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NOTES

D’abord il est impossible de prendre les deux γὰρ dans deux sens différens. Ensuite l’un comme l’autre exprime non pas seulement une simple affirmation, mais une véritable relation logique. Il a déjà été convenu que le saint et l’impie sont opposés, et on vient redemander à Euthyphron s’il croit que le saint et l’impie sont opposés ! Certainement, s’écrie-t-il, sans cela nous n’en serions pas déjà convenus ; car c’est ce qui a été dit. Sur quoi, Socrate a l’air de s’étonner qu’on prenne pour une raison légitime de croire une chose, cette considération, qu’on en est convenu, qu’on l’a dite, et il lui fait l’objection suivante : Mais il a été dit aussi que tous les dieux ont entre eux des inimitiés et des haines, ce qui pourtant paraît étrange. Est-ce que tu le crois aussi ? Oui, certes, dit Euthyphron, je le crois, sans cela en serais-je convenu ? car je l’ai dit. Il y a bien une certaine suffisance dans la réponse du bon devin ; cependant il est assez naturel qu’il ne veuille pas se dédire. D’ailleurs il n’y a pas d’exemple d’un seul γὰρ inutile, c’est-à-dire qu’on ne puisse ramener à un sens logique. Heusde, qui refait le texte de Platon toutes les fois qu’il ne l’entend pas, bouleverse toute cette phrase. Les traductions latines traduisent le premier γὰρ par car, et le second par sans doute. Ficin : Dicta ENIM sunt ; puis : dictum PROFECTO. Schleiermacher, qui traduit le second γὰρ par sans