Chansons de Béranger publiées en 1847/Notre coq

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Notre coq.


NOTRE COQ


PAR JACQUES DUBUISSON, SERGENT AUX CHASSEURS D’AFRIQUE


Air : Madelon s’en fut à Rome, tonderontaine, tonderonton. (Air noté )


    Notre coq, d’humeur active,
    Las d’Alger, s’écrie : Il faut
    Que jusqu’au bon Dieu j’arrive,
    Pour voir s’il s’endort là-haut.
    J’ai réponse à tout qui-vive.
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.


    Oui, jusqu’au ciel je m’envole,
    Sans permis des généraux.
    Heureux si mon chant racole
    Des âmes de vieux héros.
    De leur gloire je raffole.
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.

    Que ces étoiles sont belles !
    Et les cieux, comme ils sont grands !
    Ces planètes seraient-elles
    Un bon mets de conquérants !
    Qu’à nos gens poussent des ailes !
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.

    Dans Vénus j’entre à la brune ;
    Mars m’attire à ses tambours.
    Chez Mercure, la Fortune
    Gave butors[1] et vautours.
    Que d’avocats dans la lune !
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.

    Du soleil je fends la voûte.
    Dieu ! l’Empereur m’apparaît !
    Tu veux un guide, sans doute ;
    Tiens, dit-il, mon aigle est prêt.
    Du ciel il connaît la route.
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.

    Nous partons, et, dans nos traites,
    L’aigle se plaît à conter
    Batailles, sièges, retraites,
    Si bien que, pour l’écouter,
    S’arrêtent plusieurs comètes.
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.

    Vient un parfum qui nous flatte :
    Au paradis nous voilà,
    Dit l’aigle ; à la porte gratte,
    Mon père, quittons-nous là.
    Adieu, serrons-nous la patte.
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.

    Qui fume à cette fenêtre ?
    C’est saint Pierre. Il me dit : Coq,
    Aucun des tiens ne pénètre
    Chez nous que pour pendre au croc.
    Vos chants m’ont trop fait connaître.
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.

    Passe un ange qui raconte
    Le refus du vieux commis.
    Cours, dit le bon Dieu, qu’il monte ;
    Ce coq est de mes amis.
    J’entre, et Pierre en meurt de honte.
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.


    Mange et bois dans mon aiguière,
    Dit le bon Dieu fort à point.
    — Çà ! parmi vos gens de guerre,
    De moi ne médit-on point ?
    — À vous ils ne pensent guère.
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.

    Mais quoi ! le bon Dieu se fâche !
    — Coq, ne désertes-tu pas ?
    — Corbleu ! suis-je donc un lâche ?
    — Non ; mais retourne là-bas :
    Tu n’as point fini ta tâche.
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.

    Sous le drapeau tricolore
    Va réchauffer cœurs et bras.
    De vous j’ai besoin encore.
    Coq, bientôt tu chanteras
    Le réveil avant l’aurore.
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.

    L’oiseau, prompt comme la foudre,
    Rentre au quartier général,
    Disant : L’on en va découdre ;
    Dieu fait seller son cheval ;
    Les anges font de la poudre.
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.

    De ce récit véridique,
    C’est moi, Jacques Dubuisson,
    Sergent aux chasseurs d’Afrique,
    Qui composai la chanson.
    Apprenez-en la musique.
        Co, co, coquérico.
    France, remets ton shako.
Coquérico, coquérico.



  1. Butor, oiseau de proie.



Air noté dans Musique des chansons de Béranger :


NOTRE COQ.

Air : Madelon s’en fut à Rome, tonderontaine, tonderonton
No 315.


Les partitions musicales sont temporairement désactivées.


AIRS AVEC ACCOMPAGNEMENT DE PIANO.



NOTRE COQ


Air : Madelon s’en fut à Rome, tonderontaine, tonderonton.


Disposé pour piano, à deux et à quatre voix, par M. Halévy.


Les partitions musicales sont temporairement désactivées.


À DEUX VOIX,
AVEC OU SANS LE MÊME ACCOMPAGNEMENT.


Les partitions musicales sont temporairement désactivées.


À QUATRE VOIX.


Les partitions musicales sont temporairement désactivées.

Haut