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Correspondance - Lettre du 13 août 1918 (Asselin)

13 août au soir
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Ma chère femme,

Je crois que les Canadiens ont eu – comme il fallait s’y attendre – des pertes considérables. Je ne serais pas surpris si le colonel avait un bataillon au front ; il est mandé à Londres demain. J’ai demandé officiellement à partir pour le 5e, le 14e, le 24e ou le 84e, tous bataillons de Montréal ; xxxxxxx la réponse ne devrait tarder. Je ne vais plus à l’hôpital, mon genou ayant pris un mieux sensible. En attendant que mon cas se décide, xxxxxxxon me donne le commandement des conscrits dans un nouveau camp de quarantaine qui xxxxxxx vient ⁁de s’établir près d'ici à une vingtaine de milles d’ici. La chose ne me convient guère, mais on manque d’officiers et je pourrai rendre service me rendre utile. Raymond Garneau a ma compagnie, tout en restant lieutenant. Il est toujours geignard et prétentieux.

Jean Bremeau m’écrit la carte que je t’inclus ; je ne sais trop que lui dire. Je crois qu’il a le flanc mou. Qu’il s’arrange avec sa dentisterie – un service où il ne s’est jamais fait blesser personne. S’il avait la moindre valeur, il pourrait se tirer d’affaire tout seul. Mais ça n’a pas même le forcecœur de se décirer les yeux.

Normandin n’étant pas venu ici, je t’envoie les couvertures par un jeune Doutre qui xxxxxxx s’en va reprendre au Canada ses études de médecine, et qui est lui-même l’amie d’un jeune Dorion, ancien commis-pharmacien, cousin de Madame Oliver Rolland. Je les ai enveloppées dans une toile de caoutchouc fin qui – j’y ai pensé ensuite – appartient peut-être à l’État : ne te sers pas de cette couverture ; mets-la de côté, et je te dirai dans ma prochaine lettre s’il faut la rendre, et où la rendre.

Je communierai jeudi, jour de l’Assomption, pour la première fois. Bien des pensées troubles me passent par l’esprit ; mais, en somme, je suis heureux.

Je t’embrasse, ma bien chère Jeanne, en attendant le bonheur de vous revoir en cette vie ou dans l’autre.

Olivar