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REVUE SCIENTIFIQUE

AMAS STELLAIRES ET NÉBULEUSES [1]

Parmi les objets que le ciel offre à la contemplation de ceux qui aiment à fuir parfois, — ne fût-ce que sur l’aile rapide du regard, — les contingences de cette petite planète, si plate en dépit de sa rotondité, il n’en est pas de plus étonnants que les amas globulaires.

Lorsqu’on examine ou qu’on photographie, avec des lunettes de plus en plus puissantes, les diverses constellations, on remarque que les étoiles n’y sont pas également clairsemées. Dans certaines régions comme la constellation de la Girafe ou du Serpentaire les étoiles sont relativement rares. Elles le sont beaucoup moins dans Orion ou la Grande Ourse. En ce qui concerne ces deux dernières constellations, on a constaté que les principales étoiles qui les forment ne sont pas groupées seulement par les hasards de la perspective, ainsi que dans la plupart des autres constellations, mais qu’elles sont en réalité liées entre elles physiquement. Ainsi les étoiles de la Grande Ourse ont des vitesses et des mouvements propres concourants, ce qui ne saurait être dû au hasard et prouve que ces étoiles forment, suivant l’expression consacrée, un système stellaire physique. Ou constate facilement à la lunette l’existence d’autres groupes d’étoiles physiquement liées, et parmi lesquelles le groupe curieux des Pléiades,

  1. Les lecteurs de la Revue auront rectifié d’eux-mêmes, par le contexte, deux coquilles typographiques qui se sont glissées dans ma dernière chronique : 1° Ce qu’on appelle la parallaxe d’une étoile, ou plus exactement sa parallaxe annuelle, c’est par convention l’angle sous lequel est vu de cette étoile non pas le diamètre, mais le demi-diamètre de l’orbite terrestre ; 2° puisque la distance de la nuée de Magellan équivaut à 30 000 années de lumière environ, cette distance est voisine de 10 000 parsecs et non pas de 1 000 parsecs comme il a été imprimé par omission typographique d’un zéro.