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Assemblée générale de la Société, Séance du 3 Janvier 1864


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE LA SOCIÉTÉ.


SÉANCE DU 3 JANVIER 1864.


EXTRAIT DU PROCÈS-VERBAL.


La séance est ouverte à 6 heures sous la présidence de M. Alexandre Schaepkens. M. Russel, secrétaire, M. le vicaire Habets, M. Eversen et M. Ern. Gulikers, trésorier, membres du comité, prennent place au bureau.

La plupart des membres effectifs sont présents, et l’auditoire qui s’est rendu à l’appel du comité se compose de l’élite de la société limbourgeoise.

Le procès-verbal de la précédente assemblee générale est lu et adopté.

M. le président prend la parole et prononce le discours suivant:


            « Messieurs,


Le Limbourg se réveille et relève fièrement la tête, stimulé par l’activité de ses voisins; et malgré sa position géographique que le traité des 24 articles lui a créée, notre belle province a fait, depuis quelques années, des progrés sérieux dans l’industrie, le commerce et l’agriculture. Les chemins de fer, les bateaux à vapeur ont provoqué des relations plus fréquentes avec l’étranger, et la facilité des Communications a amené la comparaison de nos moyens, de nos travaux avec ce qui s’est fait depuis quelque temps dans d’autres pays environnants.


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Pour compléter ce bien-être matériel que l’extension de l’industrie et du commerce a engendré, et pour rendre plus sensible et plus fructifiante la jouissance de la richesse que procure le travail, il manquait la culture des arts, des sciences et des lettres en commun; car ce qui se produit par des forces réunies est plus efficace, d’un effet plus rapide que les efforts individuels tentés sans appui mutuel.

Il fallait a notre duché un corps moral, représentant le domaine de l’intelligence, une société, dans laquelle les sciences, les lettres et les arts pussent trouver un abri, un écho, un organe, pour se produire et créer au Limbourg une place honorable dans le cerde des autres provinces de la Néerlande, qui se distinguent par la culture des beaux-arts.

L’histoire du Limbourg d’abord, si riche, si noble dans le passé, les anciens monuments d’art qui décorent son sol, la beauté de ses sites, son ancienne littérature, ses hommes illustres dans les arts de la paix et de la guerre ne sont pas assez connus, ni assez appréciés, et demandent toujours plus de lumière, plus de publicité et le juste tribut de considération et de réconnaissance qui leur est dû.

Un appel a été fait a tous les Limbourgeois aimant le sol natal et fiers de son passé, et il a été entendu par un grand nombre d’intelligences d’élite et de cœurs bien pensants, aimant le progrès et surtout celui des idées généreuses. Non seulement dans notre duché proprement dit, notre appel, Messieurs, a eu de l’écho; mais nos frères de la province belge ont généreusement répondu en s’associant à l’œuvre commune, entreprise pour illustrer la patrie dont les fastes glorieux méritent d’être connus.

Cette société, Messieurs, que vous avez créée, cette


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œuvre d’intelligence et de patriotisme, à laquelle vous vous êtes associés, portera des fruits qui vous feront honneur; les travaux que vous accomplirez, les actes que vous poserez dans les seiences, les arts et les lettres, mettront en lumière les belles rives de la Meuse, le riche paysage historié par les anciens châteaux et les ruines pittoresques qui s’y mirent, et que l’immortel van Eyk, notre compatriote, a peints avec tant de talent. Nous récueillerons avec votre aide et votre concours tous les documents qui peuvent élucider et illustrer les grands faits posés par nos ancêtres, tout ce qui peut contribuer à completer l’histoire de la paixet de la guerre, tout ce qui peut mettre au grand jour les monuments, œuvres d’artistes, ou faire connaître les mœurs, les usages, les costumes et autres particularités de nos aïeux, tout ce qui peint ou refait les meubles, les ustensiles, les habitations, les armes, etc. d’époques antérieures, afin d’enrichir par ces données le grand musée universel de la science de l’antiquité.

Un projet plus téméraire, une œuvre plus déterminée et surtout, si elle nous réussit, plus importante pour les arts, l’industrie et la science archéologique, c’est la création d’un musée d’antiquités. A cette idée tout le monde a applaudi, parce que l’absence d’une collection de témoignages et de preuves d’ages écoulés, avait été depuis longtemps signalée. Dans le chef-lieu du duché, dans l’antique Mosae-Trajectum, dont la gloire distinctive est son existence reculée reconnue par les savants, il n’y a point de gîte, point de toit, pour recueillir et abriter les preuves de sa vieille origine.

On nous montre, bien loin des rives de la Meuse, des objets d’art et d’antiquité dont nous pouvons être fiers, mais dans notre bonne ville de Maestricht, si des savants nous faisaient l’honneur de la visiter, il n’y avait, outre


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les grands monuments, rien à leur montrer. C’est surtout en vue de combler ce vide, pour faire disparaître cette ombre qui ne peut plus résister à la lumière éclatante que projettent les arts et les sciences sur la société, que nos forces, réunies en faisceau, sont le plus nécessaires, et elles devront, en grande partie, suppléer à nos moyens financiers, qui certes, comme vous savez, Messieurs, ne sont pas en proportion avec la grandeur de cette entreprise. Mais essayons toujours et tâchons de jeter les fondations de l’édifice, quelque modeste qu’il soit, afin que d’autres, après nous, le mènent a une fin bonorable et profitable à la cause des arts, de l’industrie et des sciences.

Réunissons donc nos forces, afin de rélier l’époque actuelle aux âges précédents par les liens des travaux de l’esprit; tâchons de conquérir pour le Limbourg le rang qui lui revient dans le monde actuel, qui est tout progrès et lumière qui surtout pour les belles formes, pour les arts graphiques et plastiques de tous les âges, professe un culte des plus ardents, et joignons nos efforts à ceux des savants, des littérateurs, des peintres, des statuaires, des architectes et des archéologues, pour réveiller et rallumer au foyer paternel le feu sacré des arts libéraux. La société actuelle vous saura gré, Messieurs, d’avoir posé ces premières pierres, sur lesquelles s’élèvera plus tard le temple des muses.

Je manquerais à un devoir sacré, si je ne présentais pas, Messieurs, mes vifs rémerciments à tous les membres et aux honorables invités qui ont déjà coöpéré généreusement à notre œuvre, je serais surtout ingrat envers notre administration communale, pour les services rendus à la société.

Je remercie donc Messieurs les édiles de Maestricht et particulièrement l’honorable Bourgmestre d’avoir doté la société d’archéologie du local, où nous siégons, Mes-


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sieurs. C’est un digne et grand pas de fait, qui fera époque dans les annales de notre administration communale; car travailler pour le progrès, protéger et encourager les sciences et les arts, c’est le signe le plus caractéristique d’une sage administration.»


      L’orateur, après avoir prononcé ce discours, a recueilli les suffrages de l’assemblée. Celle-ci procède à l’élection de deux membres du comité, en remplacement de M. Lambert, qui a remercié pour eet honneur a cause d’un long voyage entrepris à l’étranger et de M. Slanghen, à qui ses travaux administratifs ne permettent pas d’accepter cette fonction. M. le lieutenant-colonel du génie, Maschek et M. l’avocat Bergers sont nommés par l’assemblée membres du comité.

Le bureau nomme ensuite, avec l’approbation de l’assemblée, M. l’abbé J. Habets et M. le lieutenant-colonel Maschek vice-présidents, M. Bergers, deuxième secrétaire et M. Eversen, bibliothécaire.

Dans la première partie de la séance MM. les artistes Keller, Lhermann et Smeets, exécutent plusieurs morceaux de musique pour violon, violoncelle et piano. La seconde partie de la séance, entièrement consacrée à la littérature, est remplie par la lecture de discours et de fragments d’histoire, par M. le secrétaire Russel, M. le vice-président Habets et M. le bibliothécaire Eversen. En reproduisant ici le discours prononcé par M. le vice-président J. Habets, nous regrettons que le manque d’espace ne nous permet pas de reproduire les mémoires de MM. Russel et Eversen, qui ont été écoutés avec beaucoup d’attention et que l’assemblée a chaleureusement applaudis:


            « Mijne Heeren,

De studie der oudheidkunde, in haren ganschen omvang beschouwd, bevat de geheele waardeerbare nalaten-


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schap onzer vaderen. Maar dit veld, hoe uitgestrekt ook, is in duizende bont-geschakeerde onderverdeelingen afgepaald, en de bebouwer dier wetenschap kiest niet zelden tot terrein zijner nasporingen, een geliefkoosd tijdvak der geschiedenis, den omtrek van een gewest of de specialiteit van eenige gewrochten der kunst.

Ook de Societeit, met wier lidmaatschap wij ons vereerd zien, heeft zich eene bijzondere werkplaats voor hare studiën gekozen. Zij heeft immers tot doel het « bevorderen der vaderlandsche geschiedenis, alsmede het opsporen van oudheden en overblijfsels van kunst en nijverheid in ons hertogdom aanwezig. »

Ik hadde u gaarne, mijne Heeren, met den ganschen inhoud harer onderneming bekend gemaakt, vreesde ik niet misbruik van uwe aandacht te maken. Daarom wil ik mij uitsluitend bepalen met u, naar aanleiding van het eerste artikel van ons reglement te spreken over de oudheidkunde als hulpbron der geschiedenis van het vaderland in derzelver voornaamste tijdvakken.

Het begin der geschiedenis van onzen dierbaren geboortegrond verliest zich — gelijk die der meeste volkeren — in den nacht der tijden. De oudste bewoners van ons land, die men te regt of te onregte Kelten noemt, zijn door den geschiedschrijver enkel bij name bekend, en er zoude een eeuwig duister over de wieg van ons vaderland gesluijërd blijven, ware de oudheidkundige, de schrijver der geschiedenis niet met de fakkel van zijn onderzoek voorafgegaan, en hadde hij hem in de huishouding dier oorspronkelijke volkeren niet binnengeleid. Zoo leert hij den geschiedschrijver in den afgeplatten steen, dien wij donderkiel of Silex noemen, het wapen kennen, dat de oorspronkelijke bewoner, vóór dat het ijzer bekend was, gebruikte, om zijn hout te kappen, zijn huis te bouwen of zijnen vijand te verslaan. Hij wijst hem in den steen-


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hoop, die hier of gindsch de grijze kruin boven de heide verheft, den dolmen aan, waarbij de priester slagtofferde en het landvolk bad; in den aarden wal, die met zijne bolvormige hoogte langs den drassigen oever der rivier leunt, de terp waarop de inboorling, als een bever, zijne hut bouwde en zich schuilde tegen den watervloed en de lagen van zijn vijand. Zoo, Mijne Heeren, dringt door tusschenkomst der oudheidkunde, het licht der geschiedenis door de zwaarste nevelen van het verledene.

Het tweede tijdvak, hetwelk de oudheidkundige geroepen is om op te helderen, is dat der Romeinsche overheersching. Dit hoofdstuk in de geschiedenis der Nederlanden werd geschreven door den overwinnaar met het bloed van den landzaat; het blijft niet alleen onpartijdig maar onvoltooid. Julius-Cæsar, Tacitus, Ammianus-Marcellinus en anderen spreken over den heldhaftigen wederstand, dien de Belgen den Romeinschen veldheeren boden, van de schandige verdrukking die zij ondergingen, en van de roemrijke pogingen, die zij aanwendden om het Romeinsche juk weder af te schudden. Zij verhalen ons met eenen ijzingwekkenden flegma, hoe sommige volksstammen van ons land ten eenen male werden uitgeroeid, andere als slaven verkocht of als wilde beesten in hunne krochten terug gedreven; maar de geschiedschrijver verlangt meer. Hij wil met de hoogte der beschaving, met de uitgestrektheid van het verkeer en met den handel der Romeinen met onze voorouders bekend worden. Bij wien, Mijne Heeren, zal hij nu te rade gaan, zoo niet bij den kenner der oudheden? Opdelvingen, door diens vlijt ondernomen, doen tempels, huizen en badplaatsen uit den grond verrijzen; zijn vorschende bikkel stoot op kunstmatige wegen, prachtige graftomben, standbeelden, figuren, inschriften en aardewerk, die de geographie op eene handtastelijke wijze bepalen, de plaatstelijke ge-


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{{center|– 10 –}}


bruiken kenschetsen en meestal het bewijs leveren van den ontkiemenden kunstzin en van de aanwassende nijverheid onzer voorvaderen De Numismatiek – in onze dagen van verlichting met zoo veel regt op prijs gesteld – begint in dit tijdperk voor de geschiedenis van ons Vaderland hare eerste vruchten te leveren. De Romeinsche munten hier te lande gevonden, bewijzen niet alleen de aanwezigheid van den overheerscher, maar leeren ons tevens het tijdstip dier aanwezigheid, en de gangbaarheid zijner geldspecien kennen. Zoo, Mijne Heeren, draagt de oudheidkunde al wederom het hare bij om de gapingen, die de geschiedenis in dit hoogst belangrijk tijdperk gelaten heeft door haar vlijtig onderzoek aan te vullen.

Ondertusschen heeft het trotsche Rome, dat Neêrlands bodem met uitgestrekte jammeren bezocht en van pijn deed krimpen, zijn eigen einde zien naderen. Omwentelingen, over welke de geschiedenis het diepste zwijgen bewaart, verstrooide horden van bloeddorstig wilden, die zonder bepaald doel, maar toch door eene onzigtbare hand gedreven, gedurig in toenemende zwermen de Romeinsche grenzen overschrijden, de stuiptrekkingen van het zieltoogende Heidendom, de geboorteweeën van het zegepralende Christendom, dat zijn, Mijne Heeren, de welbekende verschijnselen, die den val van het Westersche rijk voorafgingen. Voor het uiterlijk statig, doch inwendig ondermijnd en verkankerd, houdt dat rijk tot in de vijfde eeuw zijnen ouden vorm. Het gelijkt op een uitgestrekt panneel welks lijstwerk en doek nog aanwezig en gaaf, maar waarop het schilderwerk en de voorstellingen zijn uitgeveegd.

Gedurende de al de voorbereidende beroerten, die de groote volksverhuizing voorafgingen bleven de Neder[l]anden onderworpen wingewesten. Dan werden zij ach-


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tervolgens of gelijktijdig afgeloopen door de Franken, Vandalen, Allanen, Suëven, Saksers, Friezen en andere barbaren, naar mate de groote optogt van Germanje tot bemagtiging der wereldheerschappij plegstatig voorwaarts trok. De sluizen van het kille noorden zijn nu geopend, de wateren zwellen aan, stijgen op, het onweêr loeit, het wrak der oude wereld gaat verzinken, doch de ark der Christelijkheid drijft op den vloed en draagt in haren schoot het kostbare zaad eener nieuwe beschaving. Toen de wateren gezakt waren, was de aarde weder woest en ledig. Het laatste Heidensche rijk was weggespoeld en de stamelende kindschheid van het Christelijke Europa ging beginnen.

Nadat de omzwervende horden een vast verblijf genomen hadden, vond men in Nedertand de Friezen en de Franken. In de VIIIste eeuw heeft de Frankische stam eene nieuwe wereldheerschappij opgerigt, op Christelijken voet geschoeid. Het rijk van Karel den Grooten, door Velleda voorspeld, was eindelijk vervuld. De Nederlanden werden even als de andere provinciën door kroonbeambten bestuurd, die alles regelden, wat krijgszaken betrof en tevens regt spraken.

De oudheidkundige vindt bij den eersten oogopslag in deze periode de overgang eene nieuwse, eene meer Duitsche en meer nationale rigting. De meeste gedenkteekenen van het jonge Christendom hier te lande dagteekenen uit de eerste helft van dit tijdvak. De graf- en gedenksteenen zijn als christelijk erkenbaar door het aanhalen van den sterfdag des overledenen, door de vrome spreuken: quiescit in Domino, migravit ad Christum of door de zinteekenen der eerste Kerk: den visch of den palmtak. Het beeldwerk van dit tijdstip is kantig, ruw en onbeschaafd; de proportie en de anatomie zijn verwaarloosd; het marmer van Carara wordt ver-


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vangen door den Nederlandschen hardsteen. Het Romeinsche gevoel bezield den beitel der kunstenaren niet meer.

De munten zelven hebben den Romeinschen tint verloren; de Germaansche vazen zijn ruw bewerkt en van slecht preparaat. Alles in dit tijdvak wijst op een volk, dat lang aan kluister heeft gelegen en nu – alhoewel nog jong en zwak – zijn eigen zelfstandig leven gaat beginnen. Ook de gebouwen hebben zich onder den werkenden invloed van het jonge Christendom van den Romeinschen trant losgerukt. De vijf orders zijn verwaarloosd: Rome moet wijken voor Bijzantium. Een nieuw geschenk biedt ons de oudheidkundige op dit tijdstip aan in de diplomatiek. Charters worden reeds in de VIde en VIIde eeuw gevonden. Zij bepalen zich, wel is waar, tot eenige schenkingen der Pepijnen en der Karels, maar zijn juist daarom des te hooger te waarderen, omdat de vernielende geest van dien tijd de studiën der geschienis niet alleen verlamd, maar bijna gansch vernield had.

Treden wij nu tot het tijdvak der middeleeuwen over. Karel-de-Groote had de taak op zich genomen, de vernielde beschaving weder op te timmeren. Doch hij kwam eene eeuw te vroeg. De bajert, waarin Europa sedert den val van het Romeinsche rijk gedompeld lag, was nog te magtig om geordend te worden. Zijn koene en opbouwende geest kon de zamenleving in geenen blijvenden vorm hergieten. De strijdige grondstoffen, waaruit hij zijn rijk had zamengesteld, vielen na zijnen dood noodwendig aan stukken. Karels opvolgers bezaten het verstand niet om de ontwerpen van hunnen groeten voorzaat te begrijpen, veel minder om die ten uitvoer te brengen. Gelijk een familiegoed werd het rijk in deelen en onderdeelen gesplitst om later nog meer verdeeld te worden. Ambtenaren der Kroon werden onafhankelijke Heeren, met het regt


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om over het volk te heerschen naar luim en welgevallen. Zoo ontstonden er onafhankelijke Graven van Holland, Namen, Henegouwen, Limburg en Gelderland, Hertogen van Luxemburg en Braband, Heeren van Mechelen, Heinsberg en Valkenburg, Markgraven van Antwerpen en andere, allen oppermagtige heerschers. Vijf eeuwen van een afzonderlijk bestaan dier verschillende onafhankelijke gewesten volgen daarop, voor dat die kleine riviertjes wederom in den groeten stroom, dien wij de Nederlanden noemen, zamen vloeijen.

In het tijdperk der middeleeuwen, – onder welk oogpunt men die ook beschouwe – vindt de oudheidkundige de rijkste bronnen zijner nasporingen. Immers dààr, Mijne Heeren, in de morgenschemering onzer tegenwoordige beschaving, wanneer onze lieve moedertaal hare eerste klanken begint te stamelen, onder den zuiveren Hemel onzer jonge gemeentevrijheden, ligt het vaderland dier godvruchtige Titanen, die in het bouwen hunner reusachtige domkerken, Ossa op Pelion stapelden, niet om den donderenden God van zijnen troon te storten, maar om wat korter bij den lieven Hemel te zijn en het engelreine gelaat van het goddelijk Kind en dat zijner zuivere Moeder te zien; dààr is het vaderland dier mystische heiligdommen, die in schichten en naalden, in torentjes en ogieven de gebeden der geloovigen ten Hemel voeren en hunne handen en armen van kalk en steen over de biddende menigte gebogen en gevouwen houden; dààr is het land dier dappere ridders met stralende helmen en snuivende rossen, die het duitsche Hoerra galmden op de veste van Damiate en voor de muren der heilige stad; dààr is de wieg dier grijze burg-kasteeten, die als martelaren onder de verdelgende mortieren onzer beschaving zijn weggezonken; dààr is de bakermat dier vrome kloosters, dier dichterlijke gilden en optogten; dààr is het


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vaderland dier onbegrijpelijke schilderstukken die door eene straal der Godheid schenen begunstigd te wezen, het vaderland dier rijkgekleurde folio-banden, die met de pen uit den vleugel eens Serafs schijnen geschreven te zijn. Mijne heeren, eene zaak kenmerkt de middeleeuwen boven al de anderen, en dit is het geloof. Oorlog en kunst, kruistogten en gezangen, gebouwen en verhalen, alles werd bestraald door dat goddelijk licht. Onze voorvaders waren mannen van geloof, en daarom stroomde uit hun vollen boezem eene zielsgrootte, eene heldenkracht, eene hemelsche kunst, die meesterstukken schiep, welke wij bewonderen maar niet evenaren kunnen. Mijne Heeren, onze eeuw gelooft niet meer en daarom dolen wij rond als vreemdelingen op het gebied onzer vaderen.

Ook de diplomatie wint in de middeleeuwen in gewigt en omvang aan. Onder de archieven, die alsdan gevormd werden, moeten wij eene reeks van bescheiden melden, die in vroegere tijdperken onbekend waren. Het zijn de leenboeken, eene soort registers, die aan het leenstelsel hun aanzijn te verdanken hebben en waarin niet alleen de leenroerige eigendommen omschreven worden, maar waarin tevens de naam, het ambt en ket sterfjaar van den leenbezitter staan ingeboekt; zoo dat de eigenaars der meeste onzer oude burgten, goederen en heerlijkheden daarin voor de geschiedenis bewaard blijven. Ook de munten worden in dit tijdperk van meerder gewigt. De kleine dinasten die zich de koninklijke gunst van geld te munten aanmatigden, oefenden die niet zelden ter sluiks of in het openbaar op hunne vaste burgten of in de kleinere steden uit. Het onderzoek door den oudheidkundige op het terrein der numismatiek gedaan, heeft eene menigte kleine Heeren ontdekt, hunne standplaatsen en hunnen leeftijd nader bepaald, en de minder of meer


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dere belangrijke rol, die zij in de aangelegenheden van hunnen tijd speelden, beschreven.

In de laatste helft van dit tijdperk valt den oudheidkundigen de Genealogie en de Heraldiek als erfenis ten deel. Uit het leenwezen stamt eene volksklasse, die onder vele opzigten ook nog in onze dagen, ofschoon zij geene dier voorregten meer bezit, welke haar in vroegere eeuwen bij het volk wel eens hatelijk maakten, eerbied en achting verdient. Ik bedoel den adel. Om als edelman door te gaan moest men regelmatige bewijzen leveren van eene edele geboorte, en dit gebeurde door tusschenkomst der Genealogie en der Heraldiek. De stamtafel door den Heraldicus onderzocht en bekrachtigd was het civielregister der adelijke familiën, en het geslachtswapen diende niet alleen tot ijdel sieraad, of tot eigennaam in beeldschrift, maar was tevens het onfeilbare merkteeken, waardoor zich twee familien van denzelfden naam van elkander onderscheidden. De stamboom en het wapenbord stonden onder de opperste hoede van den vorst en werden in bijzondere archieven door eenen ambtenaar, dien men wapenkoning of heraut noemde, bewaard. De wapenkoning was verpligt alle aanwezige stamtafels te verificeren, te authenticeren en tegen alle bedrog en vervalsching te beschermen. Welke stof deze verzamelingen van wapenen en stamtafels den oudheidkundigen in het belang der geschiedenis kan leveren, laat zich zeer wel begrijpen, wanneer wij bemerken, dat de naam alleen van verscheidene familien van ons vaderland, ons eene rij van helden in het geheugen roept, die op elke bladzijde der geschiedenis roemvol herdacht worden.

Eindelijk, Mijne Heeren, zijn de vijf eeuwen van afzonderlijk bestaan onzer Hertogdommen en Graafschappen verloopen. De vele kleine beekjes der Vaderlandsche


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geschiedenis zijn tot eenen grooten stroom zamengevloeid. Bourgondië heeft al de provincien verzwolgen. Weldra verschijnt voor de derde maal een Keizer als bewindvoerder aan haar spits, vergadert de laatste brokkels van ons gesplitst vaderland en levert hetzelve gaaf en bloeijend aan zijnen zoon, in wiens handen de scepter van Nederland andermaal gebroken wordt.

Mijne Heeren, het droevige tijdstip der Nederlandsche beroerten behoort niet meer tot mijn bestek. Ik kan echter niet nalaten U te zeggen, dat ook hier de oudheidkundige gewigtige diensten aan de Geschiedenis zal leveren. Er is misschien geen tijdperk, waarin de eenzijdige opvattingen en de listige kuiperijen zulke groote rol spelen dan in deze épisode. IJdele, halfbewezene beschuldigingen worden door laster en bekladding gestaafd. In de beide rigtingen heeft men alle kunstgrepen aangewend om leugen in waarheid, regt in onregt te verkeeren. Wat zich niet verdraaijen liet werd verzwegen en wat moest gezegd worden verkeerd uitgelegd. De eene zoekt de oorzaak der groote omwenteling in de vrijheidsliefde van het volk, een ander in het centralisatie-stelsel van den laatdunkenden Filips, een derde in de zamenzwering van den adel, of in de onverdraagzaamheid van Rome en de onbuigzaamheid van Geneve. Mijne Heeren, waar is de oplossing dezer tegenstrijdige gevoelens te vinden? Is het niet in de archieven onzer steden en provincien? En wien valt wederom de eer ten deel om die nasporingen te doen en de waarheid aan het daglicht te brengen? Is het niet den oudheidkundige?

Ziedaar, Mijne Heeren, wat ik U meende te zeggen over de werkzaamheden, die de kenner der oudheden te verrigten heeft in verband met de geschiedenis der Nederlanden. Het is nu tijd om te eindigen; de nieuwere geschiedenis behoort niet meer tot ons terrein. Wij hebben


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den oudheidkundigen op zijne lange en moeijelijke reis door al de eeuwen der geschiedenis gevolgd. Wij hebben hem het licht van zijn onderzoek zien verspreiden bij de eerste bewoners van onzen dierbaren vadergrond. Wij hebben hem gevolgd op zijnen togt door het Romeinsche tijdperk en zagen inschriften ontcijferd, kunstwerken hersteld, gedenkpenningen uitgelegd, eerezuilen uit den grond gedolven; wij hebben hem gezien bij de wieg van het Christendom en bij de bakermat der germaansche civilisatie; wij volgden hem langs de dichterlijke wegen der middeneeuwen, bezaaid met kunstwerken, heldendaden, legenden en minnezangen, en wij verlieten hem alleen wanneer de nieuwere geschiedenis, door haar eigen leven krachtig, zijnen steun niet meer verlangde.

Overal en altijd zagen wij hem duistere feiten ophelderen, verborgene heldendaden bekend maken, begane misstappen herstellen, miskende waarheden verkondigen. Overal en altijd bleef hij getrouw aan zijnen roep om den geschiedschrijver als gids te dienen en zijnen evenmensch nuttig te zijn.

Mijne Heeren, gij zijt overtuigd van de verdiensten der archeologie; gij zijt overtuigd van het nut, dat de oudheidkundige in de geschiedenis, in het vaderland, in de zamenleving kan stichten. Mijne Heeren, zijn doel en zijne taak is ook het doel en de taak van het oudheidkundig genootschap in dit Hertogdom. Daarom durf ik – en dit is mijn laatste woord – een wensch uiten die gewis ook de uwe is. Dat ons oudheidkundig genootschap bloeije, dat het nuttig weze voor de geschiedenis, voor onze medeburgers, voor het dierbare vaderland. Dat het de vruchten voortbrenge die men van dergelijke instellingen verwacht. Dan, mijne Heeren, is ook de moeite die wij ons geven om hetzelve in stand te houden eene eervolle, en wij leggen niet onbeloond den verschildig-

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den penning in den offerblok van vooruitgang en beschaving. »


DONS FAITS A LA SOCIÉTÉ POUR LE MUSÉE.

Plusieurs dons sont déja parvenus à la société, dont nous ferons suivre la liste.

Pour le musée, que la société se propose de former avec le concours de l’administration communale: Un casque, en fer, de l’époque de Charles V, trouvé à Gruijtrode, ancienne commanderie de l’ordre teutonique, dans la province du Limbourg belge, offert par M. Starren-Pullinx, en destination pour le musée. — Un buste-miniature, en vert antique, objet très-rare et curieux posant sur un chapiteau. Il a été déterré à une grande profondeur dans le gravier, en creusant les fondations de la fabrique de papiers de MM. Lhoest et Lammens, au bord de la Meuse. Cette antique sculpture a été offerte par M. Mathieu Janssen, professeur de dessin et membre de la société. — Un chapiteau roman du 12me siècle, en pierre, provenant d’un monument de la ville ou des environs, et un vase en terre cuite trouvé prés de l’église St-Martin à Wyck, en creusant le terrain de l’ancien cimetière; objets offerts par M. le président. — Un petit vase en terre cuite, d’une forme simple et d’une époque réculée, qu’on a déterré en construisant le bâtiment servant d’école gardienne, à côté du presbytère de l’église St-Martin. Il a été offert par M. van den Dijk, avec une pièce de monnaie obsidionale de Maestricht, de 1579. — Par M. Gulikers, trésorier de la Société: un vase et une petite lampe en terre cuite de l’époque romaine, trouvés à Kessel, près de Venlo, ainsi qu’un coffret-trésor du 17e siècle. Un vase (même genre que celui trouvé à côté du presbytère de Wyck) qu’on a


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déterré rue de Bois-le-Duc, dans la propriété de M. Pierre Regout. — Par M. Groutars: une miniature et trois chaises antiques. — Par M. le secrétaire Russel: une urne cinéraire trouvée à Hontem, sous Gronsveld. Une boîte à tabac, époque de la guerre de trente ans, ornée des armoiries des sept provinces-unies. — Par M. le professeur Russel, à Ruremonde, une collection de piéces de monnaie et de médailles de différents pays et souverains.


POUR LA BIBLIOTHÈQUE.

De l’académie royale des sciences des Pays-Bas: un exemplaire de son rapport sur les monuments de l’art national, intitulé: Verslag van de Commissie der Koninklijke akademie van wetenschappen, tot het opsporen, het behoud en het bekend maken van overblijfsels der Nederlandsche kunst uit vroegere tijden. — De M. le vicomte Eugène de Kerckhove-Varent: un exemp. de son discours prononcé au congrès des catholiques, à Malines, en 1863. — De M. l’abbé Kempeneers, un exemp. de son savant ouvrage: De Heerlijkheid van Montenaeken of historische en werkelijk afbeeldsel eener vrije gemeente in Haspengouw, vooral sedert de XVIe eeuw tot het einde der XVIIIe, met platen en oorkonden. 2 deelen. Leuven, boekdrukkerij van C. J. Fonteijn. 1862. in-8o. — De M. J. Habets, vice-président du comité: 1. Jan van Weert, generaal der Beyersche- en keizerlijke kavalerie, en Jan van der Croon, goeverneur van Praag en onder-koning van Bohemen. Roermond 1862; 2. Beknopte levenschets van den kanonik Herman Joseph Beugels, lid en hersteller der abdij Postel, aarts-priester en pastoor te Helmond, lid der orde van den Nederl. leeww enz. Arnhem, Josué Witz. 1861; 3. Levenschets van den veldmaarschalk Godfried Huyn van Amstenrade, land-kommandeur der Baly Biessen. Roermond 1860. — De


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M. le secrétaire Russel: 1. De Heerlijkheid Geleen, gevolgd door aanteekeningen over het voormalige Heerlijkheid Mheer; 2. Kronijk van Sittard met aanhangsel over Koning Zwentibold en Born, form. in-8o; 3. De Anvermannetjes, historisch romantisch verhaal uit de XVIIe eeuw. form. in-12. — De M. Joseph van der Maelen, à Bruxelles: sa carte archéologique, ecclésiastique et nobiliaire de la Belgique, édition de 1864, 4 feuilles; une empreinte d’un sceau de l’église Saint-Servais, à Maestricht. — De M. Stanislas Bormans, archiviste à Liége: un exempl. de sa publication: Le bon métier des Tanneurs de l’ancienne cité de Liége, mémoire couronné par la Société Liégeoise de la littérature wallonne, précédé du rapport de M. Picard, rapporteur du jury, accompagné de recherches sur le corps des 32 bons métiers de la citém etc. Avec planches polycrômés, représentant les armoiries des métiers de tanneurs de plusieurs villes de la Belgique. Format in-8o. Liége. Imprimerie de J. G. Garmanne. 1863. — De M. Ulens, conseiller provincial à St-Trond, président de la société « de Vlaemsche broeders van Limburg »: un exemplaire de: Geschiedkundige verscheidenheden, voorgelezen in het taalminnend genootschap etc. Hasselt 1862, in 12o.


EXTRAITS DE LA CORRESPONDANCE DE LA SOCIÉTÉ.

La correspondance de la soeiété a été active et nombreuse, et le grand nombre d’adhésions qui sont parvenues au comité, repondent de la confiance et de la considération, dont jouit notre association dàs son début. Il nous est cependant impossible de publier toutes les lettres qui ont été adressées à MM. le président, au secrétaire et à d’autres membres du comité, et nous nous bornerons à détacher des extraits de quelques-unes, en donnant in extenso,


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celles qui contiennent des notices archéologiques ou des renseignements utiles à la société.

— M. Perreau, notre savant concitoyen, nous écrit de Tongres, « qu’il applaudit à la création de notre société archéologique, et qu’il tâchera de se rendre utile à cette oeuvre.»

— M. le gouverneur de la province de Limbourg (Belgique) comte T’ Serclaes de Wommersom, écrit en date du 10 octobre : « M. le président! Cette institution me parait être appelée à rendre à la science, qu’elle a pour but, les services les plus utiles, et j’applaudis vivement à l’idée qui vous l’a fait concevoir. J’adhère donc bien volontiers à ses statuts et je vous prie, Monsieur le Président, de bien vouloir m’inscrire comme un des membres devotre jeune société. » Par une seconde lettre M. le gouverneur s’excuse de ne pouvoir assister à l’assemblée générale du 3 janvier.

— En date du 5 décembre 1863, MM. les bourgmestre et échevins de la ville informent la société, que par arrêté du 11 novembre, le conseil lui aecorde la jouissance de deux locaux dans l’ancien couvent des Augustins jusqu’à révocation. Le comité a remercié l’honorable collége et le conseil de cette concession, en émettant le vœu que le concours ultérieur de l’administration ne fera pas défaut à la société, pour continuer son œuvre entreprise.

— M. l’abbé A. Kempeneers, docteur en droit canon, ancien membre du conseil épiscopal de Liége, professeur et examinateur synod. du diocèse, écrit à M. le président, en offrant à la société son ouvrage : de oude vrijheid Montenaeken.

« Les longs et nombreux souvenirs et rapports qui lient l’ancienne cité de Maestricht et ses onvirons à la Belgique, et surtout à la province de Limbourg ou l’ancien


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pays de Liége, ont été et sont encore trop intimes, trop vivaces, pour qu’un Belge, un Limbourgeois, ne prenne pas à cœur tout ce qui peut être propre à les rappeler, les illustrer et les cimenter. A cette fin, M. le président, la société archéologique que vous venez de fonder et dont le siége est à Maestricht, est loin, selon moi, d’occoper la dernière place. Bien naturel est donc mon désir de la voir pleinement réussir. Aussi, si contre mon habitude, j’ai donné mon nom à votre bulletin d’adhésion, c’est que je voudrais pouvoir, en temps et lieu, y contribuer dans la mesure de mes forces. »

— M. Stas, conseiller à la cour de cassation de Bruxelles, en adhérant à la société, dit dans sa lettre du 5 décembre: « Je ne saurais être indifférent Monsieur, aux travaux d’une société qui s’occupe de l’histoire d’une province, à laquelle je suis attaché par ma naissance, ainsi que par d’anciens et de longs souvenirs. »

— M. Reinartz, doyen de l’église primaire de Tongres, et membre correspondant de la commission royale des monuments (Belgique) exprime toute sa sympathie pour la société en s’inscrivant comme membre.

— M. le colonel H. de Veije de Burine, à Utrecht, écrit dans sa lettre d’adhésion: « qu’il est charmé et honoré d’être membre de la société archéologique dans le duché de Limbourg. »

— M. le baron Charles de Keverberg d’Aldengoor, écrit à M. le président qu’il tâchera d’enrichir le musée de quelques antiquités, promesse pour laquelle le comité exprime sa reconnaissance à M. de Keverberg. Le comité regrette de ne pouvoir publier l’ouvrage, dont s’occupe M. le baron de Keverberg, comme n’entrant pas dans le cercle des travaux de la société.

— M. le vicomte Eugène de Kerkhove, ancien ambassa-


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deur de la cour ottomane près des cours de Bruxelles et de Madrid, en offrant à la société un exemplaire de son discours prononcé au congrès des catholiques de Malines, s’exprime ainsi dans sa lettre y jointe: « Je suis extrêmement reconnaissant de la flatteuse proposition que vous voulez bien me faire de m’admettre parmi les membres de la société archéologique du Limbourg. Vous connaissez ma profonde affection pour cette belle province, à laquelle se rattachent tant de liens et de souvenirs; vous ne pouvez donc douter du plaisir que j’aurai à voir mon nom inscrit dans une association qui a pour objet l’étude des monuments, etc. »

— Le savant P, Terwecoren, professeur au collége de Saint-Michel à Bruxelles, et directeur de la publication: Précis Historiques, promet de se rendre utile à la société. Par une seconde lettre, datée du 26 décembre, ce savant s’excuse de ne pouvoir assister à la dernière assemblée générale.

— M. Joseph van der Maelen, de l’établissement géographique de Belgique à Bruxelles, offre sa collaboration à la société, en lui faisant don des objets mentionnés sous la rubrique Bibliothèque. M. Joseph van der Maelen, qui donne des preuves nombreuses de sympathie pour notre société, écrit à M. le président, entre autres, dans sa lettre du 11 décembre: « L’article 20 de vos statuts me parait fort heureux; plusieurs villes de Belgique ont déjà formé par le concours des sociétés d’archéologie des musées provinciaux fort remarquables. Les quelques objets anciens que je possède, et qui ont le duché de Limbourg pour provenance, m’ayant été donnés pour augmenter les collections de l’établissement géographique, — et par des amis qui y viennent journellement — je ne puis m’en dessaisir; mais je vous


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enverrai, si vous le désirez, le dessin des objets suivants:

1o Débris de vases en verre trouvés à Wittem où Wendelin et Foulon plaçaient l’Atuatuca Tungrorum, le fond d’un des vases porte les lettres F. R. O. N;

2o Empreinte du sceau de la Cour féodale de Fauquemont;

3 Empreinte du sceau aux causes de l’église St-Servais à Maestricht (orbiculaire). J’en possède 2 ex., j’en offre donc un à la société archéologique;

4o Empreinte du sceau de Ruremonde, 1589;

5o Id. id. St-Bartholomé à Sittard;

6o Id. id. la Cour Suprème de la haute Gueldre à Venlo, attaché à un acte autorisant la vente du fief d’Oodenraade à Vlodorp en 1786;

7o Empreinte du sceau des Echevins de Weert (bâtiment chargé d’un écusson aux armes du comté de Horn).

L’importance des études sigillographiques est aujourd’hui bien comprise, et plusieurs de mes sceaux ont déjà servi à illustrer les ouvrages de MM. Wauters, Heelemans et Chalon, je ne doute donc aucunement que notre société ne s’applique d’en réunir le plus grand nombre possible, soit en originaux, soit en dessins.

J’ai aussi moyen de contribuer à la création du Musée limbourgeois, c’est de vous offrir un exemplaire de ma Carte Archéologique, éd. de 1864, dont la 2me feuille surtout intéressera mes confrères, j’ose appeler leur attention toute spéciale sur le divesticulum, qui du gué de Lixhe, passant entre Eysden et Mouland a été reconnu en 1862 par M. van der Elst, entrepreneur du chemin de fer de Maestricht à Liége; sa continuation par le Moerslag le fait aboutir à Hontem, d’où il rejoindra sans doute la grande voie de Pons Mosæ à Juliacum. Ne faisant imprimer que quelques exemplaires à la fois et foutes les


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pierres étant conservées, je puis constamment ajouter les nouvelles découvertes, et je me recommande instamment à mes collègues, afin de perfectionner mon travail autant que possible. Je joindrai à ma Carte quelques prospectus pour en faire mieux comprendre le but scientifique.

— M. Alb. d’Otreppe de Bouvette, président de l’institut archéologique liégeois, en adhérant aux statuts de la société, dit dans sa lettre: « mes sentiments et ma sympathie vous étant acquis, j´ai l´honneur de vous prier de vouloir bien m´inscrire au nombre de vos membres adhérents. »

— M. le comte de Kerckhove-Varent, président de l´académie d´archéologie de Belgique, remercie la société pour l'honneur qu´elle lui a fait de l´admettre au nombre de ses membres honoraires.

— Le savant Pére F. B. Moulaert, des Frères Prêcheurs, à la Sart-lez-Huy, nous écrit qu´il offre ses bons services à l´association. La société les accèpte avec empressement, et comme preuve de sa considération pour le talent du P. Moulaert, le comité vient de l´admettre au nombre de ses membres correspondants.

— M. le baron Guillaume de Crassier,conseillera la Cour de Cassation de Bruxelles, donne à M. le président, dans sa lettre du 31 déeembre, des détails sur un ancien sarcophage, provenant de l´ancienne société des amis des sciences, lettres et arts, et s´exprime ainsi: « Pour satisfaire à la première question (l´origine du sarcophage), j´ai dù avoir recours à mon collègue M. Stas, qui a été pendant quelques années secrétaire général de la société des amis des sciences, lettres et arts. Il m´a renvoyé à son rapport pour l´année 1830, publié au mois de mars 1831, p. 9. Ce rapport, a-t-il ajouté, ainsi qu´une notice de M. Cudell, à laquelle il se réfère à eet égard, doivent se trouver dans les archives de la dite société, actuellement confiées, pense-t-

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il, à la Société d´Emulation à Maestricht. Je ne possède pas le rapport. Je me rappelle bien que le sarcophage dont vous m’entretenez, avait été trouvé à Schinveld, et qu’il fut donné par M. le gouverneur de la provinec à la société, et qu’aussi, à cette occasion, il a été parlé d’un autre sarcophage trouvé, je crois, à Limbricht. Mais j’ignorais le sort des archives de la société. »

— Jhr. J. W. van Sypensteyn, chambellan de S. M. le roi, à La Haye, exprime dans sa lettre du 29 janvier l’intérêt qu’il prend à notre société, en s’y inscrivant comme membre.

— M. J. H. P. Ulens, conseiller provincial à St-Trond, s’excuse de ne pouvoir assister à la dernière assemblée générale du 3 janvier, et offre à la société sa publication, intitulée: Geschiedkundige verscheidenheden voorgelezen in het taelminnend genootschap, de vlaemsche broeders van Limburg, société que préside M. Ulens.

— M. Charles Guillon, notre savant confrère de Ruremonde, écrit entre autres dans sa lettre du 30 décembre: « Dès que je trouve un peu de loisir, je m’empresserai de contribuer, autant que mes faibles moyens me le permettent, aux publications que notre nouvelle société se propose de faire. A cet effet, je m’occupe en ce moment de recherches concernant l’église de St-Christophe en cette ville, dont on ignore jusqu’ici la fondation. Dès que je pourrai y mettre la dernière main, j’aurai l’honneur de vous soumettre cette notice, afin de la faire insérer aux bulletins, si vous la jugez assez intéressante pour être livrée à la publicité. »

— Nous donnons ci-après une lettre de M. Stanislas Bormans, conserveur-adjoint des archives de l’Etat à Liége, qui contient outre les preuves de sympathie de ce savant pour notre société, des données intéressantes sur des pièces des anciennes archives de l’église St-Servais de notre


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ville. Nous remercions ici encore M. Bormans de son bel ouvrage: le bon métier des Tanneurs, dont il a fait don à la société. Voici sa lettre qui accompagne son ouvrage:

« Monsieur le Président,

J’ai reçu votre aimable lettre, et peu après les statuts de la Société archéologique pour le duché de Limbourg. Veuillez bien, Monsieur, remercier mes nouveaux collègues de l’honneur qu’ils me font, et recevoir en particulier l’expression de ma sincère gratitude. Je réïtère ma promesse de concourir, pour autant qu’il est en moi, au succès de votre utile et patriotique institution. Et pour commencer, j’ai l’honneur de vous faire parvenir ci-joint la copie d’une charte assez curieuse que j’ai rencontrée dans les archives de Le Fort et à laquelle M. Perreau (Rech. hist. sur le chap. imp. de St-Servais Maestricht, p. 29) fait allusion. Comme je suppose que vous ferez un jour un Codex diplomaticus de votre ville, celle-ci pourra en faire partie, si vous ne l’avez pas déjà; mais je ne crois pas l’avoir remarquée dans les publications que vous avez fait paraitre dans le Messager de Gand. L’imprimer isolément me paraitrait prématuré. Veuillez donc la conserver jusqu’à ce que vous puissiez en faire bon usage. J’aurai soin de vous signaler les autres pièces qui peuvent vous intéresser, et qui se trouvent ici. Je suis au reste à la disposition de ces Messieurs pour le cas où ils auraient besoin d’un renseignement quelconque que je serais à même de pouvoir leur donner.

II ne sera peut-être pas inutile de vous faire remarquer qu’il existe à Paris un cartulaire de l’église St-Servais de Maestricht: Bibliothèque impériale, section latine, numéros 10178—10180, 3 volumes in-fo sur papier; je l’ai parcouru, et il me parait qu’il y régne fort peu d’ordre. Je vous signalerai encore le n. 9306, 17 pièces concernant


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divers établissements à Maestricht; n. 9307—9314, chartes de l’église St-Servais à Maestricht; n. 9315, 8 bulles pour la maison St-Antoine à Maestricht, sur laquelle vous avez publié une si excellente notice; n. 9316, 11 bulles pour le couvent de la Madeleine à Maestricht.

Si j’avais pu prévoir, que ces pièces pouvaient vous être utiles, j’aurais pris des notes détaillées l’été passé à Paris; mais je ne me doutais pas de l’honneur qui m’arrive aujourd’hui.

Permettez-moi enfin, Monsieur, d’offrir à la société, pour sa bibliothèque, ma dernière publication, quoique ce ne soit qu’une monographie toute locale, et veuillez agréer l’assurance de ma considération la plus distinguée.

St. Bormans. »

— M. H. Schuermans, procureur du Roi à Hasselt, adresse à M. le président la lettre suivante, qui intéressera beaucoup les savants, tant à cause du sujet qu’elle traite que par le talent avec lequel les idées y sont développées. Nous la ferons suivre ci-après, en faisant cependant la remarque, que M. le président a informé M. Schuermans, qu’il n’a fait aucune acquisition d’antiquités prétendûment trouvées dans le terrain de la station du cbemin de fer de Tongres à Bilsen:

« Monsieur le Président,

Vous voulez bien me demander quelques lignes pour l’une des premières publications de la Société Archéologique du Limbourg; je suis trop heureux de cette ciriconstance qui me permet de relier, sinon les relations internationales, au moins celles de confraternité avec d’anciens concitoyens, pour ne pas m’empresser de répondre à votre appel.

Je choisis du reste un thème qui appartient à vous, nos


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confrères de Maestricht, comme à nous-mêmes; je veux parler des traces de l’occupation romaine dans le Limbourg, traces glorieuses pour nous, car elles témoignent de la résistance de nos pères et des efforts nombreux et répétés que le peuple-roi a dû faire pour l’emporter sur les habitants de la contrée.

La Hesbaye, dont une partie appartient au Limbourg, est parsemée de tombelles sur l’origine desquelles on n’était pas d’accord. Schœpfflin, dans son Alsatia illustrata, parlant des tumulus qu’il avait aperçus principalement dans l’itinéraire de Bruxelles à Tongres, y voyait des monuments celtiques comme ceux que, d’après César, les Gaulois élevaient sur le butin ravi à l’ennemi; c’est également à peu près l’opinion de deux savants belges, M. d’0treppe de Bouvette, président de l’institut archéologique liégeois et de M. le général Renard. MM. Schayes et Perreau pensent au contraire qu’il s’agit là de monuments germaniques, en dépit de Tacite, d’après lequel les Germains méprisaient le fardeau inutile de monuments ardùs, et couvraient leurs morts d’un simple gazon, c’est-à-dire de tout petits tertres, comme on en en voit chez vous à Bergeyk, à Alphen, à Baarle-Nassau, ehez nous à Caulille, Neerpelt, Casterlé, etc. Il en est même qui assiguent aux tumulus de la Hesbaye une époque plus récente, en les attribuant soit aux Huns, Vandales ou Goths, comme l’abbé de Feller, soit aux Franks, comme M. Driesen, soit enfin avec M. Galesloot, aux populations belges de l’époque romaine, mais déjà colonisées et complétement absorbées par la civilisation des conquérants.

La tradition populaire, nonobstant ces attributions si diverses, n’en continue pas moins à appeler les tumulus de la Hesbaye des tombes romaines, et la tradition populaire a raison.

Plusieurs découvertes récentes d’antiquités faites dans


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les tumulus de Thisnes, d’Omal, d’Avernas le Baudouin, de Montenaken (tombe Hémava), n’avaient pas suffi pour dessiller les yeux des érudits; je sollicitai et j’obtins le concours du gouvernement, et à l’aide de subsides et de la collaboration précieuse de M. l’abbé Kempeneers, de Montenaken, notre collègue, des fouilles furent opérées dans plusieurs tumulus de la Hesbaye.

Aujourd’hui, aucun doute ne semble plus permis; les richesses funéraires récélées sous ces tumulus par des fosses sépulcrales d’une profondeur de plus de deux mètres dans l’ancien sol, indiquent bien positivement, tant par la céramique que par les monnaies, des sépultures du IIe siècle; en outre les objets artistiques mis au jour par nos fouilles, ont une origine purement romaine: tels sont par exemple une magnifique fiole en verre pourpré, ayant la forme d’une grappe de raisin; une buire en bronze doré dont l’anse représente un vieillard tenant un masque tragique; une lampe en bronze à cou de cygne, comme celles qui servaient au culte d’Apollon; un trépied; un petit calice double à destination de brûle-parfums (fouilles dans les drij-tommen de Fresin, province de Limbourg); des plaques d’ivoire sculptées représentant des génies bacchiques se livrant aux vendanges, ainsi qu’un Vulcain, orné de son bonnet caractéristique et armé de tenailles; un miroir de cuivre étamé comme ceux que, d’après Pline, on fabriquait à Brindes; enfin divers vases de bronze doré, comme ceux dont, au dire du même Pline, les Romains faisaient grand usage (fouilles dans la Bortombe de Walsbetz, actuellement province de Liége, mais dépendant anciennement de la commune limbourgeoise de Montenaken).

Ajoutons à cela, bien que chaque sépulture ait fourni une cinquantaine de vases et d’objets de toute espèce, l’absence absolue de toute matière d’or, comme si les enfouisseurs avaient eu à cœur d’observer ce précepte de la loi


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des XII Tables: « Ne placez ni or ni argent dans les sépultures, excepté le métal dont les dents du défunt seront liées. » Puis encore l’absence complète de tout fragment de brique ou de tuile, d’où, à raison de la loi d’Hadrien interdisant le transport de matériaux de construction, et à raison aussi de la circonstance que les sépultures antiques voisines d’habitations contiennent généralement des débris de ce genre, l’on a tiré la conclusion que les tumulus de la Hesbaye sont des traces de combats ou de campements, révélant la préscnce, pendant tout le second siècle, des armées romaines dans la Hesbaye qu’elles occupaient militairement.

A la vérité, une des tombelles visitées au Tombosch, à Niel Saint-Trond, a révélé des fragments de tuiles à rebords et de tuiles faitières (imbricues et tegulae); à la vérité aussi, à Walzbetz et à Montenaken, à une certaine distance des tombes fouillées, l’on a découvert des substructions antiques qui pourraient fort bien se rapporter à des établissements belgo-romains situés dans leo voisinage ; mais le tumulus du Tombosch a fourni une monnaie de Maro-Aurèle indiquant déjà une époque voisine de la fin du second siècle, où sans doute des habitants du pays remplacèrent les Romains dans leurs établissements, en s’y fixant et en y élevant des constructions permanentes; de là ces tuiles el ces fondations découvertes dans le tréfonds du sol. Au surplus une étude spéciale de ces restes d’habitations antiques, sera faite dans le courant de cet hiver, en cinq endroits différents: au Haemberg et dans le Weijerbamd à Montenaken, dans les champs dépendant de la ferme de Jeaacourt à Walsbetz, et plus près encore de la Bortombe, sur un point dépendant, je crois, de la commune de Landen ; enfin dans les champs appelés les Gallosi (Gallorum sedes?), sous Avernas le Bauduin (Hivernalia?). J’aurai soin de vous tenir au courant de nos explorations.


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Je termine, Monsieur le président, en vous adressant un appel à vous-même, pour nous faire connaître les objets que, selon ceriains renseignements, vous êtes parvenu à acquérir à Tongres des ouvriers travaillant à la station de cette ville. Voici l’importance de la description sollicitée de vous : l’emplacement où la trouvaille a été faite, est situé à l’intérieur de l’enceinte romaine; or, la loi de XII Tables défendait de placer des sépultures à l’intérieur des villes; d’où la conclusion que s’il s’agit de vases funéraires, ils appartiennent plutôt à des populations qui n’observaient pas la loi romaine. D’un autre côté, il est plus que probable que l’invention du tour et l’importation de l’usage de cet instrument ont fait complétement disparaitre l’emploi des poteries façonnées à la main, traces d’une époque barbare. Si des poteries trouvées sur l’emplacement du Tongres romain, sont de ces poteries grossières comme celles que Bergeyk, Alphen, Baarle-Nassau, etc., ont révélées, je ne craindrais pas d’affirmer que la question de l’emplacement de l’Atuatuca de César a fait un pas immense et marche vers sa solution, mieux qu’à l’aide des plus savantes dissertations; car les textes ne suffisent plus pour la solution des questions archéologiques: c’est la terre, ce livre de six mille ans écrit avec des ossements et des ruines, comme le dit si bien l’abbé Cochet, qui’il faut désormais interroger.

Je crois néanmoins devoir vous prémunir contre un danger: quelques-uns des objets donnés comme provenant de la station de Tongres, me sont très-suspects, au moins pour ceux qu’il m’a été loisible d’examiner(et parmi ceux-là ne figurent pas les vôtres). Je crains qu’un des nombreux fournisseurs du cabinet d’antiquités du regrettable comte de Renesse, n’ait profité de la circonstance des découvertes, du reste réelles, faites à Tongres, pour écouler, comme on dit, son fond de magasin qui n’avait plus de


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placement par suite de la mort de son acheteur; il s’agirait donc de vérifier de prés la provenance desobjets qui vous ont été cédés à Tongres, avant de les décrire.

J’ai l’honneur, etc.

H. Schuermans.      

Hasselt, 14 Novembre 1863.