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apprendre beaucoup de choses[1]. Il serait plutôt en état de courir ; non, c’est à la jeunesse que tous les grands travaux appartiennent.

Nécessairement.

C’est donc dès l’enfance qu’il faut appliquer nos élèves à l’étude de l’arithmétique, de la géométrie, et des autres sciences qui servent de préparation à la dialectique. Mais il ne doit y avoir dans les formes de l’enseignement rien qui les contraigne à apprendre.

Pour quelle raison ?

Parce que l’homme libre ne doit rien apprendre en esclave. Que les exercices du corps soient forcés, le corps n’en profite pas moins que s’ils étaient volontaires ; mais les leçons qui entrent de force dans l’ame n’y demeurent pas.

Il est vrai.

Ainsi, mon cher ami, bannis toute violence des études de ces enfans : qu’ils s’instruisent en jouant ; par là tu seras plus à portée de connaître leurs dispositions particulières.

Ce que tu dis est très sensé.

Te souvient-il aussi de ce que nous disions plus haut, qu’il fallait mener les enfans à la guerre

  1. Plutarque, Vie de Solon ; Brunck, Anal. I, 65. — Ce mot de Solon est aussi cité dans le Lachès, t. V, p. 359.