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l’archipel en feu.

à se trouver sur les parages de l’île Scarpanto dans la première semaine de septembre, il aura agi pour le bien de tous et au mieux des intérêts qui lui sont confiés. »


Aucune date et pas plus de signature qu’à la lettre arrivée à Scio. Et, lorsque Henry d’Albaret les eut comparées, il put s’assurer que toutes deux étaient de la même main.

Comment expliquer cela ? La première lettre, c’était la poste qui la lui avait remise. Mais celle-ci, ce ne pouvait être qu’une personne du bord qui l’eût placée sur la table. Il fallait donc, ou que cette personne l’eût en sa possession depuis le commencement de la campagne, ou qu’elle lui fût parvenue pendant une des dernières relâches de la Syphanta. De plus, cette lettre n’était point là lorsque le commandant avait quitté le carré, une heure auparavant, pour aller sur le pont prendre ses dispositions de nuit. Donc, nécessairement, elle avait été déposée depuis moins d’une heure sur la table du carré.

Henry d’Albaret sonna.

Un timonier parut.

« Qui est venu ici pendant que j’étais sur le pont ? demanda Henry d’Albaret.

— Personne, mon commandant, répondit le matelot.