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LE SECRET DE WILHELM STORITZ.

« Aucune, monsieur Vidal, me répondit-il, vous pouvez être certain que notre homme n’a pas reparu à Ragz.

— Est-il encore à Spremberg ?

— Tout ce que je puis affirmer, c’est qu’il y était encore, il y a quatre jours.

— Vous en avez reçu l’avis ?

— Oui, par un courrier de la police allemande, qui me confirme le fait.

— Cela me rassure.

— Et moi, cela m’ennuie, monsieur Vidal. Ce diable d’homme — et diable est le mot — me paraît peu disposé à jamais franchir la frontière.

— C’est tant mieux, monsieur Stepark !

— C’est tant mieux pour vous, mais, comme policier, j’aurais aimé à lui mettre la main au collet, à tenir cette espèce de sorcier entre quatre murs !… Enfin, plus tard, peut-être…

— Oh ! plus tard, après le mariage, tant que vous voudrez, monsieur Stepark. »

Je me retirai en remerciant le chef de police.

À quatre heures de l’après-midi, nous étions réunis dans le salon de l’hôtel Roderich. Deux carrosses attendaient sur le boulevard Tékéli, — l’un pour Myra, son père, sa mère et un ami de la famille, le juge Neuman, l’autre pour Marc, le capitaine Haralan, un de ses camarades, le lieutenant Armgard, et moi. M. Neuman et le capitaine Haralan étaient les témoins de la mariée, le lieutenant Armgard et moi, ceux de Marc.

Ainsi que le capitaine Haralan me l’avait expliqué, il ne s’agissait pas, ce jour-là, de procéder au mariage proprement dit, mais à une cérémonie préparatoire en quelque sorte. C’est seulement après en avoir reçu l’autorisation du Gouverneur, que le mariage pourrait être célébré le lendemain à la cathédrale. Jusque-là, les fiancés, s’ils n’étaient pas mariés au sens parfait du mot, n’en seraient pas moins fortement liés l’un à l’autre,