurera dans son sanctuaire ? Ce sera celui dont la conduite est innocente & irreprochable, & dont le cœur est pur. Ps. 23. 3.

Ne nous lassons point de faire le bien, puisque si nous ne perdons point courage, nous en recueillerons le fruit en son tems. Aux Galat. 6. 9.

Celui qui sera victorieux, possedera ces choses, & je serai son Dieu, & il sera mon fils. Apoc. 21. 7.

La source de la vie est en vous, ô Seigneur, & nous verrons la lumière dans votre lumière, vous me rassasierez de joie par la vûe de votre visage. Ps. 35. 15.

Je n’ai demandé au Seigneur qu’une chose, & je la chercherai sans relâche ; c’est de demeurer dans la maison du Seigneur tous les jours de ma vie. Ps. 26. 7.

PRIERE.

O Dieu des vertus, que vos tabernacles sont beaux ! Qu’'ils sont riches, qu’ils sont aimables ! Mon ame languit du desir d’entrer dans votre sacré palais, & de vous y louer dans la compagnie des Anges. O qu’heureux sont ceux qui habitent en votre maison ! Ils y chanteront vos louanges dans les siecles des siecles, ils vous y verront face à face, & vous y aimeront éternellement. J’espere jouïr un jour de ces biens du Seigneur, si ma vie est sans tache, & si j’accomplis toute justice ; c’est ce que je suis résolu de faire avec le secours de votre grace, que je vous demande par Jesus-Christ votre Fils.

XXX INSTRUCTION.

Second Moyen particulier de mener une vie vraiment chrétienne.

L’exercice de la présence de Dieu

. D. Quel est le second moyen particulier de mener une vie vraiment chrétienne ?

R. L’exercice de la présence de Dieu.

D. Qu’est-ce que le saint Esprit dit dans l’Ecriture de cet exercice ?

R. Marchez en ma présence, & soyez parfait. Gen. 15.

Soyez toujours en la présence du Seigneur, 1. liv. des Rois 10.

J’ai gardé, Seigneur, tous vos commandemens, parce que toutes mes voies sont en votre présence. Ps. 118.

J’avois toujours Dieu présent devant mes yeux : car il est toujours près de moi, afin que je ne sois point ébranlé. Ps. 15.

Le pecheur n’a point la présence de Dieu, c’est pourquoi toutes ses voies sont souillées & criminelles en tout tems. Ps. 10.

L’iniquité de la maison d’israël est extrême, parce qu’ils ont dit en eux-mêmes, Dieu ne nous voit point. Ezech. 9.

Dieu regarde attentivement les voies de l’homme, & il considere toutes ses démarches. Prov. 5.

En tout lieu les yeux du Seigneur considerent les bons & les mechans. Prov. 15.

Noé fut un homme juste & parfait au milieu des hommes de son tems : il marcha avec Dieu ; C’est- à-dire, devant Dieu, & en sa présence. Genes. 6. 9.

Saint Paul dit que Moïse eut toujours Dieu présent, comme s’il l’eût vû de ses yeux. Aux Hebr. 11.

Elie assure de lui-même avec serment, que non seulement il étoit en la présence du Seigneur, Dieu d’Israël, mais qu’il y demeuroit stable & constant. 3. des Rois, 17.

Ayez Dieu dans l’esprit tous les jours de votre vie. Tob. 4. 6.

PRIERE.

Faites, 0 mon Dieu, qu’à l’exemple des Saints je marche toujours en votre divine présence, & que par la pratique de ce saint exercice, je ne fasse rien qui puisse vous déplaire, & que je m’anime à vous rendre le service que vous demandez de moi, avec tout le zele dont je suis capable.

XXXI INSTRUCTION.

III Moyen particulier de mener une vie vraiment chrétienne.

L'exercice de la priere.

D. Qu’est-ce que l’Ecriture sainte dit de la priere ?

R. Il faut toujours prier, & ne se lasser point de le faire. Luc. 18.

Demandez & on vous donnera, cherchez & vous trouverez, frappez & on vous ouvrira. Math. 7.

Je vous dis, demandez, & il vous sera donné : car quiconque demande, reçoit. Luc. 11.

Que rien ne vous empêche de prier toujours. Eccli. 18.

Veillez & priez, afin que vous n’entriez point en tentation. Math. 26.

Veillez & perseverez dans la priere. Aux Coloss. 4.

Priez sans cesse. 1. Aux Thess. 5.

Si quelqu’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous liberalement, sans reprocher ce qu’il donne. Jacques. 1.

Soyez prudens & vigilans dans la priere. 1. Pier. 4.

Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai. S. Jean. 14.

En vérité, en vérité je vous le dis, tout ce que vous demanderez à mon Pere en mon nom, il vous le donnera. S. Jean. 16.

Quoi que ce soit que vous demandiez dans la priere, croïez que vous l’obtiendrez. Math. 2.

Je prierai d’esprit, & je prierai aussi avec intelligence. 1. Corinth. 14.

Vous demandez & vous ne recevez point, parce que vous demandez mal. Jacques 4.

Avant que de faire la priere, préparez votre ame, & ne soyez point comme un homme qui tente Dieu. Eccli. 18.

Si j’ai vu & reconnu de l’iniquité dans mon cœur, le Seigneur ne m’exaucera point. Ps. 65.

Les yeux du Seigneur sont ouverts sur les justes, & ses oreilles attentives à leurs prieres. Ps. 33.

Dieu a regardé de bon œil la priere des personnes humbles, & n’a point méprisé leur priere. Ps. 101.

Seigneur, je vous adresserai ma priere, & vous écouterez ma voix au matin. Ps. 5.

PRIERE.

Seigneur, apprenez-moi à prier, & repandez, sur moi un esprit de grace & de prieres, afin que mon Oraison s’éleve vers vous, & votre grace descende vers moi, pour éclairer mon esprit de vos divines lumières, pour embraser mon cœur du feu de votre saint amour, & pour sanctifier ma vie, & regler ma conduite selon votre Loi, & dans l’obéïssance à vos commandemens.



XXXII INSTRUCTION.

IV Moyen particulier de mener une vie vraiment chrétienne.

La parole de Dieu entendue, lue,
& meditée.

D. Quel est le quatriéme moyen particulier de mener une vie vraiment chrétienne ?

R. C’est la parole de Dieu entendue, méditée, lue dans les livres de piété, & dans la sainte Bible sous la direction de ses supérieurs.

D. Comment le Saint Esprit s’exprime-t-il au sujet de la parole de Dieu ?

R. Celui qui est de Dieu, entend les paroles de Dieu ; c’est pour cela que vous ne les entendez point, parce que vous n’êtes point de Dieu. Jesus-Christ dans S. Jean. 8.

Recevez avec douceur & docilité la parole qui a été entée en vous, & qui peut sauver vos ames. S. Jacques. 1.

Gravez ces paroles que je vous dis dans vos cœurs & dans vos esprits, tenez-les attachées à vos mains, & présentez-les à vos yeux, pour vous en souvenir. Deut. 11.

Votre parole est une lampe qui éclaire mes pas, & une lumière qui me fait voir les sentiers par où je dois marcher..... & donne de l’intelligence aux petits. Ps. 118.

Votre parole est extrêmement ardente, & embrase les cœurs. Ps. 118.

Toute parole de Dieu est toute de feu, c’est un bouclier pour ceux qui esperent en lui. Prov. 30. 5.

Si vous entendez aujourd’hui la voix du Seigneur, gardez-vous bien d’endurcir vos cœurs. Ps. 94.

Ma parole qui sort de ma bouche, ne retournera point à moi sans fruit. Isaïe. 55.

Des enfans qui ne veulent point écouter la parole de Dieu. Isaïe. 30.

Ils se sont endurcis pour ne point entendre ma parole. Jeremie, 19.

Ma parole ne trouve point de place en vous. S. Jean, 8.

Ils n’ont que du mépris pour la parole du Seigneur, & ils ne la peuvent entendre. Jeremie, 6.

Mes paroles ne sont-elles pas comme du feu, & comme un marteau qui brise la pierre ? Jeremie, 23.

Votre parole est devenue la joie & les délices de mon cœur. Jeremie, 15.

Ce n’est pas vous qui parlez ; mais c’est l’esprit de votre pere qui parle en vous. S. Math. 10.

L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. Saint Math. 4.

Marie conservoit toutes ces paroles en elle-même, les repassant dans son cœur. S. Luc, 2.

Heureux sont ceux qui entendent la parole de Dieu, & qui la pratiquent. S. Luc, 11.

La parole de Dieu est une semence. S. Luc, 8.

Ceux qui écoutent la Loi, ne seront pas pour cela justes devant Dieu, mais ceux qui gardent, & qui pratiquent la Loi seront justifiés. Aux Rom. 2, 3.

L’Evangile est la force & la vertu de Dieu pour sauver ceux qui croient. La même 1.

La parole de Dieu est vive & efficace, & elle perce plus qu’une épée à deux tranchans ; elle entre & pénetre jusques dans les replis de l’ame & de l’esprit, & elle discerne les pensées de l’esprit & les mouvemens du cœur. Aux Hebr. 4. 12.

Ayez soin d’observer cette parole, & ne vous contentez pas de l’écouter, en vous séduisant vous-mêmes. S. Jacques, 1.

Celui qui me rejette, & qui ne reçoit point mes paroles, a un juge qui doit le juger ; ce sera la parole même que j’ai annoncée qui le jugera au dernier jour. S. Jean. 12.

Si je n’avois fait ma méditation de votre Loi, j’aurois peut-être péri dans mon humiliation. Ps. 118, 92.

Mon ame attend tout son bien de la parole du Seigneur. Ps. 129.



XXXIII INSTRUCTION.
Des dispositions qu’il faut apporter
pour entendre, méditer & lire
la parole de Dieu.

D. Quelles dispositions faut-il apporter pour entendre, méditer & lire avec fruit la parole de Dieu ?

R. Il y en a trois principales.

D. Quelle est la première ?

R. Le respect que l’esprit de religion doit inspirer envers Dieu, qui tout grand & tout saint qu’il est, ne dédaigne point de parler à l’homme, qui n’est que poussiere & qu’impureté.

D. Quelle est la seconde ?

R. L’humilité, la docilité, & une sainte faim de ce pain céleste qui forme les justes, les nourrit, & les fortifie.

D. Quelle est la troisiéme ?

R. L’attention de l’esprit appliqué à connoître la vérité & la volonté de Dieu avec un desir sincere de la mettre en pratique.

D. Pouvons-nous de nous-mêmes nous mettre dans ces dispositions si nécessaires pour profiter de la parole de Dieu ?

R. Il faut les demander à Dieu par quelque courte & fervente priere avant que d’entendre, de méditer ou de lire sa divine parole.

D. Quelle priere peut-on faire pour cela ?

R. On peut lui dire avec le Roi Prophète.

Soyez à jamais béni, ô mon Dieu, de ce que vous voulez bien m’instruire de la justice de vos ordonnances : ôtez le voile qui est sur mes yeux, & rendez mon esprit attentif, & mon cœur humble & docile, & donnez-moi l’intelligence, afin que je puisse considerer les merveilles qui sont renfermées dans votre divine parole que je vais entendre ou méditer, ou lire. Ouvrez mon cœur afin que je fasse attention à ce que vous allez me dire. Faites, Seigneur, que j’apprenne à vous connoître, à vous craindre, à vous aimer, & à faire en toutes choses votre adorable volonté.

D. Que faut-il observer en entendant, ou en méditant, ou en lisant la parole de Dieu ?

R. Il faut tenir son esprit & son cœur élevés vers le Maître celeste qui instruit, invoquer de tems en tems sa lumière & sa grace, rentrer en soi-même pour s’appliquer ce qu’on entend, ou ce qu’on médite, ou ce qu’on lit.

D. Comment peut-on se faire l’application des vérités renfermées dans la parole de Dieu ?

R. En examinant, par exemple, si on a la vertu qui est recommandée, si on n’est point coupable des pechés qui sont condamnés.

D. Quels doivent être alors les sentimens de notre cœur ?

R. Des sentimens de reconnoissance envers Dieu l’auteur de tout bien, si nous avons été fidèles à nos devoirs ; & de douleur & d’humiliation dans la vue de nos infidelités & de nos foiblesses.

D. Suffit-il d’avoir fait ces reflexions, & d’avoir conçu ces sentimens ?

R. Non, il faut encore prendre une ferme résolution de nous corriger, de faire de dignes fruits de pénitence, & de pratiquer les vérités que notre Pere céleste a bien voulu nous apprendre lui-même.

D. Que reste-t-il à faire après avoir pris ces résolutions ?

R. Il faut remercier Dieu de ses divines instructions, & prier le Saint Esprit de les graver, & de les imprimer profondément dans notre esprit & dans notre cœur, & de nous les faire pratiquer par sa grace.

D. Quelle priere peut-on faire pour cela ?

R. On peut faire celle-ci ou une semblable.

Je vous remercie, ô mon Dieu, de m’avoir fait connoître votre volonté, & appris les vérités de la Religion & de mes devoirs. Faites, Seigneur, que j’accomplisse votre volonté, que ces vérités restent gravées dans mon cœur. Faites-moi aimer mes devoirs, & donnez-moi la grace de les remplir avec fidelité, afin que je puisse par votre misericorde, obtenir un jour la vie éternelle. Ainsi soit-il.

XXXIV INSTRUCTION.
V Moyen particulier
De mener une vie vraiment chrétienne.
Produire en esprit & en vérité les
Actes des vertus Chrétiennes.

D. Quel est le cinquième moyen de mener une vie vraiment chrétienne ?

R. Produire en esprit & en verité les actes des vertus Chrétiennes, qui sont comme l’ame de la vie Chrétienne.

D. De quoi faut-il se donner de garde en produisant les actes des vertus Chrétiennes ?

R. De ne pas s’en tenir à la lettre de ces actes, c’est-à-dire, de ne pas se contenter d’en sçavoir par mémoire les formules, de les reciter, ou de les lire.

D. Que faut-il observer pour bien produire ces actes ?

R. Il faut les produire en esprit & en vérité, comme Jesus-Christ dit qu’il faut adorer son Pere.

D. Qu’est-ce que produire les actes des vertus Chrétiennes en esprit & en vérité ?

R. C’est avec le secours de la grace faire entrer son cœur dans l’esprit qui doit animer, & dans la vérité qui doit accompagner ces actes, dont les formules n’expriment que la lettre.

D. Dites-nous ce que les actes des vertus Chrétiennes ne sont point en effet, & ce qu’ils sont en vérité.

R. Je dis qu’ils ne sont point des paroles de la bouche, ni des pensées de l’esprit, ni des productions de l’imagination : mais qu’ils sont des mouvemens & des sentimens surnaturels du cœur.

D. Qu’entendez-vous par des mouvemens & des sentimens surnaturels du cœur ?

R. J’entens des mouvemens & des sentimens excités dans le cœur par la grace, & animés de son esprit.

D. Quelle précaution faudroit-il prendre pour bien produire les actes des vertus Chrétiennes ?

R. Il faudroit que l’esprit étant éclairé par un motif surnaturel, le cœur excité par le mouvement de la grace, & après avoir prononcé avec une profonde attention chaque formule d’actes qu’on trouve dans les livres, ou qu’on sçait par mémoire, on fît une petite pause, pour produire cet acte intérieurement & dans le fond de son cœur.

D. Y a-t-il quelque illusion au sujet des actes des vertus Chrétiennes qu’on produit ?

R. Oui, il y en a une grande, qui est que l’on s’imagine qu’il suffit de les lire dans quelque livre ou de les reciter par mémoire pour se flatter de les avoir bien produits.

D. Qu’arrive-t-il de cette illusion ?

R. C’est qu’on se contente de lire & de reciter les formules des actes des vertus Chrétiennes, sans se mettre en peine avec le secours de la grace de faire entrer son cœur dans les sentimens qu’ils expriment.

D. Qu’est-il à propos de faire pour ne pas tomber dans cet abus ?

R. C’est de se demander de tems en tems à soi-même en produisant ces actes : Est-ce mon cœur qui parle, est-il d’intelligence avec mon esprit & ma langue ?

D. Que faudroit-il encore dire après avoir tâché de produire ces actes du plus profond de son cœur ?

R. Il faudroit quelquefois dire avec le Prophète : C’est mon cœur, ô mon Dieu, qui vous a parlé.

XXXV INSTRUCTION.
VI Moyen particulier.
De mener une vie vraiment chrétienne.
Entrer dans les sentimens de pénitence,
&c. exprimés dans les Actes
qu’on fait avant & après la Confession.

D. Quel est le sixiéme moyen particulier de mener une vie vraiment chrétienne ?

R. Entrer dans les sentimens de pénitence, &c. exprimés dans les actes qu’on fait avant & après la Confession.

D. Marquez les prières & les actes qu’il faut faire avant & après la Confession.

Priere avant l’Examen de Conscience.

O Mon Dieu, éclairez mes ténèbres. Faites-moi voir, Seigneur, mes crimes & mes offenses, afin que connoissant combien j’ai commis d’iniquités & de péchés, je puisse les confesser avec sincerité.

Pause.
Priere pour demander la contrition ses péchés.

Convertissez-moi, ô mon Dieu, & je me convertirai à vous ; donnez-moi l’esprit de pénitence ; formez en moi le regret d’avoir commis le péché, & la resolution de ne le plus commettre, &c.

Pause.
Actes qu’il faut faire avant la Confession.

Sentiment d’horreur du péché à la vûe de sa laideur & de sa difformité.

Qu’ai-je fait, ô mon Dieu, en commettant le péché ? Helas ! je me suis livré au démon ; j’ai fouillé mon ame. Je vous ai préféré, Seigneur, une miserable créature. Ah ! j’ai en horreur ce que j’ai fait, je vous en demande pardon. Aidez-moi, mon Dieu, à sortir d’un état si horrible & si honteux.

PAUSE
Détestation du peché à la vûe des
maux qu’il nous a causés.

O Dieu ! que m’est-il arrivé, quand par le plus grand de tous les malheurs j’ai commis le peché ? Helas ! je le reconnois à présent ; en donnant naissance dans mon cœur à ce monstre infernal, il m’a donné le coup de la mort, il m’a enlevé le trésor inestimable de la grace que je possedois. Ah ! je le déteste, cet ennemi de mon salut : je fuis resolu de le fuir désormais comme un serpent qui tue les ames des hommes.

PAUSE.
Sentiment de crainte à la vûe de la
Justice de Dieu.

Seigneur, que votre Justice est terrible ! qui ne vous craindra ? Je tremble quand je pense à la severité de vos jugemens, & aux châtimens épouvantables dont vous punissez les pécheurs impénitens. Comment pourrai-je soutenir la rigueur de votre justice ? Ah ! n’entrez point en jugement avec votre serviteur, mais faites-moi misericorde.

PAUSE.
Sentiment de douleur & de confiance
à la vûe de la Mort & de la Passion
de Jesus-Christ.

Voilà, ô mon aimable Sauveur, voilà où l’amour que vous avez eu pour moi vous a réduit : voilà, infortuné que je suis, voilà ce que j’ai renouvellé par mes pechés, en vous outrageant & en vous crucifiant de nouveau dans moi-même. Ah ! j’ai en horreur ces excès, je suis pénetré de douleur d’y être tombé : je vous en demande pardon, j’espere qu’étant mort pour mes péchés, vous les laverez dans votre Sang adorable.

PAUSE.
Acte de contrition à la vûe de la bonté
de Dieu.

Vous êtes mon Pere, ô mon Dieu, & vous avez toujours été à mon égard un Pere plein de misericorde ; cependant j’ai été assez ingrat pour vous offenser ; vous êtes la bonté même, j’ai été assez malheureux pour commettre le péché contre vous, & contre vous seul, & pour faire le mal en votre presence : ayez pitié de moi, mon Dieu, selon votre grande misericorde, & effacez mes péchés, selon la multitude de vos bontés ; lavez-moi de plus en plus de mes iniquités, & purifiez-moi de mes péchés, car je les reconnois. Ah ! j’ai un grand regret de vous avoir offensé, ô mon Dieu ,parce que vous êtes infiniment bon & infiniment aimable, & que le péché vous déplaît infiniment ; je fais une ferme resolution, moyennant votre sainte grace, de ne vous plus offenser, de faire pénitence, & de mieux vivre à l’avenir ; j’espere que vous me ferez misericorde, par les mérites de Jesus-Christ.

Acte d’amour de Dieu.

O Dieu, qui m’avez créé lorsque je n’étois qu’un pur néant ; ô Dieu, qui m’avez racheté lorsque j’étois esclave ; ô Dieu, qui m’avez aimé lorsque je vous offensois, qui m’avez sauvé lorsque j’étois perdu, qui m’avez cherché lorsque j’étois égaré, qui m’avez fait grace lorsque j’étois ingrat & rebelle ; que ferai-je pour reconnoître vos bontés, & pour vous marquer les sentimens de mon cœur ? L’amour est ce que vous demandez de moi, & que je souhaite ardemment de vous rendre pour celui que vous avez eu pour moi : oui, mon Dieu, je veux vous aimer, & j’ose avec le secours de votre grace vous assurer que je vous aime de tout mon cœur, de toute mon ame & de toutes mes forces. Mon peché jusqu’ici a été de ne vous point aimer assez, j’en gemis, & je vous en demande pardon. Mais pour l’avenir je suis resolu de vivre & de mourir dans votre saint amour. Accordez-moi cette grace, ô mon Dieu, je vous la demande par Jesus-Christ votre Fils, qui me l’a méritée.

Priere avant la Confession.

Soyez dans ma bouche & dans mon cœur, Seigneur, afin que je fasse une confession sincere & entière de tous mes pechés. Soyez aussi dans le cœur & dans la bouche de votre Ministre, a qui je vais m’adresser, afin que rempli de votre Esprit, qui est un Esprit de lumiere, de sagesse & de charité, il connoisse mon état, & m’aprenne ce que je dois faire pour en sortir, qu’il m’applique le Sang de Jesus-Christ votre Fils, pour laver mes pechés & pour guérir mes plaies. Faites que je sois docile aux avis qu’il me donnera, que je ne resiste point à la vérité qu’il me fera connoître, que je sois prêt à subir son jugement, & que je desire qu’il me traite selon vos regles, & qu’il ne m’épargne point ici, afin que vous m’épargniez dans l’éternité. Faites que je n’aie point de honte de confesser mes offenses, & que je ne craigne rien tant que de demeurer dans les liens du péché. Donnez-moi la grace de déclarer toutes mes fautes, & d’en découvrir toute l’énormité. Empêchez que l’orgueil, la mauvaise honte & le démon muet dont il est parlé dans l’Evangile, ne me lient la langue. Oui, je déclarerai au Seigneur & je confesserai contre moi-même mon injustice. Donnez-moi l’humilité, la douleur & le ferme propos nécessaires pour recevoir la remission de mes péchés.

PAUSE.
Priere après la Confession.

Vous m’avez fait misericorde, ô mon Dieu, vous avez brisé mes chaînes en me pardonnant mes pechés : que vous rendrai-je pour cette grace ineffable ? Vous le voulez, ô mon Dieu, avec justice, que je fasse penitence de mes péchés : je veux vous offrir tous les jours de ma vie le sacrifice d’un cœur contrit & humilié ; & j’accepte dès à present en esprit de penitence les peines, les afflictions, & les croix qu’il vous plaira de m’envoyer : je vous les offre avec ce qui m’a été ordonné dans le Tribunal de la penitence, & tout ce que je pourrai faire de bien par votre grace, desirant de tout mon cœur de satisfaire à votre Justice par de dignes fruits de penitence, &c.

Vous avez commencé, ô mon Dieu, l’ouvrage de mon salut, achevez-le ; faites que je veille sur moi-même, que je prévoie, & que j’évite toutes les occasions du péché, surtout.....

PAUSE.

Donnez-moi la grâce de resister aux tentations du démon, du monde & de la chair ; donnez-moi la force de mortifier mes passions, & en particulier celle de..... Ne permettez pas, Seigneur, que je retombe davantage dans les fautes dont je viens de vous demander pardon ; donnez moi l’esprit de penitence dans lequel je veux vivre & mourir ; donnez-moi votre crainte, & par dessus tout, votre saint amour, & la perseverance dans votre grace. O mon Dieu, aidez-moi, soutenez-moi, conduisez mes pas dans la voie de vos commandemens, affermissez-moi dans vos sentiers, afin que je n’y chancelle point : & que votre puissance, Seigneur, me remplisse de force, de courage & de zele, afin de confirmer & de rendre ferme ce que vous avez opéré en moi.

PAUSE.
XXXVI INSTRUCTION.
VII Moyen particulier
De mener une vie vraiment chrétienne.
Produire avec beaucoup de ferveur
les Actes qu’on fait avant & après
la sainte Communion.

D. Quel est le septiéme moyen de mener une vie vraiment chrétienne ?

R. Produire avec beaucoup de ferveur les Actes qu’on doit faire avant & après la sainte Communion.

D. Marquez ces Actes ?

Acte d’Offrande de la sainte Communion à Dieu.

Je vous offre, ô mon Dieu, la Communion que je vais faire. Mon dessein est de vous glorifier par cette action, de vous remercier de vos bienfaits, de m’unir intimement à Jesus-Christ votre Fils ; c’est pour me fortifier tellement dans la vie de la grace, que je puisse vous rendre le service que vous demandez de moi dans mon état ; c’est, ô mon Dieu, pour obtenir de votre misericorde la correction entière du vice ... auquel j’ai été sujet, la victoire parfaite de la passion.... dont j’ai été esclave, l’acquisition de la vertu.... dont j’ai grand besoin, &c.

PAUSE
Actes qu’il faut faire avant la sainte Communion.
Acte de Foi.

Je croi, Seigneur, suppléez par votre bonté à ce qui manque à ma foi. Oui, mon Sauveur, je croi que vous êtes au saint Sacrement de l’Autel, & que je vais recevoir votre Corps, votre Sang, votre Ame & votre Divinité. Je le croi, mon Dieu, parce que vous l’avez ainsi révélé à votre Eglise, & je m’estimerois heureux de répandre mon sang pour cette vérité.

PAUSE.
Acte d’Humilité.

Qui êtes-vous, mon Seigneur Jesus, & qui suis-je, pour oser m’approcher de vous ? Je suis pecheur, & vous êtes le Saint des Saints. Qu’allez-vous faire en vous donnant à moi ? Et que vais-je faire en vous recevant ? Je tremble à la vûe de votre Majesté & de ma bassesse extrême, & je reconnois que je suis très-indigne de vous recevoir. Seigneur, je ne mérite point que vous entriez chez moi, dites seulement une parole, & mon ame sera guérie de toutes ses miseres.

Pause.
Acte de Contrition.

Je ne puis oublier, ô mon Dieu, la multitude & l’énormité des pechés de ma vie passée, je vous en demande encore pardon ; je les déteste de nouveau de tout mon cœur, parce qu’ils vous ont déplû, je suis resolu de ne plus les commettre. Pardonnez-moi par les mérites de Jesus-Christ.

Pause.
Acte de Confiance.

Vous le voulez, Seigneur, vous me le commandez, vous m’invitez à aller à vous. Vous me menacez même que si je ne mange vote Chair & si je ne bois votre Sang, je n’aurai point la vie en moi. Je le ferai donc, puisque vous me l’ordonnez.

PAUSE.
Acte de Desir.

Venez, ô mon Sauveur Jesus, venez en mon ame pour éclairer mon esprit de vos divines lumières, & pour embraser mon cœur du feu de votre divin amour, & le combler de vos biens & de vos graces. Entrez dans mon corps pour le santifier. Quand est-ce que je serai uni & transformé en vous ? Venez, Seigneur Jesus, & ne tardez pas davantage. Venez prendre possession de mon cœur, & y établir pour jamais votre demeure. Mon cœur & ma chair tombent en défaillance dans l’ardeur que j’ai de vous recevoir. Vous êtes mon esperance, ma vie, mon salut, ma consolation & tout mon bien. Je ne puis vivre sans vous. Venez donc, le bien-aimé de mon ame ; venez, & tous mes desirs seront satisfaits.

PAUSE.
Priere à la sainte Vierge.

Vous avez intérêt, Vierge sainte, que votre Fils ne soit pas reçû indignement par ceux à qui il se donne avec tant de bonté ; c’est pour cela même que je m’adresse à vous, pour obtenir de lui toutes les dispositions nécessaires à une bonne Communion, pureté de conscience & d’intention, dévotion solide, foi vive, humilité profonde, crainte filiale, desir ardent, charité affectueuse ; que toutes ces dispositions se trouvent à present dans mon ame. Si j’approche si souvent de la sainte Table, que ce soit toujours, & surtout aujourd’hui, avec des sentimens d’une nouvelle ferveur.

Actes qu’il faut faire après la sainte Communion.
Priere à Jesus-Christ après l’avoir reçû.

Parlez, Seigneur, car votre serviteur ou votre servante vous écoute : vous avez les paroles de la vie éternelle.

PAUSE.

Après avoir écouté en silence & avec respect les avis salutaires qu’il donne & les reproches charitables qu’il fait, il faut prendre la liberté de lui parler par les Actes suivans.

Acte d’adoration.

C’est donc à présent, ô mon Sauveur Jesus, que je vous possede ; prosterné devant vous, je vous reconnois pour mon Seigneur & mon Dieu ; je vous adore ; je vous fais hommage de mon être & de ma vie ; je me soumets à votre conduite, & je me dévoue pour jamais à votre service.

PAUSE.
Acte de Remerciment.

Que vous rendrai-je, Seigneur, pour la grâce ineffable que vous venez de me faire, en vous donnant à moi d’une maniere si admirable ? Je vous en remercie de tout mon cœur. Je prie tous les Anges, & tous les Saints de vous en louer & bénir pour moi.

PAUSE.
Acte d’Amour.

J’ai cherché celui que mon ame aime, je l’ai trouvé ; mon bien-aimé est à moi & je suis à lui. C’est vous, ô mon aimable Sauveur, que je viens de recevoir, qui m’aimez, & qui voulez être à moi ; je veux aussi vous aimer, & être tout à vous. Vous êtes dans mon cœur ; demeurez-y, Seigneur. Que ce ne soit plus moi qui vive, mais vous en moi. Que ce soit vous qui me fassiez penser, parler, & agir. J’ai le bonheur d’être dans votre cœur, faites que j’y reste toute ma vie, & que rien ne puisse m’en faire sortir. J’ose vous le dire, ô mon divin Jesus, qu’avec le secours de votre grace, rien ne sera capable de vous bannir de mon cœur, ni de me faire oublier l’amour que je vous dois. La charité sera désormais le principe & la fin de mes actions, & l’ame de ma conduite. Je marcherai dans l’amour. Oui, je vous aimerai, Seigneur Jesus, vous qui êtes ma force, mon ferme appui, mon refuge & mon libérateur ; & aidé de votre grace je vous donnerai des marques de cet amour, en observant avec fidelité vos saints commandemens. Ne permettez pas, ô mon Sauveur, que j’en viole jamais un seul par un peché mortel. Ah ! que je perde plutôt la vie que votre amour : faites que je cesse plutôt de vivre, que de cesser de vous aimer. J’espere de votre bonté la grace de vous aimer dans le tems, & le bonheur de vous aimer dans l’éternité.

PAUSE.
Acte d’Offrande.

Puisque vous vous êtes donné tout à moi, ô mon Divin Jesus, il est bien juste que je me donne tout à vous. J’ai le bonheur de vous posseder, possedez-moi réciproquement. Vous êtes tout à moi, je veux aussi être tout à vous. Je vous consacre tout ce que je suis, tout ce que je puis, & tout ce que je possede, pour être consacré à votre gloire, & employé à mon salut ; c’est à ce terme que je veux rapporter l’usage que je ferai de toutes les puissances de mon ame, & de tous les sens de mon corps.

PAUSE.
Acte de Demande.

Vous connoissez, ô mon Jesus, mes besoins & le fond de mon extrême misere : pourriez-vous me refuser quelque chose en vous donnant vous-même à moi ? Operez donc en moi les effets de salut & de grace pour lesquels vous y êtes venu ; accomplissez-y tous vos desseins ; vivez & regnez dans mon cœur.

PAUSE.

Augmentez en moi, la Foi, I’Esperance & la Charité. Faites, Seigneur, que j’aime & que je pratique ce que vous me commandez, & que je desire ce que vous me promettez.

PAUSE.

Affermissez la resolution que j’ai prise de vous servir désormais, & de travailler à mon salut.

PAUSE.

Conservez en moi le précieux trésor de votre grace ; préservez-moi du peché, éloignez de moi les occasions qui pourroient m’y faire tomber.

PAUSE.

Fortifiez-moi contre la violence de mes passions & contre les tentations du monde, du démon & de la chair. Rendez-moi victorieux de ces ennemis de votre gloire & de mon salut.

PAUSE.

Donnez-moi ce qui m’est nécessaire pour l’ame & pour le corps, pour cette vie & pour l’autre. Faites surtout que je meure de la mort des Justes : mettez par-là le comble à vos graces & à vos misericordes.

PAUSE.

Je vous fais la même demande pour ceux pour lesquels je suis obligé de prier, & en particulier pour mes parens, mes amis & ennemis, mes superieurs & mes bienfaiteurs, &c.

PAUSE.

Enfin s’adresser encore à Jesus-Christ, & lui demander avec saint Paul : Seigneur, que voulez-vous que je fasse ? Que demandez-vous de moi ?

P A U S E.
Après avoir reconnu la volonté

de Jesus-Christ, lui parler en cette maniere.

Ah ! je reconnois à present, ô mon Dieu, ce que vous demandez de moi ; vous voulez que j’évite avec soin le peché... auquel j’ai été sujet, que je mortifie la passion ... dont j’ai été esclave, que je resiste à la tentation de .... dont je suis si cruellement tourmenté. Vous demandez de moi plus d’assiduité & plus d’affection à mon travail, plus d’application & de fidelité à remplir mes devoirs, plus d’attention & de dévotion dans mes exercices de piété, plus de respect & de modestie dans les Eglises, plus de retenue dans mes entretiens, plus d’obéïssance à mon pere & à ma mere, à mes superieurs spirituels & temporels. Achevez, mon Dieu, ce que vous avez commencé en moi ; fortifiez ma foiblesse : Oui, je suis resolu, avec le secours de votre grace, d’executer ce que vous m’avez inspiré. Oui, je veillerai avec plus de soin sur ma conduite pour ne plus vous offenser, pour reparer mes pechés passés, en pratiquant les vertus qui y sont contraires, & pour faire le bien que vous demandez de moi. Je fuirai ces compagnies qui ont été si fatales à mon innocence. Je serai plus assidu & plus attentif à la priere, plus exact à rentrer tous les jours en moi-même, & à examiner ma conscience. Enfin je ferai un meilleur usage du tems, & je m’acquitterai mieux de mon emploi. Je me soumets de tout mon cœur à votre sainte volonté. J’accepte tout ce qu’il vous plaira de m’envoyer : je ne demande ni la vie, ni la mort, ni la maladie, ni la santé, ni la pauvreté, ni les richesses, mais que votre volonté, ô mon Dieu, soit toujours accomplie en moi.

PRIERE
Pour demander à Dieu la grace de
bien faire sa première Communion.

C’est un grand ouvrage que j’entreprens, ô mon Dieu, quand je pense à préparer une demeure en moi à Jesus-Christ votre Fils dans la première Communion que je dois faire. J’ai besoin que votre grace me prévienne & m’accompagne dans les précautions que je dois prendre pour la faire avec toute la perfection dont je suis capable. Faites-moi concevoir, Seigneur, l’horreur d’une indigne Communion, & préservez-moi de ce malheur, qui seroit le plus grand qui pût m’arriver. Faites-moi comprendre le bonheur d’une bonne Communion, & accordez- moi ce bonheur dans la première, & dans celles que je ferai le reste de ma vie, c’est-à-dire, de recevoir toujours dignement Jesus-Christ mon Sauveur dans la sainte Eucharistie. Je suis résolu de ne rien épargner pour apporter les dispositions éloignées & prochaines à cette grande & importante action ; mais je ne puis esperer d’y réussir sans le secours de votre grace. Je vous prie, ô mon Dieu, de me l’accorder par Jesus-Christ votre Fils que je dois recevoir, par l’intercession de la sainte Vierge Marie sa Mere, de mon Ange Gardien, de mon Saint Patron, de tous les Anges & de tous les Saints du Paradis. Ainsi soit-il.

Acte d’offrande & de consécration de moi-même, qu’il est a propos qu’un Enfant fasse souvent, surtout le jour de sa naissance & celui des Fêtes de la Présentation de Jesus-Chrtst & de la Sainte Vierge au Temple.

Grand Dieu, prosterné devant votre divine Majesté, moi N. je me donne tout à vous, & je vous fais un sacrifice entier & irrévocable de moi-même ; je vous offre ma personne, mon corps, mon ame, ma vie, ma liberté, ma santé, & tout ce que j’ai de plus cher au monde pour être consacré à votre gloire, & employé à mon salut. Vous êtes le Dieu de mon cœur, vous me le demandez, je vous le donne sans réserve & pour toujours ; recevez-le, purifiez-le, santifiez-le, possedez-le tout entier, & établissez-y votre empire, afin que vous y viviez & y régniez dans le tems & dans l’éternité. Ne permettez pas, ô mon Dieu, que je retranche jamais rien de l’offrande que je vous fais, & que je me sépare de vous par le peché. Mais faites que je sois toujours uni à vous par la foi, par l’esperance & par la charité, & que je demeure toute ma vie attaché à votre service, par l’observance exacte de vos commandemens ; afin que je puisse par ce moyen avoir le bonheur de vous posseder un jour, & de jouir de vous dans l’éternité bienheureuse. Ainsi soit-il.

AVERTISSEMENT.

Il est à propos de commencer l’Acte précedent dans les Fêtes de la Présentation de J. C. 2 Fevrier & de la Sainte Vierge 21 Nov. comme il suit.

Grand Dieu prosterné ou prosternée devant votre divine Majesté à l’exemple de J. C. ou de la sainte Vierge dans le mystere de sa Présentation, moi N. je....

Le jour de sa naissance.

Vous m’avez aimé, ô mon Dieu, d’un amour éternel, c’est pourquoi vous m’avez tiré de l’abyme du néant. Vous m’avez fait à votre image & à votre ressemblance, & vous m’avez créé pour votre gloire. Quelles faveurs pour moi ! elles sont ineffables ; mais helas ! je les ai peu connues, jusqu’ici, & j’en ai encore moins profité, j’en ai même abusé par le mauvais usage que j’en ai fait : c’est pour reparer ces fautes que je veux aujourd’hui vous offrir & vous consacrer tout ce que vous m’avez donné en me créant & me mettant au monde. Oui, Seigneur, moi N. je....

Le jour de son Batême.

Je vous remercie, mon Dieu, de m’avoir appelé à la Religion Chrétienne & de m’y avoir donné entrée par le saint Batême que j’ai reçu en ce jour il y a.... ans ; mais en même-tems je vous demande pardon de ne m’être pas conduit d’une maniere digne de cette divine vocation & de cette sainte Religion.

C’est pour ranimer la Grace ineffable que j’ai reçûe & m’exciter à m’aquiter des devoirs essentiels du Christianisme que je veux aujourd’hui ratifier les promesses & renouveller la protestation que mon Parein & ma Mareine ont faites pour moi sur les Fonts du saint Batême.

Oui, Seigneur, je renonce de tout mon cœur à Satan, j’abandonne cet ennemi mortel de votre gloire & de mon salut, & je quitte son parti pour jamais ; je ne veux plus avoir de liaison ni de commerce avec lui, ni avec ses ministres.

Je renonce au monde & à toutes ses pompes, à l’éclat trompeur, & au faux brillant de ses honneurs, de ses plaisirs & de ses richesses, à ses vanités, à ses coutumes pernicieuses & à ses maximes corrompues.

Je renonce au démon & à toutes ses œuvres, au mensonge dont il est le pere, à l’orgueil, à la haine, à l’envie, à l’impureté, à l’intempérance, à la médisance & à toutes sortes de péchés, & à ce qui peut m’y porter, comme à la malignité & à la corruption de mon cœur, aux mauvaises compagnies,

& aux occasions dangereuses.
PORTRAIT D’UN ENFANT
des Ecoles Chrétiennes

Un Enfant des Ecoles Chrétiennes qui veut se sauver & étudier selon les desseins de Dieu, doit être reglé dans sa conduite, éviter le mal & faire le bien.

Il doit penser souvent que la vraie sagesse & la grande science qu’il doit acquerir, est la connaissance de Dieu, la crainte de Dieu, l’amour de Dieu, que sans cela toutes ses études lui seroient inutiles, & ne serviroient qu’à le perdre & à le damner.

Il doit être bien convaincu qu’il doit rapporter à Dieu toutes les connaissances qu’il peut acquerir, & tous les succès de ses études ; que Dieu en doit être le commencement & la fin, qu’il ne doit étudier que pour faire la volonté de Dieu, qu’il doit éviter dans ses études tout ce qui y serait opposé.

Il est important qu’il rappelle tous les jours en sa mémoire, qu’il n’est au monde que pour se sauver.

Que Dieu desire son salut, que Jesus-Christ est mort pour lui, qu’il est enfant de Dieu, Elû pour le ciel.

Que Jesus-Christ est le grand Maître dont il doit apprendre les regles qu’il a données dans l’Evangile, qu’il doit les pratiquer ; qu’il doit l’imiter & le prendre pour le modele de sa vie, faire ce qu’il a fait & ce qu’il a enseigné.

Il faut qu’il se souvienne d’accomplir les promesses & de vivre d’une maniere conforme aux promesses & à la profession que son parain & sa maraine ont faites pour lui sur les fonts du saint Batême ; & pour cela il doit être fidele à renoncer à satan, à toutes ses pompes & à toutes ses œuvres, & à se donner & à se consacrer à la sainte Trinité un seul Dieu en trois Personnes, le Pere, le Fils & le Saint Esprit, comme à son Créateur & à son souverain Seigneur, & se dévouer à son service.

Il doit confesser Jesus-Christ en toute occasion, & n’avoir point de honte d’être son disciple, c’est-à-dire, de paroître Chrétien, au contraire faire une profession ouverte d’imiter ses exemples, de suivre ses maximes, & de garder ses commandemens.

Un Enfant des Ecoles Chrétiennes doit être sage & reglé dans sa conduite, être exact à bien employer son tems, fuir les mauvaises compagnies, les jeux de hazard, les cartes, les dez, les spectacles profanes, les danses, les cabarets, & tout ce qui pourroit le perdre.

Il doit souvent réfléchir, & produire de tems en tems des actes de foi sur les grandes vérités de la Religion, sur les Mysteres, sur les maximes chrétiennes, sur les quatre fins dernieres de l’homme, la Mort, le Jugement, le Paradis & l’Enfer.

Il faut qu’il aime Dieu de tout son cœur, qu’il le lui consacre souvent, & qu’il desire de lui plaire en toutes choses.

Il doit se confesser souvent, avoir un bon Directeur, prendre & suivre ses avis pour sa conduite en toutes choses pour la Communion, pour le choix d’un état, lui être soumis.

Prier Dieu dévotement le matin & le soir. Assister avec piété tous les jours à la sainte Messe, & les Dimanches & les Fêtes principales de l’année à la Messe de Paroisse & aux Offices Divins.

Entendre avec respect la parole de Dieu, les Prônes & les Instructions à la Paroisse. Etre docile à la grâce, & aux avis qu’on lui donne.

Il doit respecter son pere & sa mere, ses parens, ses maîtres ou ses maîtresses, leur être obéïssant & soumis ; les écouter avec respect, ne point manquer d’aller à l’Ecole, s’il n’en a une raison & une permission.

Travailler toujours, n’être jamais oisif, & faire un bon usage du tems. Observer un reglement de vie dans sa conduite ordinaire.

Pratiquer l’humilité, les bonnes œuvres, & aimer les pauvres. Leur donner volontiers l’aumône, s’il le peut.

Dire toujours la Vérité, haïr les dissimulations & l’hipocrisie.

Aimer la droiture, la fincerité, la simplicité, la sagesse.

Lire de bons livres, sur tout le recueil qu’on a fait dans cet Ouvrage touchant la Morale Chrétienne.

Ne lire jamais de Romans, de Comedies, de livres d’impureté, d’amour, de galanterie, de Contes, d’Opera, de Comedie.

Aimer la pudeur, la modestie, n’en jamais violer les regles, ne paraissant jamais en public d’une maniere qui choque ces vertus.

Etre chaste d’esprit, de cœur, de corps, dans ses yeux, dans ses paroles.

Ne dire, ne penser & ne faire rien qui soit contre la pureté.

N’assister jamais aux Spectacles, à la Comedie, à l’Opéra.

Avoir beaucoup de dévotion à la Ste Vierge, à son Ange gardien.

Conserver la paix, l’union, la concorde avec tout le monde, avec ses freres et sœurs, ses domestiques.

Eviter les querelles, ne dire jamais d’injures, reprimer sa colere.

Parler peu, écouter beaucoup, & pratiquer le bien.

Etre sobre & reglé dans ses repas, boire peu de vin, & le tremper beaucoup.

Enfin mortifier ses passions, ses humeurs, ses sens, ses phantaisies.

Fuir & éviter les mauvaises compagnies, les libertins, les impies, les bouffons qui se raillent de la vertu, les impudiques, les faineants, les joueurs, la familiarité des autres enfans de sexe different.


Moyens de copier le portrait d’un Enfant des Ecoles Chrétiennes.

1. Convainquez-vous d’abord de l’obligation que vous avez de copier ce portrait & d’en être une vive image.

2. Considerez-le ensuite avec attention, & remarquez-en avec soin tous les traits.

3. Travaillez sans cesse à en tirer une copie fidele & à la perfectionner de plus en plus par une grande fidelité à mettre en pratique les regles de conduite qu’on y a proposées.

4 Comparez de tems en tems cette copie avec ce portrait.

5. Ranimez-vous dans la pratique de ces devoirs les principales Fêtes de l’année, à la Fête de saint Nicolas, de sainte Catherine, au commencement de l’année scolastique & à la fin.

6. Enfin pour vous y exciter 1. Renouvellez-vous en ces jours dans l’estime, l’amour & le zele pour les écoles chrétiennes. 2. Remerciez Dieu de ce secours qu’il vous a procuré. 3. Repassez dans votre esprit l’obligation que vous avez de travailler à devenir un bon Chrétien ou une bonne Chrétienne, un bon Ecolier ou une bonne Ecoliere. 4. Prenez la resolution de vous acquitter fidelement de ces devoirs. 5. Implorez pour cela le secours de la grace. 6. Enfin vivez d’une maniere digne de l’état present où vous êtes, c’est-à-dire, en Ecolier Chrétien ou Ecoliere Chrétienne. Evitez les défauts les plus ordinaires des enfans, & appliquez-vous à remplir leurs principaux devoirs.

Défauts des Enfans.

Le premier est la legereté, qui les rend susceptibles de toutes les mauvaises inclinations.

Le 2 est le plaisir, qu’ils portent toujours à l’excès.

Le 3 est l’imprudence : ils ne sçauroient être prudens, car ils manquent d’experience.

Le 4 se mettre en colere pour des riens.

Le 5 d’avoir l’esprit volage, qui ne se fixe à rien.

Le 6 s’abandonner à la joie pour des bagatelles.

Le 7 d’aimer trop le jeu & les divertissemens, & de haïr par conséquent l’étude & le travail.

Le 8 d’être ambitieux, orgueilleux & jaloux parmi leurs égaux.

Le 9 d’avoir du penchant & de la facilité à commettre des actions déshonnêtes, & de vouloir jouer à des jeux qui conduisent à impureté.

Devoirs des Enfans.

Leur premier devoir est de ne se pas accoutumer à l’oisiveté, & à dormir autant qu’ils auroient envie.

Le 2 de ne point fréquenter les mauvaises compagnies, mais de choisir au contraire pour compagnons ou pour compagnes de jeunes gens honnêtes, de bonnes mœurs, & qui n’aient que de louables inclinations.

Le 3 de n’être pas pleins d’estime & de bonne opinion pour eux-mêmes, mais de s’appliquer plutôt à découvrir leurs propres défauts & leurs foiblesses naturelles, qui doivent les tenir toujours dans l’humilité.

Le 4 est une prompte obéïssance, sans laquelle ils deviennent insolens.

Le 5 est d’avoir une grande délicatesse de conscience, qui les oblige de recourir souvent à la pénitence, pour se purifier de leurs pechés, & pour corriger leurs mauvaises habitudes.

Le 6 d’avoir soin de leur pureté, & d’en demander la conservation par de continuelles prieres ; car la continence est un don de Dieu.

La gloire des jeunes gens, dit saint Ambroise, doit être de craindre Dieu, d’obéïr à leurs peres & à leurs meres, d’honorer ceux qui sont plus âgés qu’eux, de conserver leur pureté, de fuir la vaine gloire, d’aimer la douceur & la modestie, qui est l’ornement de leur âge.

La leçon la plus utile pour garantir la jeunesse de tous les piéges du démon, est de renoncer à ses plaisirs, pour n’étudier & ne suivre que son devoir : l’importance est de la mettre en pratique.


CONCLUSION
DE CET OUVRAGE,
En forme d’Exhortation aux Enfans
des Ecoles Chrétiennes
.

Je ne puis, mes chers Enfans, conclure plus à propos cet Ouvrage que je vous ai adressé, qu’en vous suppliant & en vous conjurant avec saint Paul, par le Seigneur Jesus, qu’après y avoir appris les sentimens que vous devez avoir des Ecoles Chrétiennes, la conduite que vous devez garder pour devenir de bons Chrétiens ou de bonnes Chrétiennes, la discipline que vous devez observer pour devenir de bons Ecoliers ou de bonnes Ecolieres, vous entriez dans ces sentimens, vous gardiez cette conduite, vous observiez cette discipline, mais de telle maniere que vous profitiez & que vous vous perfectionniez de plus en plus. C’est ce que Dieu demande de vous, mes chers Enfans, ce que votre intérêt exige de vous, & que les Maîtres & Maîtresses Chrétiennes attendent de votre fidelité. Vous deviendrez par ce moyen les Enfans de la sagesse, & vous formerez l’assemblée des Enfans justes, & le peuple que vous composerez dans la suite des tems, ne sera qu’obéïssance & amour, c’est-à-dire, un peuple qui fera profession de pratiquer ces vertus. C’est pour vous porter à vous acquitter de ces devoirs essentiels à votre état, que j’ai crû devoir en finissant cet Ouvrage vous adresser la parole comme j’ai fait en le commençant, par cette Exhortation, en vous disant avec le Saint Esprit dans les Proverbes chap. 4 & 5.

Ecoutez, mes Enfans, les instructions de votre Pere ; Rendez-vous attentifs à la sagesse que je vous enseigne. C’est Dieu, mes chers Enfans, qui vous parle, il est votre véritable Pere, vous le reconnoissez par ces admirables paroles de la Priere que Jesus-Christ son Fils vous a apprise : Notre Pere qui êtes dans les Cieux. Vous lui êtes redevables de tout, de la vie, de la nourriture, de la santé, de tous les biens du corps & de l’ame ; vous avez recours à lui dans tous vos besoins ; vous lui demandez tout, vous recevez tout, vous attendez tout de lui pour cette vie & pour celle de l’éternité. C’est donc lui que vous devez craindre, adorer, & servir, vous lui devez tout, & tout ce qui est en vous doit lui être consacré, le corps, l’ame, les actions, les paroles, les pensées. Lui-même veut bien vous instruire & vous enseigner la sagesse & les moyens de vous sanctifier & d’operer votre salut. Toutes vos pensées, vos desseins, vos démarches, toutes vos parroles & vos actions doivent donc avoir pour regle ses volontés, ses instructions & ses préceptes, rien n’est plus juste.

C’est lui-même qui vous parle par la bouche de Salomon, il vous ordonne de l’écouter, & de vous rendre attentifs à la sagesse qu’il vous enseigne. Si vous avez soin de bien lire, d’étudier, d’apprendre cette Ecole Chrétienne, d’y conformer vos mœurs & toute la conduite de votre vie, vous vous acquitterez sans doute de tout ce qu’il demande de vous, & vous acquererez la sagesse, ce don précieux, ce tresor infini qui fait que les hommes pecheurs deviennent amis & enfans de Dieu. Sag. 7, 14. Sagesse qui n’est rien autre chose que la crainte & l’amour de Dieu, la charité, la piété, l’humilité, la modestie, la chasteté & les autres vertus Chrétiennes qui ont peuplé le Ciel de tant de Saints, & qui vous y conduiront vous-mêmes, si vous répondez avec fidelité à tous les soins que l’on se donne pour vous procurer une éducation chrétienne.

Mais, mes Enfans, cette divine Sagesse veut qu’on la préfere à toutes les richesses du monde ; que l’on regarde auprès d’elle tout l’or & l’argent comme un peu de sable & de boue. Elle veut que vous l’aimiez plus que la santé, la beauté, tous les plaisirs & les divertissemens du siecle. Tous les biens vous viendront avec elle, vous recevrez de ses mains des richesses innombrables, si vous la prenez pour voue lumière, si elle marche toujours devant vous, si vous suivez dans toute votre conduite les maximes qu’elle vous enseigne dans ce Recueil qu’on vous présente, les secrettes inspirations & les bons mouvemens qu’elle vous fera sentir au fond du cœur. C’est Jesus-Christ qui est la Sagesse, il est rempli pour nous de tous les trésors spirituels, vous n’y aurez part qu’autant que vous vous donnerez & que vous vous attacherez à lui : Adressez-vous donc sans cesse à cette Sagesse incarnée, à cet Homme-Dieu, afin qu’il vous délivre des ténebres de l’ignorance par les lumieres de son Saint Esprit, des miseres de la pauvreté intérieure par les trésors de sa grâce. Il est le véritable Maître que Dieu vous donne pour vous apprendre la voie du ciel ; ce que vous devez faire ou ne pas faire pour marcher sûrement & ne vous point égarer : il est le Sauveur qu’il vous a donné pour vous délivrer de vos péchés & pour vous remplir des biens de sa grâce. Lisez souvent ce Recueil qui a été fait de ces paroles de la vie éternelle qu’il a, & qu’il nous a laissée par son Testament ; c’est dans la méditation que vous en ferez qu’il parlera à votre cœur & qu’il vous enseignera. Priez Dieu, qui est le Pere des lumieres, que par la lumiere, l’onction & la force de sa grace il vous les fasse connoître, goûter, aimer & pratiquer. Ne les oubliez jamais ; méditez-les le jour & la nuit ; portez-les par tout avec vous ; mais portez-les beaucoup plus dans votre cœur que dans vos mains. En un mot pesez attentivement cette parole du Sage ; tenez-vous attachés à cette discipline, à ces saintes regles ; ne les quittez pas ; gardez-les soigneusement, parce que c’est votre vie, c’est votre sanctification, c’est votre salut. J’ai crû, mes chers Enfans, pour vous en faciliter la connoissance, pour vous en inspirer de l’estime, & du zele pour vous porter à les pratiquer, que je devois vous les représenter comme dans un point de vûe, en exposant à vos yeux le portrait d’un Enfant des Ecoles Chrétiennes, qui renferme les principaux points de cette divine sagesse, qui sont autant de traits, mais vifs & naturels qui forment le portrait que vous devez continuellement tirer dans la conduite de votre vie pour en faire une fidele copie.




TABLE

Des Instructions contenues dans ce Volume.
Instructions Préliminaires.
Idée que les enfans doivent se former des Ecoles Chrétiennes, & les sentimens qu’ils doivent en avoir. 1
I. Instr. Idée que les enfans doivent se former des Ecoles Chrétiennes. là-même.
II. Instruc. Sentimens que les enfans doivent avoir des Ecoles Chrétiennes. 4
1. §. Estime que les enfans doivent avoir pour les Ecoles Chrétiennes. là-même.
III. Instr. 2. §. Amour que les enfant doivent
avoir pour les Ecoles Chrétiennes. 7

INSTR. 3. §. Zele que les enfans doivent avoir pour les Ecoles Chrétiennes. 10

Seconde Partie.

Conduite des enfans dans les Ecoles Chrétiennes pour y devenir de bons Chrétiens ou de bonnes Chrétiennes. 15

I. INSTR. Les enfans des Ecoles Chrétiennes doivent imiter J. C. dans sa jeunesse. là-même.

II. INSTR. Les enfans des Ecoles Chrétiennes doivent s'appliquer à acquérir la sagesse, & à croître en cette vertu à mesure qu'ils avancent en âge. 19

III. INSTR. Moyens dont les enfans doivent se servir pour acquerir la sagesse. 22.

IV. INSTR. Les enfants des Ecoles Chrétiennes doivent travailler à acquerir la sainteté, & à croître en vertu. 27

V. INSTR. Obligations où sont les enfans des Ecoles Chrétiennes d'éviter le peché. 32

1. §. De la fuite du peché en général. là-même.

VI. INSTR. Obligation qu'ont les enfans de combattre les ennemis qui les portent au peché. 35

1. §. De la chair, premier ennemi qui porte les enfans au peché, & qu'ils doivent combattre. là-même.

VII. INSTR. 2. §. Du démon, second ennemi qui porte les enfans au peché, & qu'ils doivent combattre. 38 VIII. INSTR. 3. §. Du monde, troisième ennemi qui porte les enfans au peché, & qu'ils doivent combattre. 40

IX. INSTR. Obligation que les enfans ont d'éviter les occasions du péché. 44

X. INSTR. Les enfans ne doivent point scandaliser les autres enfans. 46

XI. INSTR. De la fuite du peché en particulier.

I. DE L'ORGUEIL. 48

II. DE L'AVARICE. 49

III. DE L'IMPURETE. 51.

IV. DE L'ENVIE. 53

V. DE LA GOURMANDISE. 54

VI. DE LA COLERE. 56

VII. DE LA PARESSE. 58

XII. INSTR. De plusieurs sortes de pechés.

I. DES PECHES DE PENSEES. 60

II. DES PECHES DE DESIRS. 61 III. DES PECHES DE PAROLES 62

XIII INSTR. Des principaux péchés de paroles.

I. DE LA MEDISANCE. 64

II. DES RAPPORTS. 66

III. DU JUREMENT. 67

IV. DU MENSONGE. 69

V. DES PAROLES DESHONNETES. 71.

VI. DES DISPUTES ET DES QUERELLES. là-même.

XIV. INSTR. Obligation où les enfants des écoles chrétiennes sont de pratiquer la vertu. 73

1. §. PRATIQUE DE LA VERTU EN GENERAL. là-même XV. INSTR. Pratique de la vertu en particulier. 75 2. §. DES VERTUS THEOLOGALES. là-même. I. DE LA FOI. 77 II. DE L'ESPERANCE. 78 De la Confiance en Dieu. là même. III. DE LA CRAINTE DE DIEU. 79 IV. DE LA CHARITE. 81. XVI. INSTR. De l'amour du prochain. 86 XVII. INSTR. Devoirs des enfants des écoles chrétiennes envers leurs pères et leurs mères, et leurs supérieurs légitimes. 92 XVIII. INSTR. Des vertus cardinales. 97 DE LA TEMPERANCE, 98 DE LA PRUDENCE. 99. DE LA JUSTICE. 102, DE LA FORCE. 103 XIX. INSTR. Des vertus morales. 104 I. DE L'HUMILITE. 105. II. DE LA PAUVRETE. 106 III. DE LA CHASTETE. 108. IV. DE LA CHARITE. 109 V. DE LA SOBRIETE. 110. VI. DE LA DOUCEUR. 111 VII. De l'amour du travail, et de la ferveur, etc. 113. XX. INSTR. Pratique des exercices spirituels de la vie chrétienne nécessaires aux enfants pour acquérir la sagesse et la sainteté, et pour y croître. 115 XXI. INSTR. Vie occupée d'un Chrétien dans le monde.

121 Devoirs d'un Chrétien à l'égard de Dieu.

122 Devoirs d'un Chrétien envers l'Eglise. 122

Devoirs d'un Chrétien envers le prochain. 123

Devoirs d'un Chrétien envers lui-même. 124

XXII. INSTR. Vie reglée d'un Chrétien dans le monde. 126

Reglement de vie d'un Chrétien pour chaque année. 127

Reglement de vie d'un Chrétien pour chaque mois. là-même.

Reglement de vie d'un Chrétien pour chaque semaine. là-même.

Reglement de vie d'un Chrétien pour chaque jour. 128

XXIII. INSTR. Exercice journalier d'un Chrétien. 130

1. §. Exercice d'un Chrétien pour le matin. 130

2. §. Priere du matin.

132 Invocation du secours du S. Esprit. là-même.

Acte de Foi. là-même.

Acte d'Adoration. là-même.

Acte d'Espérance. 133

Acte de Charité. là-même.

Acte de Remerciement. là-même.

Acte de Contrition. 134

Acte d'Offrande. là-même.

Acte de Demande. 135

Promesses du Baptême. là-même.

Profession du Christianisme. 136

Les commandements de Dieu. 138

Les commandements de l'Eglise. 139

Oraison à son Ange Gardien. là-même.

Oraison à son Patron. 140

Oraison à tous les Saints. là-même.

3. §. De l'exercice du Chrétien pendant la journée. 142

Exercice du Chrétien pour le soir. 147

4. §. Priere du soir. là-même.

Invocation du Saint Esprit. là-même.

Acte de Foi. 148

Acte d'Adoration. là-même.

Acte d'Espérance. là-même.

Acte de Charité. 149

Acte de Remerciement. là-même.

Acte de Demande. 149

Acte de Contrition. 150

Acte d'Offrande. 151

Priere à son Ange Gardien, à son Patron et à tous les Saints et Saintes du Paradis. là-même.

Préparation à la Mort. 152

5. §. Conduite pour se coucher chrétieñement. 153

XXIV. INSTR. Moyens particuliers qu'il faut employer pour mener une vie vraiment chrétienne. 155

PREMIER MOYEN PARTICULIER.

Consideration des fins dernieres de l'homme. là-même.

XXV. INSTR. DE LA MORT. 157

XXVI. Instr. Du Jugement Particulier. 160
XXVII. Instr. Du Jugement General. 163
XXVIII. Instr. De l’Enfer. 169
XIX. Instr. Du Paradis. 172
XXX. Instr. Second Moyen particulier de mener une vie vraiment chrétienne.
L’exercice de la présence de Dieu. 176
XXXI. Instr. III. Moyen particulier de mener une vie vraiment chrétienne.
L’exercice de la Priere. 178
XXXII. Instr. IV. Moyen particulier de mener une vie vraiment chrétienne.
La parole de Dieu entendue, lûe, & méditée. 181
XXXIII. Instr. Des dispositions qu’il faut apporter pour entendre, méditer, & lire la parole de Dieu 186
XXXIV. Instr. V. Moyen particulier de mener une vie vraiment chrétienne.
Produire en esprit & en vérité les Actes des Vertus Chrétiennes. 191
XXXV. Instr. VI. Moyen particulier de mener une vie vraiment chrétienne.
Entrer dans les sentiments de pénitence, &c. exprimés dans les Actes qu’on fait avant & après la confession. 195
Priere avant l’examen de conscience. là-même
Priere pour demander la contrition de ses péchés. 196
Acte qu’il faut faire avant la Confession.

Sentimens d’horreur du peché à la vûe de sa laideur & de sa difformité. 196

Détestation du peché à la vûe des maux qu’il nous a causés. 197

Sentimens de crainte à la vûe de la Justice de Dieu. 198

Sentimens de douleur & de confiance à la vue de la Mort & de la Passion de Jesus-Christ. là-même.

Acte de Contrition à la vûe de la bonté de Dieu. 199

Acte d’Amour de Dieu. 200

Priere avant la Confession. 201

Priere après la Confession. 203

XXXVI. Instr. VII. Moyen particulier de mener une vie vraiment chrétienne.

Produire avec beaucoup de ferveur les Actes qu’on fait avant & après la sainte Communion. 205

Acte d’offrande de la sainte Communion à Dieu. 206

Acte qu’il faut faire avant la sainte Communion.

Acte de Foi. 207

Acte d’Humilité. là-même.

Acte de Contrition. 208.

Acte de Confiance. là-même.

Acte de Desir. 209

Priere à la sainte Vierge. 210 Prière à J. C. après l'avoir reçu. 211

Acte d'Adoration. là-même.

Acte de Remerciement. 212

Acte d'Amour. la-même.

Acte d'Offrande. 214

Acte de Demande. là-même.

Prière pour demander à Dieu la grâce de bien faire sa première communion. 219

Acte d'offrande et de consécration de soi-même. 221

Le même Acte en abrégé. 223

Portrait d'un enfant des écoles chrétiennes. 224

Conclusion de cet ouvrage, en forme d'exhortation aux enfants des écoles chrétiennes. 235.

Fin de la Table.