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Correspondance 1812-1876, 1/1832/LXXXIX


LXXXIX

À M. FRANÇOIS ROLLINAT, À CHÂTEAUROUX


Nohant, 1er août 1832.


Mon bon vieux,

J’ai passé à Châteauroux à quatre heures du matin. J’en suis repartie à six, malade, fatiguée, enrhumée, endormie, stupide. Malgré cela, j’avais bien envie de te faire réveiller pour t’emmener. Mon mari m’a dit que tu étais encore occupé par les assises, que tu avais beaucoup de travail. Je me suis fait conscience de t’arracher cette pauvre heure de sommeil.

Duteil pense que tu dois être débarrassé aujourd’hui. Tu es donc libre ? Arrive bien vite, mon ami. Je suis impatiente de t’embrasser et de passer quelques bons jours avec toi. Viens demain au plus tard, n’aie pas de prétexte, pas d’affaire ; je n’en veux pas entendre parler. Je suis ici pour trois semaines, je n’entends pas perdre ces moments de bonheur, si rares dans ma vie et si chèrement payés. Viens donc, brave homme. Nous t’attendons. Je t’embrasse de toute mon âme.

Ton ami

GEORGE.