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Dialogue d’un soir d’hiver
(DANS UN CAFÉ DES BOULEVARDS)
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OCTAVE. — Quel miracle, mon ami, après une séparation de douze ans, cette rencontre ! De la cohue des boulevards, ton visage familier a surgi. Cette bouche de métro, qui vomissait une laide humanité, tout d’un coup t’a rendu à moi. J’ai quitté l’autre soir ma province, tu as quitté, il y a quelques semaines, Dakar, pour qu’à 8 heures, ce soir, devant l’Opéra de Paris, nous nous trouvions face à face.

MICHEL. — Tu as hésité à me reconnaître.

OCTAVE. — Maintenant que je te regarde, dans la lumière de ce café, je m’étonne de n’avoir pas d’abord crié ton nom. Sans doute, le front est plus vaste ; le temps nous a grimés, mon pauvre ami ! Mais il n’a pu rien contre ton regard.

MICHEL. — Ni contre le tien. Avant de rien connaître de notre destin, nous savons que la vie n’a pas entamé ce qui, en chacun de nous, plaisait à l’autre.

OCTAVE. — Certes, j’imagine que les voyages, le commerce, les rudes concurrences ne te détournèrent jamais d’emporter dans ton sac un livre de la collection Alcan...

MICHEL. — Et je suis assuré qu’aucune circonstance heureuse ou tragique n’a pu eu toi réduire au silence tous les poètes que tu portes. Aussi longues et harassantes que fussent nos promenades du jeudi, où nous allions deux par deux à travers quelles banlieues ! — tu savais assez, de poèmes pour ne pas t’interrompre un seul instant.

OCTAVE. — Je n’en ai oublié aucun et j’en ai appris d’autres depuis. Toi, je suis sûr que tu te rappelles tes arguments pour me rendre la foi que je croyais avoir perdue.

MICHEL. — Oui.

OCTAVE. — Je me souviens que mon irréligion t’empêchait de dormir. Aussi je ne veux retarder une confidence dont tu éprouveras beaucoup de joie ; il y a deux ans, dans un village de la Meuse, comme j’assistais au salut sous une voûte crevée, j’ai cru ; je suis rentré dans l’amitié de Dieu et depuis, pas un instant ma foi n’a vacillé. Tu es heureux, Michel ?

MICHEL. — Oui.

OCTAVE. — Ah ! autrefois tu aurais manifesté plus d’émotion ; tu m’aimes moins.

MICHEL. — Je t’aime, mais nous voulons en vain nous persuader que les années n’ont rien touché de nous que le visage. J’avoue ne plus éprouver cette fièvre d’apostolat, ce besoin d’imposer aux autres mes opinions ; ma passion juvénile était que le monde entier pensât comme moi...

OCTAVE. — C’était une belle passion.

MICHEL. — Elle me rendait touchant ; peut-être même ridicule ; à coup sûr insupportable.

OCTAVE. — Je t’aimais ainsi.

( Silence.)

Michel ! Michel ! Voilà que je ne te reconnais plus...

MICHEL. — Ne touchons pas à ce sujet, veux-tu ? Oui, je ne suis plus le même devant Dieu ; tandis que tu te rapprochais de lui, moi, je m’éloignais... J’ai beaucoup souffert et le pire est sans doute que je ne souffre plus. Mais changeons de propos. Tu es content de ton livre, il est bien parti ?

OCTAVE. — Mon éditeur est content.

(Silence.)

Michel, pardonne-moi ; il faut parler de cela ; nous ne saurions parler d’autre chose.

MICHEL. — Tu as hérité de ma passion pour obliger mes amis à partager mes idées. Ah ! cette fureur de changer les autres de place !

OCTAVE. — Il se peut en effet que j’occupe la place que tu abandonnas. Où en es-tu ?

MICHEL. — Que te dirais-je ? Je crois en Dieu, mais je ne suis plus sûr qu’il n’y ait qu’une Église pour nous relier à lui...

OCTAVE. — Il n’est pas, en effet, de religion qui ne soit une révélation partielle...

MICHEL. — Ce n’est pas ce que je veux dire. Je crois que la même route n’est pas bonne pour tous. Tous n’ont pas besoin de formules ni d’images. Spinoza m’est d’un plus grand secours aujourd’hui que saint Paul.

OCTAVE. — Tu aimais autrefois répéter : « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, non des philosophes et des savants. »

MICHEL. — « Dieu sensible au cœur ? » Quel mensonge ! Ah ! me suis-je assez donné à moi-même la réplique ! Ai-je assez bénévolement tenu les deux rôles, pareil à cet auteur inconnu de l'Imitation qui répond aux appels qu’il place lui-même dans la bouche du Christ ! Et pourtant que je l’ai aimé, ce Christ silencieux ! De quinze à trente ans. quand les autres garçons goûtent l’immense amour charnel et descendent l’Infini au lieu de le remonter, moi j’ai dit non à l’appel délicieux ; j’ai refusé mon corps à d’autres corps ; j’ai dérangé l’ordre universel qui règle l’attraction des astres et des êtres. Mais, pardonne-moi, je crains de te troubler.

OCTAVE. — Tu me désoles, tu ne me troubles pas ; surtout je n’éprouve aucun étonnement ; tu ne connaissais d’autre état que la ferveur ; tu ne croyais pas que ta religion pût intéresser en rien ta raison. Les marques sensibles de la Grâce, à ton cœur, tenaient lieu de tout. Et maintenant, ton adolescence passée, le don d’aimer s’est affaibli en toi et aussi celui de sentir que tu es aimé. Tu dénonces avec mépris des images, des formules qui ne t’enchantent plus. Mais ta raison eût suffi, Michel, à te donner la connaissance de l’Être qu’expriment ces formules et que représentent ces images. Parce que des millions de dévots les vident de leur sens et se satisfont de ces coquilles, tu dénies aux symboles leur pouvoir.

MICHEL. — Étranges propos dans ce café, devant ces tables souillées, parmi ces hommes aux figures de vice et de maladie, et ces femmes... Je ne te suivrai pas, Octave. Je ne veux pas te convaincre d’ailleurs ; ta foi t’aide à vivre.

OCTAVE. — La foi ne t’aide plus.

MICHEL. — Oh ! je ne me crois meilleur ni pire que du temps que je priais. Je souhaite devenir un honnête homme sans la foi ; il existe des saints laïques.

OCTAVE. — Des saints hors la religion ? Je nie qu’il en existe. D’honnêtes gens selon le monde, sans doute ; mais des êtres délivrés de la chair, maîtres absolus de soi, non assujettis à quelque obscur démon connu d’eux seuls ? Je le nie.

MICHEL. — Pourtant mes confessions fréquentes ne me servaient à rien qu’à me donner chaque fois l’illusion de reconstruire sur nouveaux frais ma vie morale. En sortant de la maladorante boîte, j’avais l’impression physique d’une allégeance ; c’était trop simple, en vérité.

OCTAVE. — Non, ce n’était pas si simple. Hors la foi chrétienne, il est impossible de recommencer sa vie.

MICHEL. — Et dans la foi, Octave !

OCTAVE. — Même dans la foi, je t’accorde que le perfectionnement exige un immense effort de collaboration avec la Grâce. Ce qui au préalable est exigé du pénitent, dégoût, horreur de son péché, crois-tu qu’il n’y ait pas là le fruit d’une difficile victoire ? « L’usage délicieux et criminel du monde », dit Pascal. Plût à Dieu que ce qui est criminel ne continuât pas de nous paraître délicieux ! Péchés qui n’êtes pas odieux selon le monde, qu’un cœur charnel a de peine à vous haïr !

MICHEL. — Oui, pleurer ses péchés, c’est souvent regretter le plaisir qu’on y a pris. Une seule phrase de ton manuel de philosophie, toute sèche qu’elle soit, terrifie l’homme soucieux de se maîtriser : « L’habitude commence avec le premier acte. » Mais non pas seulement avec le premier acte posé par nous ; à table, avec mon couteau, je fais le geste de mon père que je n’ai pas connu. En moi, je porte d’innombrables complices. Je me débats au centre d'hérédités torrentielles.

Qui résisterait à tant de louches héritages ?

OCTAVE. — Nul n’y résisterait seul. Même du chrétien, je ne croirais pas la pureté possible, car il ne suffit pas d’aider le vieil homme, ni de le tuer ; il faut un remplacement ; il faut que Celui qui a vaincu le monde se substitue en nous à notre chair qui s’est asservie au inonde.

MICHEL. — Alors, pourquoi, derrière loi, cette route jalonnée de chutes ? Ah ! retours inutiles ! Cherche dans ton passé une seule année de fidélité.

OCTAVE. — Il est vrai ; le Christ s’était en nous substitué à nous ; voilà que, sournoisement, nous nous substituons à lui. Avant que la tentation vînt, tu désiras d’être tenté. Nous fûmes tous, à certains moments de notre vie, le mauvais soldat qui s’écarte et vague au hasard parce qu’il souhaite que l’ennemi le fasse prisonnier. A la séduction qui te trouve sans force, préexiste le mauvais désir de n’être pas secouru. D’instinct, tu te démunis. En cas que le larron vienne, tu laisses la clef sur la porte. Tu t’appauvris de prières, de sacrements, de directions. Tu organises ta solitude spirituelle et coupes les ponts par où arrivent les secours. Tu décomposes ton atmosphère chrétienne et recomposes celle où se réveillent les bêtes assoupies, où se désengourdissent les habitudes. « Seigneur, où donc étiez-vous ? » s’écrie le malheureux stupéfait d’une chute si facile ; la pauvre âme vaincue, organisatrice de sa défaite, à si petites journées s’éloigna de son Sauveur, qu’elle s’effare qu’il ne soit plus là. Ainsi nous reprochons son absence à l’ami que nous avons fui nous-même parce qu’il était trop clairvoyant et trop grave.

MICHEL. — Tu raisonnes subtilement, mais ton point de départ est chimérique et que valent toutes ces délicatesses de conscience pour la valeur d’un homme ? Elles ne développent guère le caractère. Toi-même, il m’en souvient, raillais volontiers tels de tes pieux amis...

OCTAVE. — Je t’abandonne deux espèces de chrétiens ; d’abord ceux qui n’ayant aucune passion à vaincre se carrent dans la vertu. La pureté ne vaut que si elle est une difficile victoire, une domination. Obtenir de son propre sang le grand calme que !e Seigneur exigea des eaux soulevées, marcher sur sa jeunesse creusée et soulevée de passion, comme le Seigneur marcha sur la mer, c’est cela, Michel, la vertu. Je méprise, autant que tu le fais, la chasteté des eunuques. Et je te livre aussi la race des bourgeois pratiques de qui la foi se pourrait classer avec leurs polices d’assurances ; assurance sur l’Éternité ! Le Catholicisme entre, si j’ose dire, dans leur confortable... Il fait partie de l’organisation de leur vie pour le bonheur...

MICHEL. — Jurerais-tu, Octave, qu’il n’est rien en toi qui te rattache à ces pratiques dévotes ? Je te connais ; tu as besoin d’un refuge ; il faut que lu te blottisses dans les promesses, dans les parfums, dans la musique de Rome.

OCTAVE. — Que d’éléments composent la foi d’un homme ! Je ne rougis pas d’une faiblesse inhérente à la dure condition des mortels. Quel Lucrèce les délivrera de ce frémissement devant l’inconnu ? Quel exégète tuera en nous l’espoir passionné que nous possédons un père ? Toi-même, Michel, je jurerais que tu ne relis jamais sans larmes la parole la plus humaine de l’Évangile et où tient toute l’angoisse des hommes : « Reste avec nous, car il se fait tard et déjà le jour baisse... »

MICHEL. — Si ce mot monte encore à mes lèvres. Ah ! je n’en éprouve aucune fierté. Le seul courage est de vivre.

OCTAVE. — Qu’appelles-tu vivre ?

MICHEL. — Aimer, oui, aimer selon la chair.

OCTAVE. — J’attendais qu’une seconde fois tu pousses ce cri. Il ne s’agit donc plus de métaphysique !

MICHEL. — Tu peux rire ; je méprise ton mépris. L’amour n’est pas un péché ; malheur à moi qui l’ai découvert trop tard ! S’il existe une volonté extérieure au monde, c’est celle qui exige l’emmêlement des corps. Tout en nous se modifie : opinions, croyances et notre chair même, tout change, sauf le désir de se perdre, de s’anéantir délicieusement dans un autre être. Ah ! si mon cœur bat contre une joue, je te jure que le silence des espaces infinis ne m’effraye plus !

OCTAVE. — Hypocrite ! Au fond de toi-même, ignores-tu que ce n’est pas l’arbitraire de l’Église qui impose au vice de volupté son affreuse prééminence ? Nulle vie intérieure, si tu ne domines ta chair ; il n'est pas de demi-mesure. Déchaînement des forces d’en-bas ou maîtrise de soi. Pureté : clef de voûte de ton église intérieure. Si sur ce point la bataille est perdue, la pire déroute s’ensuivra. Selon que tu assujettis ta chair ou qu’elle t’asservit, tu es (même dans le temps) sauvé ou damné. Le mystère de la chair est le mystère du salut. Au bel esprit qui déplorait l’impuissance de l’homme à inventer un huitième péché capital, il fallait opposer que la luxure suffit à une invention indéfinie. Nul de ceux qui s’y laissent choir ne peut assigner de limite à sa chute. Il existe une perfection à rebours, une possibilité d’être toujours plus criminel encore. La définitive souillure n’est jamais atteinte ; la royauté de l’homme est affirmée par sa toute-puissance à s’avilir. « Jusqu’où ne descendrai-je pas ? » Aucune immobilité possible non plus qu’à l’homme agrippe au-dessus de l’abîme : monter, comme cette Jacqueline Pascal qui ne voulait mettre de limite à la pureté ni à la perfection, ou chute indéfinie.

MICHEL. — Rhétorique de prédicateur, mon pauvre ami. En fait, combien de gens organisent leur débauche et fixent à la volupté les limites qui leur agréent !

OCTAVE. — Vois donc ce que dissimulent ces belles façades ! Le monde, ses obligations, ses usages, quel trompe-l’œil ! Avoir l’usage du monde, c’est savoir donner le change. Mystère des yeux, bouches contractées, visages terribles, fermés sur quel épouvantable secret ? Parfois un regard, une parole échappée vous éclairent furtivement d'insoupçonnés bas-fonds ; odeur de cadavre des âmes dans un salon. C’est trop peu d’avoir deux vies ; il faut aux gens du monde mille masques, ils enchevêtrent des vies et s’appliquent à feindre mille alibis... Non, non, il faut monter ou sombrer, comme ceux qui s’étonnent eux-mêmes de se dépasser sans cesse dans l’horreur et que ce ne soit jamais le dernier palier et qu’il y ait toujours de pires ténèbres.

MICHEL. — Je ne sais... Peut-être as-tu raison... Ah ! Je ne m’empoisonnerai plus avec cette doctrine désespérée ! Advienne que pourra, je rejette la religion de la souffrance qui impose la croix aux hommes. Je refuse d’être crucifié.

OCTAVE. — Tu refuses, pauvre fou ? comme si tu avais le libre choix ! Nomme-moi un seul des grands païens que tu admires qui, en fait, ne fut pas crucifié. Il est stupéfiant que les juifs aient compté sur un Messie glorieux. Le Sauveur ne pouvait nous venir par aucune autre route que celle de la croix. Il fallait qu’il transmuât la douleur en joie. C'est là le miracle du Christ qui contient tous les autres. La transmutation de la douleur en joie, voilà qui, en dépit de l’adversaire, assure, même du point de vue humain, le triomphe du christianisme ; les uns opposent à la douleur infinie les joies matérielles. Ah ! si misérablement finies ! D’autres la nient, ou la jugulent par un effort désespéré et insoutenable de volonté. Un seul prend la douleur, l'épouse, nous oblige de l’épouser, et soudain la rend aimable, donne à cette cruelle épouse le visage même de la joie. Il n’est pas que le témoignage d’un Augustin, d’un François d’Assise, d’une Thérèse, d’une Catherine ; le sombre Pascal lui-même pleure de joie. Jacqueline dit de lui qu’il est un pénitent réjoui, et ses lettres à Mlle de Roannez contiennent une admirable leçon sur le plaisir des chrétiens.

MICHEL. — Je ne veux plus de ce bonheur. Spinoza m’enseigne une meilleure joie, une joie qui est la forme même de mon énergie ; relis les théorèmes de l'Éthique sur la joie.

(Silence.)

Octave ! Mauvais logicien ! Cette joie chrétienne, comme tu en fais peu de cas ! comme tu la méprises !

OCTAVE. — Moi ? La mépriser ?

MICHEL. — Oui, toi. Où est ta pénitence ? A quoi renonces-tu ? N’écris-tu pas des livres ? Ne te pousses-tu pas, comme on dit ? Ne joues-tu pas allègrement des coudes ? Ne mènes-tu pas ta partie aussi âprement que si tu doutais de l’Éternité ? Rien n’est si commun qu’un jeune catholique ambitieux, et rien n’est si comique.

OCTAVE. — Je fais mon métier. Je sers, avec les moyens qui m’ont été donnés, je, rends témoignage...

MICHEL. — Ne m’appelais-tu tout à l’heure hypocrite ?

OCTAVE. — Je ne redoute pas de peindre les passions, il est vrai, mais toujours dans leurs rapports avec la Grâce.

MICHEL. — Peindre les passions, même vaincues par la Grâce, que c’est périlleux ! L’usage délicieux et criminel du monde dont parle Pascal, si tu le dépeins criminel, en paraîtra-t-il moins délicieux ? Justement parce que tu es un bon romancier, les êtres que tu crées, tu ne les diriges pas à ta guise ; la loi du péché qui les régit les mène où tu aurais souhaité de ne pas les voir. Et tu es trop artiste pour intervenir brutalement dans leur destinée, au nom de la morale catholique ; il faut pécher contre ton art ou contre Dieu.

OCTAVE. — Tu oublies qu’il n’est pas de religion qui nous oblige plus impérieusement à nous connaître nous-mêmes que la catholique. Mon rôle de romancier catholique est de jeter des torches dans nos abîmes.

MICHEL. — Oui, tu distribues du poison, un poison bienfaisant à quelques-uns et fatal à la plupart. Tu sais comme moi qu’un écrivain de ta foi est acculé à la décision de Jean Racine après Phèdre. Mais tu te réserves cette porte de sortie pour quand tu seras épuisé. Il sera temps de renoncer au monde quand le monde aura renoncé à toi. Mais tu pleures, Octave ? Je t’ai blessé... pardonne-moi.

OCTAVE. — Ce n’est rien. Sortons d’ici.

(Silence, puis débat pour régler les consommations.)

OCTAVE. — Il ne pleut plus.

MICHEL. — C’est vrai ; je vais faire quelques pas. Tu m’accompagnes ?

OCTAVE. — Pardonne-moi, je suis attendu ; il faut que je prenne le métro.

MICHEL. — Alors, adieu.

OCTAVE. — Adieu.