Page:Revue des Deux Mondes - 1915 - tome 27.djvu/788

Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

en supposant que celle-ci se termine le 31 juillet 1915. Il a cherché à évaluer les dépenses directes des États, la valeur des propriétés ruinées, des vies humaines fauchées, le montant des sommes perdues par suite de l’arrêt de la production. Il arrive à un total de 200 milliards de francs.


Évaluation (en milliards de francs) du coût total de la guerre jusqu’au 31 juillet 1915.


Dépenses directes du Gouvernement Destruction de propriétés Vies humaines anéanties Arrêt de la production Totaux
France 14 4 9 15 42
Angleterre 18 » 7 1 26
Russie 15 2 8 10 35
Belgique 1 6 1 5 13
Allemagne 23 » 22 24 69
Autriche-Hongrie 14 2 6 15 37
Total 85 14 53 70 222

Sans attacher plus d’importance qu’il ne convient à, un travail dont le caractère, en grande partie conjectural, apparaît notamment en ce qui concerne la différence d’évaluation des vies humaines, nous le reproduisons à titre de curiosité ; il sert aussi à rappeler l’ordre des grandeurs au milieu desquelles se meuvent les recherches de ce genre et la réalité de certaines destructions, qui doivent être présentes à l’esprit du statisticien, alors même qu’il ne les fait pas directement entrer dans ses calculs.

Nous ne mettrons, en regard des ressources financières de chaque État, que les dépenses effectuées depuis le début des hostilités. Nous laisserons ainsi de côté, non seulement les élémens que nous venons de rappeler, mais toutes les sommes qui, depuis de longues années, ont été consacrées à la préparation de la lutte actuelle et qui, logiquement, devraient figurer dans le total des dépenses qu’elle occasionne. Tout en restreignant ainsi le problème, il ne peut s’agir encore, à l’heure où le duel se poursuit avec une énergie inlassable, de dresser des comptes exacts, même si l’on se borne au point de vue strictement financier et si on néglige les innombrables répercussions économiques qui se traduisent, elles aussi, dans bien des cas, par un surcroit de charges imposé aux nations. Des