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Œuvres complètes de Béranger/Oraison funèbre de Turlupin

List2.svg Pour les autres éditions de ce texte, voir Oraison funèbre de Turlupin.


ORAISON FUNÈBRE
DE TURLUPIN


Air : C’est à boire, à boire, à boire, etc. (Air noté )


    Il meurt, et la joie expire !
    Il meurt, lui qui si souvent
    Nous a fait mourir de rire
    À son théâtre en plein vent !
    Il nous charmait à toute heure,
                        Ah !
Soit en Gilles, soit en Scapin.
    Que l’on pleure, pleure, pleure
    Au convoi de Turlupin.

    Sans daigner le reconnaître,
    Notre siècle si profond
    A vu Socrate renaître
    Sous l’habit de ce bouffon.
    Pour que son nom lui survive,
                        Ah !
Prends, Clio, prends ton calepin.
    Qu’on écrive, écrive, écrive
    L’histoire de Turlupin.


    Culot d’une sainte abbesse
    Et d’un prélat respecté,
    Turlupin de sa noblesse
    Ne tirait point vanité.
    Il ne pouvait voir sans rire,
                        Ah !
Ses aïeux cités dans Turpin.
    Qu’on admire, admire, admire
    Le bon sens de Turlupin.

    D’abord il prit la Bastille,
    Fut soldat, et puis blessé ;
    Vint jouer à la courtille,
    Par la misère engraissé.
    La gaîté fut sa recette,
                        Ah !
Sa poudre de prelinpinpin.
    Qu’on achète, achète, achète
    Le secret de Turlupin.

    Doux censeur des grandeurs fausses,
    Aux pauvres, ses bons amis,
    En rafistolant ses chausses,
    Il disait, pauvre et mal mis :
    Au vrai bonheur puisqu’il mène,
                        Ah !
Le sabot vaut bien l’escarpin.
    Que l’on prenne, prenne, prenne
    Des leçons de Turlupin.

    — Du roi viens voir la personne.
    — Non, répondait-il, non pas.

    Ôtera-t-il sa couronne
    Quand je mettrai chapeau bas ?
    Ma foi, s’il faut crier vive !
                        Ah !
Vive l’ami qui cuit mon pain !
    Que l’on suive, suive, suive
    L’exemple de Turlupin.

    — Chante au peuple des dimanches
    Les vainqueurs pour dix écus.
    — Moi, déshonorer mes planches !
    Non, dit-il, gloire aux vaincus !
    — En prison suis-nous donc vite.
                        Ah !
Je vous suis, Monsieur de Crispin.
    Qu’on imite, imite, imite
    Ce beau trait de Turlupin.

    Veux-tu qu’Ignace t’assiste ?
    — Non, fi de ces noirs manteaux !
    Entre eux et nous il existe
    Rivalité de tréteaux.
    Ton dieu, Marie Alacoque,
                        Ah !
N’est pas plus mon dieu que Jupin.
    Qu’on invoque, invoque, invoque
    Le dieu du bon Turlupin.

    Messieurs, honorons la cendre
    De qui n’eut qu’un seul défaut.
    Sa mère était chaude et tendre,
    Turlupin fut tendre et chaud.

    Il eût de la pomme d’Ève,
                        Ah !
Croqué jusqu’au dernier pépin.
    Qu’on élève, élève, élève
    Une tombe à Turlupin.



Air noté dans Musique des chansons de Béranger :


ORAISON FUNÈBRE DE TURLUPIN.

Air : C’est à boire, à boire, à boire, etc.
No 240.



\relative c'' {
  \time 6/8
  \key c \major
  \tempo "Allegro."
  \autoBeamOff
  \set Score.tempoHideNote = ##t
    \tempo 4 = 120
  \set Staff.midiInstrument = #"piccolo"
\partial 4. c4 c8 | b4 b8 a4 gis8 | a4 a8 c4 c8
b4 b8 a4 gis8 | a4 r8 c4 c8 | b4 b8 a4 gis8 | a4 a8 c4 c8
b4 b8 a4 gis8 | a4 r8 a4 b8 | c4 b8 c4 d8
% {page suivante}
e4 e8 a4.~ a4 e8 e4 f8 | g4 f8 e4 d8 | c4 r8 c4 c8
b4 b8 a4 gis8 | a4. a8 c d | e4 d8 b4 c8 | a4. \bar "||"
}

\addlyrics {
Il meurt et la joie ex -- pi -- re
Il meurt lui qui si sou -- vent
Nous a fait mou -- rir de ri -- re
À son thé -- âtre en plein vent
Il nous char -- mait à toute heu -- re
"Ah !"
Soit en Gil -- les soit en Sca -- pin
Que l’on pleu -- re pleu -- re pleu -- re
Au con -- voi de Tur -- lu -- pin.
}


MÊME CHANSON,
Air du Comte Ory (de Doche.)
No 240 bis.



\relative c'' {
  \time 3/4
  \key c \major
  \autoBeamOff
  \set Score.tempoHideNote = ##t
    \tempo 4 = 110
  \set Staff.midiInstrument = #"piccolo"
a8 a c c e e | a2 (e4) | c r gis8[ (a)] 
b4 b8 e e e | e4 (c8) r r4 | a8 a c c e e 
a2 (e4) | c r a | d8[ (e16 f)] e8 d c b | a'2 a,4 
d8[ (e16 f)] e8 d c b | a4 r r | b8 b b f' e d 
c2 (b4) | a4. a8 gis a | c4. f8 e d | c4 r8 a gis a 
c4 r8 a gis a | c2 r4 | a8 a c c e e | a2 (e4)
c4 r gis8 a | b4 b8[ (e)] e e | e4 (c8) r r4 | a8 a c c e e 
a2 (e4) | c r gis8 a | b[ (d16 f] e8) d c a 
% {page suivante}
a'2 a,8 a | b[ (d16 f)] e8[ (d)] c b | a4 r r \bar "||"
}

\addlyrics {
Il meurt et la joie ex -- pi -- re
Il meurt lui qui si sou -- vent
Nous a fait mou -- rir de ri -- re
À son thé -- âtre en plein vent
À son thé -- âtre en plein vent
Il nous char -- mait à toute heu -- re
Soit en Gil -- les soit en Sca -- pin
Soit en Gil -- les soit en Sca -- pin
Que l’on pleu -- re pleu -- re pleu -- re
Au con -- voi de Tur -- lu -- pin
Que l’on pleu -- re pleu -- re pleu -- re
Au con -- voi de Tur -- lu -- pin.
Au con -- voi de Tur -- lu -- pin.
}

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