Comme on voit sur la branche au mois de May la rose

Les Amours
Texte établi par Hugues VaganayGarnier (2p. 180-181).

III

Comme on voit sur la branche au mois de May la rose
En sa belle jeunesse, en sa premiere fleur
Rendre le ciel jaloux de sa vive couleur,
Quand l’Aube de ses pleurs au poinct du jour l’arrose :
La grace dans sa fueille, et l’amour se repose,
Embasmant les jardins et les arbres d’odeur :

Mais batue ou de pluye, ou d’excessive ardeur,
Languissante elle meurt fueille à fueille déclose :
Ainsi en ta premiere et jeune nouveauté,
Quand la terre et le ciel honoraient ta beauté,
La Parque t’a tuée, et cendre tu reposes.
Pour obseques reçoy mes larmes et mes pleurs,
Ce vase plein de laict, ce panier plein de fleurs,
Afin que vif, et mort, ton corps ne soit que roses.